1ACTAREGIAE SOCIETATIS SCIENTARIUM ET LITTERARUMGOTHOBURGENSIS Humaniora49 Critique de texte et interprétations d’ouvragesdeClément d’Alexandrie et d’Origène parBengt Alexanderson Kungl. Vetenskaps- och Vitterhets-Samhället GÖTEBORG 2© Bengt Alexanderson 2017 Distribution:Kungl. Vetenskaps- och Vitterhets-Samhället i GöteborgGöteborgs universitetsbibliotekP.O. Box 222 – SE-405 30 Göteborgwww.kvvs.se ISBN 978-91-980420-8-5ISSN 0072-4823 Rundqvists Boktryckeri, Göteborg 2017 3Abstract The general idea in the present publication is to read and understand the textsof Clement and Origen. Only works preserved in the original Greek are takeninto consideration.It is often difficult to follow the texts of these authors, and scholars havemade many changes in order to arrive at a better understanding. In manycases we should, in my opinion, keep to the text as it is presented in the tra-dition. However, many passages are no doubt corrupt; sometimes I make achoice among conjectures already made, sometimes, but not very often, Ipresent a proposal of my own, sometimes I think that no solution is to befound. Changing the punctuation quite often results in a text which in myopinion is better.The good reading may be found anywhere; in the first place, we shouldtry to find it in the tradition. However, it may be the result of a happy emen-dation by some reader of a manuscript. There are no rules; we have to relyon our knowledge, which is faulty and insufficient, of the author and of theGreek language, and on our judgement, which is most uncertain. ConcerningOrigen, the Latin translations should be used with caution.The texts mostly used are the editions of Die griechischen christlichenSchriftsteller der ersten Jahrhunderte (GCS) and of Sources Chrétiennes(SCh). KeywordsClement of Alexandria, Origen, textual criticism 4Table des matières Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 ClémentLe Protreptique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7Le Pédagogue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11Les Stromates . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27Excerpta ex Theodoto . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88Eclogae propheticae . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91Quis dives salvetur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95 OrigèneCommentaire sur l’Évangile selon Jean . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101Commentaire sur l’Évangile selon Matthieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120Contre Celse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157De la prière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192Du martyre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197Homélies sur Jérémie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198La Philocalie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204Traité des Principes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209 Littérature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220 Introduction L’ambition de cet ouvrage est de lire et d’essayer de comprendre les textesgrecs de Clément d’Alexandrie et d’Origène et de proposer des interpréta-tions. Il s’agit dans ce qui suit de ces ouvrages qui nous sont venus dans unétat complet ou dont la tradition a conservé un texte d’une ampleur consi-dérable. Les fragments n’entrent donc pas dans ces études.On ne trouvera que des remarques dispersées, le plus souvent sans rapportentre elles. Mais pourtant, dans le texte le mot « contexte » apparaît beau-coup de fois ; je pense que c’est dans le contexte immédiat qu’on trouve leplus souvent la solution d’un passage difficile. Les questions sont toujours :Maintenant, qu’est-ce qu’il dit ? Quel est le rapport entre ce qui précède etce qui suit ? Regardant les opinions et le langage, je pense que des passagesqui se trouvent chez le même auteur peuvent éclarir l’interprétaton de cestextes, mais que d’autres auteurs sont moins intéressants.Je sors de ces éditions qui sont regardées comme fondamentales pour lesétudes, en espérant qu’elles soient accessibles aux lecteurs/lectrices intéres-sés. Pour ne pas trop encombrer le texte, je renvoie à la présentation des va-riantes et des conjectures dans ces éditions.Le texte nous est transmis par une tradition parfois mince ; souvent diffi-cile, il fait plus d’une fois souffrir le lecteur. Ces auteurs ne nous facilitentpas la vie ; leurs constructions sont souvent longues et compliquées. La na-ture du texte a fait que les conjectures qu’on a faites sont nombreuses. Onpourrait considérer un grand nombre de ces conjectures comme un monu-ment du sans-gêne avec lequel les savants d’hier et d’avant-hier se compor-taient en face d’un texte, mais il faut y voir l’ambition d’arriver à un textecompréhensible. Il est à mon avis possible, plus souvent qu’on ne pense, defaire avec ce que nous trouvons dans les manuscrits ou de sauver le sensd’un passage par de petits changements. Je suis parfaitement conscient durisque d’être considéré comme très conservateur, comme quelqu’un qui veutà tout prix retenir les leçons du manuscrit, mais les apparatus critici montrenttrès clairement que le texte a souvent besoin d’une intervention. Mon ambi-tion est de ne pas changer le texte si ce n’est pas nécessaire et en procédantainsi, d’accepter des libertés, mais des libertés intelligibles. Si on entend desfois les voix de ces auteurs d’une manière plus claire qu’avant, le travail pré-senté aura valu la peine.Pour Clément, le plus souvent, je pars du texte donné par la collectionDie griechischen christlichen Schriftsteller der ersten Jahrhunderte (GCS).L’exception est le texte du Quis dives salvetur que je présente selon l'édition 5 récente de Sources Chrétiennes (SCh). Pour Origène, le point de départ estle plus souvent les éditions de SCh, mais je donne des indications dans lesintroductions aux ouvrages particuliers. J’ai aussi voulu prendre en consi-dération d’autres éditions, voir Littérature.J’ai cherché à trouver les remarques et les propositions qu’on a déjà faitessur les passages traités par moi, mais il se peut que des idées très appropriéeset meilleures que les miennes m’aient échappé. J’espère qu’on fera preuved’indulgence pour des imperfections involontaires. Il se peut aussi qu’ontrouve quelque inconséquence dans les détails, car ces remarques ont étécomposées au fil des années, et originellement, mon intention n’était pas depublier ensemble celles sur Clément et celles sur Origène. Mais j’espère quel’idée de présenter ainsi les deux grands Alexandrins dans un ouvrage peutse défendre.Mon ami Marc Milhau a eu l’amabilité de se charger de la dernière révi-sion du texte du point de vue linguistique. Qu’il reçoive ici mes remercie-ments sincères et amicaux. Ce qu’il reste d’erreurs qui ait pu échapper à sonengagement, à sa connaissance et à sa perspicacité, se doit entièrement aufait qu’il y a en avait trop dès le début. 6 Clément Le ProtreptiqueL’archétype de tous les manuscrits du Protreptique est le Parisinus Graecus451 (P), qui date du début du Xe siècle. Dans l’édition de GCS, Stählin donneun aperçu de ce manuscrit et des autres manuscrits dans son édition qui resteun travail solide. Marcovich a de nouveau édité le Protreptique. Son travailpour rassembler les textes intéressants d’auteurs païens et chrétiens est ad-mirable, mais le texte édité souffre de son inclination pour la conjecture. Lelecteur doit toujours être sur ses gardes et se demander si une propositionest vraiment bien fondée. Dans ce qui suit, on trouvera des exemples de cesconjectures. Pour le dire d’un mot, souvent les propositions de Marcovichsont possibles, mais pas nécessaires. Ce qui caractérise son édition est aussiqu’en comparant une citation du Protreptique avec d’autres passages de Clé-ment et avec la Bible, il veut souvent adapter la citation à ces textes. Je croisqu’il faut laisser à Clément d’être un peu négligent. Quant aux particules,Marcovich est très arbitraire. Par exemple, dans environ 20 cas, il met unγάρ, soit que le mot fasse défaut dans le manuscrits, soit qu’il change δέ enγάρ.J’ai aussi consulté les éditions de SCh et de Butterworth et la traductionassez récente de Migliore. 7, 3 ἐπεφάνη δὲ ἔναγχος ὁ προὼν σωτήρ, ἐπεφάνη ὁ ἐν τῷ ὄντι ὤν, ὅτι « ὁλόγος [ὃς] ἦν πρὸς τὸν θεόν, » διδάσκαλος, ἐπεφάνη ᾧ τὰ πάντα δεδημι-ούργηται λόγος, καὶ τὸ ζῆν ἐν ἀρχῇ μετὰ τοῦ πλάσαι παρασχὼν ὡς δημι-ουργός, τὸ εὖ ζῆν ἐδίδαξεν ἐπιφανεὶς ὡς διδάσκαλος, ἵνα τὸ ἀεὶ ζῆν ὕστερονὡς θεὸς χορηγήσῃ. Tel est le texte de GCS, de SCh et de Butterworth, quirejettent ὃς, pas clairement attesté par le manuscrit P. Avant καὶ τὸ ζῆν, lemanuscrit porte ὁ, écrit au-dessus du texte par une main pas bien définie parles éditeurs (P1 ?, P2 ?) et rejeté dans les éditions. Marcovich met ὅτι « ὁΛόγος [ὃς] ἦν πρὸς τὸν θεόν » entre parenthèses et met διδάσκαλος (le pre-mier) et Λόγος (le deuxième) entre crochets. Une autre proposition est delire : … θεόν »·διδάσκαλος ἐπεφάνη etc.On peut garder ὃς, mais de justesse, en sous-entendant ἐστιν : il est apparu,celui qui a la vraie existence, car (il est) le Logos qui était auprès de Dieu. Le ὁ supra scriptum semble une addition superflue qu’on a voulu rattacherà παρασχὼν.Pour l’ensemble du texte, il faut pour mieux comprendre lire aussi ce quiprécède. Il s’agit des caractères différents de Jésus-Christ ; il est mentionné 7 comme Logos, le Christ, Dieu, homme, maître, sauveur. Par ces troisἐπεφάνη il est apparu récemment comme sauveur existant de toute éternité,deuxièmement comme celui qui a la vraie existence comme Logos auprèsde Dieu, troisièmement comme le Logos qui a tout créé. Je pense donc qu’ilfaut avec Marcovich omettre le premier διδάσκαλος, car sa nature commemaître n’a rien à voir avec ce qui suit où il s’agit du Christ créateur. Son ca-ractère de maître apparaît plus tard, où il nous enseigne comment bien vivre.Par καὶ τὸ ζῆν etc., Clément revient sur les trois caractères du Christ ; il aexisté au commencement et créé la vie comme δημιουργός, il enseigne labonne et juste vie comme διδάσκαλος, il donne la vie éternelle comme Dieu.Influencé par ce διδάσκαλος, on a inséré διδάσκαλος plus haut. 20, 3 περιαλγὴς ἡ Βαυβὼ γενομένη, ὡς ὑπεροραθεῖσα δῆθεν, ἀναστέλλεταιτὰ αἰδοῖα καὶ ἐπιδεικνύει τῇ θεῷ. Il faut lire selon une proposition ἀναστέλ-λεται καὶ τὰ αἰδοῖα ἐπιδεικνύει τῇ θεῷ, « elle se retrousse et montre … ». 33, 6 τούτους ἐθίζόντων οἱ παῖδες ὑμῶν σέβειν, ἵνα καὶ ἄνδρες γένωνται(SCh : γενήσονται) εἰκόνα πορνείας ἐναργῆ τοὺς θεοὺς παραλαμβάνοντες.Tel est le texte des éditeurs. Clément vient de décrire les fornications desdieux. ἐναργῆ est une proposition pour ἐναγῆ du manuscrit. Il faut assuré-ment garder ἐναγῆ. 33, 9 αἱ θεαὶ γυμναὶ προσεῖχον τῷ ποιμένι, ἥτις αὐτῶν δόξει καλή. La leçonoriginale de P est εἴ τις, changée par une main postérieure en ἥτις mais gar-dée par Butterworth. Il faut retenir εἴ τις, devenu un synonyme de ὅστις etἥτις. Cf. par exemple Matth. 18, 28 Ἀπόδος εἴ τι ὀφείλεις, « ce que tu dois »,pas « si tu dois quelque somme », Rom. 13, 9 τὸ γὰρ Οὐ μοιχεύσεις, Οὐφονεύσεις, Οὐ κλέψεις, Οὐκ ἐπιθυμήσεις, καὶ εἴ τις ἑτέρα ἐντολή, Origène,Contre Celse I, 1 νόμοι εἰσὶ Σκυθῶν καὶ εἴ τι Σκυθῶν ἀσεβέστερον, ibid. II,13 καὶ εἴ τι ἄλλο περὶ τοῦ διωχθήσεσθαι τοὺς μαθητὰς αὐτοῦ προεῖπε, sou -vent chez Théodore de Mopsueste, par exemple Le commentaire sur lesPsaumes, p. 197, 15, 23, 31 πᾶν εἴ τι ἄτοπον. 37, 3 ζητεῖς σου τὸν Δία ; μὴ τὸν οὐρανὸν, ἀλλὰ τὴν γῆν πολυπραγμόνει.Butterworth seul préserve ζήτει du manuscrit, assurément avec raison. Unimpératif ironique n’est pas unique, parfois adressé à quelqu’un, parfois gé-néral. Cf. πολυπραγμόνει et peu après, 37, 4 μὴ δυσφόρει, ὦ Λήδα, ainsi que33, 6 τούτους ὑμῶν αἱ γυναῖκες προσκυνούντων τοὺς θεούς, τοιούτους δὲεὐχέσθων εἶναι τοὺς ἄνδρας τοὺς ἑαυτῶν. 42, 9. Clément parle de sacrifices humains : οὐ γὰρ οὖν παρὰ τὸν τόπον 8 ἱερεῖον γίνεται ὁ φόνος, οὐδ’ εἰ Ἀρτέμιδί τις καὶ Διὶ ἐν ἱερῷ δῆθεν χωρίῳμᾶλλον ἢ ὀργῇ καὶ φιλαργυρίᾳ, ἄλλοις ὁμοίοις δαίμοσιν, ἐπὶ βωμοῖς ἢ ἐνὅδοις ἀποσφάττοι τὸν ἄνθρωπον, [ἱερὸν] ἱερεῖον ἐπιφημίσας, ἀλλὰ φόνοςἐστὶ καὶ ἀνδροκτασία ἡ τοιαύτη θυσία. Tel est le texte de GCS, SCh et But-terworth. Marcovich a tellement changé le texte qu’on a du mal à s’y fier.Je crois qu’on peut laisser le texte comme il est, sans omettre, comme ona voulu, ou ἱερὸν ou ἱερεῖον. Si l’on tue et offre un homme à Artémis et àZeus dans un lieu sacré ou à Colère et à Avarice, d’autres dieux semblables,sur un autel ou dans les chemins (comme les brigands), en l’appelant (dansle lieu sacré) victime sacrée, c’est du pareil au même, c’est toujours un meur-tre. Colère et Avarice peuvent bien être des dieux, car les païens sont portésà regarder comme des dieux toute sorte d’idées et de phénomènes, mêmedégoûtants, voir 102, 1-3. 44, 3-4 (ἡ δεισιδαιμονία) ἀγάλματα ἀνιστᾶσα καὶ νεὼς ἀνοικοδομοῦσα, τοὺςδή – οὐδὲ γὰρ οὐδὲ τούτους σιωπήσομαι, πρὸς δὲ καὶ αὐτοὺς ἐξελέγξω –νεὼς μὲν εὐφήμους ὀνομαζομένους, τάφους δὲ γενομένους [τουτέστι τοὺςτάφους νεὼς ἐπικεκλημένους]. Tel est le texte des éditions. τοὺς est uneconjecture pour οὓς de P. Eusèbe donne οὐ γὰρ οὐδὲ τοῦτο, SCh a acceptéune conjecture : οὐ γὰρ οὐδὲ τούτους avant σιωπήσομαι. τουτέστι etc. estrejeté par les éditeurs1.Je ne prétends pas expliquer οὓς … σιωπήσομαι ou avoir une opinion surτουτέστι etc., mais je pense que πρὸς δὲ etc. est assez clair. Il faut écrire etponctuer : πρὸς δὲ καὶ αὐτοὺς ἐξελέγξω νεὼς μὲν εὐφήμους ὀνομαζομένους,τάφους δὲ γενομένους, « je vais montrer que leur nom de temple est un eu-phémisme et qu’ils (ces temples) sont d’anciennes tombes ». C’est une idéechère à Clément que les mystères et les temples existent en souvenir desmorts. La construction de ἐξελέγξω est ce qu’on attend, et γενομένους veutici dire « anciennes », « ci-devant ». Cf. Clément d’Alexandrie, Eclogae pro-pheticae 55, 1 οἱ ἀστέρες … οὐκ αἴτια γενέσεως, σημαντικὰ δὲ τῶνγινομένων τε καὶ ἐσομένων καὶ γενομένων, Justin Martyr Apologia maior4, 9 τὸν Δία ἀσελγῆ ... οἱ γενόμενοι ποιηταὶ καταγγέλλουσι, « les ancienspoètes » ; cf. peu après le contraste, οἱ μετερχόμενοι, « ceux d’une époquepostérieure », ibid. 18, 1 τῶν γενομένων βασιλέων, « les rois d’autrefois »,18, 2 αἴσθησις πᾶσι γενομένοις μένει καὶ κόλασις αἰωνία ἀπόκειται, « lesdéfunts », Maximus Confessor, De variis differentibus locis Dionysii et Gre-gorii, p. 60 f 2 οἱ περὶ Πάνταινον τὸν γενόμενον καθηγητὴν ... Κλήμεντος, 9 1 Stählin le lit, voir Littérature, Des Clemens von Alexandreia Mahnrede an die Heiden,aussi Migoliore, mais celui-ci avec réserve.2 Voir Littérature, GCS 172, Clemens Alexandrinus 3, p. 224. « qui était autrefois le professeur de Clément ». Cf. aussi Origène, ContreCelse IV, 44 πολλαχοῦ δὲ ἱστορίαις γενομέναις συγχρησάμενος ὁ λόγοςἀνέγραψεν αὐτὰς εἰς παράστασιν μειζόνων καὶ ἐν ὑπονοίᾳ δηλουμένων, oùl’on traduit par « événements réels », mais où le sens est plutôt « événementsanciennes », « événements historiques », à savoir de l’Ancien Testament. 47, 3 εἰ τῶν Σεμνῶν ... θεῶν τὰς μέν δύο Σκόπας ἐποίησεν ..., Κάλως δὲ τὴνμέσην αὐταῖν· ἱστοροῦντα ἔχω σοι Πολέμωνα δεικνύναι ἐν τῇ τετάρτῃ τῶνπρὸς Τίμαιον. τὴν μέσην αὐταῖν· ἱστοροῦντα ἔχω σοι est une conjecture, ac-ceptée par les éditeurs ; le manuscrit porte ἣν μέσην αὐταῖν ἱστοροῦνταιἔχουσαι.On se rapproche du manuscrit en lisant ἣν μέσην αὐταῖν ἱστοροῦνταἔχουσι Πολέμωνα δεικνύναι, « de laquelle on peut montrer que Polémon ra-conte », avec une construction normale de la proposition relative. On pourraitaussi suivre partiellement la conjecture, en lisant ἔχω. Cf. 47, 6 καὶ δὴ τὸνἱστοροῦντα Διονύσιον ἐν τῷ πέμπτῳ μέρει τοῦ Κύκλου παρίστημι. ἱστορέωsuivi d’un accusatif et d’un infinitif est bien connu chez Clément ; voir leRegister. 89, 2 εἶτα ἐπὶ (Marcovich ajoute μὲν) τῶν πλόων αἱ παρεκβάσεις καίτοιἐπιζήμιοι καὶ ἐπισφαλεῖς οὖσαι, ὅμως γλυκεῖαί πως προσπίπτουσιν, ἐπὶ δὲτοῦ βίου οὐχὶ τὸ ἔθος καταλιπόντες τὸ πονηρὸν ... ἐπὶ τὴν ἀλήθειανἐκκλινοῦμεν etc. Le manuscrit porte παθῶν, accepté par Migliore et d’autresmais souvent remplacé par des conjectures, dont πλόων (Cobet, mis dans letexte de GCS) n’est pas la plus réussie. SCh et Marcovich écrivent πάτων.Je crois qu’il faut retenir παθῶν. πάθος a le plus souvent une connotationpéjorative, quelque chose qu’il faut maîtriser ; voir le Register : πάθος estdéfini par πλεονάζουσα ὁρμή, πάθη sont ἀκρασία, πορνεία, φιλοινία.ἐπί ne fait pas problème. On le trouve souvent dans le sens de « concer-nant », souvent, mais pas toujours, avec un verbum dicendi :Stromates I, 87, 5-6 ἐπὶ μὲν γὰρ τῶν προφητῶν ... φησὶν ..., ἐπὶ δὲ τῶνκλεπτόντων ... φησὶ.Ibid. IV, 151, 3 μυστικῶς οὖν ἐφ’ ἡμῶν καὶ τὸ Πυθαγόρειον ἐλέγετο.Ibid. VI, 68, 2 βεβαίᾳ καταλήψει κεχρημένον καὶ ἐπὶ τῶν ἡμῖν ἀπόρωντὸν τῷ ὄντι γνωστικόν.Eclogae propheticae 56, 3 τὸ γὰρ « ἔθετο » καὶ ἐπὶ τοῦ παρῳχηκότοςκαὶ ἐπὶ τοῦ ἐσομένου τάσσεται. 95, 3. GCS et SCh donnent le même texte  : ἐχρῆν μὲν ὑμᾶς ... ἔμφυτονἐπάγεσθαι πίστιν, μάρτυρα ἀξιόχεων αὐτόθεν οἰκόθεν, περιφανῶςαἱρουμένην τὸ βέλτιστον, μηδὲ ζητεῖν εἰ μεταδιωκτέον, <τὸ δ’ ἀγαθὸν> 10 ἐκπονεῖν. L’ordre des mots du manuscrit : μάρτυρα ἀξιόχεων πίστιν a étémodifié. Il y a d’autres propositions : on a écrit ἐχρῆν μὴν, au lieu de τὸ δ’ἀγαθὸν on a voulu écrire ἀλλ’ ou insérer d’autres additions, on a proposéμηδὲ [ζητεῖν] εἰ μεταδιωκτέον ἐκπονεῖν.Je crois qu’il faut suivre le manuscrit, qui présente : ἐχρῆν μὲν ὑμᾶς ...ἔμφυτον ἐπάγεσθαι μάρτυρα ἀξιόχεων, πίστιν αὐτόθεν οἰκόθεν, περιφανῶςαἱρουμένην τὸ βέλτιστον, μηδὲ ζητεῖν εἰ μεταδιωκτέον ἐκπονεῖν, « …, il nefaut pas chercher à trop travailler (ἐκπονεῖν) la question si (le bon) estquelque chose à poursuivre ». Clément poursuit : quant à la beuverie et laviolence, vous vous y jetez sans réfléchir, mais quand il s’agit de vivre reli-gieusement et de suivre le Christ, voilà ce que vous mettez en délibération !Dans ce qui suit, ζητεῖτε et βουλῆς καὶ σκέψεως ἀξιοῦτε concernent ce quiest mauvais et correspondent à ζητεῖν ἐκπονεῖν, où il s’agit de ce qui est bon. 107, 3 δι’ ἣν (sc. σοφίαν) ἀγαθοὶ μὲν πατέρες τέκνων οἱ τῷ πατρὶ προσδε-δραμηκότες, ἀγαθοὶ δὲ γονεῦσιν υἱοὶ οἱ τὸν υἱὸν νενοηκότες. Pour la conjec-ture γονεῦσιν υἱοὶ, P donne γονεῖς υἱάσιν, Marcovich écrit γονέων υἱοὶ.La forme υἱάσιν est la bonne leçon ; Clément aime des archaïsmes, parexemple le duel. Les pères seront de bons pères de leurs enfants en regardantle Père, ils seront de bons parents pour leurs fils en regardant le Fils. Il nes’agit pas des rapports réciproques entre pères et fils, idée sentimentale etmoderne ; Clément part du rôle des parents, c’est-à-dire du rôle du père.Le PédagogueL’archétype de tous les manuscrits du Pédagogue comme pour le Protrep-tique est le Parisinus Graecus 451 (P), voir plus haut l’introduction du Pro-treptique. Malheureusement, la plus grande partie du premier livre a disparudu codex, et le texte ne commence qu’en I, 96, 1. Pour la partie manquante, ilfaut se replier sur M, Mutinensis (Modène) Misc. gr. 126 (autrefois III. D. 7)du X-XIe s. et sur F, Laurentianus (Florence) V 24 du XIIe s.Les éditions consultées sont celles des séries GCS et SCh et celle de Mar-covich. Ce que j’ai dit dans l’introduction du Protreptique sur l’édition deMarcovich vaut aussi pour celle du Pédagogue : elle est savante et donne àréfléchir, mais elle est souvent arbitraire.Dans ce qui suit, je pars du texte de GCS en indiquant, si elles diffèrentde manière significatives, les leçons des autres éditeurs. I, 9, 3-4 καθάπερ οὖν οὐκ ἔστι φῶς ὃ μὴ φωτίζει οὐδὲ κινοῦν ὃ μὴ κινεῖοὐδὲ φιλοῦν ὃ μὴ φιλεῖ, οὐδὲ ἀγαθόν ἐστιν ὃ μὴ ὠφελεῖ καὶ εἰς σωτηρίανκαθοδηγεῖ. ἀγαπῶμεν οὖν τὰς ἐντολὰς δι’ ἔργων τοῦ κυρίου. ἀγαπῶμεν 11 12 est une conjecture pour ἄγωμεν des manuscrits.Il faut suivre la tradition, en interprétant ἄγειν comme « entreprendre »,« mettre en œuvre ». Cf. III, 46, 2 αἱ δὲ τοῦ βαλανείου συνεχεῖς χρήσεις κα-θαιροῦσι τὰς δυνάμεις ..., πολλάκις δὲ ἐκλύσεις ἄγουσι καὶ λειποθυμίας ;Stromates II, 138, 6 συλλήβδην οὗτοι μέχρι γλώττης ἀγαγόντες τὰ δόγματαἡδοναῖς ἐδουλώθησαν, Il s’agit de mettre les commandements du Seigneuren œuvre pratiquement, comme il a montré lui-même en devenant chair,montrant ainsi une vertu à la fois pratique et théorique. La proposition prin-cipale commence par ἄγωμεν ; avant, il faut donc mettre une virgule, pas unpoint. Je ne crois pas que οὖν après ἄγωμεν doive trop nous inquiéter, car ily a des exemples d’un οὖν dans une proposition principale après un propo-sition introduite par ἐπεί ou εἰ ; voir le Register. I, 10, 1 ταύτῃ τοίνυν πλέον τὴν ἀγαθὴν ἀσπασάμενοι πειθαρχίαν. SCh litταύτην avec les manuscrits. ταύτῃ est une conjecture de Tengblad3 qui penseque ταύτην τὴν πειθαρχίαν n’a rien à voir avec ce qui précède où on ne parlepas de πειθαρχία. Pourtant nous lisons immédiatement avant qu’il faut suivreles commandements comme des chemins vers l’éternité. ταύτην τὴν πειθαρ-χίαν se réfère à cette obéissance. I, 10, 2 κοινὴ τούτων καὶ ἡ ἀρετὴ καὶ ἡ ἀγωγή. Tel est le texte des éditeurs,mais ἀρετὴ est une conjecture pour ἀγάπη des manuscrits. Il faut retenirἀγάπη. L’amour de Dieu est le même pour l’homme et la femme, leur ma-nière de vivre et de se comporter est aussi la même. I, 23, 2 οὐκ ἔπαθεν δέ, <οὐ> μόνον εἰκότως ἄρα [ὁ Ἰσαὰκ] τὰ πρωτεῖα τοῦπάθους παραχωρῶν τῷ λόγῳ, ἀλλὰ καὶ τοῦ κυρίου τὴν θειότητα αἰνίττεταιμὴ σφαγείς· ἀνέστη γὰρ μετὰ τὴν κηδείαν ὁ Ἰησοῦς * * μὴ παθών, καθάπερἱερουργίας ἀφειμένος ὁ Ἰσαάκ. οὐ et l’omission de ὁ Ἰσαὰκ sont des conjec-tures ; on a aussi voulu voir une lacune après ὁ Ἰησοῦς ; pour la lacune etμὴ παθών on a proposé ὡς μὴ παθών, ὡσεὶ μὴ παθών, διαφθορὰν μὴ παθών.Enfin, Marcovich écrit αἰνιττόμενος à la place de αἰνίττεται.Clément regarde le sacrifice d’Isaac comme présageant la passion et lamort de Jésus-Christ. Je crois qu’on peut faire sans ces conjectures, en lisantοὐκ ἔπαθεν δὲ μόνον, « seulement il ne souffrit pas ». Ainsi, Isaac qui n’apas souffert est mis en contraste avec Jésus-Christ. La proposition doit s’ar-rêter là. Ensuite, il faut lire : εἰκότως ἄρα ὁ Ἰσαὰκ τὰ πρωτεῖα τοῦ πάθουςπαραχωρῶν4 τῷ Λόγῳ (à savoir à Jésus-Christ comme le Verbe), ἀλλὰ καὶ 3 P. 78. τοῦ κυρίου τὴν θειότητα αἰνίττεται μὴ σφαγείς (ἀνέστη γὰρ μετὰ τὴνκηδείαν ὁ Ἰησοῦς), μὴ παθὼν καθάπερ ἱερουργίας ἀφειμένος ὁ Ἰσαάκ. I, 29, 2-3 οὐδὲν δὲ ἐνδεῖ τῇ πίστει τελείᾳ οὔσῃ ἐξ ἑαυτῆς καὶ πεπληρωμένῃ.εἰ δὲ ἐνδεῖ τι αὐτῇ, οὐκ ἔστιν ὁλοτελής, οὐδὲ πίστις ἐστί, σκάζουσα περί τι,οὐδὲ μετὰ τὴν ἐνθένδε ἀποδημίαν ἄλλα μένει τοὺς πεπιστευκότας,ἀδιακρίτως ἐνταῦθα ἠρραβωνισμένους, ἐκείνο δὲ τῷ πιστεῦσαι ἤδηπροειληφότες ἐσόμενον, μετὰ τὴν ἀνάστασιν ἀπολαμβάνομεν γενόμενον.ἄλλα μένει est une conjecture, acceptée par les éditeurs, pour ἀναμένει dela tradition.Il faut retenir ἀναμένει. L’idée est que la foi parfaite n’est pas quelquechose qui attend les croyants après la mort, parce qu’ils l’ont déjà reçue ici,sur terre, avec des garanties qui valent pour tous. Mais on pourrait se de-mander si le chrétien, vu l’imperfection de l’homme, est déjà arrivé à cetteperfection sur terre, et Clément a quelque difficulté à résoudre ce problème.En 28, 3-4, il répond à ceux qui objectent que le chrétien n’a pas obtenu ledon parfait de voir la lumière ; je le reconnais, dit-il, mais il est dans la lu-mière et éloigné de l’obscurité ; son accomplissement est dans la résurrec-tion, ce qui veut dire qu’on reçoit là la réalisation de la promesse ; arriver auterme et avoir une connaissance anticipée de cette arrivée n’est pas simul-tané, mais les deux actes se rapportent à la même chose, et un être, le chré-tien, en est l’objet. Le don est donc donné une fois pour toutes, ce don estparfait et la foi parfaite n’attend pas les chrétiens après le départ de ce monde(οὐδὲ μετὰ τὴν ἐνθένδε ἀποδημίαν ἀναμένει τοὺς πεπιστευκότας).On peut rapprocher cela de l’explication que donne Clément du mot lait,γάλα.5 L’apôtre semble dire que le lait est pour les tout-petits, νήπιοι, qui nepeuvent recevoir une solide nourriture, βρῶμα6 ; comment donc l’Écriture7peut-elle parler aussi de la bonne terre où coule le lait et le miel ? Commentcette terre peut-elle être repos suprême de l’homme parfait et gnostique ?8Après une assez longue discussion, il arrive9 à la conclusion que γάλα etβρῶμα sont de nature identique. Deux choses qui semblent différentes sontà vrai dire les mêmes.L’interprétation de ἀδιακρίτως par « pour toujours » dans SCh n’est sans 13 4 Peut-être παραχωρεῖ. Comme on trouve ὁ Ἰσαάκ deux fois, on voudrait bien avoir deuxprédicats, παραχωρεῖ et αἰνίττεται.5 Voir I, 34, 3 suiv.6 1 Cor. 3, 1-27 Exod. 3, 8 ; 3, 17.8 I, 35, 1.9 Ibid. 37, 3. 14 doute pas exacte, même si l’on pourrait trouver des parallèles. Cf 30, 2, où Clé-ment souligne que Dieu se communique également à tous, voir aussi 31, 1.M* donne ἐκείνῳ δὲ τῶ, M1 et F ἐκεῖνο δὲ τὸ. Il faut suivre M*. Tout lecontexte dit que c’est par le fait de croire, ἐκείνῳ τῷ πιστεῦσαι, qu’on a déjàreçu (προ- dans προειληφότες) ce qui sera accompli après la résurrection.Observez le parallèle entre προειληφότες ἐσόμενον et ἀπολαμβάνομενγενόμενον ; il ne faut pas rattacher ἐκείνο à ἐσόμενον. I, 32, 1 τὸν αὐτὸν οὖν τρόπον καὶ ἡμεῖς ἐπὶ τοῖς ἡμαρτημένοις μετανενοη-κότες, ἀποταξάμενοι τοῖς ἐλαττώμασιν αὐτῶν. Je propose αὑτῶν ou ἑαυτῶν,se référant à ἡμεῖς, construction fréquente et qui se trouve aussi chez Clé-ment ; voir le Register, sous ἑαυτοῦ. I, 32, 3 καὶ ἐπιβοᾶται ... « ναί, ὁ πατήρ, ὅτι οὕτως εὐδοκία ἐγένετο ἔμπρο-σθέν σου. » διὰ τοῦτο τὰ κεκρυμμένα ἀπὸ σοφῶν καὶ συνετῶν τοῦ νῦναἰῶνος ἀπεκαλύφθη τοῖς νηπίοις. <νήπιοι> ἄρα εἰκότως οἱ παῖδες τοῦ θεοῦ… ἀναγεννηθέντες ἀμίαντον φυλάξωμεν τὸν ἄνθρωπον. On a donc conjec-turé νήπιοι.Premièrement, la citation va jusqu’à νηπίοις ; Clément cite Matth. 11, 25-26 et Luc 10, 21, mais il change l’ordre en mettant ναί … σου devant διὰτοῦτο … νηπίοις, et en construisant un rapport entre les phrases par ὅτι …διὰ τοῦτο. Il faut donc remplacer le point devant διὰ τοῦτο par une virgule.La proposition suivante commence par ἄρα, position qui ne doit pas être fré-quente chez Clément, mais il y a un passage, Protreptique 105, 4, ἄρα οὖνεἰκότως ὡμοίωσθε τοῖς ὄφεσιν ἐκείνοις où l’on trouve aussi ἄρα et εἰκότως.10Il n’est donc pas nécessaire d’introduire νήπιοι avant ἄρα, comme font leséditeurs. I, 36, 1 εἰκότως γάλα αὖθις ὑπισχνεῖται τοῖς δικαίοις ὁ κύριος, ἵνα δὴ σαφῶςὁ λόγος ἄμφω δειχθῇ, ἄλφα καὶ ὦ, ἀρχὴ καὶ τέλος [ὁ λόγος ἀλληγορούμενοςγάλα]. Les éditeurs retranchent donc la fin de la phrase. On peut retenir laphrase : « … pour montrer clairement que le Verbe est à la fois alpha etomega, commencement et fin le Verbe, représenté allégoriquement commelait ». La construction de ἀλληγορούμενος ne fait pas de difficulté ; voir leRegister. Le deuxième λόγος ne semble pas absolument nécessaire mais peutêtre gardé comme renforcement. 10 Voir aussi Liddell-Scott-Jones ἄρα D. I, 36, 6 οὐ γὰρ <ὅτι> ἔτι ἐν σαρκί ἐσμεν, ὡς ὑπειλήφασί τινες· σὺν αὐτῇ γὰρτὸ πρόσωπον ἰσάγγελον ἔχοντες πρόσωπον πρὸς πρόσωπον τὴν ἐπαγγελίανὀψόμεθα. <ὅτι> est ajouté par conjecture ; on a aussi voulu lire ὅτι au lieude ἔτι.Pour Clément, le don spirituel, la foi parfaite, toujours la même, est don-née par le Verbe une fois pour toutes (voir ci-dessus la remarque sur I, 29,2-3). Mais alors, comment l’apôtre peut-il constater qu’il y a parmi les chré-tiens des êtres charnels, σαρκικοί, et des êtres spirituels, πνευματικοί ?11L’explication de Clément (36, 3) est que les êtres charnels sont les récem-ment catéchisés (τοὺς νεωστὶ κατηχουμένους), les êtres spirituels, ceux quisont déjà parvenus à une foi stable en l’Esprit Saint (τοὺς πεπιστευκόταςἤδη τῷ ἁγίῳ πνεύματι). Ce que l’apôtre appelle nourriture, βρῶμα, sera larévélation dans le siècle futur, mais nous savons que cette nourriture n’estpas différente de ce lait donné sur terre, dans notre siècle. Après avoir cité 1Cor. 13, 12 βλέπομεν γὰρ etc., Clément insère une explication, cherchéedans le contexte de 1 Cor. 3, 1-3. Il explique pourquoi on ne voit pas encoreclair ici sur terre ; c’est parce qu’on a des pensées charnelles. Ensuite, il re-vient à son idée principale : οὐ γὰρ ἔτι ἐν σαρκί ἐσμεν etc. : (nous avonsdéjà le don spirituel) « car nous ne sommes plus dans la chair, comme cer-tains le croient, mais avec elle, avec la chair, nous verrons la promesse réa-lisée ». Ces « certains », τινες, sont les gnostiques dans le sens moderne, àsavoir les hérétiques.12Il faut donc retenir la leçon des manuscrits. Nous ne sommes pas liés à lachair, comme pensent ces gnostiques hérétiques, nous sommes πνευματικοίdéjà ici sur terre, mais nous le sommes imparfaitement, encore partiellementσαρκικοί, notamment dans l’initiation à la foi. Dans ce qui suit, Clément ex-plique que la sagesse des gnostiques hérétiques est une sagesse humaine etinférieure. Ont-ils, dit-il ironiquement, connaissance de ce qu’il y a au troi-sième ciel ? Saint Paul, qui en a l’expérience, a reçu l’ordre de se taire.13Aucontraire, nous, les chrétiens, sommes « instruits par Dieu », θεοδίδακτοι.14Mais Clément, ne s’est-il pas exprimé d’une manière assez confuse ? Onle dirait, mais il faut tenir compte du fait qu’il n’avait à sa disposition ninotes ni parenthèses. Il peut en résulter qu’on a des difficultés à suivre samanière de raisonner. Voir la fin de la remarque suivante. 15 11 1 Cor. 3, 1-3.12 On sait que pour Clément, un gnostique est un chrétien qui a une intelligence profondedu christianisme. 13 Cf. 2 Cor. 12, 2-4.14 37, 2. 16 I, 39, 3 εἴτε γὰρ τὸ ἐπιχορηγούμενον αἷμα τῷ ἐμβρύῳ καὶ διὰ μητρῴου πρό-τερον ἐπιπεμπόμενον ὀμφαλοῦ εἴτε αὖ τὸ καταμήνιον αὐτό, ἀποκλεισθὲντῆς οἰκείας φορᾶς, κατὰ φυσικὴν ἀνάχυσιν χωρεῖν κελεύεται πρὸς τοῦ ...θεοῦ ἐπὶ τοὺς φλεγμαίνοντας ἤδη μαστοὺς καὶ ὑπὸ πνεύματος ἀλλοιούμενονθερμοῦ ποθεινὴ σκευάζεται τῷ νηπίῳ τροφή, αἷμα τὸ μεταβάλλον ἐστί. Telest le texte de GCS et de SCh. πρότερον ἐπιπεμπόμενον est une conjecture,les manuscrits FM portent πρότερόν ἐστι πεμπόμενον, une chaîne donneἐστὶ πρότερον πεμπόμενον. Marcovich ajoute καὶ ὃ avant κατὰ φυσικὴν, cequi ne semble pas nécessaire, voir ci-dessous.Je propose qu’on omette καὶ avant διὰ μητρῴου et qu’on retienne ἐστὶπεμπόμενον. Voici la construction de la phrase : soit que le sang fourni àl’embryon soit auparavant envoyé par le cordon ombilical (εἴτε γὰρ τὸἐπιχορηγούμενον αἷμα τῷ ἐμβρύῳ διὰ μητρῴου πρότερον ἐστι πεμπόμενον),soit que le même sang menstruel, coupé de son cours habituel, reçoive l’or-dre de Dieu d’aller aux mamelles (εἴτε αὖ τὸ καταμήνιον αὐτὸ ἀποκλεισθèντῆς οἰκείας φορᾶς χωρεῖν κελεύεται πρὸς τοῦ θεοῦ ἐπὶ τοὺς μαστοὺς) et sechange sous l’effet d’un souffle chaud en aliment agréable, ce qui se trans-forme est toujours le sang. Nous avons donc deux propositions subordonnéeset parallèles, introduites par εἴτε, εἴτε ; suit la proposition principale : αἷματὸ μεταβάλλον ἐστί. Mieux vaut peut-être omettre les virgules avant et aprèsἀποκλεισθèν τῆς οἰκείας φορᾶς. Clément veut souligner que ce qui est trans-formé reste toujours sang. Le sang, porteur de nourriture à l’embryon, et lelait donné au nouveau-né sont le même sang. On pourrait objecter que lesang qui arrive à l’embryon n’est pas transformé en lait, mais l’essentielpour Clément, c’est qu’il s’agit toujours du même sang.Peu après, en 39, 5, nous trouvons la même idée dans une autre proposi-tion où εἴτε commence une proposition très longue et compliquée et où laproposition principale dit la même chose : πλὴν ἀλλὰ αἷμα ἔχει τὴν οὐσίαν,où il faut avec Tengblad15 sous-entendre τὸ γάλα : le lait a le sang pour subs-tance. Dans cette proposition, je serais d’avis de mettre τούτῳ (sc. τῷ αἵματι)δὲ ἀνακιρνάμενον τὸ ... πνεῦμα entre parenthèses ou tirets, car dans ce quisuit, le sujet de λευκαίνεται et μεταβάλλεται est toujours τὸ αἷμα devenuγάλα. I, 59, 1 τὸ μὲν οὖν πρότερον τῷ πρεσβυτέρῳ λαῷ πρεσβυτέρα διαθήκη ἦνκαὶ νόμος ἐπαιδαγώγει τὸν λαὸν μετὰ φόβου καὶ λόγος ἄγγελος ἦν, καινῷδὲ καὶ νέῳ λαῷ καινὴ καὶ νέα διαθήκη δεδώρηται καὶ ὁ λόγος <σάρξ>γεγένηται καὶ ὁ φόβος εἰς ἁγάπην μετατέτραπται καὶ ὁ μυστικὸς ἐκεῖνος 15 P. 82 suiv. ἄγγελος Ἰησοῦς τίκτεται. Tel est le texte de GCS ; SCh écrit ὁ λόγοςγεγέ<ν>νηται sans σάρξ, Marcovich, ὁ <νόμος> λόγος γεγένηται.Je me demande si on ne peut pas laisser le texte des manuscrits. Le λόγοςa bien sûr toujours existé, il se présentait autrefois comme un ange, maismaintenant il est paru (γεγένηται) dans le monde. Cf. Matth. 1, 18 Τοῦ δὲἸησοῦ Χριστοῦ ἡ γένεσις οὕτως ἦν, Jean 1, 6 ἐγένετο ἄνθρωπος ἀπεσταλ-μένος παρὰ θεοῦ, ὄνομα αὐτῷ Ἰωάννης. Il s’agit d’une apparition sur terre.On a toujours le choix entre γεν- et γενν-,16 mais dans le contexte, la nais-sance de Jésus-Christ est mentionée ensuite, τίκτεται, et par conséquent,γεγένηται est préférable. I, 62, 3 οὐδὲν δὲ ἔστιν, ᾧ μὴ τὴν αἰτίαν τοῦ εἶναι ὁ θεός παρέχεται. Les édi-teurs ont à tort accepté la conjecture ᾧ pour οὗ des manuscrits. Pourquoi pas« rien dont la cause de l’existence n’est pas donnée par Dieu » ? I, 98, 2 τὸν γηγενῆ εἰς ἅγιον καὶ ἐπουράνιον μεταπλάσας ἐκ προσβάσεωςἄνθρωπον. Dans l’édition de SCh, ἐκ προσβάσεως ἄνθρωπον n’est pas tra-duit, et on se demande ce que cette expression veut dire. Le sens serait peut-être que le Pédagogue change l’homme « en s’approchant de lui » ou quel’homme s’approche du Pédagogue. Mais peut-être faut-il lire ἐκ προβά-σεως : l’homme fait des progrès pendant ce changement. Clément vient dedire qu’il est régénéré par l’eau, que l’Esprit l’a fait croître et qu’il est éduquépar la parole. On ne trouve pas πρόβασις chez Clément, mais il utiliseπροβαίνω pour le progrès du chrétien vers une perfection. La variationπρό/πρός est très fréquente.17 I, 100, 2 τῷ δὲ παιδαγωγῷ τῷ θείῳ πῶς οὐκ ἂν ὁμολογήσαιμεν τὴν μεγίστηνχάριν μὴ σιωπῶντι μηδὲ παρενθυμουμένῳ τὰς εἰς ἀπώλειαν φερούσαςἀπειθείας. Le manuscrit P porte ἀπειλάς, ἀπειθείας est une conjecture, accep-tée par les éditeurs. On a aussi conjecturé ἐπῳδάς et ὁδούς (Matth. 7, 13).Je propose qu’on garde ἀπειλάς, car le mot peut aussi signifier un risque,un danger, comme en Protreptique 118, 1 φύγωμεν … οἷον ἄκραν χαλεπὴνἢ Χαρύβδεως ἀπειλὴν ἢ Σειρῆνας μυθικάς, Pédagogue II, 20, 2 φεύγοντας 17 16 Voir une table dans SCh 305 (Basile de Césarée, Contre Eunome, T. 2, p. 228, où on voitbien l’anarchie totale qui règne dans l’orthographe des mots où il y a γεν-ou γενν-, bienque par exemple γέννησις veuille dire autre chose que γένεσις (on trouve aussi γέννεσις)et que la différence soit importante. 17 Voir aussi les remarques sur Stromates I, 146, 1 ; IV, 137, 2 ; VI, 1, 4 ; Eclogae propheticae12, 1 avec n.139. ... τὸν οἶνον οἷον πυρὸς ἀπειλήν, ibid. 28, 3 τὸ δὲ πλῆθος τῆς οἰνοφλυγίαςθαλάττης εἴκασεν ἀπειλῇ. II, 1, 2 τό τε ἴδιον τοῦ ἄνθρώπου, τὸ ὄμμα τῆς ψυχῆς, ἐκκαθαίρειν, ἁγνίζεινδὲ καὶ τὴν σάρκα αὐτήν. Tel et le texte des éditeurs, mais le manuscrit porteαὐτῆς, ce qu’il faut garder ; il y a là un contraste entre τὸ ὄμμα τῆς ψυχῆς etτὴν σάρκα αὐτῆς, à savoir τῆς ψυχῆς. Cf. II, 109, 3 οἱ δὲ τὴν οὐράνιονθεραπεύοντες αὐλὴν περὶ τὸν πάντων βασιλέα τὴν ἀκήρατον τῆς ψυχῆςἐσθῆτα, τὴν σάρκα, ἁγιάζονται, καὶ ταύτῃ ἐπενδύονται ἀφθαρσίαν. II, 10, 6 « μὴ συναναμίγνυσθαι » φάσκων, « εἴ τις ἀδελφὸς λεγόμενοςεὑρίσκοιτο πόρνος ἢ μοιχὸς ἢ εἰδωλολάτρης, τούτῳ μηδὲ συνεσθίειν (1 Cor.5, 11) », ἢ τὸν λόγον ἢ τὸ ὄψον, ὑποπτεύων τὸν μολυσμὸν τὸν ἐντεῦθεν. Ona fait des conjectures, mais je pense qu’il faut lire ἢ λόγον ἢ τὸ ὄψονὑποπτεύων, sans virgule, et regarder τὸν μολυσμὸν comme une explicationde ce qui précède. Cf. la remarque sur II, 19, 3. II, 19, 3 τὸ αἷμα τῆς σταφυλῆς ὕδατι κίρνασθαι ἐθελήσαντος τοῦ λόγου. Leséditeurs écrivent τὸ αἷμα d’après une conjecture, mais je crois qu’il fautretenir τοῦ αἷματος du manuscrit. τοῦ λόγου est une explication, disant quepar τοῦ αἷματος il faut comprendre τοῦ λόγου. Cf. ce qui suit immédiate-ment : ὡς καὶ τὸ αἷμα αὐτοῦ σωτηρίᾳ κίρναται. Nous trouvons donc τοῦαἷματος τῆς σταφυλῆς ὕδατι κίρνασθαι ἐθελήσαντος et τὸ αἷμα αὐτοῦ (sc.du Seigneur) σωτηρίᾳ κίρναται. Cf. pour des explications comme τοῦλόγου 20, 2 ἄγαμαι τοίνυν τοὺς … τῆς σωφροσύνης τὸ φάρμακονἐπιποθοῦντας τὸ ὕδωρ (mieux vaut mettre une virgule avant τὸ ὕδωρ), et20, 3 οὐ γὰρ κατάλληλον ζεούσῃ ἡλικίᾳ τῶν ὑγρῶν τὸ θερμότατονἐπεγχεῖν, τὸν οἶνον. Voir aussi 21, 1 ἀφαιροῦντας μὲν τὸ ὑπέκκαυμα, τὸτῆς ἀπειλῆς βακχικόν, 45, 4 τὸ τιμιώτερον πάντων τῶν ἐν ἀνθρώποιςκτημάτων καταμωκώμενοι, τὸν λόγον.18 En 26, 2 ὀρρωδοῦντας μὴ ἄρα πῃκαὶ ἡμεῖς παραπλήσιον θέαμα ἄλλοις <καὶ> γέλως γενώμεθα, il n’est pascertain que l’addition de <καὶ>, faite par une main postérieure, soit néces-saire. Cf. aussi la remarque sur II, 10, 6. 18 18 D’autres exemples sont II, 20, 1 τὸ θεῖον κρᾶμα τὸν ἄνθρωπον, II, 61, 2 ὅπερ ἡγεῖτο τὸκάλλιστον εἶναι παρ’ αὐτῇ, τὸ μύρον, III, 5, 2 τὸν κεκρύφαλον λέγω, τὴν βαφὴν, τὴνἐσθῆτα ..., τὰ ἐντρίμματα, τουτέστι τὸ ἐκ τούτων συγκείμενον ὕφος, τὸ καταπέτασμα, oùje pense que c’est à tort que les éditeurs rejettent τὸ καταπέτασμα, III, 24, 4 οἶκον αὐτάρκηκαὶ τῆς ἁμάξης εὐζωνότερον, τὸν ἵππον. Voir aussi la remarque sur II, 40, 1, ὁ κῶμος. 19 II, 26, 2 <καὶ> γέλως, voir la remarque sur II, 19, 3. II, 40, 1 σύγκωμος δὲ παροινία τίς ἐστιν ἡ παννυχὶς [δὲ] ἐπὶ πότῳ, μέθηςἐκκλητικὴ καὶ συνουσίας ἐριθιστική, τόλμα αἰσχροποιός. Tel est la leçondes éditeurs, d’après deux conjectures. Pour παροινία τίς ἐστιν, la leçon desmanuscrits est παρωδία τίς ἐστιν παροινία(ι). Probablement, παρωδία estune erreur qu’on a voulu corriger par παροινία. Il faut sous-entendre τῷκώμῳ et le rattacher à σύγκωμος. On a voulu rejeter le second δὲ.Je crois qu’il faut laisser δὲ. Clément fait une distinction entre κῶμος etπαννυχίς, voir peu avant : ἀπέστω δὲ ἡμῖν τῆς λογικῆς εὐωχίας ὁ κῶμος,ἀλλὰ καὶ αἱ παννυχίδες, suit une distinction : ὃ μὲν γάρ (sc. ὁ κῶμος) ἐστιμεθυστικὸς [αὐλὸς]19 ἄλυς, ἐρωτικῆς σχεδιαστὴς ἀδημονίας, ὁ κῶμος· …σύγκωμος (voir le lemme ci-dessus) δὲ παροινία τίς ἐστιν· ἡ παννυχὶς δὲ …Clément parle de κῶμος depuis ὃ μὲν γάρ jusqu’à τίς ἐστιν ; après, il fautponctuer, car il présente ensuite son exposé sur ἡ παννυχίς. II, 45, 1 πάντων γὰρ τῶν λόγων ἀπὸ διανοίας καὶ ἤθους ῥεόντων οὐχ οἷόντέ ἐστι γελοίους τινὰς προέσθαι λόγους, μὴ οὐχὶ ἀπὸ γελοίου ἤθουςφερομένους. Les Sacra Parallela de Jean Damascène20 donnent προελέσθαι,leçon aussi bonne ou meilleure. Si l’on a un caractère risible, on choisitd’avance (προελέσθαι) les mots risibles. Tous les efforts pour faire rire(σπουδάζειν, ἐπιτηδεύειν dans ce qui suit) sont à éviter. Pour le choix demots, voir Stromates VII, 50, 5 ἐπὶ μὲν τῆς συγκαταθέσεως τὸ « ναί »,ἐπὶ δὲτῆς ἀρνήσεως τὸ « οὒ » προελόμενος τάσσειν ἐπίρρημα. II, 45, 4 καὶ εἰ τὸ πρόσωπον οὐκ ἂν ἑκόντες ἐπὶ τὸ γελοιότερον μεταστρέ-ψαιμέν [ἄν] ποτε, [καὶ] πῶς ἂν κατὰ τοὺς λόγους ἐπιτηδεύσαιμεν εἶναί τεκαὶ φαίνεσθαι γελοῖοι etc.; Les éditeurs présentent ce texte-ci. εἰ est uneconjecture inévitable pour εἰς, le manuscrit porte οὔκουν là où les éditeursdonnent la conjecture οὐκ ἂν ; l’omission de ἄν2 et celle de καὶ sont des pro-positions acceptées par les éditeurs.Je crois qu’on peut très bien retenir οὔκουν, niant ainsi fortement une idéefarfelue, et par conséquent laisser ἄν avant ποτε. Je voudrais aussi bien re-tenir un καὶ qui renforce ce qui suit, indiquant une question rhétorique. Leκαί d’insistance placé devant un adverbe n’est pas rare, et καὶ πῶς est un caspareil. καὶ πῶς se trouve en Marc 9, 12 καὶ πῶς γέγραπται ἐπὶ τὸν υἱὸν τοῦἀνθρώπου ἵνα πολλὰ πάθῃ καὶ ἐξουδενήθῃ; Un tel καί indique une certaine 19 αὐλὸς est rejeté par les éditeurs comme une glose maladroite.20 Voir GCS 12, Clemens Alexandrinus 1, p. LVIII. 20 irritation, comme Protreptique 108, 5 Τίνες δὲ καὶ οἱ νόμοι ; « οὐ φονεύσεις,οὐ μοιχεύσεις… ;», c’est-à-dire : ces lois, ne sont-elles pas bien connues ? II, 46, 3 ἡ μὲν γὰρ καθ’ ἁρμονίαν τοῦ προσώπου, καθάπερ ὀργάνου, κόσμιοςἄνεσις μειδίαμα κέκληται (διάχυσις οὕτως ἀνακλᾶται κατὰ πρόσωπον),σωφρονούντων ὁ γέλως. Tel est le texte de GCS et de SCh, tandis que Mar-covich écrit : … πρόσωπον)· σωφρονούντων ὁ γέλως <οὗτος>. Le manuscritdonne ἀνακέκληται καὶ πρόσωπον au lieu de ἀνακλᾶται κατὰ πρόσωπον.κατὰ πρόσωπον est probablement correct ; il s’agit d’une expression quiest digne d’un sage et qu’on trouve sur son visage. Je propose qu’on metteun point après κέκληται et qu’on poursuive : διάχυσις οὕτως ἀνακέκληταικατὰ πρόσωπον σωφρονούντων ὁ γέλως, « une détente du visage, ainsi ona appelé le rire des sages ». Pour διάχυσις, état louable et digne d’un sage ;cf. peu avant κόσμιος ἄνεσις et 47, 3 εἰς τὸ διαχέαι ἡμᾶς. II, 52, 1 ὁμοίως οὖν κἀνταῦθα ὁ παιδαγωγὸς τὴν ἀδεᾶ τῶν ὀνομάτων χρῆσινδιαβέβληκεν. Tel est le texte de GCS et SCh. Marcovich ajoute πρὸς avantτὴν ἀδεᾶ, influencé par 51, 2 πόρρωθεν διαβάλλων (sc. ὁ παιδαγωγὸς) πρὸςτὴν ἀκολασίαν, mais, je crois, à tort. Là, διαβάλλειν doit signifier commeautrefois, mais rarement,21 « mettre en opposition avec », à savoir avec ladébauche, τὴν ἀκολασίαν. En 52, 1, διαβάλλειν veut dire comme le plus sou-vent « dire du mal de », le complément étant, comme nous le verrons, τὴνἄδειαν du manuscrit, non pas τὴν ἀδεᾶ χρῆσιν.Le manuscrit donne τὴν ἄδειαν τῶν ὀνομάτων ὡς χρῆσιν. Il faut gardercette leçon. Clément veut dire que le Pédagogue critique la liberté de parlerqui consiste à dire des mots indécents, τὴν ἄδειαν τῶν ὀνομάτων, autant que(ὡς) l’usage, la pratique, à savoir la pratique de ce qui est indécent. Il pour-suit : τὴν ἀδεᾶ τῆς ἀκολασίας ἐπιμιξίαν ἐκκόπτων, « il coupe court aux re-lations indécentes », il empêche qu’on ne passe aux actes. Dans laproposition qui suit, il souligne que les mots proférés sans discipline fontnaître des actions indécentes. II, 59, 1. Après avoir critiqué le débit d’un efféminé, Clément poursuit :σώφρονος δὲ καὶ τὸ ἐν τῇ φωνῇ μεμετρημένον, μεγέθους τε ἅμα καὶμήκους καὶ τάχους καὶ πλήθους εἴργοντος τὸ φθέγμα τὸ αὐτοῦ. Il faut lireεἶργον, εἴργοντος n’étant qu’une faute causée par les génitifs précédents.Pour la construction de εἴργω, « empêcher quelqu’un ou quelque chosede », voir le Register. 21 Voir le Register. II, 72, 1 ἀλλ’ οὐδὲ παρὰ τοῖς ἀρχαίοις τῶν Ἑλλήνων ἡ χρῆσις πω τῶν στε-φάνων ἦν. οὔτε γὰρ οἱ μνήστορες οὐθ’ οἱ ἁβροδίαιται κέχρηνται Φαίακεςαὐτοῖς. ἐν δὲ τοῖς ἀγῶσι πρῶτον ἡ τῶν ἄθλων δόσις ἦν, δεύτερον δὲ ὁ πε-ριαγερμός, τρίτον ἡ φυλλοβολία, τελευταῖον ὁ στέφανος, ἐπίδοσιν λαβούσηςεἰς τρυφὴν τῆς Ἑλλάδος μετὰ τὰ Μηδικά. Le manuscrit porte ἐπεγερμός,περιαγερμός est une conjecture, peut-être correcte, faite d’après Platon, Ré-publique X, 621 D, mais Eratosthène22, dont Clément semble plus ou moinss’inspirer, parle dans ce contexte de ἀγείρειν et ἀγερμός.Eratosthène dit que premièrement, dans les concours il n’y avait pas deprix, mais on jetait aux vainqueurs ce qu’on avait et ce qu’on pouvait don-ner : Ἐρατοσθένης γὰρ περὶ τῆς φυλλοβολίας φησὶν ὡς πάλαι χωρὶς ἄθλωνἀγωνιζομένων τῶν ἀνθρώπων τῷ νικῶντι καθάπερ ἔρανον εἰσφέροντεςἔρριπτον τῶν θεατῶν ἕκαστος ὅπως ηὐπόρει. Il semble donc qu’il faille lireἡ τῶν ἄθλων δόσις <οὐκ> ἦν. On peut se demander comment la couronne,en elle-même sans valeur, pourrait, selon Clément indiquer un luxe plusabondant, mais elle était un symbole non pas seulement de la débauche ar-rogante (72, 2 κωμαστικὴ ἀγερωχία), mais aussi de l’idolâtrie. II, 74, 1 διὰ τοῦτό τοι εἰς ὃν οὐκ ἐπίστευσαν ἄνθρωπον, τὸν φιλάνθρωπονθεὸν ἐπιγνώσονται κύριον καὶ δίκαιον· Telle est la ponctuation de GCS etSCh. Marcovich met une virgule aussi après θεὸν, une autre proposition estde ponctuer comme suit : … ἄνθρωπον τὸν φιλάνθρωπον, θεὸν ἐπιγνώσον-ται etc. Je propose de ponctuer d’une autre manière : εἰς ὃν οὐκ ἐπίστευσανἄνθρωπον τὸν φιλάνθρωπον θεὸν, ἐπιγνώσονται κύριον καὶ δίκαιον, « ilsn’ont pas cru au Dieu bienveillant quand il était homme, ils le reconnaîtrontcomme Seigneur et comme juste ». Cf. la remarque suivante. II, 74, 1 ὅτι αὐτοὶ παρεπίκραναν ἐπιδείξασθαι τὸν κύριον, τοῦτο αὐτῷ ὑψου-μένῳ μεμαρτυρήκασι, τὸ διάδημα τῆς δικαιοσύνης τῷ ὑπὲρ πᾶν ὄνομα ἐπηρ-μένῳ περιάψαντες διὰ τῆς ἀειθαλοῦς ἀκάνθης. ὅτι de GCS et SCh est uneconjecture, le manuscrit donne ὃν, une chaîne καὶ τοιγε ὅπερ, Marcovichécrit ὅ τι et τῷ κυρίῳ pour τὸν κύριον.Je crois que le contexte veut dire que des hommes ne voulaient pas ac-cepter la divinité de Dieu quand il était homme, mais il l’ont reconnu(comme Seigneur) après. Ne faudrait-il pas écrire ὃν avec le manuscrit ?ὅπερ de la chaîne peut bien résulter de ὅνπερ. Pour traduire littéralement :comme lequel (à savoir : comme un être divin) ils ont obstinément refuséde reconnaître le Seigneur, de cela ils lui ont rendu témoignage (τοῦτο, té- 21 22 Fragment 14. Voir Die Fragmente der griechischen Historiker, 2. Teil. B, p. 1015 suiv. 22 moignage de cette qualité divine) quand il était élevé sur la croix, en le cou-ronnant du diadème de la justice. Le contexte montre que pour Clément, lacouronne d’épines est un diadème qui montre sa qualité divine.Tengblad23 retient ὃν et comprend le passage ainsi : « duquel ils exigeaient(παρεπίκραναν) qu’il se montre comme le Seigneur », en apportant commeexemples des passages comme Plutarque, Pyrrhus 8 Πύρρου τοῖς ὅπλοις καὶταῖς χερσὶν ἐπιδεικνυμένου τὸν Ἀλέξανδρον. Il semble quand même queπαραπικραίνω veuille dire « trouver quelque chose très répugnant », « refu-ser ». II, 109, 1 τά τε χρυσῷ πεποικιλμένα καὶ τὰ ἁλουργοβαφῆ καὶ ζῳωτά(προσήνεμόν γέ τι τρύφημα τουτοΐ)24. Le mot προσήνεμόν ne semble pas àsa place. Dans SCh, on traduit par « exposés au vent ils sont en vérité d’unegrâce exquise », mais je ne crois pas que Clément dise comment une femmedoive présenter une robe à son avantage. Sous προσήνεμόν doit se cacher lemot προσηνής ; cf. 111, 1 ἐσθῆτα προσηνῆ πρὸς τὴν ἅψιν. II, 117, 1 ἄλλως τε καὶ ἐυολίσθητον εἰς βλάβην ἡ γυνή. Ce qui précède ditqu’une femme ne doit pas aller pieds nus et montrer son pied. ἐυολίσθητονest une conjecture ingénieuse, mais je pense qu’il faut lire avec le manuscritεὐαίσθητον. Le sens serait : « la femme est beaucoup observée, objet de cri-tique ». II, 119, 1 τὰς δώδεκα τῆς οὐρανοπόλεως πύλας τιμίοις ἀπεικασμένας λίθοιςτὸ περίοπτον τῆς ἀποστολικῆς [φωνῆς] αἰνίττεσθαι χάριτος ἐκδεχόμεθα. Pas-sage difficile, car φωνῆς et χάριτος ne s’accordent pas bien. Les éditeurs re-jettent φωνῆς, mais ἀποστολικός est preque toujours rattaché à des mots quiindiquent le message des apôtres, comme γραφή ou παραγγελία, sauf s’il estquestion concrètement de leur personne. Mieux vaut donc retenir φωνῆς ;on aura la réalité, les pierres, qui donnent une idée de la représentation visibledu message apostolique. Mais χάριτος reste inexpliqué. On pourrait penserqu’avant χάριτος il y avait καὶ, tombé par un saut du même au même après-αι. Clément parle souvent de la vaste étendue du message des apôtres. II, 119, 2. Les femmes qui aiment trop les pierres précieuses présentent unejustification étonnante, τὸν θαυμάσιον ἐκεῖνον ἀπολογισμὸν προφερόμεναι, 23 P. 87 suiv.24 πεποικιλμένα et ζῳωτά sont des conjectures pour πεποιημένα et ζῳων τε. Je considère ladeuxième comme plus à propos que la première. à savoir : ὅ τι κατέδειξεν ὁ θεός, διὰ τί μὴ χρησώμεθα ; καὶ πάρεστί μοι, διὰτί μὴ τρυφήσω ; Le manuscrit porte ὃν ; on a conjecturé ὅ τι, accepté par leséditeurs, mais aussi ὃ, qui semble préférable, car ὃν est probablement in-fluencé par ἀπολογισμὸν. κατέδειξεν est une conjecture acceptée par les édi-teurs ; le manuscrit donne καὶ ἔδειξεν. La conjecture est frappante et facile,mais je me demande s’il n’y a pas là un exemple d’un καί qu’on pourraitappeler « vague » : ajoutez à toutes les autres choses … Le sens serait : « ceque Dieu a aussi montré », c’est-à-dire : en plus de tout le reste. Dans Ori-gène, Traité des principes III, 1, 8 (7), l’idée est que les hétérodoxes veulentsupprimer le libre arbitre et pensent qu’il y a ceux qui sont incapables desalut et ceux qui sont incapables de se perdre : φέρε ἴδωμεν ὅ τί ποτε καὶλέγουσι, « voyons donc encore ce qu’ils disent ». Pareillement Origène,Contra Celsum I, 43 τίνι δὲ καὶ πιστεύειν μᾶλλον ἄξιον; Dans un tout autrecontexte, Évangile de Pierre25 f. 5r, ch. XII, 53 τίς δὲ ἀποκυλίσει ἡμῖν καὶτὸν λίθον τὸν τεθέντα ἐπὶ τῆς θύρας τοῦ μνημείου ; dans notre misère, il ya aussi cette pierre à éloigner.Cf. aussi les remarques sur Stromates I, 148, 1 et III, 48, 2. II, 121, 2 χρὴ γὰρ εἶναι κοσμίας ἔνδοθεν καὶ τὴν ἔσω γυναῖκα δεικνύναικαλήν· ἐν μόνῃ γὰρ τῇ ψυχῇ καταφαίνεται καὶ τὸ κάλλος καὶ τὸ αἶσχος. Lemanuscrit porte καταφαίνεσθαι, qu’on peut très bien retenir après χρὴ. Ils’agit d’une présentation d’une idée, où on trouve souvent un tel infinitif,souvent dans une proposition relative. Quelques exemples chez Clémentsont :Stromates I, 143, 2 οἴεται (sc. Πλάτων) δὲ καὶ ἀλόγων ζῴωνδιαλέκτους εἶναι, ὧν τὰ ὁμογενῆ ἐπακούειν.Ibid. II, 24, 1 τὴν σοφίαν ἐπιστήμην τῶν πρώτων αἰτίων... εἶναί φησι(sc. Ξενοκράτης), τὴν φρόνησιν ἡγούμενος διττήν, τὴν μὲν πρακτικήν,τὴν δὲ θεωρητικήν, ἣν δὴ σοφίαν ὑπαρχειν ἀνθρωπίνην.Ibid. II, 130, 6 Διότιμος τὴν παντέλειαν τῶν ἀγαθῶν, ἣν εὐεστὼπροσαγορεύεσθαι, τέλος ἀπέφηνεν.Ibid. III, 34, 1 ἄλλοι τινὲς ... λέγουσι ... τὰ μὲν μέχρις ὀμφαλοῦθεοειδεστέρας τέχνης εἶναι, τὰ ἔνερθε δὲ τῆς ἥττονος, οὗ δὴ χάρινὀρέγεσθαι συνουσίας.Ibid. IV, 141, 4 ταύτῃ τοι λελουμένους φασὶ δεῖν ἐπὶ τὰς ἱεροποιίαςκαὶ τὰς εὐχὰς ἰέναι καθαροὺς καὶ λαμπρούς· καὶ τοῦτο μὲν συμβόλουχάριν γίνεται τò ἔξωθεν κεκοσμῆσθαί τε καὶ ἡγνίσθαι. Le manuscritoffre γίνεσθαι, qu’il faut retenir, car l’infinitif dépend de φασὶ. Proba- 23 25 Voir Littératur, Das Petrusevangelium. 24 blement, on a voulu changer parce qu’à τοῦτο μὲν … γίνεσθαι corres-pond ἁγνεία δέ ἐστι φρονεῖν ὅσια, ce qui n’est guère une pierred’achoppement, car ces mots sont une citation et forment la fin d’uneépigramme.Ibid. VII, 17, 2 ἡ γὰρ τῶν νοητῶν γνῶσις καὶ κατάληψις βεβαίαδεόντως ἂν λέγοιτο ἐπιστήμη, ἧς τὸ μὲν περὶ τὰ θεῖα ἔργον ἔχεισκοπεῖν τί μὲν τὸ πρῶτον αἴτιον, τί δέ etc. Le manuscrit donne ἔχειν,mais les éditeurs ont préféré une vieille conjecture ἔχει.Eclogae propheticae 41, 1 ἡ γραφή φησι τὰ βρέφη τὰ ἐκτεθέντα τημε-λούχῳ παραδίδοσθαι ἀγγέλῳ, ὑφ’ οὗ παιδεύεσθαί τε καὶ αὔξειν.Il va sans dire que la construction se trouve dans les textes des doxographeset dans des contextes pareils, comme ci-dessus chez Clément. Quelquesexemples :Aetius, Placita I, 3, 326 ᾿Αναχίμανδρος ... φησι τῶν ὄντων τὴν ἀρχὴνεἶναι τὸ ἄπειρον· ἐκ γὰρ τούτου πάντα γίνεσθαι …· διὸ καὶ γεννᾶσθαιἀπείρους κόσμους καὶ πάλιν φθείρεσθαι εἰς τὸ ἐξ οὗ γίνεσθαι27 :Ibid. IV, 3, 1128 ᾿Επίκουρος [sc. λέγει τὴν ψυχὴν] κρᾶμα ἐκ τεττάρων,... ἐκ ποιοῦ πνευματικοῦ ..., ἐκ τετάρτου τινὸς ἀκατονομάστου ...· ὧντὸ μὲν πνεῦμα κίνησιν, ... τὸ δ’ ἀκατονόμαστον τὴν ἐν ἡμῖν ἐμποιεῖναἴσθησιν.Scholie à Épicure, Épitre à Hérodote 6629 λέγει ἐν ἄλλοις καὶ ἐξ ἀτόμωναὐτὴν (sc. τὴν ψυχὴν) συγκεῖσθαι ...· καὶ τὸ μέν τι ἄλογον αὐτῆς, ὃ τῷλοιπῷ παρεσπάρθαι σώματι. II, 125, 3 Ἀπελλῆς ὁ ζωγράφος θεασάμενός τινα τῶν μαθητῶν Ἑλένην[ὀνόματι] πολύχρυσον γράψαντα. Les éditeurs rejettent ὀνόματι. Ils sous-évaluent l’ironie de Clément : « une certaine Hélène ». III, 4, 2 τοῖχοι δὲ ἀποστίλβουσι ξενικοῖς λίθοις καὶ γραφῆς ἐντέχνου [οἷς]ἐνδεῖ οὐδὲ ἕν. Les éditeurs omettent οἷς. Je me demande si nous n’avonspas ici une prolepse30 ; il faudrait l’interpréter comme καὶ οἷς γραφῆςἐντέχνου ἐνδεῖ οὐδὲ ἕν, « les murs resplendissent de pierres importées de 26 Doxographi Graeci, p. 277.27 γίνεσθαι est une conjecture par Diehls dans Doxographi Graeci pour γίνεται eller γίνονται.Voir sa remarque, p. 50: infinitivum in relativis structuris cane peius et angue odisseconstat librarios.28 Doxographi Graeci, p. 388 suiv.29 Voir The Hellenistic Philosophers 2, p.74.30 Voir pour prolepse chez Clément les remarques sur Stromates I, 16, 2; II, 16, 1; VIII, 13, 2. l’étranger et auxquelles rien ne manque d’un art (peinture, reliefs, inscrip-tions) techniquement avancé ». III, 5, 2. Pour τὸ καταπέτασμα, voir n. 18. III, 31, 2 ἐλέγχουσαί τε ἁμῇ γέ πῃ σφᾶς αὐτὰς μὴ οἵας τε εἶναι [συνεῖναι]καὶ δίχα τῶν σκευῶν τῶν πολλῶν ἱδροῦν [δύνασθαι]. Les éditeurs omettentσυνεῖναι et δύνασθαι, Marcovich omet aussi καὶ après συνεῖναι.Clément parle des femmes qui apportent d’innombrables objets précieuxet inutiles aux bains. Pourquoi pas συνεῖναι ? Une idée des bains n’était-ellepas d’être ensemble, se rencontrer, causer ? Je crois que δύνασθαι est unexemple d’un verbe qui est superflu et qui ne dit pas grand-chose. Un autreexemple d’un δύνασθαι « faible » est III, 60, 1, où Clément parle d’hommesqui portent le portrait de leurs amants ou maîtresses gravé sur leurs anneaux :ὡς μηδὲ ἐθελήσασιν αὐτοῖς λήθην ποτὲ ἐγγενέσθαι δυνηθῆναι τῶν ἐρωτικῶνπαθημάτων. Je voudrais bien pouvoir montrer plus d’exemples, mais envoici un de Justin Martyr, Apologia Maior 61, 2 Ὅσοι ἂν ... βιοῦν οὕτωςδύνασθαι ὑπισχνῶνται : ils promettent de vivre d’une vie chrétienne. Voiraussi la remarque sur Stromates VII, 35, 1, où on a voulu rejeter δεῖν commesuperflu.31 Pour le latin tardif, ce phénomène est bien connu depuis Löf-stedt32. Il s’agit en premier lieu de posse et uelle. Pour ἐθέλειν « superflu »,voir Basile, Contre Eunome I, 2 fin. (505 b), où Basile cite Eunome :Αἰτοῦμαι δὲ πρὸ πάντων ὑμᾶς ...μὴ τῷ πλήθει διακρίνειν ἐθέλειν τῆςἀληθείας τὸ ψεῦδος. III, 41, 2 πλουσιωτάτη δὲ ἡ εὐτέλεια ἕξις οὖσα ἀνελλιπὴς ἐν δαπάναις ταῖςεἰς ἃ χρὴ ... τελεῖσθαι προσηκούσαις. Tel est le texte des éditions. La traditiondonne ἐξισοῦσα ἀνελλιπέσι δαπάναις, mais dans le manuscrit F (XII s.) il ya la correction par une autre main de ἐξισοῦσα en ἕξις οὖσα.Je crois qu’il faut accepter ἕξις οὖσα ἀνελλιπὴς mais rejeter ἐν. La sim-plicité est un état qui suffit aux dépenses nécessaires. Qu’on compare Stro-mates I, 99, 3 οὐδ’ ὡς κατὰ τὴν ἀφαίρεσιν αὐτῆς (sc. τῆς Ἑλληνικῆςφιλοσοφίας) ἤτοι ἐλλείπειν τῷ καθόλου λόγῳ ἢ ἀφαιρεῖσθαι τὴν ἀλήθειαν,où οὐδ’ … ἐλλείπειν est construit avec le datif comme ἀνελλιπὴς. ἀνελλιπέσιa été rattaché faussement à δαπάναις qui vient après. III, 61, 2 τοῖς δὲ <μὴ> ἀναφανδὸν ἁμαρτάνειν ἐθέλουσιν τὸ λανθάνον τοῦ 25 31 Voir Nachträge, GCS 39, Clemens Alexandrinus 4, p. LXVI.32 P. 207 suiv. σχήματος καὶ μὴ παράσημον ἐπιτερπέστατον. Le contexte dit qu’une appa-rance frappante d’une personne peut détourner du péché parce qu’elle estfacile à identifier. Il ne faut pas ajouter la négation : qui veut pécher enplein jour préfère une apparence qui n’a rien de caractéristique ! III, 65, 2 ἀκινήτῳ δὲ τῷ σώματι τὸ βρωθὲν σιτίον οὐ προσφύεται, ἀλλὰ ἐκπί-πτει, ὥσπερ ἀπὸ ψυχροῦ κλιβάνου ὁ ἄρτος ἢ ὅλος ἢ μόνον ὑπολειπόμενοςτὸν πυθμένα. Clément vient de dire que le mouvement du corps produit lachaleur qui réduit la nourriture. Mais si le corps reste sans mouvement, etpar conséquent froid, les aliments ne s’assimilent pas mais sont rejetés. Ilcompare avec un four froid, mais le texte de ce passage n’a pas beaucoupde sens. Évidemment, si le four est froid, le pain ne sera pas du tout cuit eton l’enlève (cf. ἐκπίπτει), ou seulement la partie inférieure sera bonne à man-ger, parce que le peu de chaleur que ce four donne y a opéré. ἢ μόνονὑπολειπόμενος τὸν πυθμένα est donc sérieusement corrompu, mais le sensen est assez clair. III, 66, 1. Voir la remarque sur Stromates I, 2, 3. III, 93, 5 αὐτὸς ἐρεῖ πάλιν ὁ παιδαγωγὸς τὴν εὐποιίαν [καὶ] τῶν ἀδελφῶνἀγαπητικῶς εἰς ἑαυτὸν μετατρέπων. Les éditeurs omettent à tort καὶ.Le contexte est que Jésus parle de ceux qui lui ont donné à manger et àboire quand il avait faim et soif, etc. Notre passage dit qu’il réfère à lui-même aussi le bienfait des frères, c’est-à-dire : les bonnes actions, y compriscelles des frères entre eux, sont considérées comme de bonnes actions faitespour le Seigneur. III, 98, 2 ὁ ἰώμενος ἡμῶν καὶ σῶμα καὶ ψυχήν, τὸν ἀΐδιον ἄνθρωπον. Lemanuscrit donne ἴδιον ; ἀΐδιον, accepté dans la troisième édition du texte duGCS, est une conjecture ; ὅλον, accepté par SCh, en est une autre. LudwigFrüchtel avait avec raison proposé de suivre le manuscrit, ce que Marcovichfait, renvoyant à Stromates VII, 21, 4. Mais dans ce passage-là, il s’agit detout autre chose, à savoir de ce qui est présenté en Pédagogue III, 93, 4-5,voir la remarque précédente : le Seigneur accepte les bienfaits des hommescomme une faveur et un honneur donné a lui-même (ἰδία χάρις καὶ τιμή).Mieux vaut renvoyer à Pédagogue II, 49, 1 κοινὸν καὶ ἐθνικὸν καὶἀπαίδευτον καὶ ἀσελγῆ δείκνυσιν (sc. ὁ παιδαγωγός) αὐτόν, οὐχὶ δὲ ἴδιονκαὶ κόσμιον καὶ σώφρονα et Stromates VII, 67, 4 ἄφοβον οὖν καὶ ἀδεᾶ καὶπεποιθότα ἐπὶ κύριον ἡ ἀγάπη ἀλείφουσα καὶ γυμνάσασα κατασκευάζειτὸν ἴδιον ἀθλητήν. ὁ ἴδιος ἄνθρωπος est donc le vrai homme, l’hommecomme il doit être. 26 27 III, 99, 1 πολιτεύεται (sc. ὁ ἄνθρωπος) μὲν ἐν οὐρανοῖς ἐπὶ γῆς παιδαγω-γούμενος. ἐπὶ est une conjecture, le manuscrit porte ἀπὸ, qui peut bien êtrecorrect. Cf. III, 86, 2 παιδαγωγοῦντος ἐνθέως τοῦ λόγου τὴν ἀνθρώπωνἀσθένειαν ἀπὸ τῶν αἰσθητῶν ἐπὶ τὴν νόησιν. Les StromatesLe texte des éditions est fondé sur le seul manuscrit qui a conservé les Stro-mates, à savoir le Laurentianus V 3 du XIe siècle (L). Une chaîne qui setrouve dans le codex Lawra B 113 a apporté quelques émendations au texte.Je renvoie, comme avant, à l’édition de GCS pour un aperçu.Dans ce qui suit, je pars des éditions de GCS et de SCh33, en indiquantleurs différences. Les désignations « éditeurs » et « éditions » renvoient àces éditions. J’ai aussi consulté la traduction de Pini. Le plus souvent, je necommente pas le texte si je pense que l’une ou l’autre des ces éditions donnela bonne leçon, mais quelquefois je recommande une émendation, à monavis évidente, mais négligée. De manière générale, on peut dire que dans letexte de GCS, les changements du texte du manuscrit sont trop nombreux,tandis que dans celui de SCh, ils sont trop rares. Le texte de SCh peut appa-raître sainement conservateur, mais on risque de publier un texte qu’on nepeut guère ou pas du tout comprendre.34 Notamment dans livre VIII, je croisque les interventions des éditeurs et critiques ont souvent été malheureuses.Si ou le GCS ou le SCh donne le texte que je considère comme correct,le plus souvent je ne commente pas. Dans mes citations, j’ai rejeté quelquesvirgules superflues. Pour les citations tellement nombreuses chez Clément,il se peut qu’il soit nécessaire de consulter le texte de l’original, comme pourV, 75, 2, où il faut prendre οὐδενός à Euripide. Il n’est pourtant pas néces-saire de changer, selon le texte de Platon, la place de τε en V, 76, 3 oud’écrire, ibid. 77, 1, <ἐκ> πολλῆς ἐξουσίας γιγνομένης pour πολλῆς ἐξουσίαςγιγνομένης du manuscrit. Le texte de Platon peut bien être pris à une antho-logie, probablement c’est le cas le plus souvent, et on ne peut pas du toutgarantir qu’elle conserve le texte original. On sait aussi que çà et là, Clémentchange un peu le texte.I, 2, 3. Clément cite Matth. 13, 13 «διὰ τοῦτο », φησὶν ὁ κύριος, « ἐν 33 La collection SCh ne contient pas d’édition de Stromates III.34 Deux exemples: Stromates IV, 73, 2. ὑφ’ ἕνα. GCS donne le correct ὑφ’ ἓν, « immédiate-ment » ; VI, 57, 1 τὸ δοῦλον ὡς κύριον καὶ ἡγεμονεῖται est impossible; GCS a la conjectureἡγεμόνα τιμᾷ. 28 παραβολαῖς αὐτοῖς λαλῶ, ὅτι βλέποντες οὐ βλέπουσι … », et il poursuit :τὴν ἄγνοιαν αὐτοῖς [ὡς] μὴ παρέχοντος τοῦ κυρίου – μὴ γὰρ οὐ θεμιτὸνοὕτω φρονεῖν –.On a voulu omettre ὡς, probablement à tort, car il y a des passages où desmots sont placés d’une manière qu’on peut trouver peu logique. Ici, Clémenta voulu souligner τὴν ἄγνοιαν αὐτοῖς et l’a mis comme une sorte de prolepse,ce qui explique la position de ὡς. Cf. Stromates VII, 86, 6 βιαζομένης ὥσπερτῆς ἐντολῆς εἰς σωτηρίαν δι’ ὑπερβολὴν ἀγαθότητος, où on s’attend à ὥσπερβιαζομένης, mais βιαζομένης est fortement accentué par sa position. Cf. aussiPédagogue III, 66, 1 <διὸ> κινήσεσι συμμέτροις [διὸ] τηκτέον ταύτην τὴνπεριττείαν : il ne semble pas nécessaire de changer la place de διὸ. I, 16, 2 καθάπερ δὲ οἱ βουλόμενοι δήμῳ προσομιλῆσαι διὰ κήρυκος τοῦτοπολλάκις ποιοῦσιν ὡς μᾶλλον ἐξάκουστα γενέσθαι τὰ λεγόμενα, οὕτωκἀνταῦθα (πρὸς πολλοὺς γὰρ ἡμῖν ὁ λόγος ὁ πρὸ αὐτῆς τῆς παραδόσεως λε-γόμενος) τὰς συνήθεις [διὸ δὴ] παραθετέον δόξας τε καὶ φωνὰς τὰς ἐμβοώ-σας παρ’ ἕκαστα αὐτοῖς δι’ ὧν μᾶλλον οἱ ἀκούοντες ἐπιστραφήσονται.Je crois qu’on peut bien lire comme suit, sans rejeter διὸ δὴ : καθάπερ δὲοἱ βουλόμενοι … οὕτω κἀνταῦθα · πρὸς πολλοὺς γὰρ ἡμῖν ὁ λόγος ὁ πρὸαὐτῆς τῆς παραδόσεως λεγόμενος, τὰς συνήθεις διὸ δὴ παραθετέον δόξας τεκαὶ φωνὰς etc., « c’est que nous avons à parler à beaucoup de monde …, rai-son pour laquelle il faut leur présenter les pensées et les voix qui leur sontfamilières ». Avant διὸ δὴ, τὰς συνήθεις est posé en prolepse. Pour la pro-lepse, voir aussi la remarque suivante.35 I, 19, 4 καὶ ἄλλως ἡ πολυμαθία διασυστατικὴ τυγχάνει τοῦ παρατιθεμένουτὰ κυριώτατα τῶν δογμάτων πρὸς πειθὼ tῶν ἀκροωμένων <καὶ> θαυμασμὸνἐγγεννῶσα τοῖς κατηχουμένοις [καὶ] πρὸς τὴν ἀλήθειαν συνίστησιν. Tel estle texte de SCh avec par conjecture un déplacement de καὶ. Avec raison,l’édition de GCS a retenu la leçon du manuscrit. τυγχάνει est rattaché àἐγγεννῶσα, où καὶ n’a pas de place, et la première phrase est coordonnéepar καὶ avec la seconde, πρὸς τὴν ἀλήθειαν συνίστησιν. I, 20, 2 ὡς ἔπος εἶπεῖν, περιβολῇ πλείονι χρωμένους. On traduit par « en-tourés d’une clôture plus dense ». Je crois que cela veut dire : « entourésd’un vêtement plus ample ». Cf. I, 19, 1 τῶν ὑπομνημάτων τῶν περιειλη-φότων ... τὴν Ἑλληνικὴν δόξαν. Il faut prendre de l’envergure, en s’adres-sant aussi aux Grecs. 35 Pini traduit comme je viens de proposer. I, 21, 2. Pourquoi, demande Clément, mes notes sont-elles ainsi disposéesqu’elles cachent les semences de la connaissance, voir 20, 4 : (οἱ Στρωμα-τεῖς) κρύπτειν ἐντέχνως τὰ τῆς γνώσεως βούλονται σπέρματα ; Il répond :ὅτι μέγας ὁ κίνδυνος τὸν ἀπόρρητον ὡς ἀληθῶς τῆς ὄντως φιλοσοφίας λόγονἐξορχήσασθαι <τού>τοις, <οἱ> ἀφειδῶς πάντα μὲν ἀντιλέγειν ἐθέλουσιν οὐκἐν δίκῃ, πάντα δὲ τὰ ὀνόματα καὶ ῥήματα ἀπορρίπτουσιν οὐδαμῶς κοσμίως,αὑτούς τε ἀπατῶντες καὶ τοὺς ἐχομένους αὐτῶν γοητεύοντες. <τού>τοις et<οἱ> sont des conjectures, le manuscrit n’a que τοῖς. Je me demande pour-quoi on ne pourrait pas garder τοῖς, à rattacher à ἐθέλουσιν et ἀπορρίπτουσιν,les deux compris comme des participes. Bien sûr, on se heurte à ἀπατῶντεςet γοητεύοντες, mais on peut sans beaucoup de scrupules changer ces parti-cipes en des datifs, car les corruptions se font d’elles-mêmes après ἐθέλουσινet ἀπορρίπτουσιν, quand on les a faussement compris comme des verbes auprésent.36 I, 29, 3 οὐ δὴ μόνον ἑνός τινος δικαίου ὁδοὺς πλείονας σωτηρίους κατέλε-ξεν, ἐπιφέρει δὲ ἄλλας πολλῶν πολλὰς δικαίων ὁδοὺς μηνύων ὧδέ πως. Lemanuscrit porte οὗ, les éditeurs ont accepté une ancienne conjecture οὐ. Il fautgarder οὗ. Clément vient de citer Prov. 4, 10, 11, 21, où l’auteur parle tout letemps de quelqu’un mis à la deuxième personne, pour lequel il montre plu-sieurs voies de salut. Clément comprend cela comme s’il s’agissait d’uneseule personne, de laquelle (οὗ) il montre les voies, mais, dit il ensuite, l’au-teur des Proverbes poursuit en disant37 que pour le grand nombre des justes,il y a aussi beaucoup de voies. Il faut rattacher ce οὗ aux σοι et σε précédents,et mettre un point en haut après κατέλεξεν. I, 32, 4 φαμὲν ...τὴν φιλοσοφίαν ζήτησιν ἔχειν περὶ ἀληθείας ..., τήν τε αὖπροπαιδείαν ... γυμνάζειν τὸν νοῦν καὶ διεγείρειν τὴν σύνεσιν ἀγχίνοιανγεννῶσαν ζητητικὴν διὰ φιλοσοφίας ἀληθοῦς. προπαιδεία veut dire ἡκοσμικὴ φιλοσοφία (32, 1), la philosophie hellénique. Je voudrais bien re-jeter διὰ, comme on a proposé ; voir le Register, p. XL, sous S. 21. Cf. φαμὲν... τὴν φιλοσοφίαν ζήτησιν ἔχειν περὶ ἀληθείας. ἀλήθεια et φιλοσοφία ἀλη-θής sont la même chose et signifient la foi chrétienne qu’il faut chercher.SCh traduit ἀγχίνοιαν etc. par « une sagacité chercheuse de la philosophievéritable », ce qui à mon avis est le sens correct, mais pour y arriver il nefaut pas lire διὰ. 29 36 αὑτούς … τοὺς ἐχομένους est une conjecture, le manuscript présente αὐτοῖς ... τοῖςἐχομένοις, leçon impossible. 37 Prov. 4, 18. 30 I, 37, 6. Voir la remarque sur III, 40, 3. I, 38, 1 ἤδη δὲ ἐκεῖνο σκοπῶμεν, ὡς εἴ ποτε οἱ μὴ ἐπιστάμενοι διαβιοῦσικαλῶς † εὖ ποιεῖν· εὐποιίᾳ γὰρ περιπεπτώκασιν. La proposition présente desdifficultés qu’on a voulu résoudre de plusieures manières38 : comment com-prendre ὡς et εἴ ποτε avec un seul verbe διαβιοῦσι, comment comprendrel’infinitif εὖ ποιεῖν ? Je pense qu’il faut considérer ὡς εἴ ποτε comme unetournure concentrée : « Examinons comment, si quelquefois, ceux qui n’ontpas la science mènent une vie de bien ». Je voudrais bien comparer unephrase chez Origène, où il cite Celse qui veut mettre en évidence la valeurde l’érudition (τὸ πεπαιδεῦσθαι) contre les chrétiens qu’il croit y être hos-tiles. Celse dit, Contre Celse III, 49 : τί δ’ οὐχὶ προὔργου μᾶλλον καὶ δι’ οὗμᾶλλόν τις ἂν ἐφικέσθαι δύναιτο ἀληθείας; Le manuscrit A, fondement dela tradition directe, présente εἴ τις pour τις des éditeurs. On voudrait donctraduire : « par laquelle (sc. l’érudition) quelqu’un, s’il y a quelqu’un, pour-rait mieux arriver à la vérité. »οἱ μὴ ἐπιστάμενοι sont évidemment les païens, notamment les philosophesgrecs récemment énumérés par Clément. Ils ne sont pas les simples croyantschrétiens, car nous verrons bientôt que la bonne conduite ne servira pas àces ignorants de la foi chrétienne à la fin de leur vie (tandis que sans douteles croyants chrétiens sans science seront sauvés !). Nous apprenons ensuite(38, 4) qu’une conjecture (στοχασμός) sur la vérité ne vaut pas la vérité etqu’il faut avoir la foi pour arriver à la vérité. Clément parle donc des savantsde ce monde ; ils n’ont pas la foi, mais on peut trouver chez eux justice etscience pieuse (37, 6).Ensuite, il y a le problème εὖ ποιεῖν. Peut-être εὖ ποιοῦντες ou <τῷ> εὖποιεῖν ou ὡς (tombé du texte après καλῶς) εὖ ποιοῦντες. On a aussi voulule rejeter, ce qui n’est pas une mauvaise idée, car εὖποιεῖνεὐποιίᾳ est à peuprès une dittographie. Comment peuvent-ils mener une vie de bien faisantde bonnes actions ? Suit l’explication : c’est parce qu’ils sont tombés sur labienfaisance, car nous savons qu’il y a de la vertu chez les philosophes, voirplus haut, même si cela ne leur servira pas à la fin. I, 44, 3 πῶς δὲ οὐκ ἀναγκαῖον περὶ νοητῶν φιλοσοφοῦντα διαλαβεῖν τὸνἐπιποθοῦντα τῆς τοῦ θεοῦ δυνάμεως ἐπήβολον γενέσθαι ; L’édition de SChtraduit par : « n’est-il pas indispensable pour qui désire toucher du doigt lapuissance divine, de savoir se reconnaître au milieu des conceptions de l’es- 38 Nautin I, p. 622, discute le passage ; il veut retenir εὖ ποιεῖν sans changement, ce qui meparaît impossible. prit ? ». Je crois que ça veut dire : « n’est-il pas indispensable pour qui phi-losophe sur les conceptions de l’esprit qu’il sache distinguer, s’il veut arriverà la connaissance du pouvoir divin ? ». Dans le contexte, il s’agit de distin-guer (διαλαβεῖν ; cf. 44, 2 διακρίνειν et χωρίζειν) entre par exemple σοφι-στικἡ et φιλοσοφία, entre ὀψοποιική et ἰατρική. Dans ce qui suit, Clémentparle aussi du discernement : πῶς δὲ οὐχὶ καὶ διαιρεῖσθαι χρήσιμον τάς τεἀμφιβόλους φωνὰς τάς τε ὁμωνύμως ἐκφερομένας κατὰ τὰς διαθήκας; I, 54, 3 « οὐ γὰρ ἐν λόγῳ ἡ βασιλεία τοῦ θεοῦ », οὐ τῷ μὴ ἀληθεῖ, ἀλλὰ καθ’ὑπόληψιν πιθανῷ, « ἐν δυνάμει δὲ » (1 Cor. 4, 20) εἶπεν. Il faut omettre lavirgule après ἀληθεῖ et lire d’une seule traite : « pas dans le mot qui n’estpas vrai, mais (seulement) plausible par hypothèse ». Ensuite, Clément sou-ligne le peu de sûreté indiqué par des mots comme οἴησις, ὑπόληψις. I, 56, 3 ἀλλ’ ἔστι τῷ ὄντι ἡ τῶν ὑπομνημάτων ὑποτύπωσις † ὅσα διασπορά-δην καὶ διερριμένως ἐγκατεσπαρμένην ἔχουσι τὴν ἀλήθειαν. Les éditeursmettent une croix, mais est-elle vraiment nécessaire ? Ce qui en état dispersécontient la vérité, voilà en fait l’esquisse (le plan) du recueil des notes. Cf.VI, 2, 1 τοῖς δ’ ὡς ἔτυχεν ἐπὶ μνήμην ἐλθοῦσι καὶ μήτε τῇ τάξει μήτε τῇ φρά-σει διακεκαθαρμένοις, διεσπαρμένοις δὲ ἐπίτηδες ἀναμίξ, ἡ τῶν Στρωμα-τέων ἡμῖν ὑποτύπωσις λειμῶνος δίκην πεποίκιλται : l’état dispersé est l’idée,le plan de ces remarques. Pini veut lire οἵα (sc. ὑπομνήμασί ἐστι) et com-prendre ἔχουσι comme un participe dépendant de ὑπομνήμασί, ce qui meparaît impossible. I, 70, 4. La Sibylle prophétise même après sa mort : τὸ μὲν εἰς ἀέρα χωρῆσαναὐτῆς (sc. τῆς Σιβύλλης) μετὰ τελευτήν, τοῦτ’ εἶναι τὸ ἐν φήμαις καὶ κληδόσιμαντευόμενον, <ἐκ> δὲ τοῦ εἰς γῆν μεταβαλόντος σώματος πόας ὡς εἰκὸςἀναφυείσης, ὅσα ἂν αὐτὴν ἐπινεμεθῇ θρέμματα ... ἀκριβῆ τῆν διὰ τῶνσπλάγχνων … προφαίνειν τοῦ μέλλοντος δήλωσιν γράφει. Les éditeurs ac-ceptent ἐκ δὲ τοῦ pour τοῦ δὲ du manuscrit. <ἐκ> δὲ τοῦ dérive de Plutarque,étudié par Clément. On doit bien sûr accepter la leçon du manuscrit plutôtque celle d’un autre texte, même si cet autre texte est en rapport étroit, no-tamment si le texte du manuscrit est parfaitement acceptable. Aussi, avecτοῦ δὲ il y a un plus clair contraste entre τοῦ μὲν εἰς ἀέρα χωρῆσαν αὐτῆς etτοῦ δὲ εἰς γῆν μεταβαλόντος σώματος. On n’a pas besoin de ἐκ, car le génitifde séparation, comme dans τοῦ … σώματος πόας … ἀναφυείσης, est fré-quent chez Clément. I, 71, 4. Il y avait des philosophes éminents chez les barbares avant que laphilosophie n’arrive chez les Grecs : Περσῶν οἱ Μάγοι (οἳ μαγείᾳ καὶ τοῦ 31 32 σωτῆρος προεμήνυσαν τὴν γένεσιν ...) Ἰνδῶν τε οἱ γυμνοσοφισταί etc.μαγείᾳ est une conjecture, le manuscrit donnant μέν γε. On se demande si lemanuscrit n’a pas raison. Cf. μενοῦνγε et μενοῦν, dans le Nouveau Testa-ment fortement affirmatifs mais aussi indiquant un contraste :Luc 11, 28 αὐτὸς δὲ εἶπεν· μενοῦν39 μακάριοι οἰ ἀκούοντες τὸν λόγοντοῦ θεοῦ καὶ φυλάσσοντες.Rom. 9, 20 ὦ ἄνθρωπε, μενοῦνγε40 σὺ τίς εἶ ὁ ἀνταποκρινόμενος τῷθεῷ;Rom. 10, 18 ἀλλὰ λέγω, μὴ οὐκ ἤκουσαν ; μενοῦνγε· εἰς πᾶσαν τὴν γῆνἐξῆλθεν ὁ φθόγγος αὐτῶν.Phil. 3, 8 ἀλλὰ μενοῦνγε καὶ ἡγοῦμαι πάντα ζημίαν εἶναι διὰ τὸὑπερέχον τῆς γνώσεως Χριστοῦ Ἰησοῦ τοῦ κυρίου μου…Théodore de Mopsueste, Commentarius in XII prophetas, In Sopho-niam 1, 11 μηδὲν ἐκ τῆς εὐπορίας κέρδος λαβόντας, τοὐναντίον μὲνοὖν ἐν τῇ ἀφαιρέσει τῶν οἰκείων παραπλήσιοι γεγονότες τοῖς παντελῶςπενομένοις.L’affirmation comporte aussi un contraste : les autres philosophes barbaresn’ont pas contribué d’une manière aussi éclatante. Cf. aussi II, 32, 4 οὐτοίνυν ἄλογος ὁ φόβος, λογικὸς μὲν οὖν et la remarque sur II, 37, 4-6. Gar-dons donc μέν γε. I, 84, 2 ἐπεὶ δὲ τῶν ἁμαρτημάτων προαίρεσις καὶ ὁρμὴ κατάρχει,διημαρτημένη δὲ ὑπόληψις ἔσθ’ ὅτε κρατεῖ, ἧς, ἀγνοίας καὶ ἀμαθίας οὔσης,ὀλιγωροῦμεν ἀποστῆναι, εἰκότως ἂν κολάσειε (καὶ γὰρ τὸ πυρέττεινἀκούσιον· ἀλλ’ ὅταν δι’ ἑαυτόν τις καὶ δι’ ἀκρασίαν πυρέττῃ, αἰτιώμεθατοῦτον) [ὣς δὲ] καὶ τῆς κακίας ἀκουσίου οὔσης. Les éditeurs écrivent ἂνκολάσειε au lieu de αἱ κολάσεις du manuscrit. On a rejeté ὣς δὲ ou fait lesconjectures εἰκότως δὲ ou οὕτως δὲ. Pini veut lire ὡς δὴ : « amesso pure chela nostra colpevolezza sia involontaria », mais je crois que la phrase veutdire autre chose.Il faut retenir αἱ κολάσεις ; après τῶν ἁμαρτημάτων προαίρεσις etδιημαρτημένη ὑπόληψις suivent αἱ κολάσεις. On doit aussi garder ὣς δὲ, enécrivant ὡς δὲ : on blâme celui qui attrape la fièvre par sa faute, mais commeaussi (on accuse) de la méchanceté, chose involontaire. Clément montre en-suite que la méchanceté est en fait involontaire, car personne ne choisit lemal pour le mal, mais on est pourtant puni. 39 μενοῦνγε moins fortement attesté.40 μενοῦνγε fait défaute entre autres dans P46 et D*. I, 93, 1 κἀν τῷ Δημοδόκῳ41, εἰ δὴ τοῦ Πλάτωνος τὸ σύγγραμμα, « μὴ οὐκ ᾖτοῦτο φιλοσοφεῖν » λέγει, « περὶ τὰς τέχνας κυπτάζοντα ζῆν οὐδὲ πολυμα-θοῦντα, ἀλλὰ ἄλλο τι … ». Voici le texte du Amatores 137 B : ἀλλὰ μὴ οὐχοὕτως, ὦ φίλε, ἔχωσι42, μηδ’ ᾖ τοῦτο φιλοσοφεῖν, περὶ τὰς τέχνας ἐσπουδα-κέναι, οὐδὲ πολυπραγμονοῦντα κυπτάζοντα ζῆν οὐδὲ πολυμαθοῦντα, ἀλλ’ἄλλο τι ... Les éditeurs ont accepté la conjecture : μὴ οὐκ ᾖ τοῦτο φιλοσοφεῖνpour μηδὲ ἡγοῦ τὸ φιλοσοφεῖν du manuscrit. Il est pourtant évident que Clé-ment paraphrase le texte du dialogue et qu’il ne faudrait pas changer celuidu manuscrit. I, 99, 2 ὃ δὲ μεθ’ ἑτέρου ποιεῖ, ἀτελὲς ὂν καθ’ αὑτὸ ἐνεργεῖν, συνεργόν φαμενκαὶ συναίτιον ἀπὸ τοῦ σὺν αἰτίῳ αἴτιον ὑπάρχειν <ἢ> ἀπὸ τοῦ ἑτέρῳ συν -ελθὸν αἴτιον γίγνεσθαι ὠνομασμένον. On a voulu rejeter toute la phrase ἀπὸτοῦ σὺν αἰτίῳ αἴτιον ὑπάρχειν, ce qui me semble trop violent ; la manièrede parler méticuleuse et prolixe convient à la manière de Clément. σὺν αἰτίῳest une conjecture dans les éditions faite d’après l’exposition dans StromatesVIII, 33 ; le manuscrit porte συναιτίου. <ἢ> est une conjecture, comme aussiσυνελθὸν ; le manuscrit présentant συνελθεῖν.Dans VIII, 31-33, Clément discute les significations différentes du motαἴτιον. La conclusion43 en est que le συναίτιον est un αἴτιον σὺν αἰτίῳ, doncsur le même niveau, tandis que le συνεργόν est subordonné à un αἴτιον etfait que le résultat devient plus parfait (πρὸς τὸ σφοδρότερον γίνεσθαι τὸἀποτέλεσμα). Le συνεργόν n’a donc pas le même pouvoir.Je pense qu’il faut lire … καὶ συναίτιον (sc. φαμεν) ἀπὸ τοῦ συναίτιον(pour συναιτίου du manuscrit) αἴτιον ὑπάρχειν, ἀπὸ τοῦ ἑτέρῳ συνελθεῖν44αἴτιον γίγνεσθαι ὠνομασμένον, à savoir : « nous disons συναίτιον parcequ’une cause auxiliaire est une cause ; elle a ce nom parce qu’en s’associantavec une autre elle devient cause ». Cf. 97, 1 τάχα δὲ καὶ τὸ συναίτιον αἴτιον.Tout cela est assez lourd et pédant, mais, je pense, assez bien dans le styleClément. I, 146, 1 οἱ δὲ ἀπὸ Βασιλείδου καὶ τοῦ βαπτίσματος αὐτοῦ (sc. τοῦ κυρίου)τὴν ἡμέραν ἑορτάζουσι προδιανυκτερεύοντες <ἐν> ἀναγνώσεσι. ἐν est mispar conjecture. On pourrait aussi penser à προ<σ>διανυκτερεύοντες ἀνα-γνώσεσι, dit des adeptes de Basilide et de leurs études. On devrait considérer 33 41 Il ne s’agit pas de Demodocus mais d’Amatores, autre dialogue pseudo-platonique.42 À savoir les philosophes, qui ont plus de valeur que ne pense l’interlocuteur de Socrate.43 VIII, 33, 8-9.44 Lazzati, p. 78, veut retenir συνελθεῖν, mais ailleurs, il ne critique pas le texte de GCS. 34 comme une règle que προ- et προσ- veulent dire ou l’un ou l’autre ; la confu-sion est présente partout.45 I, 148, 1 ἐπὶ βασιλέως Πτολεμαίου ... τὴν μεγίστην φιλοτιμίαν εἰς τοῦτο προ-σενεγκαμένου, Δημητρίου τοῦ Φαληρέως [καὶ] τὰ περὶ τὴν ἑρμηνείανἀκριβῶς πραγματευσαμένου. Le texte revient à Aristobule, cité aussi par Eu-sèbe, dont le texte est généralement proche de celui de Clément, mais où καὶne se retrouve pas. À cause de cela, les éditeurs rejettent ce mot.Je crois que ce καὶ se réfère à toute la phrase et pas directement à ce quisuit. Le sens serait donc : « sous Ptolémée qui se passionnait pour cette en-treprise (à savoir la traduction de l’Ancien Testament en grec), pendant que,aussi, Démétrius organisait le travail », ou : « … pendant que Démétriusaussi y entrait, en organisant » etc. Dans ces cas, καὶ peut être placé d’unemanière qu’on trouve peu logique.46Il est souvent difficile de comprendre pourquoi un καὶ se trouve où unestricte logique ne voudrait pas qu’il soit, et la tentation de le rejeter ou de ledéplacer est forte. Le phénomène doit être fréquent, mais son caractère vaguefait qu’on ne le constate que rarement. Voici quelques passages où l’on peutcomprendre ce mot de la manière proposée :Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon 92, 1 (rapporter paroles et événe-ments des prophètes ne lui sert à rien) εἰ μὴ λόγον ἔχει καὶ περὶ αὐτῶνδιδόναι, « s’il ne peut aussi rendre compte de ces choses (à savoir : de cesparoles et événements) ». Il serait plus logique de mettre καὶ après μὴ, cequ’on a aussi proposé.Théodore de Mopsueste, Le commentaire sur les Psaumes, p. 186, 6συνέδρια ποιησάμενοι ἦγον εἰς μέσον καὶ ἐμαστίγουν – τοῦτο γὰρ καὶ αὐτὸνδιέθηκαν, « ils le traitaient même comme cela ».Évangile de Pierre47 XII, n. 53 τίς δὲ ἀποκυλίσει ἡμῖν καὶ τὸν λίθον τὸντεθέντα ἐπὶ τῆς θύρας τοῦ μνημείου ; « en outre, y a-t-il quelqu’un qui … » ?On trouve souvent τίς καὶ ou τί καὶ, dénotant un certain pessimisme.Cf. aussi les remarques sur Pédagogue II, 119, 2 et Stromates III, 48, 2. I, 160, 2 ταῦτα δὲ ὑπάρξει πάντα ἐπιτελεῖν ἢ πείθοντας ἢ βιαζομένους ἢ ἀδι-κοῦντας ἐν τῷ ἀμύνασθαι ἢ τὰ δίκαια ποιοῦντας, οἷς ἐμπεριέχεται ἢ ψευδο-μένους ἢ ἀληθεύοντας. Tel est le texte des éditions, mais le manuscrit place 45 Voir les remarques sur Pédagogue 1, 98, 2; Stromates IV, 137, 2; VI, 1, 4 ; Eclogae pro-pheticae 12, 1 avec n. 141.46 Voir aussi les remarques sur III, 43, 2 ; V, 115, 4; VIII, 15, 9.47 Voir Littératur, Das Petrusevangelium. οἷς ἐμπεριέχεται après ἀμύνασθαι. Il y a aussi une proposition d’omettre οἷςἐμπεριέχεται, mais cette proposition est combinée avec une conjecture trèsvaste et peu crédible.Il faut laisser ces mots où ils se trouvent. L’art stratégique, le στρατήγημα,est caractérisé par trois idées ou types : (160, 1) ἰδέαις δὲ ἐνέχεται τὸστρατήγημα τρισίν, ἀσφαλεῖ, παραβολῷ καὶ τῷ ἐκ τούτων μικτῷ. On réalisecet art de plusieurs manières, ἢ πείθοντας ἢ βιαζομένους ἢ ἀδικοῦντας. Pourobvier à l’ennemi, on utilise ce qu’il y a dans l’art stratégique, οἷς ἐμπεριέ-χεται, exemplifié dans ce qui suit par le comportement juste, le mensonge,la vérité. Aussi, en suivant le manuscrit on aura deux séries de trois membreschacune : trois ἰδέαι pour l’art stratégique, trois manières de procéder, voirplus haut ἢ πείθοντας ἢ βιαζομένους ἢ ἀδικοῦντας ; suit une explication, en-suite il y a trois exemples.Dans l’édition de SCh, οἷς ἐμπεριέχεται est traduit par « quand les cir-constances le permettent », ce qui ne semble pas acceptable. Le verbe doitdire ici comme ailleurs que quelque chose se trouve dans quelque chose, estcompris là-dedans. Voir plus haut ἐνέχεται et (160, 1) συντίθεται : συντίθεταιδέ τούτων (sc. les idées de l’art stratégique) ἕκαστον ἐκ τριῶν etc. Il s’agitde la composition et division de la notion στρατήγημα. I, 165, 2 ἆρ’ οὐ τὰ κατὰ τὸν νόμον ἑρμηνεύει (sc. Platon) πρὸς ἕνα θεὸνἀφορᾶν καὶ δικαιοπραγεῖν ἐντελλόμενος; Le manuscrit donne ἄρα οὖν, cequ’on doit garder. ἄρα οὖν au début d’une proposition n’est pas rare chezsaint Paul et se trouve aussi chez Clément, Protreptique 105, 4, comme ἀλλ’ἄρα en Stromates I, 1, 2 et ibid. I, 171, 2. I, 168, 2 κόλασις δὲ <δικαία> οὖσα διόρθωσίς ἐστι ψυχῆς. La conjecture δι-καία est mal à propos. Clément vient de parler de la science des jugements,ἡ δικαστική, et continue en disant que la science des peines, ἡ κολαστική,est proche, σύστοιχος, de cette autre science et qu’elle est la connaissancede la mesure dans les punitions. κόλασις δὲ etc. veut donc dire que mêmes’il s’agit d’une punition (κόλασις οὖσα), c’est une manière de redresserl’âme (διόρθωσίς ἐστι ψυχῆς). Il y a une comparaison entre ἡ δικαστική quiredresse les erreurs (διορθωτικὴ τῶν ἁμαρτανομένων) et ἡ κολαστική quiredresse les âmes. Ensuite, 171, 1 suiv., Clément développe l’idée que la pu-nition est quelque chose de bien, tant pour le particulier que pour la société. I, 169, 1 καθάπερ οὖν τὴν ποιμενικὴν τὸ τῶν προβάτων προνοεῖν φαμεν,« [οὕτω γὰρ] ὁ ἀγαθὸς ποιμὴν τὴν ψυχὴν τίθησιν ὑπὲρ τῶν προβάτων »,οὕτω γε καὶ τὴν νομοθετικὴν τὴν ἀνθρώπων ἀρετὴν κατασκευάζειν ἐροῦμεν.οὕτω γὰρ est rejeté par les éditions, probablement parce que ces mots ne 35 36 sont pas dans le texte de Jean 10, 11, et que οὕτω γὰρ suivi de οὕτω γε sem-ble de trop. Il faut bien sûr regarder οὕτω γὰρ … προβάτων comme une in-sertion qu’on peut, pour être plus clair, mettre entre tirets. Des explicationsinsérées dans le texte avec γάρ sont fréquentes chez Clément. καθάπερ estrepris par οὕτω γε, non par οὕτω γὰρ. I, 173, 6 (ἔξεστι ... πιστὸν γενέσθαι θεράποντα ...), εἰ δέ τις ἐπαναβαίη, τοῖςυἱοῖς ἐγκαταλέγεσθαι, ἐπὰν δὲ « ἀγάπη καλύψῃ πλῆθος ἁμαρτιῶν », μακα-ρίας ἐλπίδος τελείωσιν αὐξηθέντα ἐν ἀγάπῃ ἐκδέχεσθαι τοῦτον ἐγκατατα-γέντα τῇ ἐκλεκτῇ υἱοθεσίᾳ τῇ φιλῇ κεκλημένῃ τοῦ θεοῦ, ᾄδοντα ἤδη τὴνεὐχὴν καὶ λέγοντα· « γενέσθω μοι κύριος εἰς θεόν ». Les éditions donnentτελείωσιν au lieu de τελειώσει du manuscrit. Avec cette leçon, il faut com-prendre ἐκδέχεσθαι comme « recevoir ». Je crois qu’on peut garder τελει-ώσει, en donnant à ἐκδέχεσθαι le sens bien connu de « considérer comme »,« comprendre comme », voir par exemple Stromates IV, 130, 3 ἵνα ἐκδεξώ-μεθα κατὰ τὸν ἀπόστολον πλήρωμα νόμου τὸν Χριστόν. Le sens est qu’ilest possible (ἔξεστι) que le croyant soit inscrit parmi les fils, ensuite que,grandissant dans l’amour par l’accomplissement de la bienheureuse espé-rance, mis au nombre comme il est des enfants choisis, on le comprennecomme chantant déjà la prière « que mon Seigneur devienne mon Dieu ». I, 177, 1 μικτὴ δὲ φιλοσοφίᾳ οὖσα τῇ ἀληθεῖ ἡ ἀληθὴς διαλεκτική … ὑπεξ -αναβαίνει ἐπὶ τὴν πάντων κρατίστην οὐσίαν. Ainsi les éditeurs, mais le ma-nuscript donne μικτὴ δὲ φιλοσοφία οὖσα τῇ ἀληθείᾳ, ce qu’il faut retenir.La vraie dialectique est une philosophie mêlée à la vérité ; la vérité, la vraiephilosophie est, on le sait, la foi chrétienne. I, 178, 1. Clément, après avoir assez longuement décrit ἡ διαλεκτικὴ φρό-νησις, constate qu’elle est παντὸς πάθους ἀπηλλαγμένη. Il poursuit : οὐκἄνευ τοῦ σωτῆρος etc. À l’origine, le manuscrit portait ἡ δὲ οὐκ ἄνευ τοῦσωτῆρος, mais ἡ δὲ a été rejeté par une main postérieure. On aurait dû lelaisser, car Clément se sert de ὃ δέ ou ὁ δέ (pour l’accent, les éditeurs nesont pas conséquents), pour renvoyer à ce qu’il vient de mentionner. Voirpar exemple 175, 2 : (il y a ceux qui se veulent sages), « οἳ δὲ θέλοντες εἶναινομοδιδάσαλοι οὐ νοοῦσι », φησὶν ὁ ἀπόστολος48, « οὔτε ἃ λέγουσιν οὔτε… » ; II, 3, 4 (la chair des oiseaux est plus savoureuse) ὅτε οὐκ ἀφθόνου 48 1 Tim. 1, 7. Clément ne cite pas mot à mot. Le texte de l’épître n’a que θέλοντες, sans οἳδὲ. τροφῆς παρατεθείσης αὐταῖς αἱ δὲ σκαλεύουσαι τοῖς ποσὶν ἐκλέγονται μετὰπόνου τὰς τροφάς. I, 178, 2 οὗτός (sc. le Sauveur) ἐστιν ὁ τῷ ὄντι δείξας ὅπως [τε] γνωστέονἑαυτούς, οὗτος ὁ τῶν ὅλων τὸν πατέρα ἐκκαλύπτων ᾧ ἂν βούληται, [καὶ]ὡς οἷόν τε τὴν ἀνθρωπίνην φύσιν χωρῆσαι [νοεῖν]. Les éditions ont acceptéles propositions de rejeter τε, καὶ et νοεῖν. Je crois qu’il faut les laisser. LeSauveur montre comment nous pouvons nous connaître nous-mêmes, maisaussi dans quelle mesure on peut se faire une idée de la capacité de la naturehumaine pour comprendre, à savoir comprendre Dieu. χωρῆσαι νοεῖν semblede trop, mais cf. Origène, Contre Celse II, 16 fin οἱ ταῦτα πῶς εἴρηται νοῆσαιμὴ χωρήσαντες. Il faut laisser aussi bien χωρῆσαι que νοεῖν. II, 3, 5 εἴ τις οὖν τοῦ ὁμοίου θεωρητικὸς ἐν πολλοῖς τοῖς πιθανοῖς τε καὶἙλληνικοῖς τὸ ἀληθὲς διαλεληθέναι † ποθεῖ, καθάπερ ὑπὸ τοῖς μορμολυ-κείοις τὸ πρόσωπον τὸ ἀληθινόν, πολυπραγμονήσας θηράσεται. διαλεληθέ-ναι ποθεῖ est la leçon du manuscrit, traitée par éditeurs et par critiques deplusieurs manières : CGS écrit διαλεληθέναι † ποθεῖ, SCh διαλεληθ<ὸςεἰδ>έναι ποθεῖ, alii aliter.Je crois qu’il faut laisser le texte du manuscrit comme il est. Il est vraique ποθεῖν chez Clément le plus souvent envisage quelque chose qu’on veutvoir réalisé dans l’avenir, mais en Quis dives salvetur 12, 4 nous lisonsποθῶν ἅπερ ἐσπάθησε, « souhaitant ce qu’il a gaspillé ». On peut souhaiterce qu’on veut trouver ou ce qu’on a perdu. Le contexte parle d’un travailpour trouver ce qui est caché. II, 9, 2 εἰ μὲν οὖν προαίρεσίς ἐστιν, ὀρεκτική τινος οὖσα, ἡ ὄρεξις νῦν δια-νοητική, ἐπεὶ δὲ πράξεως ἀρχὴ ἡ προαίρεσις, πίστις εὑρίσκεται ἀρχὴ [γὰρ]πράξεως, θεμέλιος ἔμφρονος προαιρέσεως, προαποδεικνύντος τινὸς αὐτῷδιὰ τῆς πίστεως τὴν ἀπόδειξιν. L’édition de GCS a rejeté γὰρ, celle de SChécrit καὶ pour γὰρ. On a voulu lire ἡ <πίστις> ὄρεξις νοῦ au lieu de ἡ ὄρεξιςνῦν, conjecture assez violente.Nautin49 a traité ce passage dans sa manière perspicace, mais je ne pensepas que cette fois, il a raison. Il veut lire ἢ ὄρεξις pour ἡ ὄρεξις, rejeter γὰρet traduire : « Si la foi est un choix délibéré (puisqu’elle fait désirer quelquechose, ou est un « désir – cette fois – intelligent »), et si d’autre part le choixdélibéré est « principe de l’action », la foi est principe de l’action. » 37 49 Nautin II, p. 835 38 Je crois qu’il faut garder γὰρ et mettre ἀρχὴ γὰρ πράξεως entre virgulesou entre tirets, en comprenant la proposition comme suit « Si la foi (qu’onsous-entende avec Nautin la foi, parce que c’est ce dont il s’agit) est un choixdélibéré qui désire quelque chose, le désir est maintenant (à première vue)quelque chose de l’intelligence (donc pas pratique) ; mais comme le choixdélibéré est le début de l’action, la foi apparaît – car elle est le début de l’ac-tion – comme le fondement d’un choix délibéré sensé ». Je crois donc qu’ily a un contraste entre νῦν διανοητική et la notion, développée ensuite, quele choix délibéré, qui est aussi la foi, a aussi un côté pratique. Il était pourtantnécessaire d’ajouter que pour la foi il s’agit d’un choix sensé, ἔμφρονοςπροαιρέσεως. La foi, πίστις, est donc le fondement, comme ensuite, 11,2, lafoi est τὸν θεμέλιον τῆς σωτηρίας. Mais il faut admettre que le passage estdifficile.Ensuite, dans l’édition de SCh nous lisons αὑτῷ pour αὐτῷ, ce qui mesemble nécessaire, parce qu’on ne comprend pas à quoi αὐτῷ se réfère. II, 14, 2. Clément constate que les Grecs n’avaient pas connaissance du prin-cipe de l’univers (ἡ τῶν ὅλων ἀρχή), ni Thalès, ni les autres phycisiens quilui ont succédé. Il poursuit : ἐπεὶ <εἰ> καὶ Ἀναξαγόρας πρῶτος ἐπέστησετὸν νοῦν τοῖς πράγμασιν, ἀλλ’ οὐδὲ οὗτος ἐτήρησε τὴν αἰτίαν τὴν ποιητικήν,δίνους τινὰς ἀνοήτους ἀναζωγραφῶν. Pour ἐπεὶ etc., on peut comparer VI,164, 1 ἀλλ’ οὐδὲ τῶν ὀργάνων50 τὰς εἰκόνας οἷόν τε ἀπομιμεῖσθαι ἐναργῶς,ἐπεὶ καὶ τὸν ἥλιόν τις, ὡς ὁρᾶται, πλασσέτω καὶ τὴν ἶριν τοῖς χρώμασινἀπεικαζέτω. On doit faire sans εἰ, car ἐπεὶ καὶ introduit un raisonnement quiaboutit à l’impossible. Pour la proposition de VI, 164, 1 il faut qu’on sous-entende : cela sera en vain ; notre passage veut dire : « car Anaxagore a bienété le premier à ..., mais lui non plus n’a pas » etc. II, 15, 3 καινῷ ὀφθαλμῷ, καινῇ ἀκοῇ, καινῇ καρδίᾳ ὅσα ὁρατὰ καὶ ἀκουστὰ<καὶ> καταληπτὰ διὰ τῆς πίστεως καὶ συνέσεως, πνευματικῶς λεγόντων,ἀκουόντων, πραττόντων τῶν τοῦ κυρίου μαθητῶν. On a ajouté καὶ, mais àtort, ce qui est aussi l’opinion de Pini. La phrase revient à une citation de 1Cor. 2, 9, présentée peu avant par Clément comme : ἃ ὀφθαλμὸς οὐκ εἶδενοὐδὲ οὖς ἤκουσεν οὐδὲ ἐπὶ καρδίαν ἀνθρώπου ἀνέβη. Ensuite, καταληπτὰδιὰ τῆς πίστεως καὶ συνέσεως résume ces phénomènes imperceptibles ; ilne s’agit pas d’une énumération. 50 τὰ ὄργανα sont les corps des êtres vivants ; ils ne sont que les résidences et les véhiculesde l’âme. II, 16, 1 ἐπειδὴ δὲ ὁρῶμεν <ὅτι> ὁ τέκτων [ὅτι] μαθών τινα τεχνίτης γίνεταικαὶ ὁ κυβερνήτης παιδευθεὶς τὴν τέχνην κυβερνᾶν δυνήσεται etc. Les édi-tions ont changé la place de ὅτι. Cela ne doit pas être nécessaire. Il se peutqu’on trouve là une prolepse d’un type dont je ne connais malheureusementque peu d’exemples : Théodore de Mopsueste, Commentaire sur les Psaumes70, 5b, p. 463, 8 δέδεικται γὰρ ἡμῖν ἐν τῷ κδ’ ψαλμῷ τὴν νεότητα ἐπὶ τοῦλαοῦ ὅτι τὸν ἐν Αἰγύπτῳ καλεῖ καιρόν. τὴν νεότητα est construit comme s’ilse trouvait dans la proposition ὅτι τὸν ἐν Αἰγύπτῳ καλεῖ καιρόν, Origène,Contre Celse IV, 55 καὶ ἐζήτησεν ἄν, αἱ γεγραμμέναι προστάξεις τοῦ θεοῦπερὶ τοῦ γενέσθαι ἕκαστον τοῦ κόσμου μέρος τίνι ἢ τίσιν εἴρηνται, où ondirait que αἱ γεγραμμέναι προστάξεις « aurait dû » se trouver dans la propo-sition commencée par τίνι. De même, dans notre passage, on s’attend à ceque ὁ τέκτων soit posé après ὅτι. Des prolepses moins frappantes chez Clé-ment ne sont pas rares, voir par exemple Stromates I, 68, 2 ὁ δὲ Πλάτωνδῆλον ὡς σεμνύνων ἀεί τοὺς βαρβάρους εὑρίσκεται, Stromates II, 15, 4οὕτως ὁ ἀργυραμοιβὸς τῷ ἰδιώτῃ τὸ νόμισμα τοῦτο μόνον, ὅτι κίβδηλόνἐστι, φησί. Voir aussi la remarque sur Pédagogue III, 4, 2.Pour le latin, il n’est pas rare qu’on trouve un nom pour ainsi dire mis de-hors de la proposition subordonnée. Quelques exemples : Augustin, Contraacademicos I, III, 7 nescio Carneades iste qui fuerit ; Hilaire, Contra Constan-tium 6, 17 uide magna potestas ipsius (sc. Dei) qualiter te et semen tuumtorquebit ; Hieronymus, Commentarius in Aggaeum II, 11/15, 366 uideamuspropheta quid quaerat. II, 30, 1 εἰ γὰρ ἀνθρώπινον ἦν τὸ ἐπιτήδευμα, ὡς Ἕλληνες ὑπέλαβον, κἂνἀπέσβη· ἣ δὲ αὔξει <καὶ> οὐκ ἔστιν ἔνθα οὐκ ἔστιν. Clément parle de la foi,πίστις. On a conjecturé ἣ pour εἰ du manuscrit et on a voulu ajouter καὶ. Ilfaut suivre le manuscrit. Nous avons deux propositions qui commencent parεἰ. L’éditeur de GCS compare très bien avec Act. 5, 38, construction et idéepareilles, mais néanmoins, il a fait la conjecture ἣ : ἐὰν ᾖ ἐξ ἀνθρώπων ἡβουλὴ αὕτη ἢ τὸ ἔργον τοῦτο, καταλυθήσεται, εἰ δὲ ἐκ θεοῦ ἐστιν, οὐδυνήσεσθε καταλῦσαι αὐτούς. Pour deux propositions commencées par εἰ,voir la remarque sur II, 37, 4-6. II, 35, 5. Là, l’éditeur de SCh aurait dû accepter une proposition, acceptéedans l’édition de GCS : προτάξας ἐπήγαγεν pour προστάξας ἐπήγαγεν dumanuscrit, car προστάσσω veut dire « ordonner » chez Clément, προτάξαςdénote le contraire de ἐπήγαγε : « il vient de dire, ensuite il dit ». II, 37, 4-6 ἔστι μὲν οὖν ἡ [μὲν] ἔκπληξις φόβος ἐκ φαντασίας ἀσυνήθους ἢἐπ’ ἀπροσδοκήτῳ φαντασίᾳ, † ἅτε καὶ ἀγγελίας, φόβος δὲ ὡς γεγονότι ἢ ὄντι 39 40 ἢ θαυμασιότης ὑπερβάλλουσα. οὐ συνορῶσι τοίνυν ἐμπαθῆ ποιήσαντες δι’ἐκπλήξεως τὸν μέγιστον καὶ πρὸς αὐτῶν ἀνυμνούμενον θεὸν καὶ πρό γε τῆςἐκπλήξεως ἐν ἀγνοίᾳ γενόμενον. εἰ δὴ ἄγνοια προκατῆρξε τῆς ἐκπλήξεως,ἡ δ’ ἔκπληξις καὶ ὁ φόβος ἀρχὴ σοφίας [φόβος] τοῦ θεοῦ γεγένηται, κινδυ-νεύει τῆς τε σοφίας τοῦ θεοῦ καὶ τῆς κοσμοποιίας ἁπάσης ... ἄγνοια προκατ -άρχειν αἰτιωδῶς. Tel est le texte de GCS, moins changé vis-à-vis dumanuscrit que celui de SCh. Le manuscrit porte μὲν avant le premierἔκπληξις, εἰ δ’ ἡ ἔκπληξις au lieu de ἡ δ’ ἔκπληξις, φόβος avant τοῦ θεοῦ etαἰτιώδης51. Ce passage a été l’objet de beaucoup d’émendations ; voir leséditions et la remarque de Nautin52.Clément veut montrer comment les gnostiques Basilide et Valentin, no-tamment Basilide, comprennent la parole ἀρχὴ σοφίας φόβος θεοῦ (Prov. 1,7), et il résume l’interprétation de Basilide, 36, 1, Ἄρχοντα ἐπακούσαντατὴν φάσιν τοῦ διακονουμένου πνεύματος ἐκπλαγῆναι τῷ τε ἀκούσματι καὶτῷ θεάματι παρ’ ἐλπίδας εὐηγγελισμένον, καὶ τὴν ἔκπληξιν αὐτοῦ φόβονκληθῆναι ἀρχὴν γενόμενον σοφίας φυλοκρινητικῆς τε καὶ διακριτικῆς etc.Basilide veut donc selon Clément comprendre φόβος comme ἔκπληξις chezl’Archonte53, comme un phénomène auquel ce dieu est soumis.Ensuite, Clément donne son interprétation du mot ἔκπληξις : ἔστι μὲν οὖνἡ μὲν ἔκπληξις etc. Le premier μὲν après ἔστι n’a pas de δέ correspondant,phénomène loin d’être unique. Observez que nous avons là une combinaisonμὲν οὖν. μενοῦν et μενοῦνγε ont une forte vigueur démonstrative, voir la re-marque sur I, 71, 4. Il faut bien sûr garder le deuxième μὲν qui s’oppose àδὲ dans φόβος δὲ.Je crois qu’il faut lire : ἔστι μὲν οὖν ἡ μὲν ἔκπληξις φόβος ἐκ φαντασίαςἀσυνήθους ἢ ἐπ’ ἀπροσδοκήτῳ φαντασίας τε καὶ ἀγγελίας. On ne comprendpas bien le changement de construction ; après ἐκ φαντασίας ἀσυνήθους suitἐπ’ ἀπροσδοκήτῳ φαντασίᾳ. Je pense que ἐπ’ ἀπροσδοκήτῳ a influencéφαντασίας et l’a fait changer en φαντασίᾳ. Le dernier alpha a causé ἅτε parune dittographie. Il faut donc traduire : « à la suite d’une notion inhabituelleou d’une notion et message fondé sur l’inattendu ».Ensuite, la peur (φόβος) est définie. Je crois que la leçon ἡ (pour ἢ)θαυμασιότης ὑπερβάλλουσα est préférable, car comme il y une peur qui estἔκπληξις, il y a aussi une peur qui est autre chose, à savoir ἡ θαυμασιότηςὑπερβάλλουσα. Donc : « la peur est l’étonnement excessif fondé sur ce qui 51 Il faut avec SCh garder la leçon du manuscrit au lieu de αἰτιωδῶς de GCS. Lidell-Scott-Jones écrit αἰτιώδης et αἰτιώδως.52 Nautin II, p. 839. Pini se range à l’avis de Nautin.53 L’Archonte est pour Basilide le dieu de l’Ancien Testament, voir la note de SCh. 41 est comme arrivé ou (comme) existant ». Clément fait donc une distinctionentre un type de peur qui est ἔκπληξις, dérivant de ce qui est extraordinaireou inattendu, et la peur dans le sens plus strict, fondée sur ce qui est commearrivé ou existant ; là, il faut souligner ὡς : la cause de cette peur peut êtreréelle ou irréelle.Dans la proposition qui, dans GCS, est éditée ainsi : ἡ δ’ ἔκπληξις καὶ ὁφόβος, il faut lire avec le manuscrit et SCh εἰ δ’ ἡ ἔκπληξις. Pour deux pro-positions commencées par εἰ, voir la remarque sur II, 30, 1. La raisonnementde Clément est que selon Basilide φόβος τοῦ θεοῦ dans ἀρχὴ σοφίας φόβοςτοῦ θεοῦ veut dire que ce dieu est soumis à une passion, il est soumis àἔκπληξις, une sorte de φόβος. Étudions notre proposition : si ἔκπληξις estprécédé par ἄγνοια (ce qui est vrai), si ἡ ἔκπληξις καὶ ὁ φόβος (définiscomme des passions54) sont devenus l’origine de la sagesse de Dieu, alors ilse peut que ἄγνοια soit la cause de la sagesse de Dieu et de tout ce qu’il afait  ; on arrive à une conclusion impossible. Je ne vois pas comment on pour-rait retenir le second φόβος dans la phrase εἰ δ’ ἡ ἔκπληξις καὶ ὁ φόβος ἀρχὴσοφίας [φόβος] τοῦ θεοῦ γεγένηται. Le mot s’est inséré d’après Prov. 1, 7ἀρχὴ σοφίας φόβος θεοῦ, point de départ de toute la discussion. II, 45, 7 κἂν τὸ ποιεῖν καλῶς ᾖ τισιν ἐξησκημένον, ἀλλὰ τὸ ἐπίστασθαι, ὡςχρηστέον καὶ ποιητέον, [καὶ]55 συνεκπονητέον, καθὸ καὶ ὁμοιοῦταί τις θεῷ,θεῷ λέγω τῷ σωτῆρι, θεραπεύων τὸν τῶν ὅλων θεὸν διὰ τοῦ ἀρχιερέωςλόγου, δι’ οὗ καθορᾶται τὰ κατ’ ἀλήθειαν καλὰ καὶ δίκαια. εὐσέβεια * *ἔστι πρᾶξις ἑπομένη καὶ ἀκόλουθος θεῷ. On a voulu constater une lacuneaprès εὐσέβεια, mais je crois qu’on peut assez bien comprendre le texte telqu’il est. Il faut omettre les virgules après ἐπίστασθαι et ποιητέον et les cro-chets autour de καὶ. De plus, nous devons remplacer le point après δίκαιαpar une virgule. La proposition principale commence par ἀλλὰ, tandis queκαθὸ ... δίκαια est une insertion dans cette proposition. Une traduction serait :« même si certains se sont exercés à agir bien, cependant, comprendre com-ment se comporter et agir et faire des efforts ensemble, de la manière qu’onse fait semblable à Dieu, je veux dire au Dieu Sauveur, en rendant un culteau Dieu de l’univers par l’intermédiaire du grand prêtre, Logos, par lequelon voit ce qui est vraiment beau et juste, voilà la piété, action pratique quisuit et qui est proche de Dieu ». 54 Pour Clément, Dieu ne peut pas avoir des passions, voir plus haut οὐ συνορῶσι τοίνυνἐμπαθῆ ποιήσαντες δι’ ἐκπλήξεως τὸν μέγιστον καὶ πρὸς αὐτῶν ἀνυμνούμενον θεὸν.55 L’édition de SCh ne met pas καὶ entre chrochets droits. Clément vient de dire56 que même parmi les païens et parmi les juifs, avantla loi, il y avait des justes. Il le répète dans notre passage, mais (ἀλλὰ etc.)il faut encore … Ils sont morts mais sauvés par les apôtres et les docteurs(διδασκάλους) qui sont après leur propre mort descendus chez ces justes etqui leur ont donné le baptême. Ces justes sont donc devenus des chrétiens,et seuls les chrétiens ont la vraie piété. Il souligne encore, peu après57, qu’ilfaut agir bien, mais qu’il faut aussi approcher de Dieu pour la vraie connais-sance : αὕτη (sc. ἡ τῷ ὄντι ἐπιστήμη) ἂν εἴη μόνη ἡ τῆς σοφίας γνῶσις, ἧςοὐδέποτε χωρίζεται ἡ δικαιοπραγία. II, 82, 2 ἐλεύθεροι γὰρ τὰς ὁρμὰς οἱ ἀπροφασίστως τοῖς δεινοῖς ἐπαποδυό-μενοι. Clément parle d’après Deut. 20, 5-7 de ceux qui doivent être libérésdu service militaire pour des raisons personelles, parce que dans la guerre ilfaut servir sans distraction. On peut certes interpréter la phrase comme elleest, en regardant τὰς ὁρμὰς comme un « accusatif grec », même si on s’attendpeut-être à τῶν ὁρμῶν. Mais chez Philon, De Virtutibus 31 qui est le fonde-ment de notre passage, on trouve : ὅπως ἐλευθέροις καὶ ἀφέτοις ὁρμαῖςἀπροφασίστως τοῖς δεινοῖς ἐπαποδύωνται. Les sens diffèrent donc : chezClément, ὁρμαί sont l’envie de s’en aller pour faire autre chose que la guerre,disposition « civile » dont le vrai soldat est libéré ; chez Philon, elles sontl’élan impétueux, libre et sans empêchements, que le service militaire exigedu soldat. Clément a-t-il mal interprété ou mal lu Philon ? En ce cas, le textede Clément est correct, même s’il est inattendu. Ou faut-il suivre Philon etproposer ἐλευθέροις γὰρ ταῖς ὁρμαῖς pour le texte de Clément, ou du moinsle considérer comme une possibilité ? Je crois que c’est une possibilité : onpeut expliquer ἐλεύθεροι comme adapté au ἐξυπηρετῶμεν précédent, fautequi a causé le changement de ταῖς ὁρμαῖς en τὰς ὁρμὰς. II, 113, 4. Clément cite Isidore, le fils de Basilide, qui pense que l’âme estfortement influencée par des « additions » qui s’y accrochent (προσαρτήματα)et qui donnent des prétextes pour s’excuser : « ἐβιάσθην, ἀπηνέχθην, ἄκωνἔδρασα, μὴ βουλόμενος ἐνήργησα, » τῆς τῶν κακῶν ἐπιθυμίας αὐτοὶ ἡγη-σάμενοι καὶ οὐ μαχεσάμενοι ταῖς τῶν προσαρτημάτων βίαις. Les plurielsαὐτοὶ, ἡγησάμενοι, μαχεσάμενοι sont des conjectures, le manuscrit présen-tant -ος partout. Les conjectures ne sont pas impossibles ; les pluriels se rat-tachent au précédent ἔξουσιν ... λέγειν, à propos de ces mauvais hommes, eton peut considérer le singulier comme influencé par ἐβιάσθην etc. Quoi qu’il 42 56 44, 1 suiv.57 47, 4. en soit, le singulier est dans le manuscrit et donne un meilleur sens : (il ditça,) lui qui est lui-même l’initiateur etc. Ainsi Lazzati58 et Pini. II, 114, 6 τὸν τρόπον τοῦτον καὶ ἡ καρδία, μέχρι μὴ προνοίας τυγχάνει,ἀκάθαρτος [οὖσα], πολλῶν οὖσα δαιμόνων οἰκητήριον. On a voulu rejeterοὖσα, probablement parce que la répétition semble ennuyeuse. Il faut ponc-tuer : μέχρι μὴ προνοίας τυγχάνει ἀκάθαρτος οὖσα, πολλῶν οὖσα δαιμόνωνοἰκητήριον. Ainsi οὖσα confirme au lieu de gêner. II, 116, 2 χρυσοῦ δὲ ἀπὸ γῆς οὐκ αἴρεται βῶλος, ἀλλ’ ἀφεψόμενος διυλίζεται,ἔπειτα καθαρὸς γενόμενος χρυσὸς ἀκούει, γῆ κεκαθαρμένη. χρυσοῦ est uneconjecture, le manuscrit porte χρυσὸς qu’on doit retenir : l’or n’est pas trouvédans la terre comme pépite. Les idées de Clément sur l’or semblent confuses,mais il est évident qu’il pense que l’or se trouve disséminé dans la terre. II, 122, 1 σκεπαστηρίοις ἀτρώτοις καὶ ἀμυντηρίοις δραστικοῖς. Le manuscritdonne μυστηρίοις, mais on a fait la conjecture ἀμυντηρίοις, acceptée par leséditeurs dans le texte, alors que l’édition de GCS ne présente pas ce motdans son Register mais enregistre le passage sous le mot μυστήριον. ἀμυν-τηρίοις ne se trouve pas ailleurs chez Clément. Il faut bien sûr retenirμυστηρίοις. Ce mot peut très bien se référer à la foi chrétienne, comme leRegister indique, et il va bien avec δραστικοῖς, désignant la nature efficacede cette foi en contraste avec λόγοις ψιλοῖς καὶ θεσπίσμασι immédiatementavant, ce qui est typique des Grecs. II, 131, 5. Je pense qu’il faut lire ὁτὲ δὲ βίον ὁμολογούμενον [καὶ] σύμφωνοναὐτὴν (sc. τὴν εὐδαιμονίαν) ἀποκαλεῖ. Qu’on compare Protreptique 55, 5τὰ εἴδωλα καὶ οἱ δαίμονες ... πρὸς πάντων ὁμολογούμενα γήινα καὶ δεισα-λέα. καὶ ne combine pas ὁμολογούμενον et σύμφωνον ; le sens est queεὐδαιμονία est βίος ὁμολογούμενος σύμφωνος. III, 2, 1 τῷ « ἄμεινον γαμῆσαι ἢ πυροῦσθαι » « μὴ εἰς πῦρ ἐμβάλῃς τὴνψυχήν σου » λέγειν τὸν ἀπόστολον. Le manuscrit donne τὸ qu’il faut retenir.λέγειν dépend du précédent φασίν qu’on trouve deux fois (III, 1, 4, aussi 1,3) : « ils disent (à savoir Basilide et ses partisans) que l’apôtre dit que mieuxvaut se marier que de brûler, afin que tu ne mettes pas ton âme dans le feu. » III, 3, 3 ἐπεὶ μηδὲ ταὐτὰ αὐτοῖς πράττειν συγχωροῦσιν οἱ προπάτορες τῶν 43 58 P. 81. δογμάτων. Le manuscrit présente ταῦτα, tandis que le même passage chezÉpiphane (IVe s.)59 donne τὰ αὐτὰ. La bonne leçon est ταῦτα. Clément vientde citer ce que Basilide et ses disciples pensent du mariage. Ce sont des opi-nions qui sont généralement raisonnables. Clément se tourne contre ces Ba-silidiens qui vivent autrement et mal (εἰς ἔλεγχον τῶν μὴ βιούντων ὀρθῶςΒασιλειδιανῶν), en se fiant à leur perfection (τελειότης) ou en se comptantparmi les sélectionnés. Pour Clément, les auteurs de ces dogmes (οἱπρόπατορες τῶν δογμάτων) ne leur permettent pas cette manière de vivre(ταῦτα). On se demande pourquoi il dit μηδὲ : probablement parce que cesauteurs défendent aussi bien cela que d’autres choses chez ceux de leurs par-tisans qui ne vivent pas bien. III, 6, 3. Clément donne un long extrait du Περὶ δικαιοσύνης d’Épiphane.L’idée importante est que la nature a fait que tous les êtres vivants sont égauxet ont les mêmes droits. Les mots δικαιοσύνη, ἰσότης, κοινότης, κοινωνία,κοινῇ, ἐπ’ ἴσης, abondent, on trouve ὁμοίως deux fois.Le soleil fait que l’herbe pousse également pour tous les animaux. Clé-ment poursuit : καὶ εἰς τὰ τοιαῦτα βοῶν γένος ὁμοίως γίνεται ὡς αἱ βόες καὶσυῶν ὡς οἱ σύες καὶ προβάτων ὡς τὰ πρόβατα καὶ τὰ λοιπὰ πάντα. On pour-rait ponctuer d’une autre manière : καὶ εἰς τὰ τοιαῦτα βοῶν γένος ὁμοίωςγίνεται· ὡς αἱ βόες καὶ συῶν (sc. γένος), ὡς οἱ σύες καὶ προβάτων (sc.γένος), ὡς τὰ πρόβατα καὶ τὰ λοιπὰ πάντα, et traduire : « quant à de telleschoses (à savoir l’herbe, la nourriture), l’espèce bovine vient au monde d’unemanière pareille (sans différence entre eux), comme les vaches l’espèce por-cine, comme les cochons l’espèce ovine … ». Pour ὁμοίως γίνεται, cf. peuaprès ἔπειτα κατὰ κοινότητα πάντα ὁμοίως κατὰ γένος σπείρεται. Il n’y adonc pas de rapport entre ὁμοίως et ὡς. III, 7, 3. Il s’agit toujours de l’extrait d’Épiphane : τό τε ἐμὸν καὶ τὸ σόνφησι διὰ τῶν νόμων60 παρεισελθεῖν, μηκέτι εἰς κοινότητα [κοινά τε γὰρ]καρπουμένων μήτε γῆν μήτε κτήματα, ἀλλὰ μηδὲ γάμον. On a voulu omettreκοινά τε γὰρ ou écrire κοινὸν τί γὰρ, donc comme une question, ou écrire(κοινά τε γάρ), évidemment en le rattachant à ce qui précède. Je pense qu’ilfaut mettre une virgule après μηκέτι εἰς κοινότητα, et rattacher κοινά τε γὰρà ce qui suit. Lisons à l’essai : κοινά τε γὰρ καρπουμένων μήτε γῆν μήτεκτήματα, ἀλλὰ μηδὲ γάμον. La difficulté est en fait la particule τε, peut-êtreajoutée par erreur, peut-être introduisant une anacoluthe. 44 59 Panarion haereseon 32, 5, 3.60 Cf. Rom. 7, 7, cité peu avant. On a aussi voulu ajouter ἡμῶν après καρπουμένων, ce qui n’est pas né-cessaire. Un génitif absolu sans sujet se trouve par exemple en ProtreptiqueII, 22, 3 νόμος οὖν καὶ ὑπόληψις κενὴ τὰ μυστήρια61 καὶ τοῦ δράκοντοςἀπάτη τίς ἐστιν θρῃσκευομένη, τὰς ἀμυήτους ὄντως μυήσεις ... εὐσεβείᾳνόθῳ προστρεπομένων. Il faut sous-entendre là comme dans notre passageune notion générale comme « les gens ». Cf. aussi Justin Martyr, Dialogueavec Tryphon 132, 3, parlant des Ashdodites62 : πραξάντων τοῦτο αἱδαμάλεις ... οὐκ ἦλθον μὲν εἰς τὸν τόπον ὁπόθεν etc., Basile, Contre EunomeI, 7, 42 (525 c) Ὡς οὖν τὸ ἀτέλεστον τῆς ζωῆς ἄφθαρτον, οὕτω τὸ ἄναρχοναὐτῆς ἀγέννητον ὠνομάσθη, τῇ ἐπινοίᾳ θεωρούντων ἑκάτερα, où des ma-nuscrits ont ajouté ἡμῶν. III, 8, 6. Clément vient de citer la commande : οὐκ ἐπιθυμήσεις τῆς τοῦπλησίον. Il poursuit : ὁ πλησίον δὲ οὐχ ὁ Ἰουδαῖος τῷ Ἰουδαίῳ, ἀδελφὸς γὰρκαὶ ταὐτότης τοῦ πνεύματος, λείπεται δὴ πλησίον τὸν ἀλλοεθνῆ λέγειν.Coordonner ἀδελφὸς et ταὐτότης semble dur. Je crois qu’il faut lire κατὰταὐτότητα. Le prochain, il faut le chercher parmi les étrangers. Pour la no-tion, voir II, 42, 1 φιλαδελφία ἡ φιλανθρωπία τοῖς τοῦ αὐτοῦ πνεύματοςκεκοινωνηκόσιν. La confusion entre καί et κατά est bien sûr très fréquente.63 III, 12, 2 ἀντιτασσόμενοι (sc. les sectateurs de Marcion) τῷ ποιητῇ τῷ σφῶνκαὶ σπεύδοντες πρὸς τὸν κεκληκότα ἀγαθόν. Il faut lire ou κεκλημένον ; cf.38, 3 τὸν κεκλημένον διάβολον, ou πρὸς ὃν κεκλήκασιν ἀγαθόν. Il se peutque cette dernière leçon soit à l’origine de la leçon κεκληκότα. III, 30, 3 « πᾶς γάρ », φησιν, « ὁ ἁμαρτάνων δοῦλός ἐστιν », * * ὁἀπόστολος λέγει. Les éditeurs ont mis ces astérisques parce qu’ils regardentπᾶς γὰρ ὁ ἁμαρτάνων δοῦλός ἐστιν comme une citation de Jean 8, 34, ens’attendant ensuite à une citation de Rom. 6, 16, d’où semble venir la men-tion de l’apôtre. Mais nous pouvons faire sans les astérisques, en considérantla citation comme une paraphrase assez libre de Rom. Nous savons bien quela manière de citer est souvent loin d’être littérale chez Clément. Voir parexemple III, 36, 1 « μετὰ τοῦ ἀντιδίκου βαδίζων φίλος αὐτοῦ πειράθητιἀπαλλαγῆναι » φησιν ; cf. Matth. 5, 25 et Luc 12, 58, et 37, 1 ἔδωκα ὑμῖνπάντα εἰς τροφὰς καὶ ἀπολαύσεις ; cf. Gen. 1, 29. 45 61 On a voulu déplacer τὰ μυστήρια de manières différentes ou le rejeter.62 Cf. 1 Sam. 6, 7 suiv.63 Un exemple parmi des innombrables dans la littérature: Stromates III, 27, 5. Wifstrand II,p. 419 [29], a fait la conjecture καὶ au lieu de κατὰ, acceptée par les éditeurs, pour Origène,Contre Celse II, 10 fin. III, 32, 1 ὁ γοῦν ἐκκεντήσας τὸν πόρνον εὐλογούμενος πρὸς τοῦ θεοῦδείκνυται ἐν τοῖς Ἀριθμοῖς. Le manuscrit donne εὐλαβούμενος, εὐλογούμενοςest une conjecture.En Nombres 25, 7 suiv. il est question de Pinhas qui tua un Israélite avecune femme Madianite. Il faut assurément retenir εὐλαβούμενος. Par son acte,Pinhas se montra attentif à la loi et plein de piété, εὐλαβούμενος. Dieu lemontre en le louant pour son zèle, voir v. 10 suiv. III, 36, 5 οὐδὲ γῆν πλωτήν, βατὴν δὲ θάλασσαν ἐργάζεσθε, καθάπερ οἱ τὰςἱστορίας συνταξάμενοι τὸν βάρβαρον ἐθελῆσαι Ξέρξην <φασίν>. Je me de-mande si l’addition φασίν est nécessaire. L’omission d’un verbum dicendidans une proposition relative est un phénomène fréquent, si la propositionmontre l’idée de quelqu’un, voir la remarque sur III, 91, 1. Encore quelquesexemples : Stromates I, 143, 2 οἴεται δὲ καὶ ἀλόγων ζῴων διαλέκτους εἶναι,ὧν τὰ ὁμογενῆ ἐπακούειν ; III, 34, 1, (λέγουσι) οὗ δὴ χάριν ὀρέγεσθαι συν -ουσίας ; VII, 37, 1 οὐδὲ αἰσθήσεων αὐτῷ δεῖ (sc. τῷ θεῷ), καθάπερ ἤρεσεντοῖς Στωικοῖς, μάλιστα ἀκοῆς καὶ ὄψεως, μὴ γὰρ δύνασθαί ποτε ἑτέρωςἀντιλαβέσθαι. On trouve aussi ὅτι sans un verbum dicendi précédent, commeen Stromates IV, 52, 1 τοιαῦτα καὶ τὰ τοῦ Πλάτωνος ἐν Πολιτείᾳ, κἂνστρεβλῶται ὁ δίκαιος κἂν ἐξορύττεται τὼ ὀφθαλμώ, ὅτι εὐδαίμων ἔσται. III, 40, 3 εἰ πάντα ἔξεστιν ἑλέσθαι βίον, δῆλον ὅτι καὶ τὸν μετ’ ἐγκρατείας(sc. ἔξεστιν ἑλέσθαι), καὶ εἰ πᾶς βίος ἀκίνδυνος ἐκλεκτῷ, δῆλον ὅτι <ὁ>μετὰ ἀρετῆς καὶ σωφροσύνης πολὺ μᾶλλον ἀκίνδυνος. ἐκλεκτῷ ne peutguère être correct. Il ne s’agit pas d’une personne qui est choisie, mais dequelqu’un qui choisit de vivre d’une manière ou d’une autre, doncἐκλεκτικῷ.Ce mot se trouve chez Clément en Stromates I, 37, 6 ἀλλ’ ὅσα εἴρηταιπαρ’ ἑκάστῃ τῶν αἱρέσεων τούτων καλῶς, δικαιοσύνην μετὰ εὐσεβοῦςἐπιστήμης ἐκδιδάσκοντα, τοῦτο σύμπαν τὸ ἐκλεκτικὸν φιλοσοφίαν φημί.Clément parle des écoles de la philosophie grecque, celle du Portique, cellede Platon etc. ; chacune a choisi de bonnes idées, et ce choix actif, c’est labonne philosophie. Il faut donc comprendre ἐκλεκτικὸν dans le sens actif,et je ne crois pas que la traduction de SCh, « cette ensemble choisi », soitcorrect. Le contexte est que Dieu fait pleuvoir sur la terre et que toute sortede végétation se produit, mais le cultivateur sait choisir, comme aussi le paî-tre. De la même manière, on trouve en Stromates VII, 90, 5 ἐκλεκτικώτερονπροσιόντας τῇ κυριακῇ διδασκαλίᾳ : comme on choisit entre les écoles demédecine, comme on préfère le changeur de monnaie éprouvé, on approchede la doctrine du Seigneur en choissisant, en éprouvant. 46 III, 42, 4. Voir la remarque sur V, 16, 1. III, 43, 1 μηδεμίαν τοῦ θεοῦ γνῶσιν <περι>πεποιημένοις L’addition de περιest une ancienne conjecture. Elle n’est pas nécessaire, car τοῦ θεοῦ γνῶσινποιεῖσθαι veut dire à peu près τὸν θεὸν γινώσκειν. Les exemples de laconstruction de ποιεῖσθαι avec un substantif verbal sont innombrables, nom-breux aussi chez Clément d’Alexandrie. III, 43, 2 οὐδὲ γὰρ συνᾴδειν ποτὲ δύναται τὸ ἀγαθὸν εἶναι τὴν ἡδονὴν τῷμόνον εἶναι τὸ καλὸν ἀγαθὸν. Tel est le texte de GCS. Le manuscrit donneοὐδὲ γὰρ συνᾴδειν ποτὲ δύναται τὸ ἀγαθὸν εἶναι τῆι ἡδονῆι ἢ μόνον εἶναιτὸ καλὸν ἀγαθῷ.Je pense qu’on peut retenir le texte du manuscrit, en changeant seulementἀγαθῷ en ἀγαθὸν. Il faut comprendre la proposition comme fort abrégée etcomme dépendant de la proposition précédente. On pourrait complétercomme suit : οὐδὲ γὰρ συνᾴδειν ποτὲ δύναται τὸ ἀγαθὸν εἶναι τῇ ἡδονῇ ἢ<τὸ ?> μόνον εἶναι τὸ καλὸν ἀγαθὸν < συνᾴδειν δύναται τῇ ἡδονῇ>. Laconjecture ἀγαθὸν semble nécessaire et est confirmée par ce qui suit : ἢ καὶμόνον καλὸν τὸν κύριον καὶ μόνον ἀγαθὸν τὸν θεὸν καὶ μόνον ἐραστόν.Tout cela semble compliqué64, mais dans une présentation orale tout doit de-venir plus clair. Et, même si le passage reste compliqué et assez difficile,Clément n’a rien contre ce qui est compliqué et ne facilite pas notre lecture. III, 48, 2 ἀλλὰ καὶ οἱ τὰ εἴδωλα σεβόμενοι βρωμάτων τε ἅμα καὶ ἀφροδισίωνἀπέχονται. Le manuscrit donne οἱ καὶ pour καὶ οἱ de l’édition. Le texte del’édition est peut-être plus logique, mais la manière de placer καί n’est pastoujours très logique.65 Le sens est : mais même ceux qui sont tellement ab-jects qu’il adorent les idoles s’abstiennent. III, 67, 1 μήτ’ οὖν ἁμάρτημά τις ἡγείσθω τὸν γάμον τὸν κατὰ λόγον, εἰ μὴπικρὰν ὑπολαμβάνει παιδοτροφίαν ..., μήτ’, ἂν πικρὰ ἡ παιδοποιία φαίνηταίτινι μεταπερισπῶσα τῶν θείων διὰ τὰς χρειώδεις ἀσχολίας, μὴ φέρων [δ’]οὗτος εὐκόλως τὸν μονήρη βίον ἐπιθυμείτω γάμου. ἐπεὶ τὸ εὐάρεστον μετὰσωφροσύνης ἀβλαβὲς. L’omission de δ’ est une conjecture acceptée parGCS ; au lieu de ἐπιθυμείτω γάμου, le manuscrit porte ἐπιθυμεῖ τοῦ γάμου,mais ἐπιθυμείτω est préférable ; cf. ἡγείσθω τὸν γάμον. 47 64 Compliqué aussi une reconstruction de Pini: οὐδὲ συνᾴδειν ποτὲ δύναται τῇ ἡδονῇ τὸἀγαθὸν εἶναι (sc. ἡδονὴν) ἢ <τὸ> μόνον εἶναι τὸ καλὸν.65 Cf. aussi les remarques sur Pédagogue II, 119, 2, Stromates I, 148, 1 ; V, 115, 4 ; VIII, 15, 9. Il faut avoir présente à l’esprit la construction de la proposition précé-dente et comprendre comme suit : μήτ’ (ἁμάρτημά τις ἡγείσθω τὸν γάμοντὸν κατὰ λόγον), ἂν πικρὰ ἡ παιδοποιία φαίνηταί τινι …, μὴ φέρων δ’ οὗτοςεὐκόλως τὸν μονήρη βίον ἐπιθυμείτω γάμου ; il faut ensuite rattacher à celaἐπεὶ τὸ εὐάρεστον μετὰ σωφροσύνης ἀβλαβὲς. III, 79, 4 εἰ δὲ ὑπερβὰς ὃν εἵλετο κανόνα εἰς μείζονα δόξαν, ἔπειτα * *ἀποπέσῃ πρὸς τὴν ἐλπίδα. On a présenté des propositions pour mieux com-prendre ce passage. Nous pouvons à peu près garder la leçon. Le contextedit qu’il y a ceux qui se vouent à la ἐγκράτεια rigoureusement, il y a ceuxque veulent vivre dans le mariage, où il faut pourtant qu’on vive sobrementet chastement. Clément parle premièrement des rigoureux : εἰ μὲν γὰρἐπιτεῖναι οἷόν τε ἔσται τὸν βίον, μείζονα ἀξίαν ἐν θεῷ αὐτὸς ἑαυτῷπεριποιήσεται, ensuite : « mais si (à sous-entendre depuis ce qui précède : ilfait ses effort) dépassant la mesure qu’il s’est donnée, il tombera loin de là,si l’on compare avec ce qu’il espérait ». Il faudrait donc sous-entendre uneidée de la proposition précédente et lire ἀποπεσεῖται, parallèlement àπεριποιήσεται. πρός dans le sens de « en vue de », « comparé avec » estchose normale chez d’autres et chez Clément. Voici quelques exemples :Clément, Pédagogue I, 25, 1 οὐ γὰρ παῖδες ἡμεῖς καὶ νήπιοι πρὸς τὸπαιδαριῶδες καὶ εὐκαταφρόνητον τῆς μαθήσεως προσηγορεύμεθα.Basile, Epist. II, 1 init. τῆς σῆς ψυχῆς, τῆς πάντα τὰ τῇδε μηδὲντιθεμέμης πρὸς τὴν ἐν ἐπαγγελίαις ἀποκειμένην ἡμῖν μακαριότητα,« comparé avec ».Didyme l’Aveugle, In Zachariam III, 111 πρὸς ἀγαθοῦ ἔσταιστειρωθῆναι τὴν ἑτοίμως ἔχουσαν ψυχὴν πρὸς τὸ τίκτειν ἀπωλείαςτέκνα.Clément poursuit en observant que la vie dans le mariage a aussi des exi-gences et que les évêques devaient être ceux qui ont démontré leur capacitéde gérer leur propre maison. Pour Clément, le deux manières de vivre, enἐγκράτεια rigoureuse et dans un mariage signalé par la modération, onttoutes les deux des valeurs, et ils s’oppose longuement à ceux qui ne voientdans le mariage qu’un mal. III, 80, 3 τῶν γὰρ ἄντικρυς διαβόλῳ προσαπτόντων τὴν τοῦ γάμου εὕρεσινἀθέων ἀνθρώπων ἐπίνοιαν κατηγορεῖ (sc. ὁ ἀπόστολος), δι’ ἧς κινδυνεύειβλασφημεῖσθαι ὁ νομοθέτης. δι’ ἧς est une conjecture pour καὶ du manuscrit,et il y aussi d’autres propositions. Tout cela semble parfaitement superflu.Qu’on retienne καὶ. III, 82, 4 καὶ εἴ τινι ὁ ἀπόστολος δι’ ἀκρασίαν καὶ πύρωσιν « κατὰ 48 49 συγγνώμην » δευτέρου μεταδίδωσι γάμου, [ἐπεὶ] καὶ οὗτος οὐχ ἁμαρτάνειμὲν κατά διαθήκην ... , οὐ πληροῖ δὲ τῆς κατὰ τὸ εὐαγγέλιον πολιτείας τὴνκατ’ ἐπίτασιν τελειότητα· δόξαν δὲ αὑτῷ οὐράνιον περιποιεῖ μείνας ἐφ’ἑαυτοῦ. Il faut laisser ἐπεὶ. La proposition principale commence par δόξανδὲ : δὲ n’est pas rare après des propositions subordonnées, notamment despropositions qui sont conditionelles, relatives, ou qui indiquent une compa-raison, mais on a souvent voulu le rejeter ou changer en δή. Quelques exem-ples :Pédagogue II, 67, 3 καθάπερ οἱ βόες τοῖς κρίκοις καὶ τοῖς σχοίνοις,οὕτω δὲ καὶ ὁ ἀκόλαστος θυμιάμασι ... περιέλκεται.Pédagogue III, 87, 1 ἃ δ’ οὖν καὶ κατὰ τὰς ὁδοὺς ὁμιλεῖν αὐτῷ φίλοντοῖς παιδίοις ἄχρις ἂν ἀγάγῃ αὐτὰ πρὸς τὸν διδάσκαλον, ταῦτα δὲ ἡμῖνἐν κεφαλαίου μέρει δι’ αὐτῶν ὑποτίθεται καὶ παρατίθεται τῶν γραφῶν.Stromates IV, 69, 1 εἰ δὴ τῶν ἀδιαφόρων ἔνια τοιαύτην εἴληχε τιμὴνὥστε καὶ ἀκόντων τινῶν αἱρετὰ εἶναι δοκεῖν, πολὺ δὲ πλέον τὴν ἀρετὴνπεριμάχητον νομιστέον.Stromates VI, 83, 2 ἡ τῷ ὄντι ἀλήθεια, ὥσπερ ἥλιος ἐπιλάμψας τὰ χρώ-ματα καὶ τὸ λευκὸν καὶ τὸ μέλαν, ὁποῖον ἕκαστον αὐτῶν, διαδείκνυσιν,οὕτως δὲ καὶ αὐτὴ πᾶσαν ἐλέγχει σοφιστικὴν πιθανολογίαν. III, 90, 2 … τὸν νόμον, οὐχ ὡς « ἄνδρα καὶ κύριον τῆς παρθενίας »66 αὐτῶνδεδεγμένους. Au lieu de δεδεγμένους de l’édition, le manuscrit porteδεδομένον. Pourquoi ne pas le retenir ? Le verbe δίδωμι avec νόμον figureplusieurs fois chez Clément, phrase très normale, comme l’est par ailleursaussi δέχομαι avec νόμους ; voir le Register. III, 90, 3 ἐπεὶ παρά γε τοῖς Ἰουδαίοις οὐκ ἦσαν ἀποδεδειγμέναι γυναῖκες κοι-ναί, ἀλλὰ καὶ ἡ μοιχεία ἀπηγόρευτο. On a proposé ἀποδεδεγμέναι, avec rai-son. La prostitution était défendue, les prostituées n’étaient pas acceptées. III, 91, 1. Clément cite Jules Cassien, Περὶ ἐγκρατείας : καὶ μηδεὶς λεγέτωὅτι, ἐπειδὴ τοιαῦτα μόρια ἔσχομεν ὡς τὴν μὲν θήλειαν οὕτως ἐσχηματίσθαι,τὸν δ’ ἄρρενα οὕτως, τὴν μὲν πρὸς τὸ δέχεσθαι, τὸν δὲ πρὸς τὸ ἐνσπείρειν,συγκεχώρηται τὸ τῆς ὁμιλίας παρὰ θεοῦ. Tel est le texte de l’édition, maisle manuscrit donne συγκεχωρίσθαι, c’est-à-dire συγκεχωρῆσθαι. Je croisqu’il faut conserver l’infinitif. On sous-entend un verbe comme φησι ouοἴεται, pris à ce qui précède ; dans notre passage on trouve λεγέτω. Pour des 66 Cf. Is. 3, 4. 50 exemples, voir les remarques sur III, 36, 5 ; VI, 82, 1 ; VI, 138, 1 ; VII, 17,2 ; VII, 38, 3 ; VIII, 9, 1.67 Cet infinitif se trouve donc ça et là dans des ré-sumés d’opinions. III, 102, 4 κἂν ἀπὸ τῶν ἀλόγων ζῴων τὴν ἐπιτήδευσιν τῆς συνουσίας ὁ ὄφιςεἰληφὼς καὶ παραπείσας τῇ κοινωνίᾳ τῆς Εὔας συγκαταθέσθαι τὸν Ἀδὰμτύχῃ, ὡς ἂν μὴ φύσει ταύτῃ κεχρημένων τῶν πρωτοπλάστων, ὡς ἀξιοῦσίτινες, ἡ κτίσις πάλιν βλασφημεῖται ἀσθενεστέρους τοὺς ἀνθρώπους τῆς τῶνἀλόγων φύσεως πεποιηκυῖα, οἷς κατηκολούθησαν οἱ πρωτόπλαστοι τοῦθεοῦ. συνουσίας est une conjecture pour συμβουλίας du manuscrit, de mêmeτύχῃ a été proposé par l’éditeur au lieu de λέγῃ. Assurément, συνουσίαςn’est pas approprié. Voir la remarque précédente68; il y a ceux qui pensentque l’union entre homme et femme est bestiale. Clément raisonne commesuit : selon eux, inspiré par les animaux le serpent entame une délibérationavec Ève ; il faut délibérer (συμβουλίας)69, il faut persuader (παραπείσας)et parler comme si Adam et Ève n’étaient pas par la nature enclins à s’ac-coupler. Ce manque d’inclination est une (fausse) idée de quelques-uns (ὡςἀξιοῦσί τινες), et il en résulte que la création est décriée. Cette idée de labassesse de l’union est fausse, car elle veut dire que les êtres humains crééspar Dieu se laissent persuader de suivre l’exemple d’êtres sans raison ; ilsseraient donc inférieurs aux animaux. IV, 9, 5 καίτοι πρὸς ἀγαθοῦ καὶ τὴν ὑπομονὴν καὶ τὸν φόβον ἐδείξαμεν. πρὸςἀγαθοῦ n’a rien à voir avec un « être bon », comme le veut SCh. La phraseveut dire : la patience et la crainte sont des choses de bien, sont profitables.Voir le Register pour πρὸς ἀγαθοῦ et πρὸς κακοῦ. Chez Didyme l’Aveugle,In Zachariam, on trouve souvent πρὸς ἀγαθοῦ et des phrases correspon-dentes, par exemple III, 96 πρὸς καλοῦ γὰρ τῇ Τύρῳ ἔσται πειραθῆναι τοῦοὕτω ὑπὸ πυρὸς ἀναλωθῆναι ; III, 111 πρὸς ἀγαθοῦ ἔσται στειρωθῆναι τὴνἑτοίμως ἔχουσαν ψυχὴν πρὸς τὸ τίκτειν ἀπωλείας τέκνα ; IV, 203 πρὸςἀγαθοῦ πατάττεται ἐν ἀποτυφλώσει τὰ χρεμετιστικὰ ζῷα, ἵνα μὴ ὀξυωπῶσινἔτι πρὸς λαγνείαν. IV, 22, 2 τούτῳ τῷ λόγῳ ἀναφαίνεται τὸ ἀγαθὸν κακὸν καὶ τὸ κακὸν ἀγαθόν.En regardant cette phrase comme une addition introduite de la marge, on a 67 Voir aussi VIII, 32, 6, où il faut lire λέγεσθαι. 68 Aussi 102, 3 ὁ ἄνθρωπος παρωμοιώθη τοῖς κτήνεσιν, ensuite ἐκθηροῦται.69 Pini pense à ἐπιβουλίας au lieu de συμβουλἱας, ce qui est dans la bonne direction maispas nécessaire. proposé de la retrancher et l’édition de GCS la retranche, tandis que l’éditionde SCh la garde. Je pense que GCS a raison. Nous avons là un raisonnementqui procède point par point : 1) on constate que le plaisir n’est pas bon enlui-même, parce qu’il y a de mauvais plaisirs ; 2) parce que nous choisissonstel plaisir et fuyons tel autre, il s’ensuit que chaque plaisir n’est pas bon ;ainsi on procède du commun au spécial ; 3) on fait la comparaison avec lessouffrances, dont nous supportons les uns et fuyons les autres. Suit la conclu-sion : c’est la connaissance (τὴν ἐπιστήμην, la faculté de choisir) et non leplaisir qui est le bien. La phrase rejetée se trouve entre ce qui est communet ce qui est spécial, et elle n’a rien à voir ni avec ce qui précède ni avec cequi suit. Elle est donc à omettre. IV, 33, 5-6 ὁ δὲ τῷ ὄντι θησαυρὸς ἡμῶν ἔνθα ἡ συγγένεια τοῦ νοῦ. ἔτι τὸκοινωνικὸν τῆς δικαιοσύνης παραδίδωσιν, ἐμφαίνων δεῖν ἀποδιδόναι τῇ συν -ηθείᾳ τῆς παλαιᾶς ἀναστροφῆς τὰ ὑπ’ αὐτῆς ἡμῖν περικτηθέντα καὶ ἐπὶ τὸνθεὸν ἀνατρέχειν ἔλεον αἰτουμένους. ἔτι ou ἔπειτα sont des conjectures qu’ona faites pour ἐπὶ du manuscrit ; les éditions de GCS et de SCh écrivent ἔτι.ἡ συγγένεια τοῦ νοῦ est curieux, les autres passages70 portant ὁ νοῦς τινοςou ὁ νοῦς τοῦ ἀνθρώπου au lieu de ἡ καρδία des Évangiles. Je me demandesi ἡ συγγένεια τοῦ νοῦ est à peu près la même chose que ὁ συγγενὴς νοῦς etὁ νοῦς τοῦ ἀνθρώπου. Nous connaissons des expressions comme PédagogueII, 44, 2 τὸ ἀτιμώρητον τῆς ἀκολασίας, « l’inconduite impunie »71. ἡσυγγένεια τοῦ νοῦ peut être de la même catégorie, comme aussi dans ce quisuit τὸ κοινωνινκὸν τῆς δικαιοσύνης, « la justice égalitaire » ; cf. 36, 5 τὸἐπ’ ἴσης δίκαιον.Ce qui suit est aussi difficile. Le sujet doit être le Seigneur. On peut retenirἐπὶ, l’interprétant comme ἐπεὶ, expliquant ce qui précède : le vrai trésor estaux cieux (et pas dans ce monde dont les trésors sont passagers), car le Sei-gneur nous fait participer à sa justice égalitaire ; il montre qu’il faut rendreà notre ancienne conduite (à ce monde) ce qu’elle nous a fait acquérir, donc,je pense, abandonner ce que nous possédons dans ce monde, et réfugier chezDieu. Mais je veux souligner que le passage est difficile à comprendre. IV, 36, 5. Le Seigneur a indiqué les différences de mérite par l’inégalité dunombre des heures du travail. Clément poursuit : πρὸς δὲ καὶ < διὰ>72 τοῦ 51 70 Stromates VII, 77, 6 ; Quis dives salvetur 17, 1, ajoutez Justin Martyr, Apologia maior15, 16 ; cf. Matth. 6, 21 ; Luc 12, 34.71 Voir aussi la remarque sur Stromates II, 37, 4-6.72 SCh n’accepte pas cette addition. ἑκάστῳ τῶν ἐργατῶν ἀποδοθέντος ἴσου μισθοῦ (τουτέστι τῆς σωτηρίας, ἣντὸ δηνάριον αἰνίσσεται) τὸ ἐπ’ ἴσης δίκαιον μεμήνυκεν [διὰ] τῶν κατὰ τὰςἀκαταλλήλους ὥρας ἐργασαμένων (Matth. 20, 1-16). La conjecture <διὰ>n’est pas nécessaire, le génitif absolu montrant déjà comment le Seigneur aréalisé son intention. Le second διὰ peut bien rester où il est, montrant quele Seigneur montre la justice à l’aide de ces ouvriers. IV, 52, 2. Le manuscrit et l’édition de SCh offrent ἐπ’ αὐτὸ τὸ εὐδαιμονεῖνἀεὶ καὶ τῷ μακαρίῳ εἶναι, l’édition de GCS donne ἐπ’ αὐτῷ τὸ εὐδαιμονεῖνἂν εἴη καὶ τὸ μακαρίῳ εἶναι. La bonne leçon doit être ἐπ’ αὐτῷ τὸ εὐδαιμο-νεῖν ἀεὶ καὶ τὸ μακαρίῳ εἶναι. ἐπ’ αὐτῷ dans le sens bien connu de « en sonpouvoir »73, ensuite bien sûr ἀεὶ avec le manuscrit, car c’est un point impor-tant que le sage est toujour heureux74. Dans μακαρίῳ εἶναι, le datif est in-fluencé par αὐτῷ ; cf. IV, 26, 1 ὁμοίως δὲ καὶ ὁ κλαίων καὶ ὁ πενθῶν διὰδικαιοσύνην μαρτυρεῖ τῷ βελτίστῳ νόμῳ εἶναι καλῷ. IV, 72, 2. Dans une longue citation d’Héracléon, le manuscrit porte διόπερἀρνήσασθαι ἑαυτὸν οὐδέποτε δύναται75· ἀρνοῦνται δὲ αὐτὸν οἱ μὴ ὄντες ἐναὐτῷ. Tel est le texte du manuscrit. Presque le même texte revient en 72, 4,sauf que là, on lit αὐτὸν deux fois et δύνανται.Ce texte a été traité différemment par les éditeurs. GCS écrit le textecomme celui de 72, 4 deux fois, mais considère le deuxième comme une ré-pétion faussement insérée de la marge et le met entre crochets ; SCh donnele premier texte selon le manuscrit et rejette le second ; Simonetti76 suit lemanuscrit, comme aussi Pini. Je crois que cette dernière manière de lire etcomprendre est la bonne. Les vrais croyants ne le renient pas et lui ne lesrenie pas ; ils sont en lui et lui en eux, voir peu avant ἐνειλημμένος αὐτοὺςκαὶ ἐχόμενος ὑπὸ τούτων. Par conséquent, le premier texte dit, avec quelquesadditions pour expliquer : il ne peut pas se renier soi-même (car cela seraitles renier, parce qu’ils sont en lui), mais ceux qui ne sont pas en lui, eux lerenient. Le deuxième texte parle des croyants : eux, les croyants, ne peuventpas le renier (pour la même raison, l’identité avec lui), mais (comme avant),les autres le font. La répétition de ἀρνοῦνται δὲ αὐτὸν οἱ μὴ ὄντες ἐν αὐτῷ 52 73 Un exemple: Quis dives salvetur 10, 1 ἐπὶ τῷ ἀνθρώπῳ γὰρ ἦν ἡ αἵρεσις ὡς ἐλευθέρῳ,ἐπὶ δὲ θεῷ δὲ ἡ δόσις ὡς κυρίῳ.74 Voir peu avant: τοιαῦτα καὶ τὰ τοῦ Πλάτωνος ἐν Πολιτείᾳ, κἂν στρεβλῶται ὁ δίκαιος κἂνὀρύττεται τὼ ὀφθαλμώ, ὅτι εὐδαίμων ἔσται.75 Cf. 2 Tim. 2, 13.76 Testi gnostici in lingua greca e latina, p. 266 avec n. 117. peut apparaître comme de trop, mais cela souligne la différence entre lesvrais croyants et les autres. IV, 82. Dans cette longue citation de Basilide on peut faire quelques obser-vations :82, 1. Dans πολλὰ κερδαῖνον δύσκολα, κερδαῖνον ne veut pas dire « ti-rant profit » (ainsi SCh) mais, comme souvent, « éviter ».7782, 1 τοῦτο ἔπαθεν ἐμφερῶς τῷ νηπίῳ. Le manuscrit donne ταυτὸ, qu’ilfaut laisser, même si une sorte de tautologie en résulte.82, 1 ὥστ’ οὐκ αὐτῷ τὸ μὴ ἁμαρτῆσαι λογιστέον. Le manuscrit donneοὐχ αὑτῷ, ce qu’on doit préférer. Dans ce qui précède, le sujet est unhomme indéfini, ἔχων ἐν ἑαυτῷ τὸ ἁμαρτητικόν, et il ne faut pas qu’unhomme, n’importe qui, s’impute l’absence de péché.82, 2 οὑτωσὶ δὴ. Il faut lire οὑτωσὶ δὲ avec le manuscrit et SCh. δέn’est pas rare dans cette position après ὡς.7882, 2 κακὸν ἐρῶ τῷ θέλειν ἁμαρτάνειν. Le manuscrit donne τὸ, qu’ilfaut retenir avec Lazzati79 et Pini. On a écrit τῷ en interprétant κακὸνcomme se référant à l’homme qui n’a pas péché, mais on peut bienlaisser à l’auteur de parler de manière générale, comme il fait dans cequi suit : παντ’ ἐρῶ γὰρ μᾶλλον ἢ κακὸν τὸ προνοοῦν ἐρῶ. IV, 97, 3 κατὰ τὴν ἐπιστολὴν τὴν καθολικὴν τῶν ἀποστόλων ἁπάντων, σὺντῇ εὐδοκίᾳ τοῦ ἁγίου πνεύματος, τὴν γεγραμμένην μὲν ἐν ταῖς Πράξεσι τῶνἀποστόλων, διακομισθεῖσαν δὲ εἰς τοὺς πιστοὺς. τὴν γεγραμμένην … δια-κομισθεῖσαν est une conjecture, le manuscrit donne τῇ γεγραμμένῃ ... δια-κομισθείσῃ. Il faut garder la leçon du manuscrit. C’est la décision (εὐδοκία)du Saint-Esprit qui est mise par écrit et distribuée. Clément déclare maintesfois que c’est le Saint-Esprit qui parle dans l’Écriture ; voir le Register, sousπνεῦμα 4. IV, 114, 2. Clément montre comment un faux gnostique interprète Matth. 5,28 d’une manière laxiste : οὐ ψιλὴν τὴν ἐπιθυμίαν ἠξίου κρίνεσθαι, ἀλλὰ ἐὰντῇ ἐπιθυμίᾳ τὸ κατ’ αὐτὴν ἔργον περαιτέρω τῆς ἐπιθυμίας χωροῦν ἐν αὐτῇἐκτελῆται· εἰ γὰρ ὄναρ τῇ φαντασίᾳ, συγκαταχρῆται ἤδη καὶ τῷ σώματι.Dansle manuscrit, on lit ἑαυτῇ, et ἢ au lieu de εἰ. Je crois qu’il faut lire αὐτῇ et ἣ ;je voudrais plutôt mettre la virgule après, pas avant, συγκαταχρῆται. 53 77 Voir Liddell-Scott-Jones et Alexanderson, pp. 194 suiv., 207, 230.78 Voir la remarque sur III, 82, 4. Voir aussi par exemple Pédagogue II, 90, 3 ; 94, 1; 114,1 ; 123, 3.79 P. 86. Selon ce faux gnostique, si l’on regarde une femme avec désir, on ne com-met un adultère que si on laisse grandir et se développer ce désir, ce désirs’accomplissant en lui-même (et non : s’accomplit dans la femme, commele veut SCh) ; désir qui (ἣ) se sert de l’imagination dans le rêve, mais aussidans le corps (à savoir : en la regardant). Cf. 116, 1 : ce faux gnostique veutque l’on soit condamné seulement si en regardant une femme, on imagineun commerce intime, une telle imagination étant ἔργον ἐπιθυμίας ὡςἐπιθυμίας ; mais au contraire, selon la bonne interprétation, seul le regardsuffit.Lire εἰ n’est pas impossible, mais mieux vaut garder la leçon du manuscrit. IV, 130, 5. Il faut mettre une virgule, pas un point après λαμβάνων. La pro-position principale est οὐδ’ οὕτως φθάσει τέλειος ἐν σαρκὶ κληθείς, aprèsdeux propositions conditionelles, à savoir εἰ δέ καὶ πολιτεύσαιτο … μάρτυςτε ... γένοιτο. Dans ce qui suit, ἐπεὶ τὴν προσηγορίαν ταύτην προείληφεν ἡσυμπεραίωσις τοῦ βίου, on doit changer προείληφεν en προσείληφεν. Mêmepour le martyr, seul l’achèvement de la vie ajoute (προσ-) cette appellation(l’appellation de parfait, τέλειος) comme le sommet de la perfection. Restantdans la chair, on n’est pas encore parfait, voir plus haut : οὐδ’ οὕτως φθάσειτέλειος ἐν σαρκὶ κληθείς. Cf. aussi 130, 2 πάντα δὲ ὁμοῦ τέλειος οὐκ οἶδ’ εἴτις ἀνθρώπων, ἔτι ἄνθρωπος ὤν, et voir la remarque suivante. IV, 137, 2 κἄν πως ἀγαθοεργοῦντι αὐτῷ ἐναντίον τι ἀπαντήσῃ, ὡς ἀπαθὴςτὴν ἀντιμισθίαν ἀμνησικάκως προήσεται. Tengblad80 a conjecturé ἀπαθὴςpour ἀγαθὴν du manuscrit L, ce qui a été accepté par les éditeurs. Sans doutela notion de ἀπάθεια a une grande importance chez Clément, comme Teng-blad le souligne, mais ἀγαθὴν donne un sens qui est irréprochable et qui estmême préférable comme plus frappant. Mais alors, il faut lire προσήσεται,avec la confusion fréquente entre προ- et προσ-.81 Le gnostique fait le biensans penser à une récompense ; même si la bonne action est mal reçue, il enacceptera (προσήσεται) le salaire (la malveillance) comme bon, sans ressen-timent. IV, 141, 4 – 142, 1 ταύτῃ τοι λελουμένους φασὶ δεῖν ἐπὶ τὰς ἱεροποιίας καὶτὰς εὐχὰς ἰέναι καθαροὺς καὶ λαμπρούς· καὶ τοῦτο μὲν συμβόλου χάρινγίνεται. Le manuscrit porte γίνεσθαι, qu’il faut maintenir, car l’infinitif dé- 54 80 P. 94.81 Voir les remarques sur Pédagogue 1, 98, 2; Stromates I, 146, 1 ; VI, 1, 4 ; Eclogae prophe-ticae 12, 1 avec n. 141. 55 pend de φασὶ. Probablement, on a voulu changer parce qu’à τοῦτο μὲν ...γίνεσθαι correspond ἁγνία δέ ἐστι dans ce qui suit, Nous avons, je pense,une anacoluthe légère, si c’est une anacoluthe. IV, 149, 4 διόπερ ὁ Δημόκριτος εὖ λέγει, ὡς « ἡ φύσις τε καὶ διδαχὴ παρα-πλήσιόν ἐστι » καὶ τὴν αἰτίαν συντόμως προσαποδέδωκεν82· « καὶ γὰρ ἡ δι-δαχὴ μεταρυθμίζει τὸν ἄνθρωπον, μεταρυθμοῦσα δὲ φύσις ποιεῖ », καὶδιήνεγκεν οὐδὲν ἢ φύσει πλασθῆναι τοιόνδε ἢ χρόνῳ καὶ μαθήσει μετατυ-πωθῆναι. ἄμφω δὲ ὁ κύριος παρέσχηται, τὸ μὲν κατὰ τὴν δημιουργίαν, τὸδὲ κατὰ τὴν ἐκ τῆς διαθήκης ἀνάκτισίν τε καὶ ἀνανέωσιν. Pour μεταρυθ-μοῦσα δὲ φύσις ποιεῖ le texte de la tradition n’est pas en bon ordre.83 Le ma-nuscrit présente originairement μεταρυθμοῦσα δὲ φύσις ποιεῖ, aprèscorrection μεταρυθμοῦσα δὲ φυσιοποιεῖ. Il y a chez Stobée la leçon μετὰῥυσμοῦ δὲ φύσιν ποιεῖ, avec ις ajouté au-dessus de φύσιν.Démocrite semble dire que le résultat de la nature et de l’enseignementest à peu près le même. L’activité de la nature est caractérisée par les verbesπλασθῆναι et δημιουργίαν, celle de l’enseignement par μεταρυθμίζει etμετατυπωθῆναι. Par conséquent, il ne me semble pas possible que Démocriteait dit μεταρυθμοῦσα δὲ φύσις ποιεῖ, car c’est l’enseignement qui modifie,pas la nature. Je pense qu’il faut lire μεταρυθμοῦσα δὲ φύσιν ποεῖ. V, 4, 1 Ὁ γοῦν Ἀβραὰμ ... ἤτοι ἐκλεκτὸς ἦν ἢ οὔ; Tel est le texte des éditions,qui comprennent la phrase comme une question. Mais Clément pose une al-ternative : ou il était l’un, ou il était l’autre. Donc, pas de point d’interroga-tion. V, 9, 4 τὴν διὰ πυρὸς κάθαρσιν τῶν κακῶς βεβιωκότων, ἣν ὕστερον ἐκπύ-ρωσιν ἐκάλεσαν οἱ Στωικοί· καθ’ ὃν καὶ τὸν ἰδίως ποιὸν ἀναστήσεσθαι δογ-ματίζουσι. Avec ce texte, καθ’ ὃν se réfère à Héraclite, mais le texted’Alexandre d’Aphrodisias dans son commentaire de Analytica priora84d’Aristote cite Chrysippe : ὡς καὶ τὸν ἰδίως ποιὸν πάλιν τὸν αὐτὸν τῷπρόσθεν εἶναί τε καὶ γίνεσθαι ἐν ἐκείνῳ τῷ κόσμῳ, ὡς ἐν τοῖς Περὶ κόσμουΧρύσιππος λέγει. C’est chez Chrysippe qu’on trouve l’idée que l’individuresurgit exactement le même que dans son existence prédécente, par exemplele même Socrate. Il faut peut-être lire καθ’ ὃ, ou καθὼς. 82 Je crois que προσαποδέδωκεν est correct. C’est une conjecture, acceptée par GCS maispas par SCh, pour προσαποδεδώκαμεν du manuscrit. 83 Voir Demokritos, Fr. 33, dans Die Fragmente der Vorsokratiker, 2. Bd, p. 152 suiv.84 Voir Stoicorum veterum fragmenta, vol. 2, p. 189, fr. 624 (Chrysippus). 56 V, 10, 3 τῆς προφητείας δὲ ἤδη εἰς τοὺς τῶν Ἑλλήνων <ποιητὰς> διαδοθέι-σης ἡ δογματικὴ πραγματεία τοῖς φιλοσόφοις πῇ μὲν ἀληθῆς κατὰστοχ<ασμ>ὸν ἐπιβαλλομένοις, πῇ δὲ πεπλανημένη τὸ ἐπικεκρυμμένον τῆςπροφητικῆς ἀλληγορίας μὴ συνιέντων γέγονεν. Tel est le texte des éditions.<ποιητὰς> et στοχ<ασμ>ὸν sont donc des conjectures ; le manuscrit porteaussi ἀληθῆ et πεπλανημένα.Une autre proposition, <φιλοσόφους>, est peut-être meilleure que<ποιητὰς>, même si τοῖς φιλοσόφοις revient peu après, ce qui peut nous paraître gênant ; la discussion de Clément tourne autour les philosophes ;des phrases comme οἱ τῶν Ἑλλήνων φιλόσοφοι et οἱ παρὰ τοῖς Ἕλλησι φι-λόσοφοι sont fréquentes, voir par exemple 10, 1.Changer στοχὸν du manuscrit en στοχ<ασμ>ὸν semble superflu. στόχοςse trouve chez Eschyle, mainte fois cité par Clément, et l’accent fautif nedit rien dans un manuscrit où de petites bavures ne sont pas rares.ἀληθῆ et πεπλανημένα sont à mon avis des parallèles, et on pourrait mettreune virgule après πεπλανημένα. Les philosophes s’appliquent (ἐπιβαλλομέ-νοις) à trouver ( ?) des choses vraie et des choses erronées. La constructionde ἐπιβαλλομένοις n’est pas claire. Il est évident que le texte est endommagé,ce que l’addition nécessaire de ποιητὰς ou φιλοσόφους atteste. Il se peutdonc qu’un verbe comme « trouver » soit tombé ; dans les deux autres pas-sages85 où nous trouvons le moyen ἐπιβάλλομαι, il y a aussi σῴζειν. Aprèsἐπιβαλλομένοις suit συνιέντων où on s’attend à συνιεῖσι, mais on peutconstater que çà et là, un génitif absolu ou un génitif au lieu d’un participiumconiunctum apparaît dans le texte : Pédagogue II, 120, 2 ἀλλὰ καὶ τῇ γραφῇἀντᾴδετε, βοώσης ἐκείνης διαρρήδην, au lieu de βοώσῃ ἐκείνῃ ; StromatesVI, 68, 1 πρὶν ἢ διασαφῆσαι τὸν περὶ τούτων λόγον ἡμῖν τὸν διδάσκαλον,ἅγια ἁγίων καὶ ἔτι τούτων κατ’ ἐπανάβασιν τὰ ἁγιώτερα ἀποκαλύψαντος,avec ἀποκαλύψαντος pour ἀποκαλύψαντα ; ibid. 70, 1 καίτοι φασί τινες τὸνσοφὸν ἄνθρωπον πεπεῖσθαι εἶναί τινα ἀκατάληπτα, ὡς καὶ περὶ τούτων ἔχειντινὰ κατάληψιν, καταλαμβάνοντος, ὅτι ἀκατάληπτα ἔσται τὰ ἀκατάληπτα,avec καταλαμβάνοντος au lieu de καταλαμβάνοντα. V, 16, 1. Je propose de ponctuer la phrase comme suit : ἐπεὶ καὶ ὁ ἐλπίζωνκαθάπερ ὁ πιστεύων τῷ νῷ ὁρᾷ τὰ νοητὰ καὶ τὰ μέλλοντα, εἰ τοίνυν φαμέντι εἶναι δίκαιον, φαμὲν δὲ καὶ καλόν, ἀλλὰ καὶ ἀλήθειάν τι λέγομεν, οὐδὲνδὲ πώποτε τῶν τοιούτων τοῖς ὀφθαλμοῖς εἴδομεν ἀλλ’ ἢ μόνῳ τῷ νῷ, ὁ δὲλόγος τοῦ θεοῦ « ἐγώ » φησιν, « εἰμὶ ἡ ἀλήθεια »· νῷ ἄρα θεωρητὸς ὁ λόγος.Il y a premièrement deux propositions, on dirait coordonnées, mais sans par- 85 Pédagogue I, 75, 1 ; Stromates V, 4, 2. ticule, à savoir ἐπεὶ etc. et εἰ etc. La seconde est élaborée par une série deconditions : φαμέν δὲ, οὐδὲν δὲ, ὁ δὲ λόγος. Enfin, on arrive à la propositionprincipale et à la conclusion : νῷ ἄρα etc.Ἐπεί suivit de εἰ sans coordination n’est pas unique. Un autre cas, assezcompliqué aussi, est Stromates III, 42, 4 ἐπεὶ δὲ βίος τις ὑμῶν μακάριος δι’ἐντολῶν ἐπιδέδεικται, ὧν χρὴ πάντας ἐχομένους μὴ ... μηδὲ ὀλιγωροῦνταςτῶν προσηκόντων κἂν ἐλάχιστον ᾖ ἕπεσθαι ᾗ ἂν ὁ λόγος ἡγῆται, εἰσφαλείημεν αὐτου, « ἀθανάτῳ κακῷ » περιπεσεῖν ἀνάγκη. L’édition deGCS86 écrit εἰ <δὲ> σφαλείημεν, ce qui n’est pas correct. V, 19, 2 ὥσπερ ἐν τελεταῖς ἀμύητον ἢ ἐν χορείαις ἄμουσον, οὔπω καθαρὸν<ὂν> οὐδὲ ἄξιον ἁγνῆς ἀληθείας. Les éditeurs ont changé οὕτω du manuscriten οὔπω et ajouté ὂν. Une négation est sans doute nécessaire. Mieux vautécrire οὕτως <οὐ> ; ainsi, on garde le rapport entre ὥσπερ et οὕτως, et l’ad-dition de <ὂν> n’est plus nécessaire. Vers la fin de la péricope il y a peut-êtreun rapport avec <οὐ> καθαρὸν, à savoir οὐ καθαρῷ γὰρ καθαροῦ ἐφάπτε-σθαι οὐ θεμιτὸν. V, 53, 4 κατ’ ἄλλο σημαινόμενον εἴη [δ’] ἂν ἡ ἐπιθυμία. Les éditions rejettent δ’, mais cette position de la particule n’est pas impossible, voirBauer. Pour Clément, le Register, sous δέ, ne donne que Pédagogue I, 4, 3ἀλλὰ καὶ τοῦτο δὲ, où les éditions omettent δὲ, mais aux exemples de Baueron peut ajouter Origène, Commentaire sur saint Jean I, §142 οὐ κατὰ τὸνἐνεστηκότα δὲ καιρόν ἐστι, Contre Celse II, 4 οὐχ, ὡς λέγετε δέ, οἱ προϊόντεςἀτιμάζουσι τὰ ἐν τῷ νόμῳ γεγραμμένα, où on a voulu écrire οὐδὲ ὡς λέγεται,ce qui est probablement faux. Les exemples chez Clément de καί suivi parδέ, comme aussi de ὥσπερ ou καθάπερ suivi par οὕτως δέ, sont nombreux.Il faut accepter que la particule soit placée plus librement que là où le manuelscolaire le veut. Cf. aussi la remarque sur V, 59, 4. V, 55, 3 τάχα δὲ καὶ τὴν τελευταίαν τοῦ σωτῆρος εἰς ἡμᾶς ἐνέργειαν, τὴνπροσεχῆ, λέγει, τὴν διὰ τῆς παρουσίας, ἐπικρυπτομένην τῷ τῆς προφητείαςαἰνίγματι· ὁ <γὰρ> διὰ τὴς αὐτοψίας τὸν θεσπιζόμενον δείξας, τὴν εἰςφανερὸν πόρρωθεν ὁδεύουσαν μηνύσας ἥκουσαν παρουσίαν, ὄντως ἔλυσεντὸ πέρας τῶν λογίων τῆς οἰκονομίας. Le manuscrit donne λέγω. En rempla-çant par λέγει, on rattache ce verbe à Jean le Baptiste comme sujet, et alorsl’addition de γὰρ est justifiée. Mais en effet, λέγω est un mot inséré qui se 57 86 Stromates III n’est pas édité dans SCh. 58 réfère à Clément, il explique τὴν τελευταίαν τοῦ σωτῆρος εἰς ἡμᾶς ἐνέργειανen l’appelant τὴν προσεχῆ. Donc, pas de virgule après προσεχῆ.Avant et après, dans le contexte, Jean le Baptiste fait voir celui qui est an-noncé (55, 1), il montre le Sauveur et sa parousie (55, 3). L’addition de γὰρne s’impose pas et il faut ôter le point en haut avant ὁ.Je me demande aussi s’il ne faut pas lire ἐνάργειαν. Le mot ne se trouvequ’une fois chez Clément, mais ἐναργής et ἐναργῶς sont fréquents. Le Sau-veur est présent (55, 1 δεικνύων ἤδη παρόντα), il s’agit de l’apparition duSauveur (ἐνάργεια, αὐτοψία, παρουσία), non plus cachée sous les prophétiesénigmatiques mais vue de près (elle est προσεχής) par le Baptiste et comprisepar lui. Il ne s’agit pas de l’action, ἐνέργεια, du Seigneur. La confusion entreἐναργ- et ἐνεργ- est constante.87 V, 56, 4 ναὶ μὴν ἐξηγητοῦ τινος καὶ καθηγητοῦ χρείαν ἔχειν ἡμᾶς βούλονται·οὕτως γὰρ καὶ σπουδασθήσεσθαι μᾶλλον καὶ ἀνεξαπατήτους ἔσεσθαι, παρὰτῶν εὖ εἰδότων παραλαμβάνοντας, καὶ ὠφελήσειν τοὺς ἀξίους αὐτῶν διε-λάμβανον. Tel est le texte de SCh. Le problème est que σπουδασθήσεσθαιa pour sujet les γραφαί, tandis qu’il semble que le sujet de ἀνεξαπατήτουςἔσεσθαι soit « nous ». Dans l’édition de GCS, on a voulu placer καὶὠφελήσειν τοὺς ἀξίους αὐτῶν διελάμβανον après μᾶλλον et en même temps,pour avoir un sujet de ἀνεξαπατήτους ἔσεσθαι, ajouter τούτους aprèsἀνεξαπατήτους.On peut faire avec moins de changements, en regardant οὕτως γὰρ καὶσπουδασθήσεσθαι μᾶλλον comme une parenthèse et rattacher καὶἀνεξαπατήτους ἔσεσθαι directement à ἡμᾶς βούλονται. Insérer une phraseainsi n’est pas rare chez Clément.88 Je ne dirais donc pas, comme Le Boul-luec dans son commentaire89, qu’on pourrait parler d’une « maladresse ».Pini veut regarder καὶ ἀνεξαπατήτους ἔσεσθαι, παρὰ τῶν εὖ εἰδότωνπαραλαμβάνοντας comme une insertion, mais ainsi, on perd le rapport entreἡμᾶς et ἀνεξαπατήτους ἔσεσθαι et entre les deux futurs ἔσεσθαι et ὠφελή-σειν.Ensuite, on se demande où la proposition finit. En fait, après διελάμβανον,il ne faut pas ponctuer fortement ou même faire commencer une autre para-graphe, comme dans l’édition de SCh. Clément continue à montrer qu’untexte dont le sens est voilé a une valeur extraordinaire. 87 Deux exemples : Origène, Contre Celse III, 23, l. 23 et VI, 11, l. 6, où les traditions pré-sentent tant ἐναρ- que ἐνερ-.88 Quelques exemples pris au livre V : 2, 5 ; 5, 3 ; 8, 4 ; 61, 1 ; 64, 5.89 SCh 279, p. 206. V, 59, 4 αἱ γοῦν Ἰάδες μοῦσαι διαρρήδην λέγουσι τοὺς μὲν πολλοὺς καὶδοκησισόφους δήμων ἀοιδοῖσιν ἕπεσθαι καὶ νόμοισι χρέεσθαι, εἰδότας ὅτιπολλοὶ κακοί, ὀλίγοι δὲ ἀγαθοὶ τοὺς ἀρίστους, τὸ κλέος δὲ μεταδιώκειν. Telest le texte du manuscrit et de SCh. GCS écrit … ὀλίγοι δὲ ἀγαθοί· τοὺςἀρίστους δὲ τὸ κλέος μεταδιώκειν, voir plus bas. Il y a plusieurs difficultésdans ce texte.Une idée qu’on trouve fréquemment dans nos textes est que les mauvaissont nombreux et les bons rares. Mais qui sont les partisans d’une telle opi-nion ? Il semble que εἰδότας du texte se réfère à τοὺς μὲν πολλοὺς, maiscette opinion perspicace n’est guère celle de la foule et des prétendus sages(δοκησισόφους).Ensuite, il est clair que ce sont les meilleurs qui poursuivent la gloire. Ici,Clément ne pense pas à une vaine gloire, mais à la gloire d’un vrai philo-sophe qui cherche la vérité. Cf. peu avant, 59, 2, où εὔκλεια et ἀλήθεια for-ment un paire, on dirait une hendiadys : la vérité glorieuse, par opposition àδόξα qui n’est que l’opinion, chose vague. Notre passage n’est en effet pasautre chose qu’une anticipation de la citation qui suit : « αἱρεῦνται γάρ »,φησίν (sc. Héraclite), « ἓν ἀντὶ ἁπάντων90 οἱ ἄριστοι κλέος ἀέναον θνητῶν,οἱ δὲ πολλοὶ κεκόρηνται ὅπως κτήνεα », où on voit encore plus clairementla différence entre la majorité sans intelligence et l’élite minoritaire. τοὺςἀρίστους est donc le sujet de μεταδιώκειν, mais comment y arriver ? Uneancienne conjecture est : ὀλίγοι δὲ ἀγαθοί, τοὺς ἀρίστους δὲ τὸ κλέοςμεταδιώκειν, qui représente parfaitement le contexte et qui a été acceptéepar GCS. Mais la transposition de δὲ, est-elle nécessaire ? Peut-on accepterὀλίγοι δὲ ἀγαθοί, τοὺς ἀρίστους τὸ κλέος δὲ μεταδιώκειν, avec le même sensmais où la position de δὲ semble très difficile, même si cette particule ne setrouve pas qu’après le premier mot de la phrase ?91 La difficulté reste queles εἰδότας sont la foule et les prétendus sages, ce qui n’est pas possible.Je dirais que le texte a souffert des corruptions, tant εἰδότας que la fin de laphrase. V, 67, 3 τοῦτο ἄρα βούλεται καὶ τῷ Πυθαγόρᾳ ἡ τῆς πενταετίας σιωπή, ἣντοῖς γνωρίμοις παρεγγυᾷ, ὡς δὴ ἀποστραφέντες τῶν αἰσθητῶν ψιλῷ τῷ νῷτὸ θεῖον ἐποπτεύοιεν. * * παρὰ Μωυσέως τοιαῦτα φιλοσοφήσαντες οἱ τῶνἙλλήνων ἄκροι. Les éditeurs indiquent donc une lacune, ce qui à mon avisn’est pas nécessaire. On peut rattacher φιλοσοφήσαντες à ἐποπτεύοιεν. On 59 90 ἓν ἀντὶ ἁπάντων (SCh) ou ἓν ἀντὶ πάντων (GCS) sont des leçons, l’une ou l’autre correcte,de ἐναντία πάντων du manuscrit.91 Voir la remarque sur V, 53, 4. 60 passe aisément, je pense, des pythagoriciens aux autres philosophes grecs,aussi dépendents de Moïse. V, 73, 2. Le troisième jour, Abraham aperçoit de loin le lieu indiqué parDieu.92 Clément interprète : πρώτη μὲν γὰρ ἡ δι’ ὄψεως τῶν καλῶν ἡμέρα,δευτέρα δὲ ἡ ψυχῆς <τῆς οὐσίας τῆς> ἀρίστης ἐπιθυμία, τῇ τρίτῃ δὲ ὁ νοῦςτὰ πνευματικὰ διορᾷ. Tel est le texte de SCh. Le manuscrit porte pour <τῆςοὐσίας τῆς> ἀρίστης seulement ἀρίστης, dans GCS nous lisons <τῶν>ἀρίστων. Il n’est pas sûr que nous ayons besoin d’une conjecture. On trouvela division bien connue en σωματικόν, ψυχικόν, πνευματικόν. Ce qui estψυχικόν est certes inférieur à ce qui est πνευματικόν, mais l’âme peut monterà un niveau plus haut ; cf. par exemple VII, 10, 1 (αἱ ἐντολαὶ ἔταξαν) τὴνβελτιουμένην ἑκάστοτε ψυχὴν εἰς ἀρετῆς ἐπίδοσιν93 καὶ δικαιοσύνης αὔξη-σιν βελτίονα ἀπολαμβάνειν ἐν τῷ παντὶ τὴν τάξιν, ... ἄχρις ἂν « καταντήσῃεἰς ἄνδρα τέλειον ». ἐπιθυμία n’est pas toujours mauvaise, voir par exempleVI, 121, 3 διδάσκει γάρ, οἶμαι, ὡς ἀληθινὴ παιδεία ἐπιθυμία τίς ἐστιγνώσεως. V, 84, 1 πειστέον δὲ τοῖς εἰρηκόσιν ἔμπροσθεν, ἐκγόνοις μὲν θεῶν οὖσιν,ὡς ἔφασαν, σαφῶς δέ πως τοὺς ἑαυτῶν προγόνους εἰδότων. Clément citeTimée 40 D-E, où Platon a εἰδόσιν, tandis que Clément et une tradition pa-rallèle imposante94 présentent εἰδότων. Il est quand même clair que Clémenta lu εἰδόσιν. Tout le contexte le montre. Le participe ne se réfère pas à θεῶνmais à ἐκγόνοις : il faut se fier à ces descendants qui savent bien (εἰδόσιν)leurs aïeux. Ensuite, Clément poursuit cette idée, parlant de ces témoinscomme θεῶν παισίν, cf. ἐκγόνοις, en les comparant aux prophètes oints del’Ancien Testament, appelés παῖδας θεοῦ, et même au Seigneur, un descen-dant aussi, un fils. Les descendants sont donc ceux qui savent qui sont leursancêtres. V, 94, 4 τὴν διὰ τῶν αἰσθητηρίων ἐπεισόδιον τῆς ψυχῆς ἐπὶ τοῦπρωτοπλάστου εἴσοδον ἑρμηνεύοντες. Tel est le texte du manuscrit et d’Eu-sèbe. GCS introduit la conjecture ἐπείσοδον et rejette εἴσοδον, à mon avisavec raison. SCh retient la leçon du manuscrit, en traduisant par « l’entrée 92 Gen. 22, 4.93 ἐπίδοσιν le manuscrit avant correction et SCh, ἐπίγνωσιν le manuscrit après correction etGCS.94 Athénagore, Legatio pro Christianis,Théodore, Graecarum affectionum curatio, Eusèbe,Praeparatio euangelica. Voir l’édition de GCS. nouvelle qui se fait par les organes des sens, l’entrée de l’âme » ; dans lecommentaire, on explique ἐπεισόδιον comme un adjectif, épithète deεἴσοδον95, ce qui ne semble guère possible. Pini accepte cette interprétation.On doit plutôt regarder ἐπεισόδιον comme une faute qu’on a voulu corrigerpar εἴσοδον, inséré de la marge mais qui n’est pas tombé à sa place. En toutcas, il faut supposer une faute qui s’est introduite déjà avant Eusèbe. Voirpour une erreur ancienne 93, 5, où tant le manuscrit qu’Eusèbe présententἁγίαν qui semble impossible ; les éditeurs donnent ἀειδῆ, pas très convain-cant paléographiquement mais qui donne le bon sens. V, 102, 4 « ἐπομνύντες σπουδῇ τε ἅμα μὴ ἀμούσῳ καὶ <τῇ> τῆς σπουδῆςἀδελφῇ παιδιᾷ τὸν πάντων θεόν » etc., citation de Platon, Epistulae VI, 323D. Les éditions donnent παιδιᾷ d’après Platon pour παιδείᾳ du manuscrit,mais je me demande s’ils ont raison. Il est bien possible que la faute παιδείᾳse soit insérée tôt dans une anthologie. Le sens de παιδείᾳ est acceptable ;quelqu’un a pu penser que παιδιᾷ ne va pas bien avec la profondeur d’espritsupposée de Platon.96 Bien sûr, la leçon παιδιᾷ chez Platon est correcte, pré-sentée d’une manière frappante avec σπουδῆς. V, 115, 4 ἀλλ’ ἄντικρυς [καὶ] μίαν ἀρχὴν καὶ παρ’ Ἑλλήνων ἀκοῦσαι ποθεῖς;Les éditeurs omettent le premier καὶ, en suivant une citation chez Eusèbe.Il se peut qu’Eusèbe ait omis un mot, selon lui superflu. Le mot καί est sou-vent difficile ; la logique de la phrase n’est pas toujours claire. Je crois quenous avons ici un cas comme 107, 1 ἀλλὰ καὶ τὴν ἑβδόμην ἱερὰν οὐ μόνονοἱ Ἑβραῖοι ἀλλὰ καὶ οἱ Ἕλληνες ἴσασι, où je propose qu’on interprète à peuprès comme « mais c’est aussi le cas que non seulement les Hébreux maisaussi les Grecs … ».97 Ici donc quelque chose comme « mais aussi l’idéed’un seul principe, veux-tu l’entendre aussi de la part des Grecs ? » VI, 1, 4 ἐπιλυτέον τά τε ὑπὸ Ἑλλήνων τά τε ὑπὸ βαρβάρων προσαπορούμεναἡμῖν περὶ τῆς τοῦ κυρίου παρουσίας. Je me demande s’il ne faudrait pas ac-cepter l’ancienne conjecture προαπορούμενα. On trouve chez les Grecs etdans l’Ancien Testament (βαρβάρων, à savoir non-Grecs) des témoignagesde la venue du Seigneur, avant qu’elle n’ait eu lieu. La confusion προς-/προ- 61 95 Ainsi Schwyzer, p. 488.96 Cf. p. 27 pour les citations de Clément. 97 Voir pour καί aussi les remarques sur I, 148, 1 ; III, 43, 2 ; VIII, 15, 9. est tellement commune qu’on peut dire qu’on a la liberté de choisir selon lecontexte.98 VI, 3, 1 λέγεται δὲ καὶ ἄλλως διττὴ ἡ γνῶσις, ἣ μὲν κοινῶς, ἡ ἐν πᾶσινἀνθρώποις ὁμοίως σύνεσίς τε καὶ ἀντίληψις κατὰ τὸ γνωρίζειν ἕκαστον τῶνὑποκειμένων πανδήμως ἐμφαινομένη, ἧς οὐ μόνον αἱ λογικαὶ <δυνάμεις>,ἀλλ’ ἴσως καὶ αἱ ἄλογοι μεθέξουσιν, ἣν οὐκ ἄν ποτε ἔγωγε γνῶσίν γεὀνομάσαιμι. ἧς et ἣν renvoient à σύνεσίς τε καὶ ἀντίληψις. Il est vrai quenous lisons peu après αἱ λογικαὶ δυνάμεις et que λογικὴ δύναμις se trouveplusieurs fois chez Clément, mais comme dans tout le contexte il s’agit deγνῶσις, mieux vaut laisser αἱ λογικαὶ sans nom ; le nom à sous-entendre estγνώσεις. ἧς se rapporte à σύνεσίς τε καὶ ἀντίληψις. Il y a des connaissancesqui font partie de l’intelligence et de la capacité de saisir et qui sont logiques,c’est-à-dire qu’elles se trouvent chez l’homme. Mais elles sont peut-êtreaussi non-logiques ; les animaux, ἄλογοι, ont aussi des connaissances. Il ya un exemple de ἡ γνῶσις ἡ λογική, voir Stromates IV, 54, 1. VI, 33, 5 αἰτία δ’, οἶμαι, πάσης ἠχοῦς ἥ τε λειότης τῶν τόπων καὶ τὸ ἀντρῶδες.Le manuscrit donne ἡ τελειότης. λειότης semble tout à fait déplacé. Ce pay-sage se trouve dans les hauteurs où il y a trois montagnes, voir 33, 4, et Clé-ment vient d’expliquer, voir 33, 2, un phénomène du même type produitdans l’île britanique : le vent entre par une caverne au pied de la montagneet sort par une ouverture au sommet après avoir percuté les parois, faisantainsi du bruit. On voudrait bien lire quelque chose comme σκληρότης, maison pourrait aussi penser à un mot qui indique que le lieu est battu par lesvents, satisfaisant ainsi aux deux conditions, à savoir des vents et des ca-vernes. Paléographiquement pourtant, c’est encore plus difficile. Il faut peut-être conserver τελειότης, le paysage étant parfaitement adapté à cephénomène. VI, 36, 1. Voir 37, 3, où Clément parle de ceux qui participent à une proces-sion sacrée égyptienne : (βίβλοι) ὧν τὰς μὲν τριάκοντα ἓξ τὴν πᾶσαν Αἰγυ-πτίων περιεχούσας φιλοσοφίαν οἱ προειρημένοι ἐκμανθάνουσι. Le texte, 35,3-37, 2 ne parle que de 26 livres, deux concernant les devoirs du chantre(ὦδός), quatre ceux du devin (ὡροσκόπος), dix ceux du gardien du vestiaire(στολιστής), dix ceux du prophète (προφήτης). Il semble donc que l’écrivainsacré (ἱερογραμματεύς), voir 36, 1, doive avoir des livres à étudier, au nombre 62 98 Voir les remarques sur Pédagogue 1, 98, 2; Stromates I, 146, 1 ; IV, 137, 2; Eclogae pro-pheticae 12, 1 avec n. 141. de dix. Il faut donc lire à la fin de 36, 1 quelque chose comme περί τε μέτρωνκαὶ τῶν ἐν τοῖς ἱεροῖς χρησίμων <δέκα βιβλία> εἰδέναι χρή. Cf. 37, 2 δέκαβιβλία ἐκμανθάνει, à savoir le prophète, et dans la citation plus haut τὰς μὲντριάκοντα ἓξ … οἱ προειρημένοι ἐκμανθάνουσι. VI, 39, 4 ὡς δηλονότι τὸν αὐτὸν ἡμῖν σεβόντων θεὸν καὶ τῶν παρ’ Ἕλλησιδοκίμων ἀλλ’ οὐ κατ’ ἐπίγνωσιν παντελῆ, τὴν δι’ υἱοῦ παράδοσιν <μὴ> με-μαθηκότων. L’addition μὴ d’une main plus récente a été acceptée par leséditeurs. Je propose de retrancher μὴ et d’interpréter : « … mais pas avecune connaissance parfaite après avoir appris l’enseignement transmis par leFils ». Quant au sens, le passage est un parallèle du passage qui suit peuaprès, 40, 1, μὴ ἐπιστάμενοι (sc. οἱ Ἕλληνες) τὸν θεὸν ὡς ἡμεῖς κατὰ τὴνγνῶσιν τὴν τελείαν. Les Grecs n’ont pas la vraie connaissance des chrétiens,celle transmise par le Fils. ὡς ἡμεῖς κατὰ τὴν γνῶσιν τὴν τελείαν correspondà τὴν δι’ υἱοῦ παράδοσιν μεμαθηκότων. VI, 46, 2 εἰ γοῦν ὁ κύριος δι’ οὐδὲν ἕτερον εἰς Ἅιδου κατῆλθεν ἢ διὰ τὸεὐαγγελίσασθαι, ὥσπερ κατῆλθεν, ἤτοι πάντας εὐηγγελίσατο ἢ μόνουςἙβραίους. Pour εὐηγγελίσατο, le manuscrit porte εὐαγγελίσασθαι, qu’il fautgarder. Nous devons aussi rejeter la virgule avant ἤτοι. Après εἰ γοῦν etc.suivent deux propositions conditionelles, εἰ μὲν, 46, 3, et εἰ δὲ, 46, 4. Cesdeux ont chacune leur proposition principale. Le tout veut donc dire : s’ilest descendu évangéliser, comme il est descendu ou évangéliser (εὐαγγελί-σασθαι ) tous les hommes ou les Hébreux seuls ; si c’est tous (46, 3 : εἰ μὲνοὖν πάντας), ils seront tous sauvés ; s’il n’a euangélisé que les juifs (46, 4 :εἰ δέ Ἰουδαίους μόνον εὐηγγελίσατο), évidemment les apôtres ont évangélisélà-bas (à sous-entendre : pour que tous soient sauvés). À εἰ μὲν οὖν πάντας,il faut sous-entendre εὐαγγελίσασθαι. Ensuite, Clément change de construc-tion, en mettant εὐηγγελίσατο. Une légère anacoluthe et une très longue etassez compliquée proposition où il faut sous-entendre des mots et des idéesen partant de ce qui précède, cela n’étonne pas chez Clément. Ponctuer n’estpas facile, mais on devrait montrer que tout forme une période. VI, 48, 7 « ἰδοῦ γάρ· » φησί, « τέθεικα πρὸ προσώπου ὑμῶν τὸν θάνατον καὶτὴν ζωήν, ἐκλέξασθαι τὴν ζωήν (Deut. 30, 15, 19) », πρὸς σύγκρισιν ἐκλογῆςτεθεῖσθαι λέγων ὁ θεός. On doit comprendre ἐκλέξασθαι comme ἐκλέξασθε ;cf. Deut. 30, 19 ἔκλεξαι τὴν ζωήν. VI, 54,1 ὠς πάλαι παρεσημειωσάμεθα, οὐ τὴν κατὰ ἑκάστην αἵρεσιν ἀγωγήνφαμεν, ἀλλ’, ὅπερ ὄντως ἐστὶ φιλοσοφία, † ὀρθῶς σοφίαν τεχνικήν, τὴν 63 ἐμπειρίαν παρέχουσαν τῶν περὶ τὸν βίον, τὴν δὲ σοφίαν ἔμπεδον γνῶσινθειῶν τε καὶ ἀνθρωπίνων πραγμάτων. Tel est le texte des éditions, à cetteréserve près que GCS suppose une lacune avant ὠς πάλαι. On a fait desconjectures nombreuses, mais il se peut qu’on puisse s’en passer.En I, 37, Clément réfléchit sur le savoir des Grecs. Il dérive totalementde Dieu. Les Grecs ont su acquérir des connaissances pratiques, commel’agriculture et l’élevage. Il poursuit en parlant de la philosophie : pour lui,la philosophie n’est pas le stoïcisme ou le platonisme ou quelque autre doc-trine, mais tout ce qu’on a bien dit dans les écoles sur la justice (δικαιοσύνη),sur la pieuse science (εὐσεβὴς ἐπιστήμη) ; c’est pour lui une sélection qu’ilappelle philosophie (τοῦτο σύμπαν τὸ ἐκλεκτικὸν φιλοσοφίαν). Évidem-ment, ces idées dérivent aussi de Dieu, car, comme il dit ensuite, ce qu’on atiré de raisonnements humains n’a pas de valeur.Notre passage et la suite présentent des ressemblances avec celui de I, 37,dans la mesure où Clément, quand il parle de philosophie, ne pense pas auxécoles différentes, où il souligne les connaissances pratiques concernant lavie sur terre et où il constate que la raison humaine n’a pas d’importance.Différent est que cette philosophie est exclusivement pratique (σοφίαντεχνικήν) et autre chose que la sagesse (σοφία). Cette sagesse est uneconnaissance solide des choses divines et humaines (ἔμπεδον γνῶσιν θειῶντε καὶ ἀνθρωπίνων πραγμάτων), et, comme on lit dans ce qui suit, elle estenseignée par le Seigneur, elle n’est pas réfutée par le raisonnement hu-main.Je propose d’ôter les signes de corruption des éditions et de traduire :« comme nous avons signalé plus haut, nous n’appelons pas les règles deconduite propres à chaque école (philosophie), mais ce qui est vraiment laphilosophie, nous l’appelons correctement sagesse pratique (σοφίαντεχνικήν), qui donne l’expérience des choses de la vie ; la sagesse, de soncôté, (nous l’appelons) une connaissance solide des choses divines et hu-maines ». VI, 54, 2 καὶ ἔστιν ἀμετάπτωτος ὑπὸ λόγου, παραδοθεῖσα τῇ αὐτῇ ; <ᾗ> καὶπάντως ἀληθὴς ὑπάρχει, βουλήσει, ὡς διὰ τοῦ υἱοῦ ἐγνωσμένη. La ponc-tuation est curieuse. τῇ αὐτῇ ; <ᾗ> est une conjecture pour ταύτῃ (le manus-crit : ταύτη). L’émendation n’est pas nécessaire : la sagesse est transmise« de cette manière », c’est-à-dire par le Seigneur, s’aidant de sa parousie etdes prophètes ; elle est vraie par la volonté (βουλήσει, du Seigneur). Il fautsupprimer la virgule avant βουλήσει. Clément se sert souvent de ce mot pourindiquer la volonté divine ; voir le Register. VI 71, 3 εὐθυμίαν. Voir la remarque suivante. 64 65 VI, 73, 1. Clément trouve ridicule l’idée que le gnostique aurait besoin deθυμός et θάρσος pour faire face aux difficultés de la vie (72, 3). En ce cas,il serait totalement écrasé par les douleurs, ce que Clément exprime dans leséditions par ἀλλ’ εἰ καὶ τὴν εὐθυμίαν ἀφέλοιμεν αὐτοῦ, ὡς πάντως ὑπὸ τῶνλυπηρῶν συγχεθησομένου. L’édition de CGS met ὡς entre crochets.εὐθυμίαν est une conjecture pour ἐπιθυμίαν. Il faut garder ἐπιθυμίαν. Danstout le contexte, il s’agit des efforts et des aspirations humaines, c’est-à-diredes sentiments qui, comme Clément le manifestera, n’existent plus pour legnostique. On trouve près de notre passage des mots pour une aspirationénergique comme θυμός et θάρσος (72, 3), ὀρέξει (72, 1), ὀρέξεως etὀρεγόμενος (73, 2), ὀρέγεται (73, 4), même ἐπιθυμία (72, 1 ; 73, 6). Demême dans la liste de passions, 71, 3, les éditeurs ont à tort changé ἐπιθυμίανdu manuscrit en εὐθυμίαν. VI, 73, 1 οὐκ ἂν τῶν ὁμοίων τοῖς καλοῖς κἀγαθοῖς ἔργων ἔφεσιν λάβοι. Aulieu de ἔργων ἔφεσιν, le manuscrit donne ἔφεσιν ἔφεσιν. Je crois qu’on doitsimplement considérer ces deux ἔφεσιν comme une dittographie, ce qu’ona déjà proposé99. τῶν ὁμοίων est à mon avis neutre : « il ne fera pas d’effortpour des actions pareilles à celles qui sont bonnes ». Voir aussi la remarquesuivante. VI, 73, 5. Toujours le gnostique : son amour, ἀγάπη, le rapproche de Dieuet l’éloigne d’un sentiment comme ζῆλος : οὐδ’ ἄρα ζηλώσει ἐξομοιωθῆναιτοῖς καλοῖς <τὸ> εἶναι δι’ ἀγάπης ἔχων τοῦ κάλλους. Le manuscrit présenteseulement εἶναι, les éditions ajoutent <τὸ>. Il est difficile d’interpréter lepassage, sans ou avec <τὸ>. Stählin dans les Nachträge, GCS 39, ClemensAlexandrinus 4, p. 538, comprend τὸ εἶναι comme τὸ εἶναι καλός et traduit :« comme il possède l’état de beauté (Schönsein) par son amour de la beauté(Schönheit) ». Le génitif τοῦ κάλλους dépendrait donc de ἀγάπης.Il faut comparer notre phrase avec 71, 5 ἀλλ’ οὐδὲ ζηλοῖ (οὐδὲ γὰρ ἐνδεῖτι αὐτῷ πρὸς ἐξομοίωσιν τῷ καλῷ καὶ ἀγαθῷ εἶναι), « pour se ranger au ni-veau d’une belle existence ». Quand Clément parle de qui est καλὸς καὶἀγαθός, il s’agit de ce qui est bon dans ce monde ; celui qui est près de Dieune fait pas d’effort pour y arriver, il est déjà là. Il faut probablement lire τῷκαλῷ εἶναι, comme en 71, 5, pour τοῖς καλοῖς <τὸ> εἶναι.L’interprétation de Stählin n’est guère correcte, car Clément ne parle pasde l’amour de la beauté, mais il s’agit du gnostique qui aime le créateur (71,5 τὸν κτίστην), Dieu l’ami (72, 1 τῷ ἐραστῷ), Dieu (71, 4 τὸν θεόν ; 73, 6 99 Voir Nachträge, GCS 39, Clemens Alexandrinus 4, p. LXIII. τὸν ἀπαθῆ θεόν). Cet amour rend l’homme pareil à Dieu et Dieu pareil àl’homme (72, 2) : θεοειδὴς καὶ θεοείκελος ὁ ἀγαθὸς ἀνὴρ κατὰ ψυχὴν ὅ τεαὖ θεὸς ἀνθρωποειδής. τοῦ κάλλους est donc un génitif partitif après ἔχων,ce qui était l’opinion de Stählin dans le Register, voir ἔχω c, p. 441 : par sonamour de Dieu, le gnostique a déjà part à la beauté de ce monde. Un tel gé-nitif n’est pas unique chez Clément, voir Pédagogue II, 24, 1 τῷ μὲν οὖνἀναγκαίῳ τῷ ὕδατι ὡς ὅτι πλείστῳ ἐγκαταμικτέον καὶ τοῦ χρησίμου (sc. τοῦοἴνου) ; ibid. II, 55, 3 οὐδὲ μὴν πλείονος ὄψου προσφέρεσθαι ; StromatesV, 34, 9 ὁ ἥλιος … μέσος τῶν ἄλλων πλανητῶν τεταγμένος τοῖς τε ὑπὲραὐτὸν τοῖς δὲ ὑπ’ αὐτὸν ... ἐνδίδωσι τοῦ φωτός. VI, 80, 2 <ἐν δὲ> τῇ γεωμετρικῇ οὐσίαν αὐτὴν ἐφ’ ἑαυτῆς θεωρῶν καὶἐθιζόμενος συνεχές τι διάστημα νοεῖ<ν> καὶ οὐσίαν ἀμετάβλητον, ἑτέραντῶνδε τῶν σωμάτων οὖσαν. Les additions dans les éditions sont à mon aviscorrectes. Dans la géométrie on voit la réalité, autre chose que les corps dece monde. On apprend à penser à ce qui n’est pas corporel, car dans cettescience, il s’agit de ἀπλατὲς μῆκος, ἐπιφάνεια ἀπλαθής et σημεῖον ἀμερές ;voir 90, 4.συνεχές et διάστημα forment un paradoxe ; comment un intervalle peut-il être continu ? L’idée doit être que dans ce monde, on ne peut pas joindredeux choses sans qu’il existe un intervalle, une limite entre elles, mais dansla géométrie, par exemple deux triangles ou deux points peuvent se suivresans intervalle. VI, 82, 1 ἔστι γὰρ πάσης πλάνης καὶ ψευδοδοξίας αἴτιον τὸ μὴ δύνασθαιδιακρίνειν. Le manuscrit donne εἶναι, probablement à retenir, car nous avonslà un résumé d’opinion. Cf. la remarque sur III, 91, 1. VI, 102, 1 τὰ μὲν πρῶτα ἄφεσιν ἁμαρτιῶν αἰτήσεται, μετὰ δὲ τὸ μηκέτιἁμαρτάνειν ἐπὶ τὸ εὖ ποιεῖν δύνασθαι. Ainsi le manuscrit et SCh. GCS écritἔτι au lieu de ἐπὶ. La meilleure proposition doit être de lire ἐπὶ τῷ, le sensfinal de ἐπί suivi du datif étant bien connu. VI, 103, 6 καθάπερ γὰρ τοῖς ἐρίοις ἡ στῦψις τῆς βαφῆς ἐμμείνασα τὴνἰδιότητα καὶ παραλλαγὴν πρὸς τὰ λοιπὰ παρέχει ἔρια, οὕτως κἀπὶ τῆς ψυχῆςὁ μὲν πόνος παρῆλθεν, μένει δὲ τὸ καλόν. στῦψις est l’application d’unesubstance astringente ; elle précède la teinture et ne laisse pas de trace visible, tandis que la teinture demeure. Ainsi l’effort disparaît et la beautéreste. Ne faut-il donc pas lire < οὐκ> ἐμμείνασα, en comparant avec ὁ πόνοςπαρῆλθεν ? Quelqu’un a pensé que si ἡ στῦψις a un effet sur la laine, il fautqu’elle reste là-dedans. 66 67 VI, 109, 1 οὐκ ἂν οὖν μετὰ ἀκρασίας πιστός τις εἴη, ἀλλὰ κἂν <μὴ> ἐξέλθῃτὴν σάρκα, ἀποθέσθαι τὰ πάθη ἀνάγκη τοῦτον, ὡς εἰς τὴν μονὴν τὴν οἰκείανχωρῆσαι δυνηθῆναι. Les éditeurs ajoutent μὴ, GCS en renvoyant à 75, 3 oùil s’agit du gnostique qui encore dans cette vie sur terre (κἂν τὸ σκῆνοςαὐτοῦ ἐπὶ γῆς θεωρῆται) se libère des passions.La négation n’est pas à sa place, car dans notre passage, il n’est pas ques-tion de la vie sur terre, mais de ce qui se passe après la mort, dans les cieuxoù il faut que le croyant fasse encore des progrès : « au moins quand il aquitté la chair, il lui faut se libérer des passions ». Les demeures, μοναί, sontaux cieux, préparées pour les sauvés, et elles sont nombreuses, ce que Clé-ment comprend comme si elles sont différentes, en partant de Jean 14, 2 et1 Cor. 15, 41100, voir 107, 3101 « ἐν νεφέλαις » τούτους (sc. les gnostiques)ἀρθέντας γράφει ὁ ἀπόστολος διακονήσειν μὲν τὰ πρῶτα, ἔπειτα ἐνκατα-ταγῆναι τῷ πρεσβυτηρίῳ κατὰ προκοπὴν δόξης (δόξα γὰρ δόξης διαφέρει)ἄχρις ἂν εἰς τέλειον ἄνδρα αὐξήσωσιν. Il fait toujours la différence entre legnostique et le croyant (γνωστικός et πιστός), entre γνῶσις et πίστις. Legnostique procède aux cieux selon la hiérarchie sur terre, il commencera parêtre diacre, puis prêtre etc., voir plus haut. De même, le croyant procède dedemeure en demeure (109, 3). Il est sauvé mais l’honneur le plus élevé estréservé au gnostique (109, 2). Le contexte montre que tout ça se passe aprèsla mort, comme le montre dans ce qui suit, 110, 1-2, le passage de Solomonavec le commentaire de Clément.Dans κἂν, il y a souvent la connotation de « au moins », comme dansnotre passage. Cf. la remarque sur Stromates VI, 141, 2 κἂν (GCS d’aprèsune conjecture : ἐὰν) οὕτως ἑπώμεθα, « au moins si nous suivons cette ma-nière de procéder » ; Protreptique 108, 3 κἂν ἐπὶ τέλει τοῦ βίου, τὸν θεὸνἐπίγνωτε, « alors au moins (si non avant) » ; Stromates VII, 49, 1 μάλισταμὲν ἀγαθὸν τελέως ἑαυτὸν ἐξειργασμένον, εἰ δὲ μή, κἂν προκόπτοντα ἐπὶτὴν γνῶσιν, « faisant au moins des progrès ». VI, 125, 5 αὐτίκα †, εἴπερ ἀρετή τέ ἐστιν θεία καὶ γνῶσις ἑαυτῆς, ἡσωφροσύνη δὲ οἷον ἀτελὴς φρόνησις. Les éditeurs mettent une croix. Jepense qu’il faut lire αὐτῆς au lieu de ἑαυτῆς, une émendation proposée dansle Register, sous γνῶσις 6, mais pas mentionnée dans les éditions.Je ne suis pas sûr que la croix soit nécessaire. Le sujet est φρόνησις qu’on 100 Jean 14, 2 ἐν τῇ οἰκίᾳ τοῦ πατρός μου μοναὶ πολλαί εἰσιν ; 1 Cor. 15, 41 ἄλλη δόξα ἡλίου,καὶ ἄλλη δόξα σελήνης, καὶ ἄλλη δόξα ἀστέρων· ἀστὴρ γὰρ ἀστέρος διαφέρει ἐν δοξῃ.101 Influencé par 1 Thess. 4, 17 ; 1 Cor. 15, 41 ; Eph. 4, 13. 68 trouve avant et après. Une traduction serait : « si la prudence, φρόνησις, estune vertu divine, comme l’est la connaissance d’elle, par contre, la tempé-rance, σωφροσύνη, est comme une prudence imparfaite ». On peut regarderla construction comme une légère anacoluthe, ou comme un exemple de δέindiquant un fort contraste, comme Stromates I, 54, 3 « οὐ γὰρ ἐν λόγῳ ἡβασιλεία τοῦ θεοῦ », οὐ τῷ μὴ ἀληθεῖ, ἀλλὰ καθ’ ὑπόληψιν πιθανῷ, « ἀλλ’ἐν δυνάμει » (1 Cor. 4, 20) εἶπεν. Là, le texte de l’épître donne ἀλλὰ. Voiraussi VI, 2, 1 μήτε τῇ τάξει μήτε τῇ φράσει διακεκαθαρμένοις, διεσπαρμέ-νοις δὲ ἐπίτηδες ἀναμίξ. VI, 136, 1 διὰ τοῦ σωματικοῦ ἄρα πνεύματος αἰσθάνεται ὁ ἄνθρωπος,ἐπιθυμεῖ, ἥδεται, ὀργίζεται, τρέφεται, αὔξεται· καὶ δὴ καὶ πρὸς τὰς πράξειςδιὰ τούτου πορεύεται τὰς κατ’ ἔννοιάν τε καὶ διάνοιαν, καὶ ἐπειδὰν κρατῇτῶν ἐπιθυμιῶν, βασιλεύει τὸ ἡγεμονικόν. Les éditions présentent τὰς κατ’ἔννοιάν, c’est-à-dire τὰς πράξεις, tandis que le manuscrit donne τὰ κατ’ἔννοιάν, leçon aussi bonne ou meilleure. Avec la leçon du manuscrit, le sujetde ἐπειδὰν κρατῇ τῶν ἐπιθυμιῶν est τὰ κατ’ ἔννοιάν, avec celle des éditions,c’est l’homme. Mieux vaut τὰ κατ’ ἔννοιάν comme sujet, parce que dans cecontexte, Clément donne une comparaison entre les pouvoirs charnels et spi-rituels de l’homme. τὰ κατ’ ἔννοιάν τε καὶ διάνοιαν agit, et de ces facultés,la partie directrice (τὸ ἡγεμονικόν) finalement triomphe. VI, 138, 1 ἡ ἑβδόμη τοίνυν ἡμέρα ἀνάπαυσις κηρύσσεται, ἀποχὴ κακῶνἑτοιμάζουσα τὴν ἀρχέγονον ἡμέραν τὴν τῷ ὄντι ἀνάπαυσιν ἡμῶν, ἣ δὴ καὶπρώτη τῷ ὄντι φωτὸς γένεσις. Le manuscrit donne ἀποχὴ (ainsi SCh, GCSécrivent ἀποχῇ), ἣν, πρώτην, γένεσιν. Les corrections ἣ, πρώτη, γένεσις sontfaites d’après le texte d’Aristobule chez Eusèbe102, mais là, on trouve ἣ δὴκαὶ πρώτη φυσικῶς ἂν λέγοιτο φωτὸς γένεσις. Dans ce cas, le nominatif vasans dire. Je crois que nous avons encore un cas où un verbum dicendi seprésente vaguement à l’esprit. Celui qui agit est λόγος ὁ μηνύων (137, 3).Cf. la remarque sur III, 91, 1. VI, 141, 1-2 ἐνταῦθα κατὰ μὲν τοὺς ἀριθμοὺς αὐτοὺς σῴζεται τῇ τάξειἑκάστη μονὰς εἰς ἑβδομάδα τε καὶ ὀγδοάδα, κατὰ δὲ τὸν τῶν στοιχείωνἀριθμὸν ἕκτον γίνεται τὸ ζῆτα, καὶ ἕβδομον τὸ ἦτα. ἐκκλαπέντος δ’ οὐκ οἶδ’ὅπως τοῦ ἐπισήμου εἰς τὴν γραφήν, κἂν οὕτως ἑπώμεθα, ἕκτη μὲν γίνεται ἡἑβδομάς, ἑβδόμη δὲ ἡ ὀγδοάς. Telle est la leçon du manuscrit, mais on aconjecturé εἰσκλαπέντος, accepté par GCS mais non par SCh. Le contexte 102 Praeparatio evangelica XIII, 12, 9. est que si l’on suit la manière de compter (κατὰ μὲν τοὺς ἀριθμοὺς αὐτοὺς),alors il faut mettre la lettre stigma (τὸ ἐπίσημον) pour le nombre six, etcomme ça, ζῆτα veut dire sept et ἦτα devient huit. Au contraire, dans l’al-phabet ζῆτα est la sixième lettre et ἦτα la septième.Je crois que la correction nécessaire est de lire ἐκ τῆς γραφῆς pour εἰς τὴνγραφήν. Il faut comprendre ἐκκλαπέντος δ’ … ἐκ τῆς γραφῆς comme « maiséliminé de l’alphabet » ; cf. peu avant ἐπίσημον … τὸ μὴ γραφόμενον,« stigma, lettre qu’on n’écrit pas », « qui n’existe pas dans l’alphabet ». Laconfusion entre ἐκ et εἰς (EIC et EK) n’est pas unique, et après le faux EIC,l’accusatif s’installe pour ainsi dire automatiquement. Quelques exemplesde cette confusion sont Stromates I, 137, 1, où l’émendation ἔκπλουν pourεἴσπλουν doit être correcte ; III, 28, 1, où une tradition parallèle a ἐκδεχό-μεναι pour εἰσδεχόμεναι, et Basile, Contre Eunome III, 6 (668 b), 5, où lesmanuscrits présentent aussi bien ἐκπεμπόμενος que εἰσπεμπόμενος.κἂν οὕτως ἑπώμεθα veut dire « au moins si nous suivons cette manièrede procéder », avec une connotation de κἂν déjà commentée, voir la re-marque sur VI, 109, 1. VI, 157, 5 κατά τε γὰρ τὰ ἔθνη καὶ πόλεις νενέμηνται τῶν ἀγγέλων αἱπροστασίαι, τάχα δὲ καὶ τῶν ἐπὶ μέρους [ὧν] ἐνίοις ἀποτετάχαταί τινες. Leséditions retranchent ὧν, mais, je crois, à tort. L’éditeur de SCh a bien vu queτὰ ἐπὶ μέρους veut dire « les détails », « les phénomènes isolés », comme en123, 2 et 156, 3.103 Les nations et les cités ont leurs anges, mais il se peutqu’il y en ait aussi pour des phénomènes isolés. La construction est commesuit : τάχα δὲ καὶ τῶν ἐπὶ μέρους (νενέμηνται τῶν ἀγγέλων αἱ προστασίαι),ὧν ἐνίοις ἀποτετάχαταί τινες (sc. τῶν ἀγγέλων), « peut-être aussi les patro-nages des anges sur des phénomènes isolés (ont été répartis), à quelques-uns desquels (de ces phénomènes) des anges (τινες) sont affectés ». VI, 159, 2 κινδυνεύει γὰρ (sc. ὁ διάβολος) εὐμενέστερος τοῖς Ἕλλησιν εἰςτὸ ἀγαθοὺς ἄνδρας <γίγνεσθαι> γεγονέναι τῆς θείας προνοίας τε καὶ γνώμης.Les éditions présentent τὸ là où le manuscrit donne τοὺς, et ajoutentγίγνεσθαι.Je pense, mais non sans hésitation, que le texte du manuscrit est en bonétat, interprétant εἰς τοὺς ἀγαθοὺς ἄνδρας par « en vue des hommes bons ».Le diable aurait été favorable aux Grecs à cet égard, concernant les bons,les philosophes. Mon hésitation vient du fait que εἰς dans ce sens n’est pasrare chez Clément quand il s’agit de qualités et des activités, mais ici il s’agit 69 103 Cf. aussi 156, 5 τὰς ἐπὶ μέρους κινήσεις. 70 des personnes. Cf. par exemple :Pédagogue II, 64, 1 ἵππος μύρῳ χριόμενος εἰς τὴν ἵππου ἀρετὴν οὐβλάπτεται οὐδὲ κύων μυρισθεὶς εἰς τὴν κυνὸς ἀρετήν.Stromates IV, 122, 3 Ἀσπασίας … Σωκράτης μὲν ἀπέλαυσεν εἰςφιλοσοφίαν, Περικλῆς δὲ εἰς ῥητορικήν.Pour autant, un passage où il s’agit de personnes est Quis dives salvetur 30,1 ὃ γὰρ ἄν τις εἰς μαθητὴν ἐργάσηται, τοῦτο εἰς ἑαυτὸν ὁ κύριος ἐκδέχεταικαὶ πᾶν ἑαυτοῦ ποιεῖται. Cf. aussi Luc 12, 21 μὴ εἰς θεὸν πλουτῶν.104 VI, 164, 2 « ἐὰν μὴ πλεονάσῃ ὑμῶν ἡ δικαιοσύνη πλεῖον τῶν γραμματέωνκαὶ Φαρισαίων » (Matth. 5, 20), τῶν κατὰ ἀποχὴν κακῶν δικαιομένων, [σὺν]τῷ μετὰ τῆς ἐν τούτοις τελειώσεως καὶ [τῷ] τὸν πλησίον ἀγαπᾶν καὶεὐεργετεῖν δύνασθαι, οὐκ ἔσεσθε βασιλικοί. On peut retenir σὺν et τῷ, reje-tés par les éditeurs. Il faut que le gnostique suive parfaitement la loi et qu’ilait aussi l’amour du prochain, mais cela ne suffit pas pour être βασιλικοί.Immédiatement après, nous trouvons que le gnostique est caractérisé parquelque chose de plus, par ἡ ἐπίτασις τῆς κατὰ νόμον δικαιοσύνης. VII, 5, 2 ταύτῃ κράτιστον μὲν ἐν γῇ ἄνθρωπος ὁ θεοσεβέστατος, κράτιστονδὲ ἐν οὐρανῷ ἄγγελος, ὁ πλησιαίτερον κατὰ τόπον καὶ ἤδη καθαρώτεροντῆς αἰωνίου καὶ μακαρίας ζωῆς μεταλαγχάνων. Le manuscrit donne τὸπλησιαίτερον pour ὁ πλησιαίτερον, et il n’est pas impossible que cette leçonsoit correcte. Il faudrait donc lire μεταλαγχάνον. Cf. κράτιστον deux foisdans la sentence, et Quis dives salvetur 10, 2 βία γὰρ ἐχθρὸν θεῷ ; ibid. 24,2 αἱρετώτερον ἑτεροφθάλμῳ βασιλεία θεοῦ ἢ ὁλοκλήρῳ τὸ πῦρ. VII, 10, 2 αὗται αἱ σωτήριοι περιτροπαὶ κατὰ τὴν τῆς μεταβολῆς τάξινἀπομερίζονται καὶ χρόνοις καὶ τόποις ... καὶ λειτουργίαις, καθ’ ἑκάστηνἑκάστη ἕως τῆς ἐπαναβεβηκυίας καὶ προσεχοῦς τοῦ κυρίου ἐν ἀιδιότητιθεωρίας. ἑκάστη est une conjecture pour ἑκάστης du manuscrit.Je pense qu’il faut laisser la leçon du manuscrit et comprendre le textecomme καθ’ ἑκάστην (τάξιν) ἑκάστης (μεταβολῆς), « selon chaque position(à savoir dans l’échelle des positions dans l’avancement) de chaque muta-tion ». VII, 17, 2 ἡ γὰρ τῶν νοητῶν γνῶσις καὶ κατάληψις βεβαία δεόντως ἂνλέγοιτο ἐπιστήμη, ἧς τὸ μὲν περὶ τὰ θεῖα ἔργον ἔχει σκοπεῖν τί μὲν τὸ πρῶτον 104 Rom. 11, 36 ἐξ αὐτοῦ καὶ δι’ αὐτοῦ καὶ εἰς αὐτὸν τὰ πάντα a été interprété de manièresdifférentes : à lui, pour lui, en lui. αἴτιον, τί δέ etc. Le manuscrit donne ἔχειν, mais les éditeurs ont préféré uneconjecture ἔχει. ἔχειν est à mon avis parfaitement possible. Il y a beaucoupd’exemples que dans une proposition relative, un infinitif dépend d’un verbecomme φάναι ou οἴεσθαι dans la proposition principale. Il va sans dire quecela se trouve notamment dans des résumés. Pour des exemples, voir la re-marque sur Pédagogue II, 121, 2, ajoutez les remarques sur Stromates III,91, 1 et VII, 38, 3. VII, 17, 4 ἀλλὰ τῇ μὲν φρονήσει καὶ δικαιοσύνῃ εἰς τὴν τῆς σοφίας κατακέ-χρηται (sc. ὁ γνωστικός) κτῆσιν, τῇ δὲ ἀνδρείᾳ οὐκ ἐν τῷ τὰ περιστατικὰὑπομένειν μόνον, ἀλλὰ κἀν τῷ ἡδονῆς τε καὶ ἐπιθυμίας, λύπης τε αὖ καὶὀργῆς <κρατεῖν> καὶ καθόλου πρὸς πᾶν ἤτοι τὸ μετὰ βίας ἢ μετὰ ἀπάτηςτινὸς ψυχαγωγοῦν ἡμᾶς ἀντιτάσσεσθαι. Le manuscrit donne καὶ  ; κἀν estune conjecture, comme aussi l’addition de κρατεῖν et la leçon ἀντιτάσσεσθαιau lieu de ἀντιτάσσεται du manuscrit. Je ne suis pas sûr que ces changements soient nécessaires et je pense qu’ilfaut lire et ponctuer comme suit : ἀλλὰ τῇ μὲν φρονήσει καὶ δικαιοσύνῃ εἰςτὴν τῆς σοφίας κατακέχρηται κτῆσιν, τῇ δὲ ἀνδρείᾳ οὐκ ἐν τῷ τὰ περιστα-τικὰ ὑπομένειν μόνον (sc. κατακέχρηται), ἀλλὰ καὶ τῷ ἡδονῆς τε καὶ ἐπιθυ-μίας, λύπης τε αὖ καὶ ὀργῆς καὶ καθόλου πρὸς πᾶν ἤτοι τὸ μετὰ βίας ἢ μετὰἀπάτης τινὸς ψυχαγωγοῦν ἡμᾶς ἀντιτάσσεται. Nous apprenons qu’il fautsupporter les difficultés extérieures, τὰ περιστατικά, même si elles sont re-doutables, il faut τὰ φοβερὰ ὑπομένειν, voir plus bas 17, 5. Au contraire, τὰςκακίας καὶ τὰ κακά, les maux intérieurs, il ne faut pas les supporter, οὐ γὰρὑπομένειν δεῖ, mais les repousser activement, ἀπωθεῖσθαι (17, 5) ; cf.ἀντιτάσσεται. Je crois donc que l’addition de κρατεῖν est superflue et queἀντιτάσσεται forme un parallèle avec κατακέχρηται : « mais il se sert ducourage non seulement en supportant les difficultés extérieures, mais aussiil combat ce qui a à faire avec plaisir et désir, chagrin et colère ».105 Pour levrai gnostique, toutes les passions (πάθη) comme ἡδονή, ἐπιθυμία etc. sontdes maux. VII, 20, 3-5. Je pense qu’il faut regarder la construction de ce passage d’uneautre manière. La première partie de cette longue période va jusqu’à κατὰπάντων στεφανόυμενος τῶν παθῶν et comprend la métaphore du grand stadequi est ce monde. Suit une longue explication de cette métaphore, presquecomme une parenthèse : ὅ τε γὰρ ἀγωνοθέτης ... ἐξουσίας ἐμπαθῶν παθῶν. 71 105 Pour un rôle actif contre le mal, voir plus bas 18, 2 ἀποστροφὴν τῶν αἰσχρῶν ; 19, 1μισοπονηρότατος ὢν κατὰ τὴν τελείαν ἀποστροφὴν κακουργίας. 72 Ensuite, τούτων περιγενόμενος τῶν μεγάλων ἀνταγωνισμάτων … καταγω-νισάμενος reprend κατὰ πάντων στεφανόυμενος τῶν παθῶν. Suit finalement,20, 5, le verb avec son complément : ἐκράτησε τῆς ἀθανασίας, le sujet étanttout le temps οὗτος ὁ ἀθλητὴς de 20, 3. Le manque de particule à τούτωνπεριγινόμενος τῶν μεγάλων ἀνταγωνισμάτων peut faire comprendre quec’est toujours la même période, même si l’asyndète n’est pas rare chez Clé-ment. On pourrait mettre toute la longue explication entre tirets et ensuiteindiquer par un point en haut qu’il y a là un rattachement à ce qui précède.106 VII, 21, 3-4 μία δὲ ἀμοιβὴ κυριωτάτη παρὰ ἀνθρώπων, ταῦτα δρᾶν ἅπερἀρεστὰ τῷ θεῷ· <καὶ> καθάπερ ἂν ἰδίου γεννήματος καὶ κατά τι συγγενοῦςἀποτελέσματος ὁ διδάσκαλος καὶ σωτὴρ ἀναδέχεται τὰς ὠφελείας τε καὶἐπανορθώσεις τῶν ἀνθρώπων εἰς ἰδίαν χάριν τε καὶ τιμήν, [καθάπερ καὶ] τὰςεἰς τοὺς πεπιστευκότας αὐτῷ βλάβας ἰδίας ἀχαριστίας τε καὶ ἀτιμίαςἡγούμενος. Le premier καὶ est une addition par conjecture, acceptée par leséditeurs, comme aussi l’omission de καθάπερ καὶ a été acceptée.Clément se demande comment l’homme peut répondre à la bonté deDieu ; la seule manière est de faire ce qui plaît à Dieu. Il poursuit, immédia-tement et sans καὶ : comme Dieu considère les bonnes actions des hommescomme une marque de gratitude et d’honneur envers lui-même, comme aussi(καθάπερ καὶ) il considère les mauvaises actions contre les croyants commeune marque d’ingratitude et de mépris envers lui-même. L’asyndète, trouvéeçà et là chez Clément, est à sa place ici dans une explication de ce qui pré-cède.107 Les changements des éditeurs sont donc superflus. VII, 29, 2 ἀλλ’ εἰ καὶ ἀνθρωποειδὲς τὸ θεῖον, τῶν ἴσων δεήσεται τῷἀνθρώπῳ, τροφῆς τε καὶ σκέπης οἰκίας τε καὶ τῶν ἀκολούθων πάντων. Ainsiles éditeurs, mais le manuscrit porte παθῶν au lieu de πάντων. Avec Pini, ilfaut lire παθῶν, car immédiatement après Clément parle de ὁμοιοπαθεῖς,mot qui revient un peu plus loin, voir 30, 1. Les πάθη sont la conséquencede la vie dans ce monde, avec les soucis concernant nourriture, vêtement,maison. Clément se montre toujours négatif vis-à-vis de ces préoccupationsqui ne sont qu’un mal nécessaire. VII, 34, 4. Clément parle des sacrifices de viande. Il dit : nous disons que lefeu sanctifie non pas les viandes, mais les âmes pécheresses, et poursuit : 106 Pour quelques longues insertions, voir la remarque sur Stromates V, 56, 4 avec n. 88.107 Pour l’asyndète, cf. la remarque sur Eclogae propheticae 22, 1-3. πῦρ οὐ τὸ πάμφαγον καὶ βάναυσον, ἀλλὰ τὸ φρόνιμον λέγοντες, τὸ « δι -ικνούμενον διὰ ψυχῆς » τῆς διερχομένης τὸ πῦρ. Ailleurs, Clément parle dela force purifiante du feu, appelé πῦρ φρόνιμον ou σωφρονοῦν, qui dévoredes temples païens108 et Sodome109, qui est opposé à ce qui est matériel(ὑλικόν)110. Dans notre passage, la construction semble compliquée, pour nepas dire impossible. Les éditeurs comparent Hébr. 4, 12 (λόγος)διικνούμενος ἄχρι μερισμοῦ ψυχῆς καὶ πνεύματος, et Is. 43, 2 ἐὰν διέλθῃςδιὰ πυρός, οὐ μὴ κατακαυθῇς, φλὸξ οὐ κατακαύσει σε. ὅτι ἐγὼ κύριος ὁ θεόςσου ὁ ἅγιος Ἰσραηλ ὁ σῴζων σε. Le contexte d’Isaïe est donc tout autre.τὸ πῦρ peut être une note dans la marge pour dénoter le nom auquelδιικνούμενον sert d’épithète, tandis que Hébr. parle du λόγος. On peut aussiregarder διερχομένης comme une explication de διικνούμενον, passée de lamarge dans le texte et adaptée à ψυχῆς. Il se peut donc que la proposition fi-nisse par ψυχῆς. En tout cas, je pense qu’une croix est inévitable. VII, 35, 1 σέβειν δὲ δεῖν ἐγκελευόμεθα καὶ τιμᾶν τὸν [αὐτὸν καὶ] λόγον. Leséditions retranchent αὐτὸν καὶ. On a proposé υἱὸν καὶ λόγον, mais peut-êtreθεὸν καὶ λόγον vaut mieux. Clément parle souvent du λόγος comme Dieu ;voir le Register, p. 547. VII, 38, 3 τὸ δὲ εὔχεσθαι καὶ ὀρέγεσθαι καταλλήλως γίνεται εἰς τὸ ἔχειν τὰἀγαθά. On lit γίνεσθαι dans le manuscrit. Même si γίνεσθαι peut bien êtreune erreur causée par les infinitifs précédents, je me demande si le manuscritne donne pas le correct texte dans une présentation des idées de l’auteur ; ilfaudrait donc sous-entendre φημί ou un autre verbum dicendi. Cf. peu avant,37, 1 οὐδὲ αἰσθήσεων αὐτῷ δεῖ (sc. τῷ θεῷ), καθάπερ ἤρεσεν τοῖς Στωικοῖς,μάλιστα ἀκοῆς καὶ ὄψεως, μὴ γὰρ δύνασθαί ποτε ἑτέρως ἀντιλαβέσθαι, oùδύνασθαί est influencé par le précédent ἤρεσεν. Cf. aussi III, 36, 5, où Clé-ment dit que les ennemis de la vraie doctrine chrétienne ne peuvent rienchanger au bel ordre de Dieu : οὐδὲ γῆν πλωτήν, βατὴν δὲ θάλασσανἐργάζεσθε, καθάπερ οἱ τὰς ἱστορίας συνταξάμενοι τὸν βάρβαρον ἐθελῆσαιΞέρξην. GCS ajoute φασίν après Ξέρξην, ce qui ne semble pas nécessaire.111 VII, 43, 2 ἀθρόα πάντα τῇ συλλήψει αὐτῇ ἕπεται τὰ ἀγαθά. Le manuscritporte αὐτῆς, probablement correct. Le mot principal est εὐχῆς, discuté dans 73 108 Protreptique 53, 3.109 Pédagogue III, 44, 2.110 Eclogae propheticae 25, 4.111 Cf. aussi la remarque sur III, 91, 1. 74 ce contexte par Clément et mentionné avant et après. Formuler une prièreest comme une conception de la prière. On peut bien imaginer αὐτῆς changéen αὐτῇ après συλλήψει, mais non le contraire. VII, 47, 1 ἐπεὶ δὲ τὸ μὴ ἀποβληθὲν δι’ εὐλαβείας ἀναπόβλητον γίνεται, τῆςμὲν εὐλαβείας πρὸς τὸ μὴ ἁμαρτάνειν, τῆς δὲ εὐλογιστίας πρὸς τὸ ἀναπό-βλητον τῆς ἀρετῆς ἀνθέξεται (sc. ὁ γνωστικός). Tel est le texte de SCh. Lemanuscrit présente ἀποβληθῆναι ; après δι’ εὐλαβείας, on a proposé d’ajou-ter δι’ εὐλογιστίας qu’on trouve dans le texte de GCS, ou καὶ εὐλογιστίας.Ce qui ne peut pas être perdu (ἀναπόβλητον) chez le gnostique est la vertu(ἀρετή).112Il n’est pas nécessaire de changer τὸ μὴ ἀποβληθῆναι ; le principe de nepas perdre. Après δι’ εὐλαβείας, le parallèle τῆς μὲν … τῆς δὲ rend inévitableune addition après δι’ εὐλαβείας, et le meilleur choix est καὶ (δι’ ?) εὐλογι-στίας. Ainsi, on aura les correspondants δι’ εὐλαβείας/τῆς μὲν εὐλαβείας et(δι’ ?) εὐλογιστίας/τῆς δὲ εὐλογιστίας. VII, 47, 6 οὐ γὰρ ἡ τῆς σοφίας μετάδοσις κινούντων καὶ ἰσχόντων ἀλλήλουςτῆς τε ἐνεργείας καὶ τοῦ μετέχοντος γίνεται. On ne peut guère comprendrecette phrase. Une difficulté est le mot ἀλλήλους, une autre comment on pour-rait rattacher τῆς τε ἐνεργείας καὶ τοῦ μετέχοντος à ce qui précède. Je pro-pose qu’on lise ἀλλὰ au lieu de ἀλλήλους. La communication (μετάδοσις)n’est pas une question de mouvement et de propriété, mais d’activité et departicipation. Notez dans ce qui suit : οὐδὲ ἀφαιρουμένου τινὸς οὐδὲ ἐνδεοῦςγινομένου, et ἀμείωτος δ’ οὖν ἡ ἐνέργεια δι’ αὐτῆς τῆς μεταδόσεως δείκνυ-ται. Clément souligne que la communication n’apporte pas une perte, commedans le passage cité, c’est-à-dire si on lit ἀλλὰ. VII, 48, 1 ᾖ γάρ; οὐχὶ τῶν ἀγαθῶν ἀνδρῶν χάριν ... τὰ πάντα γέγονεν; Lemanuscrit donne ἢ γάρ. Il faut le conserver et écrire ἢ γὰρ οὐχὶ etc. Il estbien connu que ἤ sert comme une particule interrogative sans précédentπότερον, comme en 2 Cor. 11, 7 ἢ ἁμαρτίαν ἐποίησα ἐμαυτὸν ταπεινῶν ἵναὑμεῖς ὑψωθῆτε, ὅτι δωρεὰν τὸ τοῦ θεοῦ εὐαγγέλιον εὐηγγελισάμην ὑμῖν;Pour un exemple chez Clément, voir Stromates IV, 78, 1 ναί, φασίν, εἰκήδεται ὑμῶν ὁ θεός, τί δήποτε διώκεσθε καὶ φονεύεσθε; ἢ αὐτὸς ὑμᾶς εἰςτοῦτο ἐκδίδωσιν; ἢ γὰρ οὐ peut aussi introduire une question, comme Stro-mates VII, 28, 1 ἢ γὰρ οὐ καλῶς καὶ ἀληθῶς οὐκ ἐν τόπῳ τινὶ περιγράφομεν 112 46, 9. τὸν ἀπερίληπτον (sc. θεόν); et VII, 31, 2 ἢ γὰρ οὐχ ἡ τῶν ὁλοκαυτωμάτωνκνῖσα καὶ τοῖς θηρίοις φευκτέα; VII, 55, 4 ἐν μόνῃ γὰρ τῇ τοῦ προφορικοῦ λόγου * τὸ τῆς σοφίας ὄνομαφαντάζεται. Ainsi l’édition de GCS. Celle de SCh met σοφίᾳ au lieu de l’as-térisque, d’après une explication de Tengblad113, qui veut sous-entendre cemot. On peut objecter qu’il est dur de sous-entendre σοφίᾳ après une dis-cussion sur σοφία et γνῶσις, où γνῶσις est le dernier mot, et on se demandequi aurait bien compris une telle phrase. Ajoutons que on s’attend à μόνοςrattachée à ὄνομα plutôt qu’à σοφίας, voir plus bas : ce qu’on dit n’est qu’unmot. Il y a d’autres propositions que σοφίᾳ : χρήσει, χώρᾳ, διδαχῇ,παραδόσει, ἐνεργείᾳ, on a aussi voulu lire μονῇ pour μόνῃ (« the abiding ofthe uttered word »)114. Je crois que le passage est plus endommagé qu’on nepense. Le mot προφορικός ne figure qu’ici et Stromates V, 6, 3, où il s’agitcomme dans notre passage de la parole parlée et du vrai sens de la notion :ὁ γὰρ τοῦ πατρὸς τῶν ὅλων λόγος οὐχ οὗτός ἐστιν ὁ προφορικός, σοφία δὲκαὶ χρηστότης φανερωτάτη τοῦ θεοῦ δύναμίς τε αὖ παγκρατὴς καὶ τῷ ὄντιθεία. Je crois que notre passage veut dire quelque chose comme : la vraiedénomination σοφία n’apparaît que dans la sagesse de Dieu, non pas dansnotre manière de parler où on ne trouve que le nom. Rétablir le texte d’unemanière satisfaisante semble impossible. VII, 64, 6 ἀτεχνῶς οὖν ἐπίγειος εἰκὼν θείας δυνάμεως ἡ γνωστικὴ ψυχή,τελείᾳ ἀρετῇ κεκοσμημένη, ἐκ πάντων ἅμα τούτων, φύσεως, ἀσκήσεως,λόγου συνηυξημένῃ. Le manuscrit donne συνηυξημένου, sans doute d’aprèsλόγου précédent ; les éditeurs écrivent συνηυξημένῃ, rattaché à ἀρετῇ.Mieux vaut lire συνηυξημένη avec Lowth115, un parallèle de κεκοσμημένηet rattaché à ψυχή. En 64, 4-7, il s’agit de l’âme du gnostique. VII, 79, 1 αὐτίκα ἀποχὴν κακῶν ἐργάζεται ὁ φοβούμενος, ἀγαθοποιεῖν δὲπροτρέπει ἐποικοδομοῦσα εἰς τὸ ἑκούσιον ἡ ἀγάπη. Tel est le texte de SCh,où on garde la leçon φοβούμενος du manuscrit, tandis que le texte de GCSprésente la conjecture φόβος. Il faut sans doute lire φόβος. Clément vientde parler des deux aspects de la justice (δικαιοσύνη), à savoir ἀγάπη etφόβος, et poursuit en indiquant ce que produisent l’un et l’autre. Cf. Stro- 75 113 Pp. 50-52.114 Voir Tengblad, p. 50.115 Pour W. Lowth, voir GCS 52 (15), Clemens Alexandrinus 2, p. XII. Lowth a fait quantitéde bonnes émendations. mates II, 39, 4 εἰ τοίνυν κακῶν ἀποχὴν116 ἀφοβίαν εἴρηκεν ἣν ὁ τοῦ κυρίουφόβος ἐργάζεται, ἀγαθὸν ὁ φόβος, καὶ ὁ ἐκ τοῦ νόμου φόβος οὐ μόνονδίκαιος ἀλλὰ καὶ ἀγαθὸς κακίαν ἀναιρῶν, où on constate le rapport entreδικαιοσύνη et φόβος, comme dans le passage cité. VII, 84, 1 ἰστέον δὲ ὅτι ἐὰν ἓν τούτων ὁ πιστὸς ἢ καὶ δεύτερον κατορθώσῃ,ἀλλ’ οὔ τί γε ἐν πᾶσιν ἅμα οὐδὲ μὴν μετ’ ἐπιστήμης τῆς ἄκρας, καθάπερ ὁγνωστικός. Tel est le texte du manuscrit. Le simple croyant peut réussir uneou deux actions droites, mais il est loin d’avoir la connaissance du gnostique.Selon une conjecture, les éditeurs écrivent ἅμα pour ἀλλ’ du manuscrit. Ilfaut sans doute suivre le manuscrit qui renforce : une ou deux fois, mais pastoujours, pas selon l’intelligence suprême du gnostique. VII, 84, 6-7 τὸ μὲν οὖν « ἐπὶ τῶν ἀδίκων κρίνεσθαι » τὸν ἠδικημένον φάσκειοὐδὲν ἀλλ’ ἢ ἀνταποδοῦναι βούλεσθαι δοκεῖν καὶ ἀνταδικῆσαι δεύτερονἐθέλειν. Clément parle de 1 Cor. 6 et cite librement le premier verset : τολμᾷτις ὑμῶν πρᾶγμα ἔχων πρὸς τὸν ἕτερον κρίνεσθαι ἐπὶ τῶν ἀδικων καὶ οὐχὶἐπὶ τῶν ἁγίων; Le manuscrit donne φάσκειν, on a fait la conjecture φάσκει,acceptée par les éditeurs. Une autre proposition est τῷ ... φάσκει. Il faut re-tenir φάσκειν, en comparant τὸ μὲν οὖν ἐπὶ τῶν ἀδίκων κρίνεσθαι τὸνἠδικημένον φάσκειν avec ce qui suit : τὸ δὲ ἐπὶ τῶν ἁγίων κρίνεσθαι ἐθέλειντινὰς λέγειν. Clément indique ce que disent les hommes victimes d’une in-justice. Après ce qu’on dit, suivent les résultats de ces manières de parler,de ces positions prises, indiquées par ἐμφαίνει qui se rattache aux deux mem-bres. Dire qu’on veut être jugé par les injustes montre (ἐμφαίνει) qu’on sem-ble ne vouloir rien d’autre que payer de la même monnaie et vouloircommettre un second acte injuste, οὐδὲν ἀλλ’ ἢ ἀνταποδοῦναι βούλεσθαιδοκεῖν καὶ ἀνταδικῆσαι δεύτερον ἐθέλειν. Dire qu’on veut être jugé par lessaints, cela désigne (ἐμφαίνει) ceux qui prient pour une récompense ; ils sontmeilleurs que les premiers, mais ils ne sont pas encore libres de passions,s’ils n’oublient pas complètement le mal et prient pour leurs ennemis.Quant à VII, 84, 7, on se demande comment καὶ εἶναι μὲν τῶν προτέρωντοὺς δευτέρους ἀμείνους, οὐδέπω δ’ ἀπαθεῖς, ἢν μὴ ἀμνησίκακοι τέλεον γε-νόμενοι ... προσεύξωνται καὶ ὑπὲρ τῶν ἐχθρῶν se rattache à ce qui précède.ἐμφαίνει est suivi d’un complément avec un participe (τοὺς ... αἰτουμένους),mais ensuite, on trouve l’infinitif καὶ εἶναι au lieu de καὶ ὄντας. Je crois qu’ilfaut sous-entendre par exemple λέγει, à savoir l’Apôtre. Comme souventchez Clément, amateur de longues propositions et de constructions compli- 76 116 ἀποχὴν est une émendation evidente pour ἀρχὴν du manuscrit. quées, il faut sous-entendre quelque notion du contexte.On a conjecturé ἀπαθεῖς pour ἀπειθεῖς du manuscrit. C’est peut-être cor-rect : ils ne sont pas encore arrivés à l’absence de passions (ἀπάθεια), marquecaractéristique du gnostique. Mais on pourrait aussi proposer, ce qui seraitprobablement préférable, εὐπειθεῖς : ils ne sont pas obéissants, il n’obéissentpas au commandement du Seigneur qui dit qu’il faut prier pour les ennemis,voir ἢν μὴ ἀμνησίκακοι τέλεον γενόμενοι κατὰ τὴν τοῦ κυρίου διδασκαλίανπροσεύξωνται καὶ ὑπὲρ τῶν ἐχθρῶν. Une confusion entre ἀ et εὐ n’est pasrare, voir par exemple Fr. 44, GCS 172, Clemens Alexandrinus 3, p. 222, 27ἴθι (le manuscrit : ἴσθι) δὲ ἐπὶ τὴν τροφὴν εὐσταθῶς (le manuscrit : ἀσταθῶς)καὶ μὴ λυσσώδη γαστριμαργίαν ἐπιφαίνων, et Philon, Legatio ad Caium§114 … τῆς μεγίστης ἐξουσίας (à savoir le pouvoir de l’empereur), ὑφ’ ἧςἡμεῖς οἱ πρότερον εὐτυχεῖς (tradition : ἀτυχεῖς) ἐπορθούμεθα. Cf. aussi laremarque sur De la prière 19, 3, p. 343, l. 3. VII, 86, 4 « καὶ ταῦτά τινες ἦτε » (1 Cor. 6, 11), τοιοῦτοι δηλονότι οἷοι ἔτιτυγχάνουσιν οἷς αὐτοὶ οὐ συγγινώσκετε. δηλονότι οἷοι est une conjecturetrès élégante (οτι devient par erreur οπ) acceptée par les éditeurs, le manu -scrit portant δῆλον ὁποῖοι. Mais pourquoi ne pas garder le texte du manu -scrit ? La proposition est peut-être causée par le fait qu’ailleurs, δῆλον seulsemble inexistant chez Clément et ὁποῖος beaucoup plus rare que οἷος. Maisautrement, la phrase semble parfaitement normale, et à mon avis, en pareilcas on ne doit pas changer. VII, 87, 3. Clément parle de ceux qui vivent comme s’ils étaient nés pourmanger. Il poursuit : καὶ μή τι οἷον σάρκας εἶναι τοῦ ἁγίου σώματος τούτουςφησί; σῶμα δὲ ἀλληγορεῖται ἡ ἐκκλησία κυρίου, ὁ πνευματικὸς καὶ ἅγιοςχορός, ἐξ ὧν οἱ τὸ ὄνομα ἐπικεκλημένοι μόνον, βιοῦντες δὲ οὐ κατὰ λόγον,σάρκες εἰσί. Le problème est : que veut dire ἐξ ὧν ? La traduction de SChparle des « membres de ce corps », le corps étant évidemment ὁ πνευματικὸςκαὶ ἅγιος χορός, mais le pluriel ne plaide pas en faveur d’une telle interpré-tation. De plus, ces gens très terrestres ne font pas partie du corps spirituelde l’Église. Je crois que ἐξ ὧν marque la cause, « à cause de quoi », « et parconséquent ». On trouve aussi δι’ ὧν et ἀνθ’ ὧν dans le même sens, avec lepluriel ὧν dénotant quelque chose de général comme la situation, les cir-constances. Il faut donc, comme souvent, considérer σῶμα δὲ ἀλληγορεῖταιἡ ἐκκλησία κυρίου, ὁ πνευματικὸς καὶ ἅγιος χορός comme une insertion ex-plicative et rattacher ἐξ ὧν à ce qui précède. Pour la préposition ἐκ, cf. Pro-treptique 42, 8 φιλάνθρωποί γε ἐκ τούτων καταφαίνονται οἱ δαίμονες, « ilressort au moins de cela … », ironiquement après la description d’une sériede sacrifices humains aux dieux. 77 78 VII, 89, 1. Clément parle des reproches que les Grecs et les juifs adressentaux chrétiens et ajoute que des hérésies leur donnent raison dans certainesproblèmes. Quelles sont ces hérésies ? Evidemment, celles qui se trouventparmi les chrétiens. Le texte du manuscrit, accepté par l’édition de SCh dit :συνεπιλαμβάνονται δὲ ἔν τισι τῶν ἀποριῶν ὁμοίως τοῖς προειρημένοις καὶαἱ περὶ τὴν ἄλλην διδασκαλίαν αἱρέσεις. Pini accepte ce texte. Mais est-ilpossible que Clément parle du christianisme comme de « l’autre doctrine » ?Dans la confrontation avec les hérésies qui suit, il parle comme toujours duchristianisme comme ἡ ὄντως οὖσα θεοσέβεια, ἡ ὄντως οὖσα ἀλήθεια, μόνηἡ ἀλήθεια, ἡ τῷ ὄντι ἀρίστη αἵρεσις. Pour ἄλλην, je pense qu’il faut approu-ver l’émendation ἀληθῆ de GCS.Pini présente comme un exemple de ἄλλην se rapportant à la doctrinechrétienne Protreptique 95, 1 ἀκηκόατε καὶ τὴν ἄλλην τῆς κολάσεως ἀπει-λήν, mais dans ce cas, τὴν ἄλλην ἀπειλήν contraste avec τὴν θείαν τῆς χά-ριτος ἐπαγγελίαν, et la phrase veut dire : « vous avez entendu aussi, d’autrepart, la menace du châtiment ». VII, 98, 2. Clément parle des hérétiques qui sont fiers de leur secte et dupremier rang dans leurs assemblées. Il poursuit : δι’ ἣν (sc. πρωτοκαθεδρίαν)κἀκείνην τὴν συμποτικὴν [διὰ] τῆς ψευδωνύμου ἀγάπης πρωτοκλισίανἀσπάζονται. Mieux vaut accepter διὰ, rejeté par les éditions. Ils veulent lapremière place quand on boit à l’aide de leur amour au nom faux. Observezl’aggravation ; les évangélistes117 parlent de πρωτοκλισία(ι) ἐν τοῖς δείπνοις,il ne s’agit pas directement de boire. VII, 101, 1 οὐδὲν γοῦν σαφέστερον ἰδεῖν ἐστι τοὺς ἐπισταμένους περὶ ὧνἴσασι διαβεβαιουμένους καὶ περὶ ὧν οἴονται, ὅσον γε ἐπὶ τῷ διαβεβαιοῦσθαιἄνευ τῆς ἀποδείξεως. Tel est le texte du manuscrit, retenu par l’édition deSCh. Il me semble quand même qu’il y a là une comparaison. L’édition deGCS donne une conjecture : διαβεβαιουμένους <ἢ τοὺς οἰομένους> [καὶ]περὶ ὧν οἴονται, ce qui est très clair mais paléographiquement difficile. Il ya aussi une proposition ἢ <τούτους> περὶ ὧν οἴονται au lieu de καὶ περὶ ὧνοἴονται ; il faudrait donc comprendre le texte comme ἢ τούτους διαβεβαι-ουμένους, où τούτους se réfère à ceux qui n’ont pas la connaissance maisseulement l’opinion, interprétation qui n’est pas à portée de la main. Uneautre solution serait de lire ἢ pour καὶ : ceux qui ont la connaissance ne pré-sentent pas ce qu’il savent plus clairement que ce qu’ils pensent, et cela va 117 Matth. 23, 6 et parallèles. pour les affirmations sans démonstrations118. En fait, la traduction de SChest d’accord avec cette interprétation mais sans proposer de changer καὶ enἢ : on traduit comme si l’on l’avait fait. Ainsi, poursuit Clément, tous se ri-diculisent et exhibent des idées contraires. On sait que la confusion entre ἤet καί est des plus communes. VII, 104, 1 τὰς ἀποδείξεις ἃς ἂν ἐπιζητήσῃ ἀνευρίσκειν ἀναπεμπόμενος ὑπὸτοῦ κυρίου. Le manuscrit porte ὡς ἂν. Pour ἀναπεμπόμενος, on a fait desconjectures119 qui me semblent superflues, car il s’agit de renvoyer,ἀναπέμπειν, le gnostique à l’Écriture pour y trouver des preuves. Je pensequ’il faut lire ὡς ἂν, pas rare dans le sens final.120À mon avis, τὰς ἀποδείξειςest proleptique et ἀνευρίσκειν dépend de ἐπιζητήσῃ. Il est vrai que ἐπιζητήσῃne semble pas exister avec un infinitif chez Clément, mais le simple verbeζητεῖν existe121. Traduisons donc : « le gnostique est renvoyé (à l’Écriture)par le Seigneur pour essayer de trouver les démonstrations ». VII, 105, 1. Clément discute le mot ἐνεφυσίωσεν de Sir. 4, 11, où la Septanteprésente ἀνύψωσεν mais où la Vulgate, 4, 12, donne inspiravit ou d’autresformes de inspirare ou spirare. Suit une longue proposition, typique de Clé-ment : οὐ δήπου γὰρ τῦφον ἐνεποίησεν ὁ κύριος τοῖς μειρακίοις κατὰ τὴνδιδασκαλίαν, ἀλλὰ τὸ ἐπὶ τῇ ἀληθείᾳ πεποιθέναι καὶ εἶναι μεγαλόφρονα ἐνγνώσει τῇ διὰ τῶν γραφῶν παραδιδομένῃ ὑπεροπτικόν <τε> τῶν εἰς ἁμαρ-τίαν ὑποσυρόντων παρασκευάζει, ὃ σημαίνει ἡ « ἐνεφυσίωσε » λέξις, με-γαλοπρέπειαν τῆς σοφίας τοῖς κατὰ τὴν μάθησιν τέκνοις ἐμφυτευσάσης δι’<ὧν δι>δάσκει.L’addition τε n’est pas nécessaire. On peut très bien comprendre ὑπερ -οπτικόν, non comme coordonné avec μεγαλόφρονα mais comme une qualitédu magnanime (μεγαλόφρονα). L’émendation δι’ <ὧν δι>δάσκει est ingé-nieuse, mais mieux vaut changer παρασκευάζει en παρασκευάζων. Ainsi, ὃσημαίνει … διδάσκει donne un contexte simple et direct. VII, 107, 1 μεθ’ ὃν Σίμων ἐπ’ ὀλίγον κηρύσσοντος τοῦ Πέτρου ὑπήκουσεν.Dans le contexte, Clément insiste sur le fait que la vraie Église a son origine 79 118 Il ne faut pas seulement parler, mais prouver, et la vraie démonstration est la voix du Sei-gneur, voir 95, 8.119 ἀνευρίσκων pour ἀνευρίσκειν et ensuite ἐλλαμπόμενος, παραπεμπόμενος,ἀναπαιδευόμενος, ἐμπνεόμενος, ἐπιπνεόμενος.120 Des exemples: Pédagogue II, 116, 1 ; Fragments 44, GCS 172, Clemens Alexandrinus 3,p. 223, 17.121 Stromates VIII, 12, 6. chez les apôtres, tandis que les hérésies sont plus jeunes et ne dérivent quedes prétendus élèves des apôtres, Basilide d’un interprète de saint Pierre,Valentin d’un élève de saint Paul. Marcion serait un contemporain des cestardifs, bien que plus âgé d’eux. On s’est avec raison opposé à la leçon μεθ’ὃν, car évidemment Simon, qui a écouté saint Pierre, doit être plus ancien,et on a par conséquent mis une croix avant μεθ’ ὃν, comme GCS, ou on avoulu retrancher toute la phrase citée plus haut. Pourquoi ne pas lire μεθ’ὧν ? Clément reconnaît qu’il y a parmi eux un ancien, mais il ajoute queSimon n’a connu saint Pierre que peu de temps. Il est donc de peu de valeurque Simon ait connu l’apôtre. VII, 110, 4 τούτων ἡμῖν προδιηνυσμένων καὶ τοῦ ἠθικοῦ τόπου ὡς ἐνκεφαλαίῳ ὑπογραφέντος, σποράδην, ὡς ὑπεσχήμεθα, καὶ διερριμένως τὰζώπυρα τῶν τῆς ἀληθοῦς γνώσεως ἐγκατασπείραντες δογμάτων ... μετίωμενἐπὶ τὴν ὑπόσχεσιν. Les variantes qui sont intéressantes pour nous sont122 :τῶν L* τῶι L1 (correction de la même main) om. Photios, Bibliotheca 111 ;ἐγκατασπείραντες GCS SCh ἐγκατασπειράντων L Photios ; δογμάτων Jo-seph B. Mayor123 et les éditeurs δόγματα L μαθήματα Photios.Je voudrais bien constituer le texte autrement : … διερριμένως τῶνζωπύρων τῶν τῆς ἀληθοῦς γνώσεως ἐγκατασπαρέντων, et expliquer les va-riantes comme suit : la première erreur du copiste est ἐγκατασπειράντων aulieu du correct ἐγκατασπαρέντων124, participe qui s’accorde avec προδιηνυσ -μένων et ὑπογραφέντος : ἐγκατασπειράντων est une forme active qui a be-soin d’un complément, ce qui provoque τὰ ζώπυρα … δόγματα (ou μαθήματα)au lieu de τῶν ζωπύρων… δογμάτων (ou μαθημάτων) : ce changement a faitdisparaître τῶν, maintenant inutile, chez Photios, tandis que le copiste l’achangé en τῶι, influencé par ἐγ de ἐγκατασπειράντων. Tout cela est trèsconjectural, mais un parallélisme entre les participes semble probable. VII, 111, 3 φιλοπόνους καὶ εὑρετικοὺς εἶναι τοὺς <ἀναγιγνώσκοντας> εἴτινες τύχοιεν παρασκευάζοντες (sc. οἱ Στρωματεῖς). ἀναγιγνώσκοντας estune conjecture dans GCS, acceptée par SCh. La proposition est tellement 80 122 τόπου pour τρόπου du manuscrit (τύπου Photios Bibliotheca 111) est une émendation,évidemment correcte (voir le Register, sous τόπος 3), ὑπογράφοντος de Photios est évi-demment une leçon fausse.123 Voir GCS 12, Clemens Alexandrinus 1, p. LXXXII avec n. 1.124 Pour la confusion entre les participes; cf. Origène, Contre Celse VI, 1, où le manuscrit leplus important A présente la mauvaise leçon ἀνατρεφόντων, tandis que la Philocaliedonne la bonne leçon ἀνατραφέντων. évidente qu’on a des doutes. Considérons un passage chez Justin Martyr,Apologia maior 5, 2 ὡς καταπλαγῆναι τοὺς οἳ λόγῳ τὰς γινομένας πράξειςοὐκ ἔκρινον, « de sorte que tous ceux qui ne jugent pas par la raison s’émer-veillèrent de ce qui se passait » ; là, on trouve l’article τοὺς avant la propo-sition relative. Il y a chez Justin d’autres exemples de cette construction125.Chez Clément, on trouve, d’après une expression bien connue d’Aristote,τῶν ὧν οὐκ ἄνευ, voir par exemple Stromates VIII, 25, 4 ὁ δὲ χρόνος τῶνὧν οὐκ ἄνευ λόγον ἐπέχει.Il est bien connu que εἴ τις et εἴ τι veulent dire à peu près la même choseque ὅστις et ὅτι ; cf. par exemple Matth. 18, 28 ἀπόδος εἴ τι ὀφείλεις ; 1 Tim.3, 1 εἴ τις ἐπισκοπῆς ὀρέγεται, καλοῦ ἔργου ἐπιθυμεῖ.126 Je me demande sil’on ne peut pas comprendre notre passage de la manière suivante : « rendreamis de l’effort et aptes à la découverte, ceux s’il y en a ». VIII, 2, 1 τοῖς οὕτως, οἶμαι, κρούουσιν ἀνοίγνυται τὸ ζητούμενον καὶ τοῖςοὕτως αἰτοῦσιν τὰς πεύσεις κατὰ τὰς γραφὰς ἐφ’ ὃ βαίνουσιν ἐκ τοῦ θεοῦγίνεται, ἡ δόσις τῆς θεοδωρήτου γνώσεως καταληπτικῶς διὰ τῆς λογικῆςὄντως ἐκλαμπούσης ζητήσεως. Dans le codex Athous127 il y a les variantesτὰς πεύσεις καὶ τὰς ἀποκρίσεις au lieu de τὰς πεύσεις, et l’omission deγίνεται ἡ δόσις.Le passage renvoie à la citation précédente de Matth. 7, 7 et Luc 11, 9.Là, on trouve les paires αἰτεῖν/δοθήσεσθαι, ζητεῖν/εὑρήσειν, κρούειν/ἀνοι-γήσεσθαι. Dans notre passage, on trouve ἀνοίγεται τὸ ζητούμενον, uneconcentration de deux de ces paires. αἰτοῦσιν τὰς πεύσεις ou αἰτοῦσιν τὰςπεύσεις καὶ τὰς ἀποκρίσεις ne s’accorde pas bien avec la citation, et laconstruction approche de l’impossible. Je crois que τὰς πεύσεις ou τὰςπεύσεις καὶ τὰς ἀποκρίσεις étaient originalement une addition dans la marge,insérée dans le texte et mise à l’accusatif après αἰτοῦσιν. On peut accepterγίνεται ἡ δόσις, sans virgule après γίνεται, mais alors, il faut sous-entendreτούτου comme l’antécédent de ἐφ’ ὃ et dépendant de ἡ δόσις. C’est possible,mais mieux vaut rejeter ces mots et rattacher τὸ ζητούμενον καὶ … ἐφ’ ὃβαίνουσιν à ἀνοίγεται. Suit une génitif absolu, ἐκ τοῦ θεοῦ etc. ἐκ τοῦ θεοῦ 81 125 Voir Justin Martyr, Apologia maior 5, 2, éd. Marcovich, avec note.126 εἴ τι se trouve dans des phrases comme Stromates II, 143, 3 πᾶν οὖν εἴ τι ῥυπαρὸν καὶμεμολυσμένον ἐπιτήδευμα ἀφαγνιστέον τοῦ γαμοῦ. Cf. Théodore de Mopsueste, Le com-mentaire sur les Psaumes, p. 197, 31 ἵνα εἴπῃ ὅτι πᾶν εἴ τι ἄτοπον διεπράξατο, et 208, 3χρηστότητα γὰρ εἶπεν ἀντὶ τοῦ πᾶν εἴ τι χρηστὸν καὶ ἀγαθόν, expliquant le motχρηστότητα du Ps. 36, 3.127 Codex Lawra B 113. Voir GCS 52 (15), Clemens Alexandrinus 2, p. VIII. Ce codexcontient une catène et présente quelques leçons intéressantes. 82 peut aller avec γίνεται ἡ δόσις, car ἐκ dénotant l’agent actif est loin d’êtreunique, mais les mots s’accordent aussi, peut-être mieux, avec ἐκλαμπούσης.Je propose donc de lire : τοῖς οὕτως, οἶμαι, κρούουσιν ἀνοίγεται τὸζητούμενον καὶ τοῖς οὕτως αἰτοῦσιν κατὰ τὰς γραφὰς ἐφ’ ὃ βαίνουσιν (sc.ἀνοίγεται), ἐκ τοῦ θεοῦ τῆς θεοδωρήτου γνώσεως καταληπτικῶς διὰ τῆςλογικῆς ὄντως ἐκλαμπούσης ζητήσεως. Il faut pourtant concéder que toutcela est très hypothétique et que les citations d’une chaîne comme celle ducodex Athous peuvent être abrégées. VIII, 6, 2 ὥστ’ εἶναι σύνθετόν τινα τῆς ἀποδείξεως τὴν ὄνησιν ἔκ τε τοῦ τὰλαμβανόμενα πρὸς τὰ ζητούμενα ἀληθῆ λαμβάνειν κἀκ τοῦ τὸ συμπέρασμααὐτοῖς ἀκόλουθον ἐπιφέρεσθαι. Comme il s’agit dans ce contexte de défini-tions, on se demande si ὄνησιν peut être correct. Il y a les propositionsνόησιν, γένεσιν, γέννησιν. νόησιν n’est guère correct, car le mot a une autrefonction dans ce contexte. Ce mot dénote avec αἴσθησις ce dont dériveἀπόδειξις, et ces deux notions apparaissent ensemble, voir 7, 3 suiv. ; 8, 1.γένεσιν et γέννησιν sont plus probables, voir 7, 4 τὰ δὲ ἐξ αὐτῶν (sc. τῶνπρὸς αἴσθησίν τε καὶ νόησιν ἐναργῶς φαινομένων, voir 7, 3) γεννώμενασύνθετα μέν etc., mais sont orthographiquement difficiles. Peut-être οὐσίαν ;cf. 7, 6 et VII, 98, 3, où Clément parle de οὐσία ἀποδείξεως : cette οὐσίαveut dire partir de ce qui est certain pour arriver à une confiance (πίστις) ence qui n’était pas encore certain. VIII, 7, 5 ἀκολούθου καὶ μαχομένου οὖν * ἐστιν ἥνπερ ἰδίαν λόγου δύναμινπεφυκυῖαν ἅπαντες ἔχομεν φύσει. L’éditeur du GCS met un astérisque ; ona proposé <διακριτική> ἐστιν ou <διαιρετική> ἐστιν. Une autre propositionest celle de Havrda128, de lire διαγνωστική, appuyée sur des passages de Ga-lien qui montrent que ἀκόλουθον καὶ μαχόμενον vont de pair, comme dansnotre passage et VII, 91, 8. Mais je me demande si nous n’avons pas là unexemple assez hardi de prolepse, à analyser comme ἀκολούθου καὶμαχομένου οὖν ἐστιν αὕτη ἡ ἰδία λόγου δύναμις ἥνπερ πεφυκυῖαν ἅπαντεςἔχομεν φύσει, « il s’agit de cette faculté qui est la propre du λόγος, celle ducontradictoire et du conséquent, que nous avons tous innée par la nature ». VIII, 8, 5 τῶν δὲ λημμάτων μὴ οἰκείων τῷ προβλήματι λαμβανομένων οὐκἐνδέχεται καλῶς * * οὐδὲν αὐτῷ ἐξευρεῖν ἀγνοουμένης ὅλου τοῦ προβλή-ματος ... τῆς φύσεως. Je ne vois pas bien pourquoi mettre des astérisques.La raison en est probablement qu’on veut avoir une indication du chercheur, 128 P. 762 τὸν ἀποδεικτικόν, ce qui n’est pas nécessaire ; on comprend sans rien d’autreque αὐτῷ est ce chercheur. VIII, 9, 1 πᾶσα γὰρ ζήτησις ἐκ προϋπαρχούσης εὑρίσκεται γνώσεως· εἶναιδὲ <δυνατὸν> τὴν γνῶσιν τὴν προϋπάρξασαν τοῦ ζητουμένου παντὸς ποτὲμὲν τῆς οὐσίας ψιλῶς ἀγνοουμένων [δὲ] τῶν ἔργων αὐτῆς, οἷον λίθων,φυτῶν, ζῴων, ὧν τὰς ἐνεργείας ἀγνοοῦμεν, ἢ παθῶν ἢ δυνάμεων ἢ ἁπλῶςεἰπεῖν [ἓν] τῶν ὑπαρχόντων τοῖς οὖσιν. L’addition δυνατὸν n’est pas néces-saire. Nous retrouvons là un exemple de ce que nous avons vu plusieursfois129, un résumé des idées à l’infinitif. Il faut laisser δὲ avant τῶν ἔργων etmettre une virgule après ψιλῶς, parce qu’il y a là un contraste entre l’essence(οὐσία) et les activités (ἔργα, plus bas aussi ἐνέργειαι). Je ne sais pas si ἓνest impossible après ἢ ἁπλῶς εἰπεῖν : « ou dire simplement un de ces phé-nomènes ». On peut aussi penser à ἑνὸς, en accord avec les autres génitifs.ἔργον ou ἐνέργεια des pierres (λίθων) peuvent étonner, mais les pierressont là comme le niveau le plus bas de l’échelle bien connue de la vie, inexis-tante dans la pierre, végétale dans les plantes, végétale et sensible chez lesanimaux, végétale et sensible et rationelle chez l’homme. VIII, 9, 2 γινώσκεσθαι μέν τι τούτων τῶν δυνάμεων ἢ παθῶν ἤ τινα τούτων,ὡς τῆς ψυχῆς τὰς ἐπιθυμίας καὶ τὰ πάθη. L’édition porte ce texte, maisἐπιθυμίας est une conjecture pour ἐνεργείας. Il faut bien sûr suivre le ma-nuscrit. ἐνέργειαι et πάθη sont parmi les phénomènes qui n’influencent pasl’essence, voir plus haut la remarque sur VIII, 9, 1 et encore 9, 9 ὥστεἐνεργειῶν ἐστι καὶ παθῶν ἡ ζήτησις. VIII, 9, 7 πολλάκις γοῦν ἐξαπατᾷ τὸ τῆς λέξεως σχῆμα καὶ συγχεῖ καὶ τα-ράττει τὴν διάνοιαν, ὥστε μὴ ῥᾳδίως εὑρίσκειν ἐκ ποίας ἐστὶ διαφορᾶς, οἷονεἰ [μὴ] ζῷον τὸ κυούμενον. À mon avis, nous pouvons très bien retenir μὴ,en le regardant comme un exemple de μὴ dans le sens de « peut-être », mêmesi l’expression courante est μή τι. Cf. VIII, 3, 4 ζητητέον τούτου τὴν φύσινἀκριβῶς, ὁποία τίς ἐστιν καὶ μή ποτε ὑπερβαίνει τὴν δοθεῖσαν τάξιν. VIII, 11, 2 εἰ μὲν οὖν ἀντερωτηθεὶς ὁ ζητήσας, εἰ ζῷον τὸ κατὰ γαστρός,εἴποι καλεῖν ζῷον [ἐπὶ] τὸ τρεφόμενον καὶ αὖξον, ἔχει τὴν ἀπόκρισιν. Aulieu de εἴποι καλεῖν ζῷον [ἐπὶ], le manuscrit porte ἔτι καλεῖ τὸ ζῷον ἐπὶ. Laleçon de l’édition est une émendation faite depuis 10, 2 εἰ γὰρ ζῷον εἴποικαλεῖν ὅτιπερ ἂν αὐξάνῃ καὶ τρέφηται. Mieux vaut peut-être εἰ μὲν οὖν 83 129 Voir la remarque sur III, 91, 1 avec les passages présentés. 84 ἀντερωτηθεὶς ὁ ζητήσας εἰ ζῷον τὸ κατὰ γαστρός ἔτι καλεῖ, ζῷον εἴποι τὸτρεφόμενον καὶ αὖξον, ἔχει τὴν ἀπόκρισιν. Il faudrait donc lire εἴποι au lieude ἐπὶ, comme on lit εἴποι en 10, 2. VIII, 12, 2 πάλιν ἐρωτητέον ὅ τι ποτὲ αὐτῷ σημαίνει τὸ κυούμενον ἢ τὸκατὰ γαστρός, εἰ130 τὰ <μὴ> διαπεπλασμένα ἤδη [καὶ τὰ ζῷα] καὶ τὸ σπέρμααὐτὸ <τὸ> καταβεβλημένον τὸ κατὰ γαστρὸς αὐτῷ σημαίνειν βούλεται ἢμόνα τὰ διηρθρωμένα τε καὶ ἤδη διαπεπλασμένα, τὰ ἔμβρυα καλούμενα.Bien sûr, τὸ κατὰ γαστρὸς αὐτῷ σημαίνειν βούλεται a pour complément τὰδιαπεπλασμένα … καταβεβλημένον, mais aussi ἢ μόνα τὰ διηρθρωμένα …καλούμενα. La question est de savoir si l’expression τὸ κατὰ γαστρός veutdire tant l’être developpé (τὰ διαπεπλασμένα ἤδη etc.) que d’autres phasesdu développement, ou seulement l’être developpé (μόνα τὰ διηρθρωμέναetc.). Il fait donc omettre μὴ. Clément parle de trois phases : τὸ σπέρμα, τὰδιαπεπλασμένα ἤδη, τὰ ζῷα (pour ζῷον, voir la remarque sur VIII, 13, 5). VIII, 13, 2 ἐναργῶς γὰρ ἐδείκνυτο τοῦ πράγματος αὐτοῦ τοῦ ζητουμένου,λέγω δὲ τοῦ ἐμβρύου τῆς φύσεως ὁποία τίς ἐστιν, ἕτερον ὑπάρχον πρόβληματὸ περὶ τῶν σημαινομένων ἐκ τοῦ « ζῶον » ὀνόματος. τοῦ ἐμβρύου est uneconjecture, le manuscrit porte τῷ ἐμβρύωι. Il faut laisser le datif, qui est uneprolepse à comprendre avec ὁποία τίς ἐστιν. Je me demande s’il ne faut paslire τοῦ (au lieu de τὸ) περὶ τῶν σημαινομένων : le problème concernant lachose réelle (τοῦ πράγματος) en est un autre que celui des sens du mot. Ainsi,Clément souligne la réalité et réduit la valeur des mots, comme il le fait dansce contexte. Le mot κυούμενον peut vouloir dire n’importe quoi, voir 12, 7et 13, 1. Pour la prolepse, voir aussi la remarque sur Pédagogue III, 4, 2. VIII, 13, 5. Clément discute longuement si le fœtus (τὸ κυούμενον) est unêtre vivant (ζῷον) ou non. Il arrive à une conclusion, 13, 3-4, avec une dé-finition : un être vivant doit percevoir par les sens ce qui se passe (αἰσθάνε-σθαι) et bouger à son gré (καθ’ ὅρμὴν κινεῖσθαι) ; cependant, cela ne suffitpas, car l’être en question peut par exemple dormir, et alors il n’exerce pasces activités pour le moment ; il faut pouvoir s’en servir. Il poursuit, 13, 5 :τοιοῦτον γάρ τι σημαίνεται ἐκ τούτων, πρῶτον μέν, εἰ τὸ κυούμενον ἤδηαἰσθάνεσθαι ἢ καθ’ ὁρμὴν κινεῖσθαι δύναται, ὅπερ πρόκειται σκοπεῖσθαι,ἕτερον δέ, εἰ τὸ κυούμενον αἰσθέσθαι ποτὲ ἢ κινηθῆναι δυνήσεται καθ’ὁρμήν. Il y a là des changements importants contre le manuscrit ; le manu -scrit donne μὴ, changé dans l’édition en ἤδη, dans le manuscrit le premier 130 Le manuscrit donne ἢ τὰ διαπεπλασμένα, mais la conjecture εἰ me paraît évidente. καθ’ ὁρμὴν est placé après τὸ κυούμενον, mais il faut aussi considérerκινηθῆναι δυνήσεται au lieu de κινηθήσεσθαι δύναται du manuscrit, leçonqui semble impossible. Peut-être κινηθῆναι δύναται. δυνήσεται ne semblepas absolument nécessaire, car il y a ποτὲ, indiquant l’avenir.Il faut laisser καθ’ ὁρμὴν où il est dans le manuscrit. ὁρμή ne veut pasdire que quelque chose bouge extérieurement (καθ’ ὁρμὴν κινεῖσθαι, commele veut l’édition), il doit s’agir d’un mouvement mental, « élan ». Voir parexemple Stromates II, 59, 6 ὁρμὴ μὲν οὖν φορὰ διανοίας ἐπί τι ἢ ἀπό του.La conjecture ἤδη n’est pas correcte. Le contexte est qu’on arrive à unetelle définition (d’un être vivant) comme suit (τοιοῦτον γάρ τι σημαίνεταιἐκ τούτων) : il faut premièrement considérer si l’embryon ne sait pas perce-voir ou bouger, ensuite si (en revanche) il est à même de le faire dans l’avenir(ποτὲ). Pour parler selon Clément, voir 13, 4 : un dormant ne peut pas voir,mais il le pourra ποτέ.Clément poursuit la discussion en se concentrant (13, 7-8) sur ce qui ala marque distinctive d’un être vivant, c’est-à-dire αἴσθησις et κίνησις, maisqui n’en use pas ; il y en a deux types, ce qui a ces facultés δυνάμει etpourra un jour le faire, et ce qui les a κατ’ ἐνέργειαν sans les utiliser pourle moment. Comme dans notre passage plus haut, ce qui l’intéresse est donccomment juger ce qui ne bouge pas et ne s’aperçoit pas. C’est aussi le pro-blème, car si un être bouge et s’aperçoit de son gré, il est sans doute unêtre vivant. Mais Clément ne dit pas expressément que τὸ κυούμενον estun être vivant qui a ses facultés δυνάμει et qui pourra un jour les employer.Son vrai intérêt n’est pas le problème mais comment on discute et raisonnecorrectement. VIII, 15, 9 περὶ γὰρ αὐτοῦ τούτου δῆλός ἐστιν οὐκ ἐπέχων, ναὶ μὴν καὶἀποφαίνεται ὅτι ἐπέχει, <δι’> ὃ καὶ εἰ δεῖ πειθόμενον αὐτοῖς περὶ πάντωνἐπέχειν, περὶ αὐτὴς πρότερον τῆς ἐποχῆς ἐφέξομεν, εἴτε πειστέον αὐτῇ εἴτεκαὶ μὴ. Il s’agit de la ἐποχή (l’abstinence de jugement) des sceptiques.Avant, 15, 7, quelqu’un dit qu’il est un homme et qu’il pratique l’absti-nence de jugement. Clément dit qu’il est immédiatement clair qu’il ne pra-tique pas l’abstinence, δῆλός ἐστιν μὴ ἐπέχων (car il présente une opinion).Dans la citation, ne faut-il pas lire ὅτι <οὐκ> ἐπέχει  ? Dans ἀποφαίνεται ily a un renforcement de δῆλός ἐστιν : maintenant c’est la preuve qu’il nes’abstient pas, parce que etc. La conjecture <δι’> pourrait être correcte, maison peut aussi penser à ὅτι ; le καὶ est un « καί général », en rapport avectoute la proposition : « parce que c’est aussi le cas que s’il faut » etc.131 85 131 Voir pour καί aussi les remarques sur I, 148, 1 ; III, 43, 2 ; V, 115, 4. 86 VIII, 17, 1 τὰ συνώνυμα εὐκρινῶς τακτέον κατὰ τὰς σημασίας. On a conjec-turé τὰς ; le manuscrit porte τῆς, qui est correct. Cf. VIII, 12, 4 ἐπεὶ σὺ μὴβούλει λέγειν καθ’ ὅτου σημαινομένου λέγεις ὃ προὔβαλες, aussi PédagogueI, 73, 3 κατὰ τῆς αὐτῆς δυνάμεως ἄμφω τάσσων τὰ ὀνόματα. VIII, 19, 2 οὔτ’ αὐτῶν τῶν πραγμάτων οὔτε τῶν ἰδεῶν οἱ ὅροι, ἀλλὰ γὰρ ὧνπραγμάτων [ὧν] ἔχομεν καθολικὰς διανοίας, τούτων τῶν διανοιῶν τοὺςἑρμηνευτικοὺς λόγους <ὅρους> εἶναί φαμεν. Je me demande pourquoi on achangé τῶν πραγμάτων ὧν ἔχομεν καθολικὰς διανοίας du manuscrit au profitdu texte présenté ci-dessus. De même, l’addition de ὅρους n’est pas motivée,car on peut bien sous-entendre ce mot depuis le précédent. VIII, 26, 2132 τὸ τινῶν ἐστιν αἴτιον λέγεται τριχῶς, τὸ μὲν ὅ ἐστιν αἴτιον, οἷονὁ ἀνδριαντοποιός, τὸ δὲ οὗ ἐστιν αἴτιον, <οἷον> τοῦ γίνεσθαι τὸν ἀνδριάντα,τὸ δὲ ᾧ ἐστιν αἴτιον, ὥσπερ τῇ ὕλῃ. Il y a beaucoup de propositions dans cetexte établi dans GCS : le manuscrit donne τίνων ; <οἷον> est une addition ;τὸ3 et τὸ4 sont des conjectures, d’autres conjectures sont ὃ bis pour ὁ bis dumanuscrit ; τῇ ὕλῃ est proposé au lieu de ἡ ὕλη du manuscrit.Je pense qu’il faut retenir τίνων, car il y a là une question, comme dansStromates II, 137, 3 οὔτε γὰρ παντὶ γαμητέον οὔτε πάντοτε, ἀλλὰ καὶ χρόνοςἐστιν ἐν ᾧ καθήκει, καὶ πρόσωπον ᾧ προσήκει, καὶ ἡλικία μέχρι τίνος.Les trois causes sont 1) la cause qui est l’agent actif (τὸ ὅ ἐστιν αἴτιον)comme le sculpteur, mais voir plus bas, 2) la cause de l’existence (τὸ οὗἐστιν αἴτιον), par exemple le fait qu’on crée et produit quelque chose quin’existait pas avant, en fin 3) la cause à l’aide de laquelle (τὸ ᾧ ἐστιν αἴτιον)quelque chose existe.Le texte de la première cause, τὸ ὅ ἐστιν αἴτιον, est-il vraiment correct ?Voir Aristoteles, Physica II, III, 194 b ἔτι ὅθεν ἡ ἀρχὴ τῆς μεταβολῆς ἡπρώτη ἢ τῆς ἡμερώσεως, οἷον ὁ βουλεύσας αἴτιος, καὶ ὁ πατὴρ τοῦ τέκνουκαὶ ὅλως τὸ ποιοῦν τοῦ ποιουμένου καὶ τὸ μεταβάλλον τοῦ μεταβάλλοντος.Je propose qu’on lise τὸ ὅ ἐστιν αἴτιον < ποιοῦν >.Je voudrais écrire τὸ δὲ οὗ ἐστιν αἴτιον τὸ γίνεσθαι τὸν ἀνδριάντα. τὸγίνεσθαι est une cause de l’existence de la statue. Voir peu après, 26, 3 τὸγίνεσθαι οὖν καὶ τὸ τέμνεσθαι τὰ οὗ ἐστιν αἴτιον : le manuscrit porte αἴτια,αἴτιον est une proposition acceptée par GCS. Pour ma part, je pense qu’ilfaut lire αἴτια et interpréter comme : τὸ γίνεσθαι et τὸ τέμνεσθαι sont lescauses de l’existence. 132 Wedel, p. 29 suiv., a analysé la description des causes chez Clément et rassemblé lesidées des prédécesseurs, mais sans traiter le passage d’Aristote cité ci-dessous. Ce passageest à mon avis le seul à porter directement sur Clément. Il faut suivre le manuscrit et lire τὸ δὲ ᾧ ἐστιν αἴτιον, ὥσπερ ἡ ὕλη : (il ya) la cause à l’aide de laquelle, comme la matière, ἡ ὕλη, (est la cause).Il faut accepter les leçons ὃ bis, plus près du manuscrit ; Clément veut va-rier le τὸ μὲν par ὃ δὲ démonstratif.οἷον n’est pas nécessaire, si l’on accepte l’interprétation présentée ci-des-sus. VIII, 27, 1 καὶ τὸν οἰκοδόμον οἰκοδομεῖν λέγομεν κατὰ τὴν ἐπὶ τὸ γενησό-μενον ἀναφοράν. οὕτως φαμὲν χλαμύδα ὑφαίνεσθαι * *· τὸ γὰρ ποιοῦνἐνεργείας δηλωτικὸν ὑπάρχει. On a voulu combler la lacune supposée pardes additions assez prolixes, mais il n’est guère nécessaire d’indiquer unelacune. Clément a probablement pris deux exemples à quelque doxographie,mais il ne les a pas élaborés. Stromates VIII est plutôt une esquisse. VIII, 30, 5 – 31, 1 ὁ ἀδικήσας ἄλλῳ μὲν αἴτιος καθίσταται τοῦ ἀδικηθέντος,ὁ δὲ ἀντιτιμωρεῖσθαι κελεύων νόμος οὐκ ἀδικήματος, ἀλλὰ τῷ μὲν ἐκδικίας,τῷ δὲ παιδείας. ὥστε οὐκ ἀλλήλων τὰ αἴτια ὡς αἴτια, ἀ<λλήλοις> δέ ἐστιναἴτια. (31, 1) ἔτι ζητεῖται εἰ πολλὰ κατὰ σύνοδον ἑνὸς αἴτια γίνεται <αἴτια>πολλά. οἱ γὰρ ἄνθρωποι <οἱ> συνελθόντες αἴτιοί εἰσι τοῦ καθέλκεσθαι τὴνναῦν· <ἀλλ’ οὐχ ἕκαστος κατ’ ἰδίαν αἴτιος.>, ἀλλὰ σὺν τοῖς ἄλλοις, εἰ μή τικαὶ τὸ συναίτιον αἴτιον. Le manuscrit présente un texte qui a été beaucoupchangé dans l’édition. Le manuscrit donne ἄλλου, la conjecture ἄλλῳ estcertes superflue ; pour ἀ<λλήλοις>, le manuscrit ne donne que ἃ ; le manus-crit ne porte ni αἴτια ni οἱ ; toute la phrase ἀλλ’ οὐχ ἕκαστος κατ’ ἰδίαν αἴτιοςest une addition sans appui direct dans le manuscrit, prise à Stromates I, 97,1, où il y a un texte dont le sens est le même et la manière de s’exprimercomparable.Le contexte est qu’ un homme peut porter un coup mortel à quelqu’un,mais recevoir lui-même un coup mortel de la part de cet adversaire. Alors,les raisons de ces deux coups ne sont pas les mêmes. Peut-être ὥστε οὐκἀλλήλων τὰ <αὐτὰ> αἴτια ὡς αἴτια, ou ὥστε οὐκ ἀλλήλων ταὐτὰ ὡς αἴτιαou quelque chose de pareil  ; ensuite, il faut finir la proposition et en entamerune autre.Je pense qu’on peut lire avec le manuscrit ἔτι ζητεῖται εἰ πολλὰ κατὰσύνοδον ἑνὸς αἴτια γίνεται πολλά. La phrase est expliquée immédiatement :beaucoup d’hommes sont considérés comme les raisons nombreuses d’uneseule chose.L’ajout ἀλλ’ οὐχ ἕκαστος κατ’ ἰδίαν αἴτιος n’est pas nécessaire, ce que montrele texte comparable de Stromates I, 97, 1 οὐκ ἔστι γὰρ αἴτιος ἕκαστος τοῦ κα-θέλκεσθαι τὴν ναῦν, ἀλλὰ σὺν τοῖς ἄλλοις. ἀλλὰ σὺν τοῖς ἄλλοις dans notrepassage indique suffisamment que les individus nombreux forment une unité. 87 88 VIII, 32, 6. Pour λέγεσθαι/λέγεται, voir la remarque sur III, 91, 1. VIII, 33, 8 νοεῖται γὰρ σὺν ἑτέρῳ τὸ συναίτιον οὐδ’ αὐτῷ δυναμένῳ κατ’ἰδίαν ποιῆσαι τὸ ἀποτέλεσμα. On doit comparer la phrase avec Stromates I,99, 2 où il s’agit de συνεργόν et συναίτιον. Là, Clément décrit ces phéno-mènes en les traitant ensemble : ὃ δὲ μεθ’ ἑτέρου ποιεῖ, ἀτελὲς ὂν καθ’ αὑτὸἐνεργεῖν, συνεργόν φαμεν καὶ συναίτιον ἀπὸ τοῦ σὺν αἰτίῳ αἴτιον ὑπάρχειν<ἢ> ἀπὸ τοῦ ἑτέρῳ συνελθὸν αἴτιον γίγνεσθαι ὠνομασμένον, καθ’ ἑαυτὸ δὲμὴ δύνασθαι τὸ ἀποτέλεσμα τὸ κατ’ ἀλήθειαν παρέχειν. Je crois qu’il fautlire notre passage comme τὸ συναίτιον οὐδ’ αὑτῷ δυνάμενον κατ’ ἰδίανποιῆσαι τὸ ἀποτέλεσμα. Le pronom proposé αὑτῷ (pour αὐτῷ) corresponddonc à καθ’ αὑτὸ. Le participe δυνάμενον doit se référer à τὸ συναίτιον quiest le terme défini. Le datif αὑτῷ est d’un type bien connu133 dont on trouveun exemple particulièrement instructif en Jean 19, 17 : βαστάζων ἑαυτῷ τὸνσταυρόν. Excerpta ex TheodotoComme pour les Stromates, le texte des éditions est fondé sur le Laurentia-nus V 3 (L), seul manuscrit.Dans ces extraits, Clément cite et commente des textes de gnostiques. Ilsaute d’un thème à un autre, et il est parfois difficile de voir s’il cite, s’ilcommente, ou s’il présente ses propres idées. Donc, le texte ne procède pastoujours de la manière la plus facile, et on doit accepter qu’il y a un manquede cohérence. Cela ne veut pas dire que tout soit permis quand on veut établirun texte, car il faut supposer que Clément savait ce qu’il disait, mais on peutsupposer qu’une certaine liberté est à sa place.Le texte est édité dans GCS 172, Clemens Alexandrinus 3, dans SCh, no23, et par Casey, voir Littérature. J’ai essayé d’indiquer les leçons intéres-santes de ces trois éditions. Qu’on observe que Casey donne le texte du ma-nuscrit, en indiquant quelles émendations on doit accepter et lesquelles ondoit rejeter. 2, 2 ὕπνος δὲ ἦν Ἀδὰμ ἡ λήθη τῆς ψυχῆς, ἣ συνεῖχε μὴ διαλυθῆναι τὸ σπέρματὸ πνευματικόν, ὅπερ ἐνέθηκεν τῇ ψυχῇ ὁ Σωτήρ. Tel est le texte de GCS.Le manuscrit, Casey et SCh donnent ἣν au lieu de ἣ, le manuscrit et Caseyὥσπερ pour τὸ σπέρμα. Casey pense qu’il y a une lacune après διαλυθῆναι. 133 Voir Rydbeck, p. 51 suiv. Clément présente les idées des Valentiniens : Verbum, Λόγος, introduitdans Adam un germe mâle, σπέρμα ἀρρενικόν qui réunit l’âme et le corps.Ensuite, on lit ὕπνος etc., voir plus haut. Il faut retenir ἣν du manuscrit ; cequi fait que l’âme tient ensemble, συνεῖχε, c’est σπέρμα ἀρρενικόν. Encorefaut-il retenir ὥσπερ, même s’il est séduisant d’entrevoir σπέρμα dans ὥσπερ.Clément dit que σπέρμα ἀρρενικόν, terme gnostique, unit comme le spirituel,τὸ πνευματικόν, terme orthodoxe et pour Clément le terme normal. 19, 3 δύναται δὲ τὸ « κατὰ θεὸν κτισθέντα » (Eph. 4, 24.) τὸ εἰς ὃ μέλλειτέλος προκοπῆς φθάνειν ὁ ἄνθρωπος μηνύειν ἐπ’ ἴσης τῷ « ἀπόλαβε τὸ εἰςὃ ἐκτίσθης τέλος ». Tel est le texte de GCS et de SCh. ἀπόλαβε134 τὸ εἰς ὃἐκτίσθης est conjecturé, le manuscrit porte ἀπεβάλετό (sic) εἰς ὃ ἐκτίσθη.Casey suppose une lacune après τῷ.En citant saint Paul qui dit qu’il faut revêtir l’Homme Nouveau, Clémentexplique ce que cela veut dire. Il a déjà constaté, 19, 1, qu’il y a deux exis-tences du Verbe, l’une est dans l’identité, ἐν ταὐτότητι, à savoir avec le Père,l’autre est celle du Verbe qui agit sur terre en tant que Sauveur. Ce dernierest le κατὰ θεὸν κτισθείς, et l’homme peut arriver à son niveau. La phraseκατὰ θεὸν κτισθέντα signifie celui qui est créé par Dieu selon Dieu, selonce Verbe qui est en Dieu135, c’est-à-dire : qui n’a pas l’identité de Dieu. Clé-ment exprime cette idée par ἀπεβάλετο τὸ εἰς ὃ ἐκτίσθη, « il refusa ce pourquoi il était créé », il refusa de rester en identité totale avec Dieu. Il fautdonc retenir les leçons du manuscrit.Dans ce qui suit, Clément montre que le Verbe est πρωτότοκος πάσηςκτίσεως, mais qu’il est aussi une image, εἰκὼν τοῦ θεοῦ τοῦ ἀοράτου, etqu’il a pris la forme d’un esclave. Il y a un rapport entre ἀπεβάλετο τὸ εἰς ὃἐκτίσθη et Phil. 2, 6 οὐχ ἁρπαγμὸν ἡγήσατο τὸ εἶναι ἴσα θεῷ. 19, 4 « ἀοράτου » μὲν γὰρ « θεοῦ εἰκόνα » τὸν <υἱὸν> λέγει τοῦ λόγου τοῦἐν ταὐτότητι, « πρωτότοκον δὲ πάσης κτίσεως » (Col. 1, 15). Pour τὸν<υἱὸν> λέγει, le manuscrit présente τὸν λόγον. On a fait d’autres conjectures.Je pense que le texte du manuscrit est bon mais pas facile. Il faut lire avecle manuscrit : « ἀοράτου » μὲν γὰρ « θεοῦ εἰκόνα » τὸν λόγον, τοῦ λόγουτοῦ ἐν ταὐτότητι, « πρωτότοκον δὲ πάσης κτίσεως ». Clément résume lesidées de saint Paul, observez λέγει et ἐπιφέρει peu avant : « (il dit) que leVerbe est l’image du Dieu invisible, de ce Verbe qui a l’identité (avec Dieu) ».Seulement, il faut mettre une virgule après τὸν λόγον. Il y a un Verbe iden-tique à Dieu et un Verbe, image de ce Verbe et paru sur terre. Cf. 19, 1 « καὶ 89 134 Une confusion entre λαβεῖν et βαλεῖν n’est pas rare.135 19, 3 τὸν ὑπὸ τοῦ θεοῦ κατὰ θεὸν, τὸν ἐν θεῷ λόγον, κτισθέντα. ὁ λόγος σάρξ ἐγένετο », οὐ κατὰ τὴν παρουσίαν μόνον ἄνθρωπος γενόμενος,ἀλλὰ καὶ ἐν ἀρχῆ ὁ ἐν ταὐτότητι λόγος, κατὰ περιγραφὴν καὶ οὐ κατ’ οὐσίανγενόμενος [ὁ]136 υἱός, « le Verbe est devenu chair, non seulement à sa pa-rousie, mais aussi au début, le Verbe qui a l’identité est devenu le Fils, d’unemanière limitée et non par essence ». Le Verbe comme Fils n’a donc pasgardé toute son essence.Comme théologicien, Clément a été laissé de côté après Nicée.137 Pourune critique très dure de sa théologie, voir l’extrait de Photios dans GCS172, Clemens Alexandrinus 3, p. 202. 27, 5 τὴν γοῦν ἀγγελικὴν διδασκαλίαν ὑπερβᾶσα καὶ τὸ ὄνομα τὸ διδασκό-μενον ἐγγράφως ἐπὶ τὴν γνῶσιν καὶ κατάληψιν τῶν πραγμάτων ἔρχεται (sc.ἡ ψυχή). Il faut ajouter ἔχουσα ; cf. 27, 1 αὐτὸς δὲ ἐν σιγῇ τὸ ἐν τῇ καρδίᾳἐγκεχαραγμένον ὄνομα ἔχων εἰσῄει (sc. l’archiprêtre, comparé avec l’âme). 30, 2 ναὶ μὴν καὶ τοῦ πάθους γενομένου τὸ ὅλον συνεπάθησεν καὶ αὐτοὺςεἰς διόρθωσιν τοῦ παθόντος. Tel est le texte du manuscrit. On ne voit pascomment justifier le pluriel αὐτοὺς. On a proposé αὐτὸ, qu’on veut évidem-ment rattacher à τὸ ὅλον. Je crois qu’il faut lire αὐτὸς, le Tout et le Père par-ticipent. La discussion la plus proche est si le Père participe à la Passion. Ils’agit de la σύμπαθεια, la participation à la souffrance d’autrui, définie peuavant comme πάθος τινὸς διὰ πάθους ἑτέρου. 36, 1 ἐν ἑνότητι μέντοι γε προεβλήθησαν οἱ ἄγγελοι ἡμῶν, φασίν, εἷς ὄντες,ὡς ἀπὸ ἑνὸς προελθόντες. Le manuscrit porte εἰσιόντες, les éditeurs ont ac-cepté la conjecture εἷς ὄντες. Nous avons le parallèle εἰσιόντες/προελθόντες :ils entreront (dans le Pleroma) comme ils en sont sortis. Les anges veulentrentrer, voir 35. 56, 1 εἰ δὲ καὶ ἐκ ψυχικοῦ ἔσπειρεν (sc. Adam, appelé πατὴρ ἡμῶν) καὶ ἐκπνευματικοῦ καθάπερ ἐξ ὑλικοῦ, πάντες ἂν ἴσοι καὶ δίκαιοι ἐγεγόνεισαν καὶἐν πᾶσιν ἂν ἡ διδαχὴ ἦν. Le passage étonne, parce que peu après, il est trèsclair que les ψυχικοί ne sont pas nécessairement justes. Ils ont le libre arbitre,τὸ αὐτεξούσιον, ils peuvent se décider pour le bien comme pour le mal et êtresauvés, entés sur l’olivier (Rom. 11, 24). Par contre, les ὑλικοί sont sans espoirde salut. Clément a aligné deux passages qui ne vont pas bien ensemble. Il se 90 136 Retrancher ὁ avec l’édition de GCS est tentant, mais pas nécessaire.137 Voir par exemple Theologische Realenzyklopädie, Bd VIII, p. 111. peut que Clément ait sauté une partie de sa source où l’on discute la possi-bilité que les ψυχικοί se décident pour le bien. 71, 2. Les astres et les puissances sont différents, ils sont bénéfiques, malé-fiques, dextres, senestres. Clément poursuit : ὧν κοινὸν τὸ τικτόμενον·ἕκαστον δὲ < δι’> αὐτῶν γίνεται κατὰ καιρὸν τὸν ἴδιον. Le manuscrit donneἑκάστου et ne porte pas < δι’>. Le texte cité est celui de GCS et de SCh ;Casey veut lire ἕκαστον mais pas δι’. Il faut garder la leçon du manuscrit etinterpréte : « ce qui naît y participe (au bénéfique, maléfique etc.) ; (le bé-néfique, le maléfique etc.) de chacun d’eux (des astres et puissances) se pré-sente à son propre temps ». 82, 1 καὶ ὁ ἄρτος καὶ τὸ ἔλαιον ἁγιάζεται τῇ δυνάμει τοῦ ὀνόματος θεοῦ, τὰαὐτὰ ὄντα κατὰ τὸ φαινόμενον οἷα ἐλήφθη. θεοῦ est une conjecture ; il fautbien sûr lire οὐ avec le manuscrit et avec Casey. Le pain et l’huile ne sontpas la même chose vus de dehors, mais ils ont le même pouvoir à cause dela sanctification. Le passage 86, 2 τὸ ὄνομα τοῦ θεοῦ, appelé pour renforcerla conjecture, ne dit rien, parce que le contexte est différent ; là, le nom deDieu est un parallèle de l’effigie de César. Cf. l’opinion de Clément sur lelait et la nourriture (Stromates I, 29, 2), essentiellement la même chose, demême sur le sang et le lait (ibid. 39, 3). Eclogai propheticaeC’est toujours le Laurentianus V 3 (L), qui est le fondement du texte. Je suisl’edition de GCS 172, Clemens Alexandrinus 3. 9, 2 καὶ ὁ κύριος δὲ καὶ οἱ ἀπόστολοι αὐτοῦ ἐν φόβῳ καὶ πόνοις ἀνεστρά-φησαν. ὅταν οὖν πιστοῦ σῶμα νοσῇ, ἢ δι’ ἁμάρτημά τι προημαρτημένονἐπιτιμῶντος τοῦ κυρίου, ἢ διὰ μέλλοντα προφυλαξαμένου, ἢ καὶ κατ’ ἐνέρ-γειαν * * προσβολὴν ἔξωθεν γινομένην οὐ κωλύσαντος διά τι χρήσιμον καὶαὐτῷ καὶ τοῖς πέλας παραδείγματος χάριν. Le manuscrit présente πιστοῦσώματος ᾖ pour πιστοῦ σῶμα νοσῇ de l’édition. Il y a aussi les propositionsθλῖψις (ou πάθος) τοῦ σώματος ᾖ. Une lacune est indiquée par l’éditeur.Le texte peut être gardé : quand il s’agit du corps d’un croyant, ou …, ou… Le texte est une explication concentrée de ce qui précède, sans verbe dansla phrase qui commence par ἢ δι’ ἁμάρτημά τι. La raison de ces peines peutêtre que le Seigneur punit un ancien méfait ou qu’il prémunit contre quelquechose dans l’avenir138. Clément parle des trois temps, du passé, de l’avenir, 91 du présent. Dans le présent, le danger est là κατ’ ἐνέργειαν, ce qui n’est pasle cas des dangers du passé ou de l’avenir. Il n’y a pas de lacune. 12, 1. Clément dit que nous avons déjà une certaine connaissance, γνῶσις,et nous espérons en avoir plus ; nous n’avons pas tout mais nous ne sommespas tout à fait démunis. Il poursuit : οἷον ἀρραβῶνα τῶν αἰωνίων ἀγαθῶνκαὶ τοῦ πατρῴου πλούτου προσειλήφαμεν. On a conjecturé προειλήφαμεν,qu’il faut mettre dans le texte. La confusion est totale entre προσ- et προ-comme préverbe. προσ- veut dire προσ- ou προ-, de même pour προ-.139 14, 2. Clément parle de l’interprétation allégorique du jeûne, et il poursuit :ἄλλως τε κενοῖ τῆς ὕλης τὴν ψυχὴν ἡ νηστεία. Je crois qu’il faut lire ἄλλωςτε καὶ, expression fréquente, avant κενοῖ. καὶ se perd facilement avant κε-. 22, 1-3 ἐπεὶ ἐξ ἑαυτῆς κινεῖται ἡ ψυχή, ἡ χάρις ἡ τοῦ θεοῦ, ὃ ἔχει ἡ ψυχή,τὴν προθυμίαν, ἀπαιτεῖ παρ’ αὐτῆς, οἷον ἔρανον εἰς σωτηρίαν· βούλεται γὰρτῆς ψυχῆς ἴδιον εἶναι τὸ ἀγαθόν, ὃ δίδωσιν αὐτῇ ὁ κύριος, οὐ γάρ ἐστινἀναίσθητος, ἵνα φέρηται ὡς σῶμα. τὸ μὲν οὖν ἔχειν τοῦ λαβόντος, τὸ λαβεῖνδὲ τοῦ θελήσαντος καὶ ὀρεχθέντος, τὸ κρατεῖν δὲ ὃ ἔλαβεν τοῦ κρατεῖνμελετήσαντος καὶ δυναμένου. διὰ τοῦτο [ἐπὶ] τῇ ψυχῇ ὁ θεὸς τὴν αἵρεσινδέδωκεν, ἵνα αὐτὸς μὲν μηνύσῃ τὸ δέον, ἣ δὲ ἑλομένη δέξηται καὶ κατάσχῃ.Ce passage a peu de variantes mais contient plusieurs difficultés. Le manu -scrit donne παρ’ ἑαυτῆς et ἔχει, dont ἔχειν est une émendation évidente, tan-dis que la conjecture παρ’ αὐτῆς reste incertaine.Stählin dans le Register, sous προθυμία, veut comprendre le texte commeἡ χάρις ἡ τοῦ θεοῦ τὴν προθυμίαν ἀπαιτεῖ παρὰ τῆς ψυχῆς οἷον ἔρανον εἰςσωτηρίαν. Il n’explique pas ὃ ἔχει ἡ ψυχή et comprend παρ’ αὐτῆς commeπαρὰ τῆς ψυχῆς. On peut comprendre que la grace de Dieu demande commeune contribution au salut une volonté, une propension (προθυμία) de l’âme.Mais il semble que ἐξ ἑαυτῆς κινεῖται et ἀπαιτεῖ παρ’ ἑαυτῆς forment un pa-rallèle. Je crois que le sujet de ἀπαιτεῖ est l’âme qui demande de sa proprevolonté (παρ’ ἑαυτῆς) un don, à savoir τὸ ἀγαθόν, ce que donne le Seigneur.ἡ χάρις ἡ τοῦ θεοῦ est peut-être une apposition qui explique le fait que l’âmea son propre mouvement : c’est une grace de Dieu. Ensuite, peut-être, ὅ<τι> 92 138 La proposition μέλλον τι pour μέλλοντα est tentant.139 Voir les remarques sur Pédagogue 1, 98, 2 ; Stromates I, 146, 1 et IV, 137, 2. Encore unexemple parmi les nombreuses: Eclogae propheticae 36, 2 οἱ νεοττοὶ προαποπειρῶνταιτοῦ πετάσαι, où le manuscrit donne προσ-. ἔχει ἡ ψυχή τὴν προθυμίαν, ἀπαιτεῖ παρ’ ἑαυτῆς, « parce que l’âme a la vo-lonté, elle demande de son chef » etc.Le sens de ἵνα φέρηται ὡς σῶμα ne m’est pas clair.L’édition veut rejeter ἐπὶ, mais je crois qu’il faut rattacher la phrase à uneexpression comme Quis dives salvetur 10, 1 ἐπὶ τῷ ἀνθρώπῷ γὰρ ἦν ἡ αἵρε-σις, ἐπὶ θεῷ δὲ ἡ δόσις ὡς κυρίῳ. ἐπί avec le datif dans le sens de « dans lepouvoir de quelqu’un » est bien connu. Dans ce qui suit, l’âme peut choisirce qu’il faut faire (τὸ δέον) : ἣ δὲ ἑλομένη δέξηται καὶ κατάσχῃ. Il faut peut-être ponctuer après ἐπὶ τῇ ψυχῇ : ensuite une asyndète140 où Clément ex-plique ce que cela veut dire.Tout ce passage est caractérisé par un style traînant, et l’interprétation enest difficile et peu sûre. 25, 3. ἐπεὶ δὲ τὰ μὲν ἐξ ἀγεννήτου καὶ ἀφθάρτου γέγονεν, τὰ σπερμαντικὰζωῆς, <συνάγεται ὡς> ὁ πυρὸς καὶ ἀποτίθεται, τὸ δὲ ὑλικόν etc. Ajouterσυνάγεται ὡς n’est pas nécessaire ; le mot suivant, ὁ πυρός, est une explica-tion de τά σπερματικὰ ζωῆς et doit être mis entre virgules. Cf. peu aprèsτοῦτο γοῦν χωριστικὸν μὲν δυνάμει, τό πνεῦμα. Il se peut aussi que ὁ πυρόςsoit une explication dans la marge, insérée faussement dans le texte. Ensuite,ἑτέρῳ γὰρ εἶχε τὸ εἶναι doit être mis entre tirets. Suit la proposition princi-pale, à savoir τοῦτο γοῦν χωριστικὸν etc. 26, 3. πέπαυσιν dans GCS est une coquille pour πέπανσιν. 46, 1 πνεύματα λέγεται τὰ πάθη τὰ ἐν τῇ ψυχῇ οὐκ ἐξ οὐσίας πνεύματα, ...ἀλλὰ κατὰ τὴν [προ]τροπήν. On a changé τὴν προτροπήν du manuscrit enτὴν [προ]τροπήν, τινα [προ]τροπήν, κατ’ ἀποτροπὴν. Je crois qu’il faut lireκατὰ τὴν προστροπήν, changement qui n’est guère un changement 141 C’esten s’adressant à eux que Jésus les appelle πνεύματα, par exemple Marc 5, 9. 48, 1-2 « … ἵνα γνώσεως μεταλαβόντα τῆς ἀμείνονος τύχῃ μονῆς, παθόνταἃ ἂν ἔπαθεν καὶ ἐν σώματι γενόμενα. » τὰ δ’ ἕτερα μόνης τῆς σωτηρίαςτεύξεται, ὡς ἠδικημένα ἐλεηθέντα, καὶ μενεῖ ἄνευ κολάσεως, τοῦτο γέραςλαβόντα. Clément cite l’Apocalypse de Pierre142, mais il est difficile de sa-voir où la citation finit143 et si Clément cite exactement ou remanie le texte. 93 140 Pour l’asyndète, cf. la remarque sur Stromates VII, 21, 3-4.141 Cf. p. 61/62 avec n. 98.142 Voir Littératur, Das Petrusevangelium.143 Voir l’édition de GCS 172, Clemens Alexandrinus 3, p. 150. 94 Je crois que nous pouvons négliger ce problème et regarder le texte commed’une seule traite.Pierre dit que les avortons auront un meilleur sort, car un ange gardien(ἅγγελος τημελοῦχος) veillera sur eux. Suit le texte comme plus haut. On sedemande comment ils peuvent avoir un meilleur sort, en éprouvant ce qu’ilsauraient éprouvé s’ils étaient entrés dans la vie, et aussi une meilleure de-meure ; en tel cas, le sort aurait été incertain, comme il est pour chaquehomme. Je crois qu’il faut ajouter ἢ avant παθόντα. Le καὶ avant ἐν σώματιest un exemple de « καί comparationis », souvent mis avant le second mem-bre d’une comparaison, construction qui pour nous est peu logique. Ce quisuit confirme cette proposition : ils seront sans punition, ils reçoivent ce don.Qui sont τὰ ἕτερα ? Les éditeurs récents de l’Apocalypse144 pensent quece sont les enfants exposés, mais rien ne l’indique, et ces enfants doiventcourir les mêmes risques que tout être humain. Je pense qu’il faut mettre τὰδ’ ἕτερα μόνης τῆς σωτηρίας τεύξεται entre parenthèses ou tirets. Il s’agitdes autres enfants, ceux qui sont nés normalement : ils auront la possibilitéd’être sauvés et rien d’autre (en lisant μόνης), comme chacun. Ensuite, l’au-teur revient aux avortons ; ils ont été frappés durement, ils seront traités avecde la miséricorde et ne risquent pas d’être punis, contrairement à tous lesautres.Faut-il lire μονῆς τῆς σωτηρίας, une demeure qui résulte du salut ? Je lepréférerais. Un genitivus qualitatis n’est pas étranger à Clément ; cf. parexemple Protreptique 2, 1 (ἀληθείας πρόσωπον) τοῖς ἀπιστίας ὑποπέπτωκενὀφθαλμοῖς ; Pédagogue I, 12, 3 « προσήνεγκάν τε αὐτῷ », φησι, « παιδία »εἰς χειροθεσίαν εὐλογίας. Dans ce contexte, il s’agit des demeures ; Cléments’intéresse aux demeures célestes et les différences qu’il suppose entre elles,voir Stromates IV, 37 ; VI, 114, 1-3 ; cf. aussi Eclogae propheticae 56, 3suiv. 50, 1. Selon une théorie, l’embryon est un être vivant, l’âme étant introduitedans la matrice par un ange : ὑπό τινος τῶν τῇ γενέσει ἐφεστώτων ἀγγέλωνπρογινώσκοντος τὸν καιρὸν τῆς συλλήψεως κινεῖν πρὸς συνουσίαν τὴνγυναῖκα. Il faut lire κινοῦντος ou καὶ κινοῦντος. 53, 2 διό καὶ ἐπείραζεν (sc. ὁ διάβολος) α<ὐτόν>, ἵνα γνῷ· † εἰ δυνατόςἐστιν, ἐᾶν φησι· « καὶ ἀπέστη ἀπ’ αὐτοῦ εἰς καιρόν », τουτέστιν ἀνεβάλλετοτὴν εὕρεσιν εἰς τὴν ἀνάστασιν.145 Je ne comprends pas bien la croix. Pour- 144 Voir n. 142.145 Cf. Matth. 4, 1-11 avec parallèles. quoi pas ἵνα γνῷ εἰ δυνατός ἐστιν ? Ensuite, une asyndète, ce qui n’est pasrare quand Clément cite ou discute des passages de la Bible146 : « l’Écrituredit qu’il le laissa », passage expliqué par τουτέστιν etc. φησι dans le sens« l’Écriture dit » est courant chez Clément.Mais comment Clément peut-il dire que le diable ne savait pas que Jésusétait celui qui viendra (τὸν ἐλευσόμενον), et puis qu’il remettait la décou-verte (ἀνεβάλλετο τὴν εὕρεσιν) à la Résurrection ? Évidemment, il faut com-prendre ἀνεβάλλετο comme « il essayait de », « il voulait ». 56, 3 ὁ κύριος ἐλεύσεται πρὸς τοὺς δικαίους τοὺς πιστούς, οἷς ἐπαναπαύεταικαθάπερ σκηνῇ· ἓν γὰρ σῶμα οἱ πάντες ἐκ τοῦ αὐτοῦ γένους τὴν αὐτὴν πί-στιν καὶ δικαιοσύνην ἑλόμενοι, εἰς τὴν αὐτὴν ἑνότητα ἀποκαταστησόμενοι.Le manuscrit porte καὶ τοὺς δικαίους au lieu de πρὸς τοὺς δικαίους. On pour-rait retenir καὶ τοὺς δικαίους et lire ἀποκαταστήσει ; cf. 60, 2 τὰ κρίματακυρίου ... εἰς τὴν ἑνότητα τῆν πίστεως ἀποκαθιστάντα τοὺς δικαίους. ἓν γὰρσῶμα … ἑλόμενοι est une longue parenthèse. 57, 4 Clément indique ce qui est au-dessus de tout pouvoir (ὑπεράνω πάσηςἀρχῆς147) : οἱ τελειωθέντες εἰσὶν ἐξ ἀνθρώπων, ἀγγέλων, ἀρχαγγέλων εἰςτὴν πρωτόκτιστον τῶν ἀγγέλων φύσιν. Le manuscrit donne ἄγγελοι, ἀρχάγ-γελοι au lieu de ἀγγέλων, ἀρχαγγέλων. ἐξ ἀνθρώπων veut dire « des ci-devant hommes », comme peu après 57, 5 bis et Stromates VI, 124, 1 διὰτοὺς ἐξ ᾿Ιουδαίων πιστεύοντας, « les croyants, ci-devant juifs ». 56, 3-7 et57 montrent que hommes sauvés, anges et archanges se succèdent en pro-gressant vers la nature des premiers êtres créés (πρωτόκτιστοι) pour aboutirà l’unité avec la divinité. On peut retenir la leçon du manuscrit : « ce quiest au-dessus de tout pouvoir … ce sont ceux qui sont devenus parfaits (etarrivés) à la nature des premiers êtres créés ; ce sont des ci-devant hommes,ce sont des anges … ». Il n’est pas nécessaire de sous-entendre ἐξ et d’écrireἀγγέλων, ἀρχαγγέλων. Quis dives salveturLe manuscrit qui est le fondement des éditions est Scorialensis Ω-III-19 duXIIe s. (S). Les éditions consultées sont celles de GCS, de SCh et de Butter-worth, voir Littérature. Pour les citations, je pars de l’édition de SCh. 95 146 Des exemples: III, 39, 2 ; III, 57, 3, Eclogai propheticae 54, 2 ; 56, 6. 147 Eph. 1, 21. 96 1, 4. Au début du Quis dives salvetur, il y a des lacunes, montrées commetelles dans le manuscrit S qui, avec sa copie V, est le seul témoin de la tra-dition directe. Le texte ne semble pas être endommagé de cette manière àpartir de τοῦτο μὲν ἐξαιτουμένους παρὰ θεοῦ τοῦ βεβαίως καὶ ἡδέως τοῖςἑαυτοῦ τέκνοις τὰ τοιαῦτα προϊεμένου, τοῦτο δὲ λέγω διὰ τῆς χάριτος τοῦσωτῆρος ἰωμένους τὰς ψυχὰς αὐτῶν, φωτίζοντας καὶ προάγοντας ἐπὶ τὴντῆς ἀληθείας κτῆσιν. Je pense qu’il faut lire ἰωμένου, φωτίζοντος et προ-άγοντος. Le Seigneur doit être celui qui soigne les âmes etc., non pas ceuxqui travaillent au salut des riches. ἰωμένου etc. a été influencé par ἐξαιτου-μένους et changé en accusatif. Le seul exemple dans le Register de ἰάομαιavec un être humain comme sujet est Protreptique 6, 4, David guérissantSaoul. Voir par exemple Quis dives salvetur 23, 2 ἐγώ (sc. Jésus-Christ) σε... ἰασάμην. Aussi φωτίζω au sens figuré a comme sujet le plus souvent leVerbe ou le Seigneur. Pour les vierges sages, Stromates V, 17, 3, qui illumi-nent les ténèbres (φωτίζουσι τὸ σκότος), on trouve immédiatement une in-terprétation allégorique ; leur lumière est l’image de la lumière divine. 12, 1 τί οὖν ὡς καινὸν καὶ ἴδιον θεοῦ παραγγέλλει καὶ μόνον ζωοποιόν, ὃτοὺς προτέρους οὐκ ἔσωσεν; εἰ δὲ ἐξαίρετόν τι ἡ καινὴ κτίσις148, ὁ υἱὸς τοῦθεοῦ, μηνύει καὶ διδάσκει, οὐ τὸ φαινόμενον, ὅπερ ἄλλοι πεποιήκασι,παρεγγυᾷ, ἀλλ’ ἕτερόν τι διὰ τούτου σημαινόμενον μεῖζον etc. Les éditionset les traductions de SCh et Butterworth considèrent ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦ commeune explication de ἡ καινὴ κτίσις, mais c’est loin d’être sûr ; les parallèlesprésentés par GCS ne convainquent pas. Là, il n’est jamais dit que le Christest la nouvelle création, et en 2 Cor. 5, 17, καινὴ κτίσις est le chrétien. Unrapport avec Prov. 8, 22 κύριος ἔκτισέν με ἀρχὴν ὁδῶν αὐτοῦ εἰς ἔργα αὐτοῦ,où il s’agit de la Sagesse, σοφία, est plus probable mais ne dit pas directe-ment que le Fils est ἡ καινὴ κτίσις.149 Ici, cette nouvelle création doit être ceque le Christ proclame, la nouvelle alliance, voir τί οὖν ὡς καινὸν etc., où lesujet de παραγγέλλει est le Christ. Cf. ὃ τοὺς προτέρους οὐκ ἔσωσεν, ensuiteτὸ φαινόμενον et toutes les constructions au neutre qui suivent et finalementle résumé : τοῦτο γὰρ ἴδιον μὲν τοῦ πιστοῦ τὸ μάθημα, ἄξιον δὲ τοῦ σωτῆροςτὸ δίδαγμα. Une proposition est de lire <ὃ> ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦ μηνύει καὶδιδασκει, mais ὃ υἱὸς τοῦ θεοῦ etc. est aussi possible : « ce qu’il indique etenseigne en Fils de Dieu », dans son apparition sur terre. 148 Cf. 2 Cor. 5, 17.149 Voir l’édition de SCh, p. 132, n.1: « ... peut faire écho à Pr(ov.) 8, 22 ». 16, 1 οὗ δεῖ καθαρεύουσαν, τουτέστιν πτωχεύουσαν καὶ γυμνήν, τὴν ψυχὴνπαρασχόμενον οὕτως ἤδη τοῦ σωτῆρος ἀκοῦσαι λέγοντος. Le manuscritdonne δὴ ; δεῖ est une ancienne conjecture. Je me demande si c’est correct.Un peu avant, on trouve κελεύων, puis ce que veut le Sauveur : ἀποθέσθαιοὐ τὰ βιωτικά, ἀλλὰ τὰ τούτοις κακῶς χρώμενα, et il l’explique. Ensuitenotre phrase. Un infinitif peut bien se trouver dans une proposition relative,où la manière de raisonner est poursuivie. Voir les remarques sur StromatesIII, 91, 1. Le pronom est parfois renforcé par δή, comme dans le passagecommenté. Il faut mettre δὴ dans le texte et δεῖ dans l’apparatus. 19, 3 τῷ δὴ κατὰ κόσμον πτωχῷ καὶ πλουσίῳ κατὰ τὰ πάθη ὁ κατὰ πνεῦμαοὐ πτωχὸς καὶ κατὰ θεὸν πλούσιος (à savoir : λέγει). Tel est le texte du ma-nuscrit et de SCh. On a beaucoup discuté ce passage, particulièrement lesnégations.150 Je crois qu’on peut arriver à une interprétation correcte assezdirectement, en partant de Matth. 5, 3 (οἱ πτωχοὶ τῷ πνεύματι) et de 19, 16suiv. (Jésus et le jeune homme riche).Quelqu’un (ὁ κατὰ πνεῦμα … πλούσιος) parle à un autre (τῷ δὴ κατὰκόσμον … πάθη) et l’exhorte à se débarrasser de ce qui est nuisible dans sonâme, appelé τῶν ὑπαρχόντων ἐν τῇ ψυχῇ σου κτημάτων ἀλλοτρίων151. Ils’agit évidemment des biens de ce monde, car ils sont appelés κτήματα, etle possesseur peut les vendre et en avoir de l’argent comme récompense ;voir 19, 4, où ces biens sont aussi appelés φανερὰ οὐσία. La situation rap-pelle évidemment Jésus qui parle au jeune homme riche, riche de biens dece monde, mais aussi riche en passions, πλουσίῳ κατὰ τὰ πάθη. Il me sembledonc évident qu’il faut lire τῷ δὴ κατὰ κόσμον <οὐ> πτωχῷ. Qui parle estpauvre selon l’esprit (cf. Matth. 5, 3) et riche en Dieu, ὁ κατὰ πνεῦμα [οὐ]πτωχὸς καὶ κατὰ θεὸν πλούσιος. Matth. 5, 3 est cité en 17, 5, et 19, 2 ὃ μὲνκατὰ πνεῦμα πτωχός, τὸ ἴδιον, ὃ δὲ κατὰ κόσμον, τὸ ἀλλότριον (voir n. 151).Les éditions de Butterworth et de GCS ont le bon texte : τῷ δὴ κατὰ κόσμον<οὐ> πτωχῷ, et puis ὁ κατὰ πνεῦμα [οὐ] πτωχὸς. 22, 4 εἰ δὲ τοὺς ἐχθροὺς ἀγαπητέον, ἀνάλογον ἀπ’ ἐκείνων ἀνιόντι καὶ τοὺςἐγγυτάτω γένους· ἢ εἰ μισητέον τοὺς πρὸς αἵματος, πολὺ μᾶλλον τοὺςἐχθροὺς προβάλλεσθαι κατιὼν ὁ λόγος διδάσκει. Ce que veut dire προβάλ-λεσθαι n’est pas clair. Le Register donne « chasser », « détester »152, la tra- 97 150 Pour une discussion et documentation riche, voir Wichert.151 τὸ ἀλλότριον est ce qui est étranger à l’âme, ce qui appartient à ce monde. Le contrasteest τὸ ἴδιον, voir 19, 2152 « wegjagen », « verabscheuen ». 98 duction de SCh « détester », la traduction de Butterworth « abhor ». Il semblepourtant que le mot n’ait pas ce sens. Il ne peut guère l’avoir, si on pense ausens fondamental du verbe, c’est-à-dire « mettre qqch devant qqch ». Je croisqu’il faut lire προσβάλλεσθαι : « s’il faut haïr les proches, plus encore leVerbe enseigne en descendant153 qu’il faut y ajouter les ennemis », à savoirà la haine. Il faut avouer que ce sens n’est pas bien attesté, un passage enPédagogue III, 27, 3 présentant, comme dans notre passage, προσεβάλλοντοdans le sens de « y ajouter ». Mais dans le passage discuté, le sens proposés’accorde bien avec προσ- et avec βάλλεσθαι. 22, 5 ἀπὸ γὰρ τῆς αὐτῆς γνώμης καὶ διαθέσεως καὶ ἐπὶ τῷ αὐτῷ ὅρῳ πατέραμισοίη τις ἂν <καὶ> ἐχθρὸν ἀγαπῶν ὁ μήτε ἐχθρὸν ἀμυνόμενος μήτε πατέραΧριστοῦ πλέον αἰδούμενος. Tel est le texte de SCh, <καὶ> est une conjecture,acceptée aussi par GCS et Butterworth qui mettent la conjecture ἀγαπώῃdans le texte. Ces changements me paraissent superflus : « celui qui ne sedéfend pas contre un ennemi et qui respecte Christ plus que son père, on di-rait de lui qu’il hait son père, en même temps aimant son ennemi ». Lecontraste entre πατέρα et ἐχθρὸν est à mon avis plus fort sans καὶ. 26, 2 ποῦ καὶ πόθεν τὸν ὅρμον ἐπαγγέλλεται (sc. ὁ κυβερνήτης). Que veutdire πόθεν ? Butterworth traduit : « where and whence he proclaims the har-bour », ce qui n’a guère de sens : qui s’intéresse à la place du départ quandon cherche un port ? Dans SCh nous lisons : « le lieu et le chemin du mouil-lage », expression qui désigne, je pense, tout le voyage. Mais je crois qu’ilfaut rapprocher ce πόθεν des expressions comme ἀπὸ τῶν δεξιῶν, ἐκ δεξιῶν.De la même manière, πόθεν doit bien pouvoir désigner ce qui pour nous estla direction vers un lieu, non pas la direction depuis un point de départ : « oùet dans quelle direction il indique le port ». 29, 4 τοὺς τῆς ὑγείας καὶ σωτηρίους δεσμοὺς ἀλύτους ἐπιδείξας. Il faut lireἐπιδήσας, en conférant δεσμοὺς et 28, 3 ἐπιδέσμους. 35, 2 οὐ σαρκòς τῆς σῆς ἅπτεσθαι δοκοῦσιν, ἀλλὰ τῆς ἑαυτοῦ ψυχῆς ἕκα-στος, οὐκ ἀδελφῷ λαλεῖν, ἀλλὰ τῷ βασιλεῖ τῶν αἰώνων ἐν σοὶ κατοικοῦντι.Descourtieux dans SCh et Butterworth traduisent comme si ἑαυτοῦ se réfé-rait à ἕκαστος, mais je crois que le pronom se rapporte à « toi ». Tout lecontexte154 dit qu’il te faut avoir toute une armée d’hommes saints pour te 153 À savoir « en descendant à ce qui est pire » ; cf. peu avant ἀνιόντι.154 Voir 34, 2 suiv. proteger de toute manière, en priant pour toi, en t’encourageant, en teconseillant, en t’avertissant. Un tel protecteur ne s’adresse pas à ton corps,mais à ton âme, il parle à Dieu qui habite en toi. Je crois qu’il faut lireσεαυτοῦ, très facile après ψυχῆς. Il est vrai que ἑαυτοῦ peut se référer à lapremière comme à la seconde personne, mais ici il faut être clair. En toutcas, le pronom ne se réfère pas à ἕκαστος. 38, 5-39, 1 μηδὲ γὰρ τοῦτο εἰς ἀπόγνωσίν σοι καὶ ἀπόνοιαν καταλελείφθω,εἰ καὶ τὸν πλούσιον μάθοις ὅστις ἐστὶν ὁ χώραν ἐν οὐρανοῖς οὐκ ἔχων καὶτίνα τρόπον τοῖς οὖσι χρώμενος ἄν τις τό τε ἐπίρρητον τοῦ πλούτου καὶχαλεπὸν εἰς ζωὴν διαφύγοι καὶ δύναιτο τῶν αἰωνίων [τῶν] ἀγαθῶνἐπαύρασθαι, εἴη δὲ τετυχηκὼς ἢ δι’ ἄγνοιαν ἢ δι’ ἀσθένειαν ἢ περίστασινἀκούσιον μετὰ τὴν σφραγῖδα καὶ τὴν λύτρωσιν περιπετής τισιν ἁμαρτήμασινἢ παραπτώμασιν, ὡς ὑπενηνέχθαι τέλεον, <ὅτι> οὗτος κατεψήφισται παν-τάπασιν ὑπὸ τοῦ θεοῦ. Tel est le texte de GCS et de Butterworth. SCh écritμήτε avec le manuscrit, accepte τῶν avant ἀγαθῶν, met un point aprèsἐπαύρασθαι et écrit <οὐδὲ> οὗτος au lieu de <ὅτι> οὗτος. μηδὲ est une vieilleconjecture qui doit être correcte, car ce qui suit est un renforcement de cequi précède et il n’y pas de μήτε correspondant. Les confusions οὐδέ/οὔτεet μηδέ/μήτε sont, on le sait, extrêmement fréquentes. L’omission de τῶνaprès αἰωνίων est aussi une proposition de vieille date et peut bien êtrebonne.On a voulu changer εἴη δὲ de plusieurs manières, en introduisant εἰ ouἐάν pour en faire une proposition conditionelle. Le οὗτος κατεψήφισται etc.du manuscrit a été aussi changé de plusieurs façons. Une proposition est d’yajouter ὅτι (GCS) et de construire ainsi : μηδὲ γὰρ τοῦτο εἰς ἀπόγνωσίν σοικαὶ ἀπόνοιαν καταλελείφθω …, <ὅτι> οὗτος κατεψήφισται, sommairement :« que l’idée ne reste pas, même s’il est tombé dans des fautes …, que cethomme est condamné ». Une autre est d’y rattacher une négation, comme lefait SCh : <οὺδὲ> οὗτος κατεψήφισται, à savoir : « admettons qu’il est tombédans des fautes, cet homme n’est pas pour autant condamné ».Je crois qu’il faut laisser οὗτος κατεψήφισται etc. sans rien changer. Ilfaut relier la phrase, comme le fait GCS par <ὅτι>, à τοῦτο, et ponctuer plusfortement après καταλελείφθω. Sommairement : « ne t’abandonne pas à uneidée insensée, à savoir : même si l’homme riche a connu la manière de sesauver, mais est tombé dans des fautes, cet homme est condamné ».Ainsi on une asyndète, εἰ καὶ etc., mais qui ne fait pas problème. C’estune explication qui suit de près ce qui précède. D’autres exemples, mais enpeu de mots, dans le voisinage sont 39, 6 ὁ πολύσπλαγχνος καὶ πολυέλεοςπέφυκε μακροθυμεῖν· τοὺς ἐπιστρέψαντας περιμένει ; 42, 18 οὐδὲ κατ - 99 100 αισχυνθήσεται, τὸν σωτῆρα προσιόντα μετὰ τῆς αὑτοῦ δόξης καὶ στρατιᾶςἰδών· οὐ δέδιε τὸ πῦρ. 40, 3 ὥστε καὶ τῷ τὰ μέγιστα εὖ πεποιηκότι <κατὰ> τὸν βίον, ἐπὶ δὲ τοῦτέλους ἐξοκείλαντι. On peut considérer τὰ μέγιστα comme un adverbe neu-tre, et sans addition de κατὰ traduire : « pour ce qui est important, il avaitbien vécu sa vie »155. Cf. Apoc. 13, 5 ἐδόθη αὐτῷ ἐξουσία ποιῆσαι μῆναςτεσσεράκοντα [καὶ] δύο, Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon 81, 4Ἰωάννης … χίλια ἔτη ποιήσειν ἐν Ἱερουσαλὴμ τοὺς τῷ ἡμετέρῳ Χριστῷπιστεύσαντας προεφήτευσε. Il y a beaucoup d’exemples dans Les Apoph-tegmes des Pères, comme XV, 12156 ἐποιήσαμεν πάντα τὸν χρόνον ἡμῶν ἐνἀναπαύσει καὶ εἰρήνῃ. La construction est bien connue du latin, voir unexemple dans Löfstedt157 : fecimus ergo et ibi biduum. 155 La construction n’est pas étrangère à Clément, voir par exemple 42, 3 τὰ ἄλλα ἀναπαύσαςτοὺς ἀδελφούς.156 P. 296, 34.157 P. 166. ORIGÈNE Commentaire sur l’Évangile selon saint Jean158Je me sers en premier lieu des éditions de Preuschen et de Blanc. Les cita-tions et les indications de page et ligne sont faites d’après Preuschen, maispar endroits, je préfère la ponctuation de Blanc. Pour manuscrits et éditions,voir ces deux éditions. L’édition de Brooke reste utile. Beaucoup de sa-vants159 ont fait des propositions sur le texte, notamment sur celui de Preu-schen. En fait, peu de textes édités ont été ainsi rudement critiqués que celuide Preuschen, mais il reste pour autant le fondement des études sur ce com-mentaire. Notamment Koetschau a voué un travail énorme à la révision decette édition et Corsini160 a fait un aperçu des propositions présentées. Àl’édition de Blanc on a reproché que dans le premier volume, l’introductionest maigre et que l’éditrice n’a pas pris connaissance des restitutions propo-sées par des savants, mais on accorde une amélioration aux volumes sui-vants.161 Pour beaucoup de passages, Nautin a voulu changer texte et 101 158 En général, les remarques sur Comm. Jean sont publiées dans Alexanderson, Critique detexte et interprétation de deux ouvrages exégétiques, voir Littérature, p.218.159 Voir les comptes rendus suivants : Eugenio Corsini, dans Studi in onore di Alberto Pin-cherle (Studi e materiali di storia delle religioni 38, 1-2, 1967), 146-167 ; Ronald E.Heine, dans The Journal of Theological Studies 44, 1993, 701-704 ; Erich Klostermann,dans Göttingische gelehrte Anzeigen 166, 1904, 265-28 ; Paul Koetschau, dans Theolo-gische Literaturzeitung 1904, 657-661 ; Paul Koetschau, Beiträge zur Textkritik von Ori-genes’ Johannescommentar, Leipzig 1905. (Texte und Untersuchungen, N.F., 13: 2)(Koetschau) ; P. Nautin, Notes critiques sur l’In Ioannem d’Origène (Livres I-II), dansRevue des études grecques 85, 1972, 155-177 ; Notes critiques sur l’ « In Ioannem d’Ori-gène » (Livre VI), dans Revue de philologie, de littérature et d’histoire anciennes 49,1975, 204-21 ; Notes critiques sur l’ « In Ioannem d’Origène » (Livre X), dans Revue dephilologie, de littérature et d’histoire anciennes 5, 1981, 273-284 ; Fr. A. Winter, dansBerliner philologische Wochenschrift 25, 1905, 469-477, 499-507 (Winter 1) ; Fr. A. Win-ter, Zu Origenes’ Johanneskommentar, dans Berliner philologische Wochenschrift 25,1905, 526-527 (Winter 2). Koetschau a fait un travail minutieux, mais à mon avis, lui etd’autres sont plus critiques que nécessaire. Des propositions nombreuses faites par leséditeurs précédents et par des savants, notamment par Paul Wendland, se trouvent dansl’édition de Preuschen et sont citées chez Blanc, à commencer par t. 2.160 Voir n. 159. Nous devons à Corsini aussi une traduction très utile, voir Littérature, p. 218.161 P. Nautin, dans Revue de l’histoire des religions 179, 1971, 104-105 ; Manlio Simonetti,dans Rivista di cultura classica e medioevale 13, 1971, 209-210. 102 traduction de Preuschen et de Blanc. Tel étant le cas, on trouvera dans lesremarques suivantes plus de discussion sur les propositions d’autres quedans les autres chapitres.Une édition récente du commentaire est celui de Limone, qui commenterichement philosophie, théologie et terminologie d’Origène mais pas les pro-blèmes textuels. La bibliographie est très vaste et restera importante.Comme le texte est difficile, car Origène se soucie peu de ses lecteurs, etcomme il reste sur une faible tradition, je pense qu’il y a encore des passagesà expliquer. Quant au grand nombre de conjectures et propositions, je laissede côté celles qui me paraissent soit évidemment bonnes soit évidemmentfausses ; le choix est donc parfaitement subjectif. Le plus souvent, je n’entrepas dans les traductions. I, § 94 (p. 20, 23) : εἰ δὲ δόξειέ τις ἡμᾶς παρεκβεβηκέναι, ἓν σημαινόμενοντῆς ἀρχῆς σαφηνίζοντας καὶ ταῦτα εἰρηκότας. La conjecture καὶ ταῦτα pourτοσαῦτα est certes fausse ; Origène se défend, comme ailleurs, contre uneaccusation de verbosité.162 I, § 102 (p. 22, 9) : Οὐκ ἀτόπως δὲ καὶ τὸν τῶν ὅλων θεὸν ἐρεῖ τις ἀρχὴνσαφῶς προπίπτων, ὅτι ἀρχὴ υἱοῦ ὁ πατήρ. Pour προπίπτων, on a conjecturéπαριστῶν et προβάλλων, mais il faut, comme le remarque Preuschen, com-parer II, § 62 (p. 62, 32) : τρανῶς προπιπτόντων τῶν τῆς θεοῦ σοφίαςμυστηρίων. Je propose ... ἀρχὴν, σαφῶς προπίπτοντος ὅτι.163 I, § 123 (p. 25, 12) : βασανιστέον οὖν συναγαγόντα τὰς ὀνομασίας τοῦ υἱοῦ,ποῖαι αὐτῶν ἐπιγεγόνασιν οὐκ ἂν ἐν μακαριότητι ἀρξαμένων καὶ μεινάντωντῶν ἁγίων γενόμεναι τὰ τοσάδε. Ainsi Preuschen et Blanc. Klostermann (p.276) veut lire αὐτῷ ἐπιγεγόνασιν, accepté par Corsini (p. 164), et γενομένῳ,ce qui ne semble pas nécessaire ; αὐτῶν peut bien être regardé comme ungénitif partitif et γενόμεναι peut bien sûr se rattacher à ὀνομασίας et ποῖαι,aux noms devenus nombreux. Il se peut bien que Klostermann ait raison,notamment pour αὐτῷ, mais des propositions qui peuvent bien être correctes,mais qui ne le sont pas nécessairement, ont leur place dans l’apparat cri-tique.Preuschen hésite sur τὰ τοσάδε, mais il faut l’accepter avec Klostermann 162 Par exemple I, § 179 (p. 33, 14): Ἀλλ’ ἐπεὶ πλείονα ... δοκοῦμεν εἰρηκέναι (« nous pa-raissons avoir dit trop de choses », avec Nautin (1972), p. 175, et pas comme Blanc:« nous touchons, semble-t-il, à un problème trop considérable »).163 Pour la construction sans substantif, voir Schwyzer, Griechische Grammatik 2, p. 400suiv. et Blanc. Klostermann compare le suivant τὰ ἄλλα, qui renvoie comme τὰτοσάδε aux noms (ὀνομασίαι) du Seigneur164. Cf. aussi I, § 136 (p. 27, 13) :ταῦτα μὲν οὖν καὶ τὰ τούτοις παραπλήσια αὐτὸς ἑαυτόν φησιν, où ταῦτα ré-sume les noms attribués au Fils par les prophètes.Par contre, la proposition hésitante de Klostermann de lire ἀνθρώπων pourἁγίων est bien fondée, car le contexte est que les noms du Seigneur (comme« lumière », « berger ») sont causés par le fait que les hommes ne sont pasrestés dans la béatitude du Paradis. L’erreur serait provoquée par ἀνθρώπωνabrégé et mal interprété. Le meilleur appui pour la proposition de Kloster-mann est ἡμᾶς dans ce qui suit : οὐ μὴν δὲ καὶ τὰ ἄλλα ὅσα δι’ ἡμᾶςπροσείληφε, c’est-à-dire : tous ces noms que le Seigneur a reçus de plus àcause de nous, les hommes.Cependant, pour arriver au même résultat que Klostermann, on pourraitrejeter τῶν après μεινάντων, ce que je propose. I, § 233 (p. 41, 31) : (ὁ θάνατος τοῦ χριστοῦ ... πεποίηκε) ἐξελεύσεσθαι τὴνἐν ἑκάστῳ τῶν πιστευόντων ζωὴν τῇ ἁμαρτίᾳ ἀφάτῳ δυνάμει. Preuschenpropose dans l’apparat ἐξέλκεσθαι τὴν ... ζωὴν τῆς ἁμαρτίας, mais je vou-drais bien retenir ἐξελεύσεσθαι en changeant seulement τῇ ἁμαρτίᾳ en τῆςἁμαρτίας. Un génitif séparatif n’est pas rare, voir par exemple XXXII, § 233(p. 457, 3) ἐκπεσόντα τῆς μακαριότηος ; ibid. § 308 (p. 468, 1) μὴ τὸβεβλημένον ἐκπέσῃ τοῦ βληθέντος ; Fr. 1, p. 483, 11 τῆς ὀρθῆς πίστεωςἐκπεσόντες. Dans le commentaire sur les psaumes de Théodore de Mop-sueste165 il y a des tournures avec ἁμαρτιῶν, voir Ps. 38, 10 (p. 242, 9) εἰἁμαρτιῶν ἀξιοῖ ῥυσθῆναι ὁ μακάριος Δαυίδ ; Ps. 38, 12c (p. 243, 9) περὶ τὸτῶν ἁμαρτιῶν ῥυσθῆναι. I, § 253 (p. 44, 31). Selon Origène, les hérétiques (τοὺς ἀπὸ τῶν αἱρέσεων)disent qu’il y a une différence entre le juste et le bon et que le démiurge estjuste et le Père du Christ bon. Cependant, cette idée n’est pas montrée claire -ment : μὴ τρανωθὲν παρ’ αὐτοῖς. Origène poursuit : οἶμαι μετ’ ἐξετάσεωςἀκριβῶς βασανισθὲν δύνασθαι λέγεσθαι ἐπὶ τοῦ πατρὸς καὶ τοῦ υἱοῦ. Blanctraduit : « je pense qu’après un examen précis on peut dire (les deux) à lafois du Père et du Fils ». À mon avis, Origène veut dire que cette idée de la 103 164 Voir Schwyzer, Griechische Grammatik 2, p. 604, sur des pronoms neutres qui renvoientà n’importe quel mot au singulier ou au pluriel: « Pronominale Neutra können als allge-meine Ausdrücke einen beliebigen Singular oder Plural ... aufnehmen ».165 Le Commentaire de Théodore de Mopsueste sur les Psaumes (I-LXXX). Ed. Robert De-vreesse. Città del Vaticano 1939 (Studi e Testi 93). 104 différence est correcte, mais que les hérétiques ne l’ont pas bien montrée etqu’il faut préciser (ἀκριβῶς βασανισθὲν). Le Fils166 a reçu le pouvoir dejuger, le Père montre sa bonté en recevant, après le règne du Christ, ceuxqui sont formés dans sa justice ; le Fils prépare (εὐτρεπίζει) toutes chosespar sa parole (λόγῳ), par son arrangement (τάξει), par des châtiments(κολάσει), enfin par des remèdes spirituels (πνευματικοῖς ἰατρικοῖςβοηθήμασι) afin qu’elles soient en état de recevoir la bonté du Père. Le Filsdit lui-même que nul n’est bon que Dieu seul (Marc 10, 18 ; Luc 18, 19), etOrigène arrive (p. 45, 12) à ce qu’il dit avoir montré ailleurs167, à savoir quele Père est plus grand que le Fils. I, § 261 (p. 46, 9) : Ἔτι δὲ παραλαμβάνει τὴν βασιλείαν ἀπὸ βασιλέως, ὃνἑαυτοῖς ἐβασίλευσαν οἱ υἱοὶ Ἰσραὴλ καὶ † οὐ διὰ τοὺ θεοῦ ἄρξαντες αὐτὸνκαὶ μὴ γνωρίσαντες τῷ θεῷ. Ἔτι pour ἐπεὶ de la tradition est une conjecturede Wendland, acceptée par Preuschen et Blanc. Klostermann (p. 276) a vuque le texte remonte à Osée 8, 4 : ἑαυτοῖς ἐβασίλευσαν καὶ οὐ δι’ ἐμοῦ,ἤρξαν καὶ οὐκ ἐγνώρισάν μοι. Il n’accepte pas la conjecture de Wendlandet trouve que le texte est en bon état et que la croix est superflue. On se de-mande s’il ne faut pas interpréter ἑαυτοῖς comme « eux-mêmes », « de leurpropre chef » et puis lire αὑτῶν ou ἑαυτῶν. Le contraire serait οὐ διὰ τοὺθεοῦ : les enfants d’Israël installaient eux-mêmes un roi, contre le gré deDieu168, et ils régnaient sur eux-mêmes. On peut se demander si un datifcomme ἑαυτοῖς est un « vrai » datif ou s’il faut l’interpréter comme indiquéplus haut ; plusieurs exemples présentés dans Blass-Debrunner, § 188, sontambivalents, mais Jean 19, 17 βαστάζων ἑαυτῷ τὸν σταυρὸν me sembleassez évident. Il faut quand même avouer qu’il y a la variante ἑαυτοῦ, cequi n’est à mon avis qu’une normalisation. D’autres exemples sont Théodorede Mopsueste169 p. 273, 2, paraphrasant Ps. 43, 11 οἱ μισοῦντες ἡμᾶς διήρ-παζον ἑαυτοῖς par διέσπων ἡμᾶς τῇδε κἀκεῖσε, ὡς ἐβούλοντο γὰρ ἑαυτοῖς ;ibid., p. 378, 17, commentant Ps. 57, 8 Σύμμαχος δὲ οὕτω λέγει· διαλυθή-σονται ὡς ὕδωρ παρερχόμενον ἑαυτῷ· σαφέστερον φὰρ ἐδήλωσε τὸ γενό-μενον τῷ εἰπεῖν παρερχόμενον ἑαυτῷ, où ἑαυτῷ est mis comme contraste àl’eau conduite par l’homme dans des canaux. Un exemple pris à notre com- 166 On peut regarder le Fils, qui a tout créé, comme démiurge, voir par exemple I, § 255 (p.45, 11) ; Fr. 1 (p. 483) ; Contre Celse 1, 47 fin. 167 Preuschen donne les références II, § 72 (fin) et XIII, § 19, aussi, moins à propos, Fr. 1,p. 483 où Origène parle du Fils comme démiurge. On voudrait bien trouver un passagequi soit décidément plus ancien que celui traité ci-dessus.168 L’installation d’un roi sur les Israélites était contre le gré de Dieu, voir 1 Rois 8.169 Voir n. 165. mentaire est Comm. Jean X, § 214 (p. 207, 14) Ἔπειτα ἑαυτῷ προσείληφεντὸ μὴ γεγραμμένον : Origène discute comment Héracléon interprète Jean 2,13 suiv. (la purification du Temple) et dit qu’il ajoute lui-même quelquechose sans appui dans le texte. Moins évident est Comm. Jean X, § 147 (p.197, 26) τὸν υἱὸν τοῦ θεοῦ λαμβάνοντα σχοίνια καὶ ἑαυτῷ φραγέλλιον ...πλέκοντα, mais probablement le sens est que lui, le Fils de Dieu, faisait lui-même son outil.La conjecture Ἔτι pour ἐπεὶ ne semble pas nécessaire, mais quelle est laproposition principale ? Pas πολέμους τε τοῦ κυρίου πολεμῶν ἑτοιμάζειεἰρήνην, car cette proposition est coordonnée avec ἐπεί δὲ παραλαμβάνει.Plutôt τάχα δὲ διά τοῦτο « Δαυὶδ » προσαγορεύεται, qui explique pourquoiJésus est aussi David. Brooke voulait rejeter δὲ et Klostermann écrire δὴ aulieu de δὲ ; ces conjectures sont faciles avant διά, mais ne faut-il pas accepterune légère anacoluthe ? Voir aussi la remarque sur Stromates III, 82, 4. II, § 27 (p. 56, 21) : Οὐκοῦν οἱ μὲν θεὸν ἔχουσι τὸν τῶν ὅλων θεόν, οἱ δὲπαρὰ τούτους δεύτεροι ἱστάμενοι ἔτι τὸν υἱὸν τοῦ θεοῦ τὸν χριστὸν αὐτοῦ.La tradition a ἐπὶ, changé par Preuschen en ἔτι. Winter 1 (col. 474) a raisonde garder ἐπὶ, mais au lieu de son parallèle § 32, p. 57, 16, ἐπὶ τὸν σωτῆραφθάσαντες, mieux vaut apporter ἐν τούτοις ἵστασθαι peu avant : se tenir auxphénomènes célestes (τούτοις), s’adresser au Fils (ἱστἁμενοι ἐπὶ τὸν υἱὸν).170 II, § 47 (p. 59, 31) : τοῖς μὲν γάρ, ἅτε κάτω τυγχάνουσι καὶ ἐν σαρκὶ ἔτιὑπάρχουσιν, ἀποκέκλεισται τὰ κρείττονα οὐ συνιέναι αὐτὰ οὐδὲ τὸ κάλλοςαὐτῶν δυναμένοις, ἐπεὶ μὴ βούλονται κατανοεῖν συγκύπτοντες καὶ μὴἐπιδιδόντες αὑτοὺς εἰς τὸ ἀνακύπτειν. La tradition a συνιεῖσιν, changé parWendland en συνιέναι. Il faut lire et ponctuer : τοῖς μὲν γάρ ... ἀποκέκλεισταιτὰ κρείττονα οὐ συνιεῖσιν αὐτὰ οὐδὲ τὸ κάλλος αὐτῶν δυναμένοις, ἐπεὶ μὴβούλονται, κατανοεῖν. II, § 82 (p. 66, 22) : Εἰ δὲ ἐν τούτῳ προσκόπτει <τις> τῷ λέγειν ἠλαττῶσθαιπαρὰ τὸ ἅγιον πνεῦμα τὸν σωτῆρα ἐνανθρωπήσαντα, προσακτέον αὐτὸν ἀπὸτῶν ἐν τῇ πρὸς Ἑβραίους λεγομένων ἐπιστολῇ, καὶ ἀγγέλων ἐλάττονα ...ἀποφηναμένου τοῦ Παύλου γεγονέναι τὸν Ἰησοῦν. Il est difficile de sous-entendre « quelqu’un » en partant de ce qui précède, et par conséquent, l’ad-dition de τις, proposé par Wendland et mis dans le texte déjà par Delarue,semble nécessaire. Blanc traduit προσακτέον αὐτὸν par « il convient de legagner », c’est-à-dire gagner celui qui n’aime pas l’idée que le Fils soit in- 105 170 Pour ἐπί avec un accusatif, voir Blass-Debrunner § 233. férieur au Saint Esprit. Mais je crois que προσάγειν ici veut dire « ajouter »ou même « citer » : cf. § 95 (p. 69, 9) : ἔστι προσαγαγεῖν171 πῶς διὰ τὴνκακίαν « μὴ ὄντες » οἱ πονηροὶ προσαγορεύονται ἐκ τοῦ ἐν τῇ Ἐξόδῳὀνόματος ἀναγραφομένου τοῦ θεοῦ· « Εἶπε γὰρ κύριος πρὸς Μωϋσῆν· Ὁὢν τοῦτό μοί ἐστιν τὸ ὄνομα » ; VI, § 65 (p. 120, 2) : πιθανότητας ἀπατηλὰςπροσαγομένας ἀπὸ τῶν γραφῶν ; cf. aussi la remarque sur II, § 173 (p. 85,10). Nous trouvons aussi προσίεσθαι172, πρόσκεισθαι173, προστιθέναι174 pourindiquer une citation qu’Origène ajoute à son texte. Il faut donc changerαὐτὸν en αὐτῷ, renvoyant à ce qui vient d’être cité et dit sur l’inférioritésupposée du Fils. II, § 101 (p. 70, 16) οὐκ ἐπιδιατριπτέον τῇ ἀνατροπῇ τῶν αὐτόθεν τὴνἀτοπίαν ἐμφαινόντων· οἷον δὴ καὶ τὸ τῆς γραφῆς λεγούσης· « Χωρὶς αὐτοῦἐγένετο οὐδὲ ἕν »· προστιθέντα αὐτὸν (sc. Héracléon) ἄνευ παραμυθίας τῆςἀπὸ τῆς γραφῆς τὸ· « τῶν ἐν τῷ κόσμῳ καὶ τῇ κτίσει »· μηδὲ μετὰ πιθανό-τητος ἀποφαίνεσθαι. Il faut lire τῷ (pour τὸ) τῆς γραφῆς λεγούσης ... προ-στιθέντα αὐτὸν ... τὸ « τῶν ἐν τῷ κόσμῳ καὶ τῇ κτίσει »· μηδὲν (pour μηδὲ)μετὰ πιθανότητος ἀποφαίνεσθαι. Cf. § 100 (p. 70, 12) : προστίθησι τῷ« Οὐδὲ ἕν »· « Τῶν ἐν τῷ κόσμῳ καὶ τῇ κτίσει ». Nous devons rattacherμηδὲν ... ἀποφαίνεσθαι à προστιθέντα αὐτὸν, qui autrement serait sans suitenécessair : en ajoutant des mots à l’Écriture il n’achève rien. Suit une citationou une paraphrase d’Héracléon : πιστεύεσθαι ἀξιοῦντα ὁμοίως προφήταιςetc. : (il n’achève rien), prétendant qu’il faut accorder autant de crédit auxhommes qui livrent des écrits salutaires175 à leurs contemporains qu’aux pro-phètes et aux apôtres. II, § 128 (p. 75, 30) : Εἰ δὴ ταὐτόν ἐστι « ζωὴ » καὶ « φῶς τῶν ἀνθρώπων »– φησὶ γάρ· « Ὃ γέγονεν ἐν αὐτῷ ζωὴ ἦν καὶ ἡ ζωὴ ἦν τὸ φῶς τῶνἀνθρώπων » – τὸ δὲ φῶς τῶν ἀνθρώπων τινῶν ἐστι φῶς, καὶ τοῦτο οὐπάντων <τῶν>176 λογικῶν, ὅσον ἐπὶ † τῷ κεῖσθαι τὸ « ἀνθρώπων », ἀλλὰ« τῶν ἀνθρώπων » ἐστὶ φῶς, εἴη ἂν καὶ ζωὴ ἀνθρώπων, ὧν καὶ φῶς ἐστιν.Les éditeurs modernes177 mettent donc une croix avant τῷ κεῖσθαι ; au lieu 106 171 Blanc traduit par « ajouter ».172 II, § 87 (p. 67, 19).173 II, § 91 (p. 68, 10).174 Voir la remarque sur II, § 101.175 C’est-à-dire salutaires selon Héracléon, qui se veut un de ces hommes. 176 Brooke et Preuschen donnent τῶν, Blanc écrit < τῶν>.177 Brooke ne met pas de croix. de τῷ Preuschen propose τούτων avec hésitation, Wendland, aussi hésitant,τὸ <μὴ πάντων τῶν> ἀνθρώπων. Origène vient de dire que ce ne sont pastous les hommes qui ont part au divin Verbe, tous ne sont pas éclairés maisseuls les saints sont λογικοί (§ 114). Dans οὐ πάντων λογικῶν de la tradition,je voudrais regarder <τῶν> λογικῶν comme une explication qu’il faut reje-ter : le sens est qu’il ne s’agit pas de tous les hommes. Ensuite, ne faudrait-il pas lire ἀλλά τινων ἀνθρώπων au lieu de ἀλλὰ « τῶν ἀνθρώπων » ? Unetraduction de Εἰ ... τὸ δὲ φῶς τῶν ἀνθρώπων etc. serait donc : « si ... la lu-mière des hommes est la lumière de quelques-uns – il ne concerne pas tousquand on lit « hommes » –, mais (s)’il est la lumière de quelques-uns, alorsil serait la vie de ceux dont il est la lumière ». La phrase est un peu répétitive,mais est-ce que cela offense beaucoup ? II, § 173 (p. 85, 10). Je voudrais lire et ponctuer comme suit : ἐὰν δέ τις ταῖςτοιαύταις προσκόπτῃ ἐκδοχαῖς, προσαγέσθω ἀπό τε τῶν σκοτεινῶν λόγωνκαὶ τῶν διδομένων ὑπὸ θεοῦ Χριστῷ θησαυρῶν σκοτεινῶν, ἀποκρύφων,ἀοράτων – οὐκ ἄλλο γάρ τι ἡγοῦμαι εἶναι τοὺς σκοτεινοὺς θησαυροὺς ἐνΧριστῷ ἀποκαλυπτομένους – τῷ « σκότος ἔθετο ὁ θεὸς ἀποκρυφὴν ἑαυτοῦ »καὶ « ὁ ἅγιος νοήσει παραβολὴν καὶ σκοτεινὸν λόγον ». Origène vient d’ex-pliquer que σκότος, « ténèbres », peut être pris en bonne part aussi, signifiantla richesse de Dieu. Il poursuit : mais si quelqu’un se heurte à une telle in-terprétation, il faut qu’on ajoute parmi les paroles enveloppées de ténèbreset les trésors ténébreux, cachés, invisibles donnés par Dieu au Christ – carje crois que c’est cela que veulent dire les trésors ténébreux révélés dans leChrist –, aux paroles « il a établi sa retraite dans les ténèbres » le passage« le saint comprendra la parabole et la sentence enveloppée de ténèbres ». Ilfaut donc lire avec le manuscrit M et Klostermann (p. 274) προσαγέσθω aulieu de προαγέσθω, qui est une conjecture de Preuschen, lire τῷ avant« σκότος pour τὸ de la tradition et lire avec la tradition καὶ avant « ὁ ἅγιος,où Preuschen a conjecturé ἢ. On doit donc selon Origène, pour mieux com-prendre, ajouter à σκότος ἔθετο ὁ θεὸς ἀποκρυφὴν ἑαυτοῦ déjà cité (§ 172,p. 85, 3 et 9) le passage qui dit que le saint sait interpréter. Origène appuiecette idée en montrant que les disciples diraient dans la lumière ce qu’ilsavaient entendu dans les ténèbres (ibid. l.15) ; ils sauront comment il fautinterpréter. II, § 209 (p. 93, 6) : πάντας ἐπὶ τὸ μιμητὰς αὑτοῦ τοῦ θεοῦ καὶ τοῦ Χριστοῦγενέσθαι παρακαλῶν, κατὰ τὸ μαρτυρεῖν αὐτούς, οἷς χρὴ μαρτυρεῖν. La tra-dition donne αὐτοῦ, Preuschen a changé en αὐτούς, ce qui est à mon avi iné-vitable. Je voudrais proposer καὶ pour κατὰ. 107 VI, § 74 (p. 122, 3) : τὴν ἀλήθειαν διὰ Ἰησοῦ Χριστοῦ γεγενῆσθαι νενοη-κότα, περὶ θεοῦ καὶ τοῦ μονογενοῦς τοῦ εἰς τὸν κόλπον τοῦ πατρὸς διηγη-σάμενον τὰ τοιαῦτα. Origène parle de ce qui distingue Jean le Baptiste : il aété illuminé par l’Esprit, sa venue était prédite par Isaïe, il a compris la vérité(τὴν ἀλήθειαν ... νενοηκότα). Ensuite, il faut lire διηγησαμένου, parce quec’est le Christ qui explique ; cf. Jean 1, 18, cité en II, § 13-15 (p. 108, 27 ;p. 109, 12, 15) ὁ ὢν εἰς τὸν κόλπον τοῦ πατρὸς ἐκεῖνος διηγήσατο. VI, § 117 (p. 131, 6) : Οἴεται δὲ [τὸ] κατασκευάζεσθαι τὸ μείζονα <τῷ>προφητεύεσθαι ὑπὸ Ἡσαΐου, ὡς μηδενὸς ταύτης τῆς τιμῆς ἠξιωμένου ὑπὸθεοῦ τῶν πώποτε προφητευσάντων. Brooke, suivi par Preuschen, a suppriméτὸ, Brooke, Preuschen et Blanc ont ajouté τῷ. Je crois qu’on peut laisser laleçon de la tradition. Héracléon et beaucoup d’autres (§ 116, p. 130, 30) vou-laient interpréter Luc 7, 28 : μείζων ἐν γεννητοῖς γυναικῶν Ἰωάννου οὐδείςἐστι comme si Jean était le plus grand de tous, tandis qu’Origène observequ’il y a une autre interprétation, à savoir : il y a égalité entre Jean et les au-tres. Héracléon pense que la preuve de la superiorité de Jean (τὸ κατασκευά-ζεσθαι τὸ μείζονα) est prédite (προφητεύεσθαι) par Isaïe (40, 3), l’honneurd’être prédit par un prophète n’étant jamais donné aux autres. Origène vamontrer qu’il a tort, car il y en a d’autres qui sont eux aussi prédits dansl’Ancien Testament. VI, § 145 (p. 138, 8) : ἐπὰν ἐνστάσης τῆς μετὰ τὴν τριάδα εἰσαγωγῆς ἐν τῇτετράδι γενομένης μὴ ποιῇ καρπὸν ἅγιον. La tradition a γενόμενος, changépar Brooke en γενομένης, ce qui est accepté par Preuschen et Blanc. Il fautlire γενόμενον, à savoir l’arbre (δένδρον). Après trois ans, l’arbre doit donnerde bons fruits, comme l’a déjà expliqué Origène ; sinon, il faut le brûler. Àmon avis, εἰσαγωγή veut dire l’emmagasinage de la récolte ; cf. la citationd’Héracléon XIII, § 271 (p. 267, 8) : τοῦ δὲ θερισμοῦ ... ἤδη ἐνεστῶτος, etpeu après : ἐπιτήδειοι (sc. les fidèles, d’après l’interprétation d’Héracléon)πρὸς τὸ συναχθῆναι εἰς ἀποθήκην. Il ne s’agit donc pas de l’entrée dans laquatrième année, comme le veut la traduction de SCh. VI, § 163 (p. 141, 31 suiv.). Brooke, Wendland et Koetschau ont traité cepassage, voir l’apparat de Preuschen et Koetschau, p. 59. Je pense qu’en ré-sumé, un texte amélioré par ces efforts serait comme suit : (p. 142, 1)ὑπομένοντα (proposé par Wendland, rattaché à με)178 pour ὑπομένοντος de 108 178 με et peu après ὑπομένοντος est très dur, même si on peu trouver des cas plus ou moinspareils ; voir la remarque sur Stromates V, 10, 3. la tradition ; (l. 9) γεγενημένῳ selon la tradition (il s’agit de la γένεσις deJean le Baptiste) au lieu de γεγεννημένῳ (Wendland et le texte de Preuschen) ;(l. 13) εἰ μὴ (selon la tradition, δὴ Wendland et le texte de Preuschen) γὰρμηδὲ τὰ ὑποδήματα, τί λεκτέον περὶ τῶν ἐνδυμάτων αὐτοῦ; (μηδὲ renforcela négation). Par contre, il est difficile de savoir s’il faut lire (p. 142, 1)πότερον <διὰ> (διὰ proposé par Koetschau) τὴν πολλὴν μου ἀσθένειαν etaprès, selon la tradition (l. 3) ἢ διὰ τὴν ἐκείνου ὑπερβάλλουσαν ... θειότηταavec un parallèle διὰ ... διὰ, ou lire πότερον τὴν πολλὴν μου ἀσθένειαν dela tradition, suivi par ἢ δὴ (δὴ Brooke et le texte de Preuschen, au lieu deδιὰ de la tradition) τὴν ἐκείνου ὑπερβάλλουσαν ... θειότητα. On pourraitpeut-être suivre la tradition, en supposant une légère anacoluthe. VI, § 194 suiv. (p. 147, 13 suiv.). Origène discute la position d’Héracléonsur la présence du Verbe. Celui-ci comprend Jean 1, 26 : Μέσος ὑμῖν στήκειcomme Ἤδη πάρεστιν καὶ ἔστιν ἐν τῷ κόσμῳ καὶ ἐν ἀνθρώποις, καὶἐμφανής ἐστιν ἤδη πᾶσιν ὑμῖν. Origène vient d’expliquer (§188 suiv.) queΜέσος ὑμῖν peut se comprendre de deux manières : soit le Verbe a tout crééet se trouve partout dans la création, soit il se trouve, comme celui qui dirigel’homme (τὸ ἡγεμονικόν), dans le cœur de l’homme.Pour la leçon d’Héracléon, le manuscrit M offre ἀνθρώπῳ, corrigé parune autre main, contemporaine, en ἀνθρώποις. La seconde citation du mêmetexte (§197, p. 148, 1) donne elle aussi ἀνθρώπῳ, changé par Preuschen enἀνθρώποις : pour les deux citations, Blanc suit Preuschen. Je crois queἀνθρώπῳ d’Héracléon est correct, et que de même, il faut lire ἀνθρώπῳ à p.147, l. 23 et l. 30, où comme pour la première citation d’Héracléon une autremain contemporaine a changé ἀνθρώπῳ en ἀνθρώποις, correction acceptéeà tort par des éditeurs, notamment par Preuschen et Blanc.Selon Origène, Héracléon veut dire que c’est seulement maintenant quele Verbe est apparu dans le monde et parmi les hommes ; cela va contre l’opi-nion d’Origène que le Fils a tout créé depuis toujours et se trouve partoutdans la création, aussi dans l’intérieur de l’homme. Il polémique contre Hé-racléon sur ces deux points. Premièrement il part de ἐν τῷ κόσμῳ d’Héra-cléon et montre que le Verbe a toujours existé dans le monde. Il demande(§ 195, p. 147, 17) : Πότε γὰρ οὐ πάρεστιν; πότε δὲ οὐκ ἔστιν ἐν τῷ κόσμῳ;Il répond en citant Jean 1, 10. Ensuite, il discute ἐν ἀνθρώπῳ d’Héracléon(l. 22) : Ποῖον δὲ χρόνον διέλειπεν τοῦ ἐν ἀνθρώπῳ179 εἶναι; Il cite Is. 61, 1et 65, 1, de même Ps. 2, 6 et confirme ainsi sa position en montrant que leVerbe s’est manifesté en Isaïe et en David (l. 23, l. 25 : ἐν Ἡσαΐᾳ, ἐν Δαβίδ). 109 179 Preuschen et Blanc : ἐν ἀνθρώποις. 110 Finalement, il résume (l. 28 suiv.) en soulignant qu’il y a un très grand nombre de passages qui montrent que le Verbe était dans l’homme (l. 30 :ἐν ἀνθρώπῳ180). VI, § 233 (p. 154, 14). Origène parle de ce qui se passe après le passage duJourdain sous Josué, passage interprété, comme celui de la mer Rouge, à sa-voir comme un baptême : τῇ δεκάτῃ τοῦ πρώτου μηνὸς κατεστρατοπέδευσανἐν Γαλγάλοις, ὅτε πρῶτον ἔδει λαβόντα τὸ πρόβατον ἐπονομάσαι τοὺςεὐωχηθησομένους μετὰ τὸ Ἰησοῦ βάπτισμα. Preuschen et Blanc mettent τὸπρόβατον dans le texte, mais voudraient plutôt lire, d’après Josué 5, 2 suiv.,τὸν ἀκρόβυστον, ce que donne Blanc dans sa traduction. Mais il s’agit sansdoute de la Pâque ; cf. Ex. 12, 3, dont la situation est évoquée comme paral-lèle par Origène : Τῇ δεκάτῃ τοῦ μηνὸς τούτου λαβέτωσαν ἕκαστος πρόβα-τον.181 On se demande plutôt ce que veut dire ἐπονομάσαι, car des noms nesont pas imposés. εὐωχηθησομένους se réfère à la fête qui va suivre, où l’ali-ment serait meilleur que la manne (§ 234, l. 24). Il y a donc une confusionou une lacune, et le texte reste difficile à rétablir. VI, § 237 (p. 155, 3) : Διόπερ ὁ μὲν ἐκείνῳ ἔτι παιδευόμενος τῷ ἄρτῳ † τὸλόγῳ θάνατον δέξασθαι δύναται, ὁ δὲ φθάσας ἐπὶ τὸν μετ’ ἐκεῖνον ἄρτονφαγὼν αὐτὸν ζήσεται εἰς τὸν αἰῶνα. La leçon de la tradition est τὸ λόγῳ,pour laquelle les éditeurs ont proposé différentes corrections : τῷ λόγῳ, τῷλογικῷ, τὸν τῷ λόγῳ, τὸν λόγῳ.Josué est le τύπος de Jésus-Christ (§ 229, p. 153, 17) ; la manne était unpain pour ceux qui étaient encore comme des enfants sous l’autorité des tu-teurs, le pain donné par Josué/Jésus-Christ est meilleur (voir la remarqueprécédente). Évidemment, la manne signifie la loi, et je propose un change-ment plus radical : τῷ ἄρτῳ τῷ νομικῷ182. X, § 42 (p. 179, 16) : Τοῖς μὲν γὰρ πάντα ὅσα ἐνδέχεται φύσιν ἀνθρωπίνηνγνῶναι ἔτι ἐνταῦθα τυγχάνουσαν εἰσομένοις λέγεται δεικτικῶς τὸ « Ἰδοῦἐγὼ μεθ’ ὑμῶν εἰμι ». Le contexte est qu’il y a ceux qui peuvent recevoirplus et ceux qui peuvent recevoir moins de l’Évangile ; voir § 42 (p. 179,12) : τῶν ἐπιπλεῖον ἢ ἔλαττον δεχομένων τὸν Ἰησοῦν. Les habitants de 180 Preuschen et Blanc: ἐν ἀνθρώποις.181 La leçon πρόβατον recommandée aussi par O. Guéraud et P. Nautin dans Origène, Sur laPâque. Traité inédit publié ... par Octave Guéraud et Pierre Nautin. Paris 1979 (Christia-nisme antique 2). Voir p. 122.182 Pour νομικός, voir VI, § 276 (p. 162, 14): (αἱ θυσίαι) αἱ νομικαί. Capharnaüm sont moins réceptifs, voir § 41, p. 179, 11 : (« παρακλήσεωςἀγρός183 ») ὀλιγωτέρων τυγχάνων δεκτικός. Il faudrait donc lire δεκτικῶςpour δεικτικῶς : Jésus parle aux disciples d’une manière qu’ils sont capablesde comprendre, car ils savent tout ce qu’on peut savoir. X, § 94 (p. 187, 1) : Ἔοικεν δὲ τῷ « Ὀστοῦν οὐ συντρίψετε ἀπ’ αὐτοῦ » ὁἸωάννης ἐν τῷ εὐαγγελίῳ κεκχρῆσθαι ὡς ἀναφερομένῳ ἐπὶ τὴν περὶ τὸνσωτῆρα οἰκονομίαν, καὶ ὅτε ἐν τῷ νόμῳ κελεύονται τὸ πρόβατον ἐσθίοντεςὀστοῦν αὐτοῦ μὴ συντρίβειν. On se demande ce que fait καὶ. Je voudraisbien le rejeter, ou lire καθ’ ὅτι au lieu de καὶ ὅτε. X, § 172 (p. 201, 11) : Τὸ μὲν οὖν ἰδεῖν [ἔχει] ᾗ ἔχει ταῦτα νοῦ ἀληθοῦς τοῦδοθέντος τοῖς λέγουσιν … Les manuscrits M et P présentent ἔχει ἢ ἔχει, lemanuscrit V ὡς ἔχει. Preuschen, suivi par Blanc, veut omettre le premierἔχει des manuscrits M et P et écrire ᾗ au lieu de ἢ. Je propose ἔχειν ᾗ ἔχει.La grammaire dit qu’il faut s’attendre à ἔχοντα, mais l’infinitif après unverbe comme « voir », « montrer » n’est pas rare ; des exemples sont Pro-treptique V, 65, 3 ἀγάλματα σέβειν αὐτοὺς Βήρωσσος ... παρίστησι ; Ori-gène, Commentaire sur Matthieu XI, 17, l. 91 ᾐσθάνετό τινα ἐξέρχεσθαιποσότητα ἀπ’ αὐτοῦ. X, § 177 (p. 202, 4) : Ἵνα δὲ ἔτι μᾶλλον ἀνωτέρω τῆς γῆς τυγχάνωσιν οἱὀχοῦντες αὐτὸν παλαιοὶ καὶ καινοὶ λόγοι τῶν γραφῶν, ἐκκόπτεσθαι κλάδουςδεῖ ἀπὸ τῶν δένδρων, ἵνα βαίνωσιν ἐπὶ τῶν εὐλόγως ἐκκειμένων. Origènecommente l’entrée de Jésus à Jérusalem selon Matth. 2, 1 suiv. L’ânesse etson ânon représentent selon Origène l’Ancien et le Nouveau Testament. Ilsmarchent sur des branches qui sont « bien placées » selon la traduction del’édition de SCh. Mais il faut aussi s’apercevoir que τῶν εὐλόγωςἐκκειμένων veut dire aussi « présentés avec discernement », ce qui se réfèreà λόγοι τῶν γραφῶν : le Christ, qui est le λόγος, avance sur une interprétationraisonnable des λόγοι des deux Testaments. L’entrée du Christ à Jérusalemest une allégorie pour l’entrée du Verbe divin dans l’âme, représentée parJérusalem (§ 174). Pour ἔκκειμαι, « se trouver dans les textes », voir le Wort -register de Preuschen. X, § 178 (p. 202, 13) : Καὶ τάχα οὐκ ἀλόγως ὄνῳ εἰκάσαι <ἄν τις> τὰςπεριστάσας φωνὰς τὸν ἄγοντα αὐτὰς εἰς τὴν ψυχὴν λόγον· ἀχθοφόρον γὰρτὸ ζῷον, πολὺ δὲ τὸ ἄχθος καὶ φορτίον βαρὺ δηλοῦνται ἀπὸ τῆς λέξεως, καὶ 111 183 παρακλήσεως ἀγρὸς est une interprétation du nom Capharnaüm. 112 μάλιστα τῆς παλαιοτέρας. εἰκάσαι <ἄν τις> est proposé par Wendland et ac-cepté par Preuschen, la tradition des manuscrits ayant εἴκασε(ν). Blanc écritεἴκασα184. Je pense avec Klostermann (p. 279) qu’il faut suivre les manuscritset lire εἴκασε(ν), à savoir Matthieu qui, selon Origène, a présenté un textequi n’est pas en premier lieu historique mais plein d’allusions à une véritéplus élevée.Nous constatons qu’il s’agit d’une nouvelle interprétation, introduitecomme peu après185 par καὶ τάχα. Origène vient d’interpréter l’ânesse etl’ânon comme l’Ancien et le Nouveau Testament qui portent le Verbe, maismaintenant il présente une autre idée : ce sont les lectures de l’Ancienne etdu Nouveau Testament qui entourent le Verbe, qui à son tour les porte enl’âme, c’est-à-dire fait qu’elles sont comprises. Le fardeau que portent ceslectures est lourd ; cf. l. 18 : βαρὺ πᾶν τὸ τοῦ γράμματος φορτίον, notam-ment ce que porte l’Ancien Testament. X, § 201 (p. 205, 18) : Πλὴν οὗτος (sc. Ἰωάννης) ὑπ’ αὐτοῦ φησι τοῦ Ἰησοῦεὑρίσκεσθαι τὸ ὀνάριον, ἐφ’ ὃ καθέζεται ὁ Χριστός, πλέον τι περὶ τοῦ τρο-πικώτερον δηλουμένου ὀναρίου παριστὰς μείζονα εὐεργεσίαν χωρήσαντοςτὴν « οὐκ ἀπὸ ἀνθρώπων οὐδὲ δι’ ἀνθρώπων, ἀλλὰ διὰ Ἰησοῦ Χριστοῦ ».On se demande ce qui est visé par χωρήσαντος. Bien sûr, pas ὀναρίου. Jecrois qu’il faudrait lire τοῦ (au lieu de τὴν) « οὐκ ἀπὸ ἀνθρώπου etc. », « lefait que c’est Jésus-Christ qui agit donne place à un plus grand bienfait ». X, § 225 (p. 209, 6) : οἵτινες (sc. οἱ Ἰουδαῖοι) ὲπὶ τοῖς ὑπὸ τοῦ Ἰησοῦἀπελαυνομένοις, ποιοῦσιν « οἶκον ἐμπορίου » τὸν οἶκον τοῦ πατρός,ἀγανακτοῦντες [πράγμασιν] ὑπ’ αὐτῶν περιεπομένοις ἀπαιτοῦσιν σημεῖον.Wendland, Preuschen et Blanc omettent πράγμασιν, d’autres ont proposéἀγανακτοῦντες πράγμασιν ὑπ’ αὐτοῦ περιεπομένοις, où évidemment avecKoetschau (p. 63), il faut comprendre αὐτοῦ comme Ἰησοῦ et πράγμασινὑπ’ αὐτοῦ περιεπομένοις comme « actions commises par lui », ce qui mesemble impossible. Je crois qu’il faut retenir πράγμασιν et αὐτῶν. Le sensest que les juifs, après la purification du Temple (ὲπὶ comme souvent au senstemporel), se sont fâchés à cause des choses qu’ils avaient à cœur, à savoirle trafic des négociants. Pour περιέπω et περιέπομαι, voir le Wortregister dePreuschen. X, § 229 (p. 209, 24) : (διασκορπίζεσθα)ι πάντα τὰ ὀστᾶ τοῦ Χριστοῦ ὑπὸ 184 En fait, par mégarde : εἰκάσα.185 Voir § 182 (p. 202, 31) : Καὶ τάχα « ἡ ἄνω Ἱερουσαλὴμ » ... λέγεται νῦν. τῶν ἐν διωγμοῖς καὶ θλίψεσιν ἐπιβουλῶν ἀπὸ τῶν προσπολεμούντων τῇἑνότητι τοῦ ναοῦ ἐν διωγμοῖς. Je voudrais bien lire : ὑπὸ τῶν ἐν διωγμοῖςκαὶ θλίψεσιν ἐπιβουλευόντων (τῶν ?) προσπολεμούντων etc. Cf. § 241(p. 211, 21) : ὑπὸ τῶν ἐπιβουλευόντων τῷ λόγῳ τοῦ θεοῦ. XIII, § 10 (p. 227, 29) : Πεινώντων γὰρ καὶ ἀπορούντων τῆς ἀναγκαίαςτροφῆς ὅσον ἐπὶ †. Preuschen indique une lacune, Blanc met une croix. Descorrections ont été proposées ; en voilà encore une : ὅσον ἐπ’ <ὀλίγον> οἱλόγοι. Les mots διψῆν et πεινῆν ont deux sens : il peut s’agir de ceux quisont épuisés et voraces, parce qu’il n’y a pas de nourriture et d’eau (§ 8) ;ils ont faim depuis peu de temps, comme, je pense, ceux dont Origène parledans la proposition citée. Par contre, il y a aussi les pauvres et indigents quisouffrent constamment. Des exemples de la première catégorie sont les Is-raélites dans le désert (§ 9-11), de l’autre saint Paul (§ 12). XIII, § 62 (p. 234, 30) : Οὐκ ἀπιθάνως δὲ τὸ « ἁλλομένου » διηγήσατο καὶτοὺς μεταλαμβάνοντας τοῦ ἄνωθεν ἐπιχορηγουμένου πλουσίως καὶ αὐτοὺςἐκβλύσαι εἰς τὴν ἑτέρων αἰώνιον ζωὴν τὰ ἐπικεχωρηγημένα αὐτοῖς. Origènecommente Héracléon sur Jean 4, 14. Le premier καὶ n’a pas de fonction, etje crois qu’il faut l’omettre. L’explication d’Héracléon est présentée commeun accusatif avec infinitif : τοὺς μεταλαμβάνοντας ... ἐκβλύσαι. XIII, § 81 (p. 237, 20). Je propose de lire et ponctuer comme suit : ... ἀκο-λούθως τὸ μὲν Γαριζεὶν θεοποιοῦσιν οἱ Σαμαρεῖς, ὅπερ ἑρμηνεύεται « δια-τομὴ ἢ διαίρεσις », [καὶ] τῆς κατὰ τὴν ἱστορίαν διατομῆς καὶ διαιρέσεωςτῶν δέκα φυλῶν διατετμημένων ἀπὸ τῶν λοιπῶν δύο γεγενημένης κατὰ τοὺςτοῦ Ἱεροβοὰμ χρόνους, ὃς καὶ αὐτὸς ἑρμηνεύεται « δικασμὸς λαοῦ », Ἰου-δαῖοι δὲ τὸ Σιών (sc. θεοποιοῦσιν), ὅπερ ἐστὶν « σκοπευτήριον ». L’éditionde SCh met καὶ ... λαοῦ » entre tirets, mais je pense que mieux vaut omettreκαὶ, souvent ajouté quand un lecteur ou copiste a perdu le fil. XIII, § 129 (p. 245, 12) : Ἡμεῖς δὲ διὰ τὸ μὴ ὁρᾶν τὰς ἀκολουθίας, ἐὰν σῶμααὐτὸν (sc. θεὸν) <προσαγορεύωμεν>, λέγοντες καὶ διὰ τὴν γραφὴν τοιοῦτόντι σῶμα, πνεῦμα καὶ πῦρ καταναλίσκον καὶ φῶς, τὸ ἀναγκαίως ἑπόμενοντούτοις μὴ παραδεχόμενοι ἀσχημονήσομεν ὡς ἠλίθιοι καὶ παρὰ τὰ ἐναργῆλέγοντες· πᾶν γὰρ πῦρ τροφῆς δεόμενον φθαρτόν ἐστιν. La tradition donneαὐτὸν λέγοντες, le texte présenté ci-dessus, à savoir αὐτὸν <προσαγορεύω-μεν>, λέγοντες, est une conjecture de Preuschen ; Blanc, comme des éditeursprécédents, écrit αὐτὸν λέγωμεν. Il me semble plus facile de laisser λέγοντεςet lire ἀσχημονήσωμεν. L’apodose serait donc (l. 19) : ὥρα οὖν ... ἤτοι ...τὰ τοιαῦτα ἄτοπα παραδέξασθαι ... ἢ ἐφοδεῦσαι ... 113 XIII, § 236 (p. 262, 1) : Ὁ μὲν οὖν τις ἁπλούστερον ἐρεῖ ὅτι τὸ προστεταγ-μένον ἔργον, ὅπερ αὐτοῦ ἐστιν τοῦ προστάξαντος, * * ὡσεὶ ἐπὶ παραδειγ-μάτων ἐλέγομεν τοὺς οἰκοδομοῦντας ἢ γεωργοῦντας φάσκειν τελειοῦν τὸἔργον τοῦ λαβόντος αὐτοὺς ἐπὶ τὸ ἔργον, ἐν τῷ ποιεῖν δι’ ὃ παρελήφθησαν·ὁ δέ τις ἐρεῖ ὅτι εἴπερ τελειοῦται τὸ ἔργον τοῦ θεοῦ ὑπὸ τοῦ Χριστοῦ, δῆλονὅτι τοῦτο πρὶν τελειωθῆναι ἀτελὲς ἦν· πῶς οὖν ἀτελὲς ἦν, ἔργον τυγχάνοντοῦ θεοῦ καὶ πῶς τὸ ἔργον τοῦ θεοῦ τελειοῦται ὑπὸ τοῦ εἰπόντος· « Ὁ πατὴρὁ πέμψας με μείζων μού ἐστιν »; Origène discute les mots de Jésus (Jean 4,34) : τελειώσω αὐτοῦ τὸ ἔργον.La tradition donne εἰ μὲν οὖν τις ... ἐρεῖ pour ὁ μὲν etc., ce qui est uneconjecture faite par Brooke d’après ὁ δέ τις ἐρεῖ (l. 5). Je ne trouve pasqu’elle soit nécessaire, voir plus bas.Preuschen indique, comme l’édition de SCh, une lacune après προστά-ξαντος, et l’ancien éditeur de la Rue (XVIIIe s.) veut rejeter ὅπερ ; si je com-prends bien, le texte des manuscrits court sans interruption, et à mon avis, ilfonctionne bien. Nous pouvons comparer XXXII, § 310 (p. 468, 13) : Νοεί-σθω δὲ ὁ ἄρτος καὶ τὸ ποτήριον τοῖς μὲν ἁπλουστέροις κατὰ τὴν κοινοτέρανπερὶ τῆς εὐχαριστίας ἐκδοχήν, τοῖς δὲ βαθύτερον ἀκούειν μεμαθηκόσιν κατὰτὴν θειοτέραν ... ἐπαγγελίαν· ὡς εἰ ἐν παραδείγματι ἔλεγον etc. La proposi-tion ὡς εἰ etc. est donc rattachée à la proposition précédente d’une manièreassez libre ; l’édition de SCh traduit par « c’est comme si je disais ». Com-parons encore II, § 120 (p. 74, 13) : ὡς εἰ καὶ ἐλέγομεν ἐπὶ ἑτέρουπαραδείγματος τοιοῦτον· οὐ φωτιεῖ πᾶς λύχνος ἐνώπιον ἡλίου : « comme sinous disions ».Il s’agit de comprendre le mot τελειοῦν dans Jean 4, 34 τελειώσω αὐτοῦτὸ ἔργον. La construction est comme suit : si quelqu’un dira (εἰ μὲν οὖν τις... ἐρεῖ) que (à savoir : accomplir) l’œuvre commandée ..., c’est comme sinous disions par exemple que les constructeurs déclarent accomplir ce pourquoi ils sont engagés ... , mais (si) quelqu’un d’autre dira (ὁ δέ τις ἐρεῖ) que,si l’œuvre de Dieu est rendue parfaite par le Christ, il est clair qu’elle étaitimparfaite avant d’être parfaite ; (suit l’apodose) comment donc cette œuvreétait-elle imparfaite, étant une œuvre de Dieu, et comment cette œuvre deDieu est-elle rendue parfaite par quelqu’un qui se dit inférieur à Dieu ? XIII, § 285 (p. 269, 11) : Ποσαχῶς ὁ θερισμὸς ἐν τῇ γραφῇ λέγεται καὶ ἐφ’ὅσων τάσσεται νομίζω ἀναγκαῖον εἶναι παραθέσθαι, ἵνα κατὰ τὸ δυνατὸνἡμῖν καθοραθέντος τοῦ σημαινομένου δυνηθῶμεν ἐνθάδε ἰδεῖν ἐπὶ τίνος τῶνπλειόνων τέτακται ἡ λέξις. καθοραθέντες est une proposition de Wendland,acceptée par Preuschen et Blanc, la tradition donnant καθαρθέντος. Cepen-dant, je voudrais bien garder la leçon de la tradition. Cf. II, § 195 (p. 90) oùOrigène parle de Jean (φωνή) et le Christ (λόγος) : (l. 6) ἀνθρώποις γὰρ ὑπὸ 114 115 φωνῆς καθαίρεται λόγος, τῇ φύσει τοῦ λόγου καθαίροντος πᾶσαν τὴνσημαίνουσαν. Là, καθαίρω a le sens de « clarifier », « expliquer ». Compa-rons aussi XIII, § 428 (p. 293, 10) : καθορῶντα γὰρ ἔδει τὸ σημαινόμενονμετ’ ἐπισκέψεως καὶ ἀκριβείας ἰδεῖν εἰ ..., où la tradition donne καθαρὰν τὰ,changé par Huet186 en καθορῶντα. Là aussi, je pense qu’il faut partir deκαθαίρω et lire καθαίροντα. XIII, § 428 (p. 293, 10). Voir la remarque précédente. XIX, § 2 (p. 298, 11) : Πλὴν καὶ τοῖς Ἱεροσολυμίταις διὰ τῶν προτέρων καὶτοῖς φαρισαίοις διὰ τῶν νῦν ἐξεταζομένων φησὶν ὅτι etc. Il faut lireπρότερον. XIX, § 28 (p. 304, 4) : τὴν διὰ τοῦ Ἰησοῦ ἐκκενουμένην παντὶ τῷ κόσμῳχάριν. Tel est la leçon du manuscrit M et de Preuschen. On a, avec raison,fait des conjectures : ἐκχεομένην, ἐκκεχυμένην, la dernière acceptée parBlanc. Une autre serait κεκοινωμένην ; cf. 2 Cor. 13, 13 : ἡ κοινωνία τοῦἁγίου πνεύματος. XIX, § 134 (p. 321, 31) : Ὁ γὰρ πολίτης187 τῶν οὐρανίων ὅρα εἰ ἔστιν μένπως ἐκ τοῦ κόσμου τούτου, οὐ μὴν ἐκ τῶν τοπικῶς κάτω. Les éditions dePreuschen et de Blanc acceptent la conjecture de Wendland, qui voulaitοὐρανίων au lieu de σωμάτων de la tradition. Je crois qu’il faut laisserσωμάτων. Toutes les choses corporelles sont de ce monde, même celles enposition très haute ; qu’on pense au plus fin des éléments et au firmament.Cf. peu après : καὶ γὰρ πᾶς ὁ τῶν βλεπομένων πολίτης καὶ παρερχομένωνκαὶ προσκαίρων ἐκ τῶν κάτω ἐστίν, κἂν ἐν συγκρίσει τόπων ἐκ τῶν ἀνωτάτωτυγχάνῃ. XX, § 172 (p. 353, 9) : <οὐ> μέντοι γε ὁ συναγορεύων τῷ εἶναί τινα τοῦδιαβόλου πατέρα. Le manuscrit M présente μέντοι γε ὁ συναγορεύων,changé par Wendland et Preuschen en <οὐ>188 μέντοι γε ὁ συναγορεύων,tandis que Blanc n’accepte pas la négation et donne le texte Ὁ μέντοι γεσυναγορεύων. Quant au contexte, Blanc a raison. Origène discute Jean 8,44 : est-ce que ὑμεῖς ἐκ τοῦ πατρὸς τοῦ διαβόλου ἐστὲ veut dire que le diable 186 Ancien éditeur (XVIIe s.)187 Pour πολίτης, cf. note complémentaire VIII, p. 374 de l’édition de SCh, sur πολιτογρα-φηθέντας de XIX, § 136.188 Conjecture facile après ῥητοῦ. 116 a un père, ou bien faut-il interpréter comme : ”votre père, à savoir le dia-ble” ? Origène dit (l. 7) que pour arriver à l’opinion que diable et père sontun, on voudrait bien ôter le premier τοῦ et lire ἐκ πατρὸς τοῦ διαβόλου. Ce-pendant (μέντοι γε), ceux qui pensent que le diable et le père sont deux, aiment bien citer ce qui suit, où Jésus parle du diable et de son père : ψεύστηςἐστὶν καὶ ὁ πατὴρ αὐτοῦ. On peut bien accepter μέντοι γε au début d’uneproposition, voir Liddell-Scott-Jones. Donc, à lire avec le manuscrit : μέντοιγε ὁ συναγορεύων. XX, § 210 (p. 358, 35) : Οὕτω τοίνυν ἡμῖν παραστησάτωσαν ἰδίωμα τοῦδεξαμένου τύπον κρείττονα ἢ ἐλάττονα ἢ ὑποδεέστερον, καὶ πειραθήτωσανκἂν περιλαλῆσαι τὴν τῶν δεξαμένων ἀνάμαξιν τῶν τύπων παραπλησίωςδιάφορον οὐσίαν. Origène pense que les hommes sont tous de la même sub -stance, οὐσία. Par contre, ses adversaires, les gnostiques189, voulaient voirdans les hommes deux types, dont la substance serait différente, à savoir lesspirituels et les terrestres (πνευματικοί, χοϊκοί). Origène critique cette idéeen soulignant que les facultés de l’âme sont les mêmes chez tous ; il n’y apas de manières différentes de penser, des types différents de mémoire etc.Les gnostiques rétorquent que le même sceau donne la même empreinte dansl’or, dans l’argent, dans l’étain etc., ces substances étant différentes. Origènerépond190 que l’empreinte est la même mais la substance une autre, si unechose est faite en or et une autre en argent. Dans notre passage il semble direque les adversaires doivent montrer ce qui est spécial pour ce qui a reçu uneempreinte (τύπος) plus forte ou plus faible. Mais les adversaires ne disentpas que l’empreinte est plus forte ou plus faible, ils disent qu’elle est la mêmedans les substances dissemblables, comme l’or, l’argent. Ils doivent montrerla substance différente (τὴν ... διάφορον οὐσίαν) dans ceux qui reçoiventl’empreinte de la même manière (τῶν δεξαμένων τὴν ἀνάμαξιν τῶν τύπωνπαραπλησίως).Je crois qu’il faudrait lire κρεῖττον ἢ ἔλαττον : que les adversaires mon-trent qu’il y a quelque chose de spécial (ἰδίωμα) qui est plus fort (chez lesspirituels) ou plus faible (chez les terrestres). Il leur faut le démontrer, carcomme les facultés de l’âmes sont les mêmes, il faut chercher quelque chosed’autre et de spécial, ἰδίωμα.Comparons § 207, (p. 358, 19) : Παραστησάτωσαν γὰρ παρὰ τὰς δυνάμειςταύτας (les facultés de l’âme, communes à tous) ἑτέραν τινὰ οὐσίαν μὴ 189 Gnostique est, on le sait, un terme moderne.190 Voir § 209 (p. 358, 32). νοοῦσαν μηδὲ διανοουμένην μηδὲ μεμνημένην μηδὲ φαντασιουμένην (lesactivités de ces facultés) ἐν οἷς φασιν εἶναι πνευματικοῖς κρείττονα τῆςνοούσης καὶ διανοουμένης, ἢ ἐν τοῖς χοϊκοῖς ἤτοι ὅμοιαν ἢ χείρονα· οὐδὲγὰρ φήσουσιν κρείττονα. Dans le passage que nous traitons, ἰδίωμα κρεῖττονcorrespond à οὐσίαν κρείττονα. Les gnostiques ne peuvent pas montrer queles hommes spirituels ont un ἰδίωμα κρεῖττον ou une οὐσία κρείττων queles terrestres n’ont pas. XX, § 259 (p. 366, 8) : καὶ εἶπεν οὗτος ἐν σοί. Voici le texte du manuscritM, objet de conjectures. Preuschen écrit καὶ εἶπεν οὗτος [ἐν σοί], Blanc καὶεἶπεν οὗτος † ἐν σοί. Il s’agit d’une citation de I (III) Rois 22, 20, où le Sei-gneur cherche un volontaire pour tromper le roi Achab. Le texte traditionnelest : καὶ εἶπεν οὗτος οὕτως καὶ οὗτος οὕτως. Cependant, la tradition dite lu-cianique présente καὶ εἶπεν οὗτος οὕτως καὶ οὗτος οὕτως καὶ εἶπεν οὐδυνήσῃ καὶ εἶπεν ἐν σοί, dont, semble-t-il, le texte d’Origène est une variantetrès mutilée. Évidemment, les répétitions de οὗτος, de οὕτως et de καὶ εἶπενont causé des sauts du même au même. Ajoutons que ce qui est additionnel(καὶ εἶπεν οὐ δυνήσῃ καὶ εἶπεν ἐν σοί) dans l’autre tradition ne se trouve pasoù on l’attend, car il faudrait le placer à la fin du verset 21, à savoir aprèsκαὶ εἶπεν πρὸς αὐτὸν κύριος Ἐν τίνι; après, le Seigneur ajoute : οὐ δυνήσῃ,et ensuite, l’auteur de l’épisode raconte : καὶ εἶπεν ἐν σοί ; l’esprit, qui sedit prêt à agir, répond : « avec ton aide ».Si l’on compare avec la citation du même texte en Traité des principes 3,2, 1, on trouve là le texte traditionnel dans la traduction de Rufin. On se de-mande si Origène a cité le texte de deux manières, ou si une des citations aété manipulée et en tel cas laquelle, et si la mutilation a eu lieu dans le texted’Origène ou avant. Il se peut qu’Origène ait trouvé le texte comme il estdans M bon et intelligible, mais en tel cas il faut comprendre οὗτος comme« l’un ou l’autre »191 et ponctuer καὶ εἶπεν οὗτος· ἐν σοί. Il faudrait laisserle texte du manuscrit et placer la discussion dans l’apparat critique. XXVIII, § 17 (p. 392, 1) : καλὸν οὖν τὸ μηδὲν γενέσθαι μεταξὺ τῆς Ἰησοῦπροστάξεως καὶ τοῦ ἀπὸ τῶν προστασσομένων, περὶ ὧν Ἰησοῦς ἐκέλευσεν,ἔργου. Le manuscrit M donne ἔργων, corrigé en ἔργου dans le manuscrit V.Il est bien probable que τῶν προστασσομένων a influencé ce qui suit, et qu’ilfaudrait lire περὶ οὗ Ἰησοῦς ἐκέλευσεν ἔργου, avec une construction cou-rante ; cf. par exemple XIII, § 227 μεῖζόν ἐστιν ὃ εἶχεν βρῶμα φαγεῖν. Le 117 191 Voir Jerker Blomqvist, οὗτος = der oder der, dans Glotta 51, 1973, 79-91. 118 commandement de Jésus concernait l’action d’enlever la pierre de la tombede Lazare. XXVIII, § 57 (p. 398, 5). La tradition donne : ὅτε ἔστιν ἰδεῖν τὸν ἀκολο-θοῦντα τῷ Ἰησοῦ τίνα τρόπον ὁ τοιοῦτος ἐξέρχεται (sc. Lazare) etc. Preu-schen fait commencer la proposition par ὅτε, ce qui lui est reproché parKoetschau192 : ὅτε ne peut commencer qu’une proposition subordonnée, ilfaut donc changer en τότε, ce qu’écrit Blanc. Mieux vaut mettre une virguleet non pas un point avant ὅτε. En fait, ὅτε veut souvent dire quelque chosecomme « et alors », « c’est alors que », précédé par la proposition principale.Donc : (« Jésus cria d’une voix forte,) et alors le disciple de Jésus put voircomment ... ».193 Il semble que les grandes grammaires n’aient pas observécette tournure. Quelques exemples en sont VI, § 231 (p. 153, 31) : Καὶ τοῖςἱερεῦσι μετὰ τῆς κιβωτοῦ τῆς διαθήκης κελεύει προπορεύεσθαι ἔμπροσθεντοῦ λαοῦ, ὅτε καὶ τὸ μυστήριον τῆς τοῦ πατρὸς πρὸς τὸν υἱὸν οἰκονομίαςἐμφαίνεται; XIII, § 10 (p. 227, 30 : Ἀλλὰ καὶ ὕδατος ἀποροῦντες καὶδιψῶντες διεγόγγυζον κατὰ Μωσέως· « Τί πιόμεθα; » ὅτε « ἐβόησεν Μωσῆςπρὸς κύριον ...» ; XIX, § 64 (p. 310, 15) : Μετά δέ τοῦτον τὸν λόγον ...Ἰησοῦς ἐκρύβη καὶ ἐξῆλθεν ἐκ τοῦ ἱεροῦ, ὅτε παράγων εἶδεν τὸν ἀπὸγενετῆς τυφλόν194. Souvent, ce ὅτε est mis après une citation biblique etmontre ce qui suit, comme plus haut XIII, § 10 (p. 227, 32) ; ajoutez parexemple I, § 243 (p. 156, 5) ; VI, § 289 (p. 165, 9) ; XIII, § 52 (p. 233, 29) ;XIII, § 169 (p. 252, 22) ; XIII, § 253 (p. 264, 17) ; XIX, § 105 (p. 317, 20). XXVIII, § 154 (p. 412, 18) : καὶ συγχρήσεται τῷ « Ὅπως χάριτι – ἢ χωρὶς– θεοῦ ὑπὲρ παντὸς γεύσεται θανάτου ». Le grec d’Hébr. 2, 9 donne les va-riantes χάριτι θεοῦ et χωρὶς θεοῦ. Il est évident qu’Origène a connu les deuxleçons et que χωρὶς n’est pas une insertion venant d’un copiste ou lecteur,car il cite et commente le passage en I, § 255 ( p. 45, 19), en tenant comptedes deux variantes. Pour lui, le point important est que Jésus est mort pourtous sauf pour Dieu. Comment donc comprendre XXXII, § 354 (p. 474, 12) :Νῦν οὖν, ὅτε ἡ οἰκονομία τοῦ ὑπὲρ πάντων πάθους τοῦ υἱοῦ τοῦ ἀνθρώπουγίνεται οὐ χωρὶς θεοῦ ? Dans la note correspondante, Blanc veut expliquerοὐ χωρὶς θεοῦ par le fait qu’Origène se souvient d’un passage de Paul, à sa- 192 P. 68.193 Pour VI, § 243 (p. 156, 5), les éditeurs ont aussi péché contre le manuel scolaire, en met-tant un point avant ὅτε.194 Blanc : « Ce fut alors qu’il vit ... ». XXVIII, § 184 (p. 416, 5) dans la traduction de Blanc :« c’est alors que ». voir 2 Cor. 5, 19, qui parle de Dieu comme présent dans le Christ. À monavis, il faut rejeter οὐ ; on n’a pas compris qu’Origène rattache ὑπὲρ πάντωνà χωρὶς θεοῦ, et on a pensé que sûrement, l’économie divine ne se fait passans Dieu. Cf. encore XXVIII, § 163 (p. 413, 28) : μόνου Ἰησοῦ τὸ πάντωντῆς ἁμαρτίας φορτίον ἐν τῷ ὑπὲρ τῶν ὅλων χωρὶς θεοῦ σταυρῷ ἀναλαβεῖνεἰς ἑαυτὸν ... δεδυνημένου. XXVIII, § 214 (p. 420, 22) : ἀπὸ δὲ τῶν ἐθνῶν « ἔρημον ἔθετο εἰς λίμναςὑδάτων », καὶ « γῆν ἄνυδρον αὐτῶν γῆν εἰς διεξόδους ὑδάτων ». Les cita-tions viennent de Ps. 106, 35. Klostermann ( p. 281) a proposé τὴν pour lepremier γῆν, ce qui est accepté par Blanc et Corsini. Mais le texte de la Sep-tante est (ἔθετο) γῆν ἄνυδρον εἰς διεξόδους ὑδάτων. Il est donc au moinsaussi possible de rejeter le second γῆν et établir le texte selon la Septante. Ilest probable que les traditions latines (terram sine aqua in exitus aquarum)de ce psaume remontent à ce texte. XXXII, § 263 (p. 461, 18) : Εἴπερ δὲ ἃ ἐλάλει ῥήματα ὁ Ἰησοῦς πνεῦμάἐστιν καὶ οὐ γράμμα, δι’ ὅλων ζωή ἐστιν καὶ οὐδαμῶς θάνατος, καὶ μιμού-μενος αὐτὸν ὁ μαθητὴς ὃν ἠγάπα πνεῦμα καὶ ζωὴν ἀναγράφει, ἀκουστέονetc. Koetschau195 a sans doute raison en comprenant ἀκουστέον etc. commela proposition principale après deux membres coordonnés : Εἴπερ ... ὁἸησοῦς ..., καὶ μιμούμενος αὐτὸν ὁ μαθητὴς ... : cf. dans les deux membresle parallèle πνεῦμα/ζωή(ν). Il veut donc subordonner la proposition δι’ ὅλωνetc. en proposant δι’ ὧν ὅλων. Pourquoi pas plus simplement δι’ ὧν, « parceque », pour δι’ ὅλων ? XXXII, § 285 (p. 464, 29) : ἧς (sc. τῆς εἰρήνης) ἀφαιρεθείσης ὁ ἐπιτηρῶν(sc. ὁ διάβολος) καιροὺς τῆς εἰς τὴν ψυχὴν εἰσόδου αὐτοῦ, καὶ τὸν διδόντααὐτῷ τόπον εἰσελθεῖν, εἰς τὸν Ἰούδαν <εἰσῆλθεν>. εἰσῆλθεν ne se trouvepas dans le manuscrit M, mais est ajouté dans V, suivi par les éditeurs. Laleçon de V peut bien être une conjecture. Je propose qu’on lise εἰσῆλθεν aulieu d’ εἰσελθεῖν, sans la conjecture <εἰσῆλθεν>. XXXII, § 286 (p. 464, 31). Nous trouvons dans la proposition Ἅμα δὲπαρατήρει etc. premièrement ὅτι πρότερον μὲν οὐκ εἰσῆλθεν ὁ Σατανᾶς etc.,ensuite un parallèle introduit par κατὰ δὲ τὰ νῦν ἐξεταζόμενα. Le verbe dela proposition suivante est dans le manuscrit M un infinitif, εἰσελθεῖν, changépar les éditeurs en εἰσῆλθεν, évidemment pour qu’on ait un parallélisme 119 195 P. 48. 120 εἰσῆλθεν/εἰσῆλθεν. Je crois qu’il faut plutôt supposer une légère anacolutheet garder εἰσελθεῖν. XXXII, § 290 (p. 465, 17) : ἀλλ’ ᾗ φησί γε. Il faut lire ἀλλ’ ἢ. La différenceentre ἀλλά et ἀλλ’ ἤ est mince, souvent non-existante. Blass-Debrunner(§ 448, 8) donne un exposé des expressions comme ἀλλ’ ἤ, εἰ μή, ἀλλ’ εἰ μή.Cf. par exemple Justin Martyr, Apologia minor 4 (3), 2 : οὐκ εἰκῇ τὸν κόσμονπεποιηκέναι τὸν θεὸν δεδιδάγμεθα, ἀλλ’ ἢ διὰ τὸ ἀνθρώπειον γένος. XXXII, § 354 (p. 474, 12). Voir la remarque sur XXVIII, § 154 (p. 412, 18). XXXII, § 377 (p. 477, 16) : τούτου γὰρ ἕνεκεν <οὐκ> ἐκωλύετο εἶναι καὶμετὰ τῶν μαθητῶν ὁ εἰπών· « Ὅπου δύο ἢ τρεῖς συνηγμένοι εἰς τὸ ἐμὸνὄνομα, καὶ ἐγώ εἰμι ἐν μέσῳ αὐτῶν »196. Les éditions ont toujours présentél’ancienne conjecture <οὐκ>, faite par Ambrosius Ferrarius (Ambrogio Fer-rari) au XVIe siècle. Je ne crois pas qu’elle soit correcte. Le contexte, quipart de Jean 13, 33 : ἔτι μικρὸν μεθ’ ἡμῶν εἰμι, dit qu’une interprétation simple serait que le Christ, arrêté, condamné, mort dans le cœur de la terre,ne serait plus avec les disciples. Une interprétation plus profonde veut dire :il était absent, non pas parce qu’il n’était pas avec les disciples corporelle-ment (l. 14 : οὐ μὴ παρεῖναι αὐτοῖς κατὰ σάρκα etc.), comme le veut une in-terprétation simple ; selon une telle manière (simple) de comprendre (τούτουγὰρ ἕνεκεν), le Christ était empêché d’être même avec les disciples (observezκαὶ avant μετὰ τῶν μαθητῶν), lui qui avait dit «« Ὅπου δύο ἢ τρεῖς ... ».L’interprétation plus profonde indique qu’il ne serait là qu’avec les dignes ;voir la fin du § 377. La discussion continue, § 378 : contre une telle expli-cation (la plus profonde) on pourrait objecter, etc. Commentaire sur l’Évangile selon MatthieuPour les livres X-XI, le point de départ est l’édition de SCh, pour les livresXII-XVII l’édition de GCS. Cependant, comme le texte de l’édition de SChest basé sur celui de GCS et ne présente pas d’apparat critique, il faut tou-jours consulter l’édition de GCS. Les deux manuscrits principaux, étroite-ment apparentés mais indépendants l’un de l’autre, sont M, Monacensis gr.191 (XIIIe s.), et H, Cantabrigensis Coll. S. Trin. 194-B-8-10 (XIVe s.). 196 Matth. 18, 20. La relation entre les textes grecs et les traductions latines est compliquéeet discutée.197 On ne peut pas dire qu’il faut toujours suivre l’une ou l’autretradition. Il peut se trouver des additions, des omissions, des changementsdans le grec comme dans le latin. Cependant, considérant la nature libre destraductions de l’époque, on ne doit pas s’éloigner du texte grec plus que né-cessaire. Je pars de la tradition grecque et ne discute la tradition latine quelorsqu’elle montre une bonne leçon contre le texte grec. X, 1, l. 24 εἴπερ βουλόμεθα μὴ ὡς ὄχλοι ἀκούειν τοῦ Ἰησοῦ οὓς ἀφιεὶς [καὶ]ἔρχεται εἰς τὴν οἰκίαν198. La tradition donne ἀφίησι καὶ, ce qu’il faut garder.On trouve chez Origène des expressions comme Hom. Jér. XIX, 15, l. 55 ὁθεὸς ἐπὶ σωτηρίᾳ ἀπατᾷ καὶ λέγει, ibid. l. 68 τολμῶ καὶ λέγω. X, 4, l. 30 οἵτινες λέγουσι καὶ γενικωτάτην εἶναι τὴν ὁρμὴν πολλῶν εἰδῶν<περιεκτικήν>, ὥσπερ καὶ ἀφορμῆς καὶ ὁρμῆς. L’addition de περιεκτικήνest faite d’après une chaîne199, mais je me demande si elle est nécessaire ; ilfaut comparer l. 26 Τάχα δὲ καὶ ἡ ὁμοίωσις γενικωτάτη οὖσα τῆς παραβολῆςἔχει ἐν εἴδει, ὥσπερ τὴν παραβολήν, οὕτω καὶ ὁμώνυμον τῷ γενικῷ τὴνὁμοίωσιν. La notion ὁρμή est γενικωτάτη πολλῶν εἰδῶν ; elle désigne legenre (γένος) et elle a la signification la plus étendue, comparée à beaucoupd’espèces (εἴδη) subordonnées. De même, ὁμοίωσις a la signification la plusétendue comparée à celle de παραβολή. Sous le genre ὁρμή se trouvent deuxespèces, ἀφορμή et ὁρμή, dont la deuxième s’appelle comme le genre ; demême, sous ὁμοίωσις il y a deux espèces, παραβολή et ὁμοίωσις, dont ladeuxième est homonyme avec le nom du genre. On s’attend peut-être àὁμοίωσις γενικωτέρα (pour γενικωτάτη) οὖσα τῆς παραβολῆς, car le super-latif est peu logique et la confusion entre comparatif et superlatif est des plusfréquentes. Cependant, je crois qu’il faut accepter le superlatif comme dési-gnant la plus haute position dans la comparaison. X, 6, l. 1 ζητήσεις πότερον ἡ βασιλεία τῶν οὐρανῶν μόνῳ τῷ θησαυρῷὡμοίωται τῷ κεκρυμμένῳ ἐν τῷ ἀγρῷ200, ὡς ἄλλον νοεῖν τῆς βασιλείας τὸνἀγρόν, ἢ ὅλῳ τούτῳ ὡμοίωται <τῷ ἀγρῷ καὶ τῷ> θησαυρῷ κεκρυμμένῳ ἐντῷ ἀγρῷ, ὡς τὴν τῶν οὐρανῶν βασιλείαν εἶναι κατὰ τὴν ὁμοίωσιν καὶ τὸνἀγρὸν καὶ τὸν κεκρυμμένον ἐν τῷ ἀγρῷ θησαυρόν. L’addition de τῷ ἀγρῷ 121 197 Voir par exemple Littérature, p. 219, Hammond et Vogt.198 Matth. 13, 36.199 Voir Littérature, p. 219, Klostermann, E., Benz, E., pp. 32-33.200 Matth. 13, 44. καὶ τῷ est peut-être correcte, mais elle donne un texte assez lourd avec uneexplication (ὡς etc.) qui n’est qu’une répétition superflue, bien qu’il failleaccepter qu’Origène est souvent prolixe. Peut-être faut-il voir dans ὡμοίωταιθησαυρῷ κεκρυμμένῳ ἐν τῷ ἀγρῷ des manuscrits seulement une dittogra-phie du précédent θησαυρῷ ὡμοίωται τῷ κεκρυμμένῳ ἐν τῷ ἀγρῷ. Ainsi,ὡς etc. est une explication nécessaire de ὅλῳ τούτῳ. X, 12, l. 25 εἰς τὴν θάλασσαν201, τὸν πανταχοῦ τῆς οἰκουμένης τῶνἀνθρώπων κυματούμενον βίον, * * * καὶ ἐν τοῖς ἁλμυροῖς πράγμασι τοῦβίου νηχομένων. La tradition porte νηχόμενον, mais cette leçon est impos-sible, car on ne peut pas la rattacher à βίον. On a proposé de lire quelquechose comme ἄνω καὶ κάτω φερομένων avant καὶ. Il est tentant de proposerκυματουμένων et de le coordonner par καὶ avec νηχομένων ; ainsi, on évi-terait de supposer une lacune. Une telle leçon n’est pas à priori impossible ;cf. Comm. Jean VI, § 2 ἡ ψυχή, πάσης ταραχῆς ἀλλοτριουμένη καὶ οὐδαμῶςκυματουμένη. Cependant, nous trouvons dans Scholia in Matthaeum202Θάλασσα, ὁ κυματούμενος τῶν ἀνθρώπων βίος. Une autre solution est doncde rattacher κυματούμενον à βίον et lire νηχομένων, mais alors il faut sup-primer καὶ. X, 16, l. 37. Matthieu dit203 que Jésus allait dans sa patrie, mais Origèneconstate que les évangélistes ne disent pas s’il s’agit de Nazareth ou de Beth-léem : πατρίδα δὲ ὠνομάκασι διά τι μυστικῶς ἐν τῷ τόπῳ περὶ τῆς πατρίδοςαὐτοῦ δηλούμενον ὅλης <οὔσης> τῆς Ἰουδαίας. Cf. l. 44 Ἰησοῦς ἐν μὲν τῇἰδίᾳ πατρίδι τιμὴν οὐκ εἶχε, παρὰ δὲ τοῖς ξένοις « τῶν διαθηκῶν »204 τιμᾶται,τοῖς ἔθνεσι. De même, une explication est rattachée directement, sans uneforme de εἶναι, sans τοῦτ’ ἔστι etc., par exemple en X, 23, l. 3 ἀνεχώρησενεἰς ἔρημον τόπον205, τὰ ἔθνη ; ibid. 23, l. 36 « ἢ τῆς ἔχούσης τὸν ἄνδρα »206,τὸν νόμον ; XI, 17, l. 32 τὰ πρόβατα τὰ ἀπολωλότα οἴκου Ἰσραήλ207, γένοςψυχῶν διορατικῶν ἀπολωλός ; XI, 18, l. 31 τοῦ Ἰησοῦ σώματος, τῆς ἐκκλη-σίας. Il faut donc lire et ponctuer : … τῆς πατρίδος αὐτοῦ δηλούμενον, ὅληςτῆς Ἰουδαίας. 122 201 Matth. 13, 47.202 PG 17, col. 296, l. 56, cité selon TLG.203 Matth. 13, 53.204 Cf. Eph. 2, 12.205 Matth. 14, 13.206 Gal. 4, 27; Is. 54, 1.207 Matth. 15, 24. Ce qu’il y a de mystique dans l’expression τῆς πατρίδος est qu’en s’ex-primant ainsi, l’évangéliste indique d’une manière cachée qu’il s’agit detoute la Judée et des juifs en général, hostiles à Jésus-Christ. Cf. X, 18, l. 13Χρὴ γὰρ πατρίδα νομίζειν αὐτῶν τὴν Ἰουδαίαν καὶ συγγενεῖς τὸν Ἰσραὴλἐκεῖνον : il s’agit des prophètes qui ne sont pas méprisés dans leur patrie, si« patrie » veut dire leur ville ou village, mais qui le sont, si « patrie » veutdire toute la Judée. X, 17, l. 54 Καὶ γὰρ ἀλλαχοῦ λέγουσι· « Πῶς οὗτος γράμματα οἶδε μὴ με-μαθηκώς; »208 ὧν παραπλήσιόν ἐστι καὶ τὸ ἐνταῦθα209 λεγόμενον. Le plurielὧν étonne, car il n’a pas d’antécédent, et ailleurs dans Comm. Matth., πα-ραπλήσιος se construit avec le datif ; il faut lire ᾧ, « ce passage ». Il se peutque sans y penser, un copiste ait mis ὧν après γράμματα, bien qu’il n’y aitpas de rapport entre les deux mots. X, 19, l. 43 οὕτω δὴ. Les manuscrits donnent οὕτω δὲ, ce qu’il faut accepteraprès ὥσπερ en l. 35. Après ὥσπερ, ὡς et καθάπερ, nous trouvons souventοὕτω δέ chez Clément d’Alexandrie.210 La construction, légèrement anaco-lutique, doit être moins fréquente chez Origène, mais on la trouve en ContreCelse IV, 40, l. 8 Ὡς γὰρ περὶ τούτου ... ἀπολογοῦνται οὐ δι’ ὀλίγων οὐδὲδιὰ εὐκαταφρονήτων, οὕτω δὲ καὶ περὶ τοῦ Ἀδὰμ ... φιλοσοφήσουσιν. X, 19, l. 53 … ἢ « τέλειος » ἐν δικαιοσύνῃ καὶ ταῖς λοιπαῖς ἀρεταῖς, « τῆςἀπὸ σοῦ » δικαιοσύνης <ἀπούσης> καὶ τῶν ἀπὸ σοῦ λοιπῶν ἀρετῶν « εἰςοὐδὲν λογισθήσεται ». Origène part de Sag. 9, 6 κἂν γάρ τις ᾖ τέλειος ἐνυἱοῖς ἀνθρώπων, τῆς ἀπὸ σοῦ σοφίας ἀπούσης εἰς οὐδὲν λογισθήσεται etdonne deux exemples de qualités (πίστις et σωφροσύνη) qui n’existent paschez l’homme, si Dieu ne les donne pas ; dans ces deux passages parallèlesavec la phrase citée, il y a ἀπούσης. Dans le troisième cas, on peut sûrementsous-entendre ἀπούσης mais on ne doit pas le mettre dans le texte. Voir aussila remarque sur X, 20, l. 57. X, 20, l. 16 καὶ ἦν αὐτὸς ἑτέρῳ ὀνόματι χρώμενος καὶ καλούμενος νῦνἸησοῦς, δεκτικὸς τῶν αὐτῶν δυνάμεων, αἳ πρότερον ἐνήργουν ἐν τῷἸωάννῃ. Les manuscrits portent τῶν αὐτοῦ δυνάμεων, ce qu’il faut garder. 123 208 Jean 7, 15.209 Matth. 13, 54 πόθεν τούτῳ ἡ σοφία αὕτη καὶ αἱ δυνάμεις;210 Pour quelques exemples, voir la remarque sur Stromates III, 82, 4. 124 Tout le contexte porte sur la question de savoir si Jésus était le successeurde Jean le Baptiste et avait reçu les pouvoirs de Jean (αὐτοῦ). X, 20, l. 57 Ψευδὴς μὲν οὖν ὁ τοῦ εἴτε Ἡρώδου λόγος, <ὃς> περὶ τοῦ Ἰησοῦἐστιν ἀναγεγραμμένος, εἴτε ὁ ὑπό τινων εἰρημένος. L’addition ὃς est super-flue. On peut aussi bien ou mieux comprendre ainsi : ψευδὴς μὲν οὖν ὁ τοῦεἴτε Ἡρώδου λόγος περὶ τοῦ Ἰησοῦ ἐστιν ἀναγεγραμμένος, εἴτε ὁ ὑπό τινωνεἰρημένος (sc. ψευδὴς ἐστιν ἀναγεγραμμένος). X, 22, l. 36 Ἔτι δὲ ὅρα τὸν λαὸν παρ’ ᾧ καθαρὰ μὲν καὶ ἀκάθαρταἐξετάζεται βρώματα, καταφρονεῖται δὲ προφητεία ἐπὶ πίνακι211 ἀντὶ ὄψουπροσαγομένη. λαὸν est une conjecture ; la tradition présente λόγον. Il fautretenir λόγον qui, personnifié dans le contexte, règne sur les juifs. Cf. l. 19παρανόμου βασιλεύοντος αὐτῶν λόγου et l. 47 λόγῳ μοχθηρῷ Ἰουδαίωνβασιλεύοντι. De même, à l. 54 il faut garder λόγος au lieu de la conjectureλαὸς : καὶ γὰρ οὐ μετά παρρησίας ἀρνεῖται ὁ νῦν Ἰουδαίων λαὸς τὰςπροφητείας, δυνάμει δὲ καὶ ἐν κρυπτῷ αὐτὰς ἀρνεῖται καὶ ἐλέγχεται αὐταῖςἀπιστῶν. Ce qui est important pour le contexte est δυνάμει δὲ καὶ ἐν κρυπτῷ.Évidemment, la tradition juive (λόγος) ne peut pas nier la prophétie dans lapratique, à savoir ἐνεργείᾳ, le contraire bien connu de δυνάμει, mais elle lefait δυνάμει δὲ καὶ ἐν κρυπτῷ. Encore ne peut elle pas le faire ouvertement,le contraire de ἐν κρυπτῷ. Origène pousse son raisonnement à l’extrême, enniant que la prophétie ait une place dans la tradition juive. La raison en estsans doute que les juifs n’ont pas compris les prophéties qui prédisent leChrist, et par conséquent, elles sont comme non-existantes. Cf. X, 23, l. 23ἐπιβουλευθείσης παρὰ Ἰουδαίοις τῆς προφητείας καὶ ἀναιρεθείσης. X, 22, l. 54. Voir la remarque précédente. XI, 1, l. 8 Τ Τάχα δὲ τοῦτο ἔλεγον (sc. οἱ μαθηταί), ἀναφέροντες τὸν λόγον,καὶ διὰ τὸ τὸν Ἰωάννην ἀνακεκεφαλίσθαι καὶ τὸν νόμον καὶ τοὺς προφήτας,οἱ ἦσαν μέχρι Ἰωάννου, πεπαῦσθαι. Les éditeurs de GCS et de SCh n’ont pasaccepté une proposition d’indiquer une lacune après ἀναφέροντες τὸν λόγον,mais je pense qu’il est nécessaire de le faire. Il y a beaucoup d’exemples dansle Comm. Matth. de ἀναφέρω avec ἐπί ou εἰς ; cf. aussi par exemple ContreCelse III, 38, l. 7 περὶ ταύτης ἀναφέρω τὸν λόγον ἐπὶ τὸν εἰδότα θεὸν τὰςαἰτίας τῶν ἑκάστῳ μεμερισμένων ἐπιδημοῦντι τῷ βίῳ τῶν ἀνθρώπων ; ibid.VII, 43, l. 20 ἀναφέρων ταῦτα ὁ Ἰησοῦς ἐπὶ τὸ αἰσθητὸν αὐτοῦ. En disant 211 Matth. 14, 8, 11. que l’endroit était désert et l’heure avancée, les disciples faisaient allusionà quelque chose, selon toute apparence au désordre spirituel de la foule aprèsla disparition de Jean le Baptiste et des prophètes. Dans les œuvres d’Origèneles plus volumineuses et conservées en grec, je ne trouve pas d’exemple del’interprétation « éléver le langage » ou « s’exprimer en langage spirituel »,comme l’édition de SCh traduit ἀναφέροντες τὸν λόγον. XI, 1, l. 25. Dans Matth. 14, 15 nous lisons que les disciples voulaient en-voyer la foule chercher de la nourriture dans les villages. Jésus réplique :pensez-vous qu’ils trouveront la nourriture dans les villages plutôt qu’auprèsde moi, et il ajoute : μᾶλλον ἢ ὅτε παραμένουσί μοι. Les manuscrits donnentὅτι, ce qui doit être correct. L’idée est à peu près : le fait qu’ils restent chezmoi, ὅτι παραμένουσί μοι, les aiderait moins ? Dépendant du contexte, nouspouvons trouver ὅτι pour dénoter ce qu’on pense ; cf. XI, 3, l. 3 ἢ γὰρ οἱφαγόντες ἦσαν ἄνδρες πεντακισχίλιοι καὶ οὐδεὶς ἦν ἐν τοῖς ἐσθίουσι παιδίονἢ γυνή, ἢ ὅτι μόνον ἄνδρες πεντακισχίλιοι ἦσαν μὴ ἀριθμουμένων μήτεπαίδων μήτε γυναικῶν. Ici, l’idée est à peu près : ou (nous pensons) queseuls les hommes etc. ; Lettre d’Africanus à Origène212 3, l. 1 suiv. Τῆς γὰρΣουσάννας ἀποθανεῖν κεκελευσμένης, πνεύματι ληφθεὶς ὁ προφήτηςἐξεβόησεν ὡς ἀδίκως ἡ ἀπόφασις ἔχοι. Πρῶτον ὅτι Δανιὴλ ἄλλῳ τρόπῳπροφητεύει … Ἔπειτα … παραδοξότατά πως ἀυτοὺς ἀπελέγχει. Ici, ὅτι nedénote pas ce que Daniel cria mais ce que pense Africanus, à savoir que cen’est pas là la manière de prophétiser de Daniel, ensuite que son argumen-tation contre les coupables est curieuse. XI, 2, l. 5 οὐδὲ (sc. οἱ μαθηταί) θεωροῦντες ὅτι ἕκαστον ἄρτον <ἢ> λόγονὁ Ἰησοῦς λαβὼν εἰς ὅσον βούλεται ἐκτείνει. L’addition de ἢ est une conjec-ture, mais je ne crois pas qu’elle soit correcte. C’est Jésus, pas chaque pain,qui est λόγος, le Verbe. Dans ce contexte, les cinq pains représentent la doc-trine chrétienne, diffusée par les disciples aux foules.213 Probablement, λόγονest une explication erronée, introduite dans le texte. XI, 2, l. 31 οἱ δύο ἰχθύες οὐ ἐφέροντο ὑπὸ τῶν μαθητῶν τῷ Ἰησοῦ. La tra-dition donne τοῦ Ἰησοῦ, ce qu’il faut garder. Origène veut souligner que lespains et les poissons n’étaient pas en la possession des disciples mais se trou-vaient ailleurs, chez un jeune garçon (παιδάριον). Ils n’étaient donc pas près 125 212 Voir Littérature, p. 218, Origène, Philocalie 1-20.213 XI, 2, l. 40. 126 de Jésus ; ils étaient une nourriture ordinaire214 et n’étaient pas encore mar-qués par la puissance du Sauveur. C’est seulement après la bénédiction deJésus qu’ils reçoivent cette puissance surhumaine. XI, 2, l. 59 οὗτοι ἀπὸ τοῦ ἀναβλέψαντος εἰς οὐρανὸν ἐτράφησαν καὶεὐλογήσαντος καὶ κλάσαντος αὐτούς. Cf. Matth. 14, 19 κλάσας ἔδωκεν τοῖςμαθηταῖς τοὺς ἄρτους, οἱ δὲ μαθηταὶ τοῖς ὄχλοις. Il faut lire αὐτοῖς, car lepronom ne se réfère pas aux pains mais aux disciples. XI, 4, l. 52 Καὶ ἐν ἄλλῳ τόπῳ ἀφίησι μὲν « τοὺς ὄχλους », οὐχὶ δὲ τοὺςμαθητάς, καὶ ἔρχεται « εἰς τὴν οἰκίαν »215. Telle est la leçon des éditions,mais il faut retenir l’ordre de mots de la tradition : καὶ ἐν ἄλλῳ τόπῳ ἀφίησιμὲν τοὺς ὄχλους καὶ ἔρχεται εἰς τὴν οἰκίαν, οὐχὶ δὲ τοὺς μαθητάς (sc.ἀφίησι). XI, 4, l. 73. Les éditions supposent une lacune qu’on a voulu combler parun texte établi à peu près comme suit : διαφοραὶ τῶν ὄχλων καὶ τῶν μαθητῶνἸησοῦ φανεραί εἰσιν. Il ne faut pas supposer une lacune. Tout le contexteveut montrer la différence entre les foules et les disciples. L. 57 Ἀλλὰ καὶἐν ἄλλῳ τόπῳ, ἡνίκα ... et l. 65 Ἀλλὰ καὶ ἡνίκα ne sont que d’autres exem-ples de cette différence. Elle est évidente sans l’addition proposée. XI, 5, l. 73 Διόπερ ἐλεήσας αὐτοὺς ὁ λόγος πάντα τὰ παρ’ ἑαυτοῖς πράξαν-τας, ἵνα εἰς τὸ πέραν γένωνται. Il s’agit de Matth. 14, 22 suiv. Les manuscritsdonnent ἑαυτοὺς, qu’il faut garder. Cf. des passages qui montrent que παράavec l’accusatif va bien avec un verbe qui veut dire « faire » ou « se passer »,dans le sens de « chez soi » ou « par sa propre force » : Contre Celse IV, 50,l. 8 ἐπὰν ἐπακούσῃ (sc. ὁ θεός) τῷ παρ’ ἑαυτὸν πάντα ποιήσαντι, où on avoulu changer le texte, mais où le manuscrit important a l’accusatif ; ibid.VII, 42, l. 31 τοῖς ὁμολογοῦσι μετὰ τὸ παρ’ αὐτοὺς ποιεῖν ὅτι δέονται αὐτοῦ(sc. τοῦ θεοῦ) ; De la prière 6, 2, p. 312, l. 29 τούτου ἐπαινετοῦ ἢ ψεκτοῦγινομένου παρ’ ἡμᾶς. XI, 7, l. 21 ἐπεὶ μὴ ἦσαν ὁποία ἡ « αἱμορροοῦσα γυνὴ τὰ δώδεκα ἔτη »καὶ « προσελθοῦσα ὄπισθεν » καὶ ἁψαμένη « τοῦ κρασπέδου τοῦ ἱματίουαὐτοῦ », ὅτι « ἔλεγεν ἐν ἑαυτῇ· εἰ μόνον ἅψομαι τοῦ ἱματίου αὐτοῦ, 214 L. 32 οὐκ ηὔξανον οὐδὲ ἐπλήθυνον οὐδὲ ἐδύναντο τρέφειν πλείονας.215 Matth. 13, 36. σωθήσομαι » 216. ὅτι est une conjecture pour ὅτε des manuscrits. On a pro-bablement compris ὅτι comme causal ; ils n’étaient pas pareils, parce qu’elledisait etc. Mais il faut garder ὅτε, car nous avons plutôt un passage où ontrouve un ὅτε qui fonctionne un peu comme le cum inversum du latin. Lesexemples sont nombreux chez Origène, dont voici deux : Comm. Matth. X,10, l. 4 (ἐστι) καιρὸς μετὰ τὴν συναγωγὴν αὐτῶν (sc. τῶν μαργαριτῶν) τοῦεὑρεῖν ἕνα πολύτιμον μαργαρίτην217, ὅτε καθήκει ἀπελθόντα πωλῆσαι πάνταὅσα τις ἔχε ; X, 11, l. 31 ὁ λόγος εἶπεν· «Ἐξαγαγέτω τὰ ὕδατα ἑρπετὰ ψυχῶνζωσῶν »218, ὅτε καὶ « ἐποίησεν ὁ θεὸς τὰ κήτη τὰ μεγάλα etc. »219. On pour-rait traduire ὅτε ἔλεγεν de notre citation par « en disant ». XI, 7, l. 25 τήρει γὰρ <τὸ σύμφωνον> ἐν τοῖς περὶ τοῦ κρασπέδου τοῦἱματίου αὐτοῦ. Il s’agit des deux passages identiques, Matth. 9, 20 et 14, 36τοῦ κρασπέδου τοῦ ἱματίου αὐτοῦ. Pour τήρει … ἐν τοῖς, je propose τήρειγὰρ ἐν <τού>τοις <τὸ> ; cf. XI, 7, l, 16 Ἐν τούτῳ δὲ τήρει ὅτι ; XVI, 16(GCS 40, p. 526, l. 17) τήρει γὰρ ἐν τούτοις ὅτι ; Philocalie XXVII, 9, l. 18(Robinson p. 252, l. 7) Τήρει γὰρ ἐν τούτοις ὅτι. XI, 9, l. 78. La construction doit être σφόδρα ἀποτρεπτικά ἐστιν … οὐ μόναταῦτα ἀλλὰ καὶ τὰ περὶ τοῦ προδότου Ἰούδα γεγραμμένα. La particule δὲ,ajoutée dans les éditions après μόνα, n’est donc pas une conjecture heureuse. XI, 17, l. 26 σύμβολα δὲ ἦν τὰ τότε τῶν ἀεὶ ὑπὸ τῆς δυνάμεως Ἰησοῦἐπιτελουμένων. Les éditeurs ont mis δὲ au lieu de γὰρ des manuscrits dansle texte. Il faut garder γὰρ. Le contexte est que les guérisons et les résurrec-tions que les évangélistes racontent de Jésus enseignent sur les différentessortes d’âmes de ces personnes rendues à la vie par Jésus. Origène reprendle fil, l. 26 : σύμβολα γὰρ ἦν τὰ τότε etc. : car ces événements sont symbo-liques de ce qui se réalise toujours par la puissance de Jésus. La proposition,l. 23-26, Καὶ πάντα δέ... πιστεύσωσι est plutôt une insertion ; observez καὶ… δέ, « et en outre ». XI, 17, l. 69 « ἐξελέξατο τὰ μωρὰ τοῦ κόσμου, τὸν μὴ Ἰσραὴλ μηδὲ διορα-τικόν, ἵνα καταισχύνῃ τοὺς σοφοὺς »220 τοῦ Ἱσραήλ, καὶ ἐκάλεσε « τὰ μὴ 127 216 Matth. 9, 20-21.217 Matth. 13, 46.218 Gen. 1, 20.219 Gen. 1, 21.220 1 Cor. 1, 27. ὄντα »221, συνετὸν ἔθνος. L’éditeur de SCh discute sa propre proposition delire ἀσύνετον ἔθνος pour συνετὸν ἔθνος de la tradition mais ne veut pas l’ac-cepter. Dans le contexte, συνετὸν sera un oxymoron assez violent après ll.69-70 μωρά et μηδὲ διορατικόν. Le contraste est Israël, nom qui veut direδιορατικός, clairvoyant.222 Il faut considérer que ὄνταἀσύνετον peut donnercomme résultat l’haplographie ὄντασυνετὸν. Je préférerais lire ἀσύνετονἔθνος ; c’est une explication d’un type fréquent chez Origène, voir la re-marque sur X, 16, l. 37 ; ἀσύνετον ἔθνος est aussi bien connu dans la Bible,voir Rom. 10, 19 et Deut. 32, 21. XI, 17, l. 83, 85. Les éditions donnent <ὡς> οὐχ οἷόν τε et οὐδὲν δὴ. Lesmanuscrits n’ont pas ὡς et portent δὲ pour δὴ. Il faut suivre la tradition. Laconstruction est la suivante. Origène demande, l. 80, ce que signifie l’inter-diction de jeter le pain des enfants aux chiens, quand (ἐπεὶ) la situation estcomme il va la décrire : (ζητήσαι δ’ ἄν τις τὸ βούλημα καὶ ταύτης τῆςλέξεως,) ἐπεὶ μέτρου μὲν παρόντος ἄρτωv ὡς μὴ δύνασθαι καὶ τὰ τέκναἐσθίειν ἄρτους καὶ κυνίδια τῆς οἰκίας ἢ κάλλους (sc. παρόντος) ἄρτων εὖεἰργασμένων οὐχ οἷόν τε ... κυνιδίοις δίδοσθαι τροφὴν τὸν ... τῶν τέκνωνἄρτον, οὐδὲν δὲ τοιοῦτον φαίνεται ἐπὶ τῆς Ἰησοῦ δυνάμεως : (où est le pro-blème ?), quand d’une part la quantité de pain étant limitée (μέτρου μὲνπαρόντος, observez μὲν) ou le pain étant d’une haute qualité (κάλλους ἄρτωνεὖ εἰργασμένων) il n’est pas possible de nourrir les chiens avec le pain desenfants, mais de l’autre part (δὲ), cela n’est pas du tout difficile pour la puis-sance de Jésus, (puissance qui peut donner leur part aux enfants comme auxchiens, comme Origène dit ensuite). C’est donc le contraste normal entreμὲν et δὲ. Origène résout le problème dans la suite : dans son existencecomme homme, Jésus a une certaine mesure de puissance, et il lui faut enuser avec économie ; il donne de préférence aux âmes d’élite (les enfants),mais il peut aussi, à cause d’une grande foi, donner à quelqu’un qui n’a pascette qualité, comme à la Chananéenne. XI, 19, l. 42 ὅρα εἰ μὴ διαφέρουσιν οἱ εὐεργετηθέντες ὑπὸ τοῦ Ἰησοῦαὐτόθεν ἐπὶ τῷ εὐεργετῆσαι θρέψαντος αὐτούς * * *. Les éditeurs supposentqu’il y a une lacune à la fin de la proposition. Je ne comprends pas bien pour-quoi il faut le supposer. Origène pense que les participants à la seconde mul-tiplication des pains sont supérieurs à ceux qui étaient présents à la première.Il reprend cette idée dans ce qui suit. La proposition citée dit que Jésus dès 128 221 1 Cor. 1, 28.222 Voir XI, 17, l. 32 τὰ πρόβατα ... οἴκου Ἰσραήλ, γένος ψυχῶν διορατικῶν. le début (αὐτόθεν) les nourrit dans l’intention de montrer sa bienveillance ;ἐπὶ avec le datif, comme souvent, désigne une finalité. La traduction de SChn’indique pas de lacune. XI, 19, l. 55 τάχα δὲ καὶ οἱ ἀναπεσόντες ἐπὶ τὴν γῆν <παρὰ τοὺς ἀνακλιθέν-τες « ἐπί τοῦ χόρτου »>223. Il s’agit d’une comparaison entre Matth. 15, 35et Matth. 14, 19. Les éditions acceptent une addition de Hautsch224, faitepour poursuivre une comparaison entre les participants aux multiplicationsdes pains (voir la remarque precédente) ; ceux qui ont mangé des sept painssont supérieurs à ceux des cinq pains, ceux qui ont mangé de quelques petitspoissons sont supérieurs à ceux des deux poissons. Ainsi, ceux qui se sontlaissés tomber à terre valent mieux, et on voudrait ajouter : que ceux qui sesont étendus sur l’herbe. Mais l’addition n’est pas absolument nécessaire,car la comparaison apparaît peu après : Καὶ τάχα οὗτοι μὲν ἐπιβαίνουσιπάντων τῶν γηΐνων καὶ ἀναπίπτουσιν ἐπ’ αὐτῶν, οἱ δ’ « ἐπὶ τοῦ χόρτου »ἐπὶ μόνης τῆς σαρκὸς αὐτῶν· « πᾶσα » γὰρ « σὰρξ χόρτος »225. Avec l’addition, on rend le texte d’Origène plus clair et plus conséquentqu’il n’est. Il faut à mon avis éviter de tomber dans ce piège. On note quepour Hautsch, le fait que la comparaison apparaît dans ce qui suit sert d’appuià sa conjecture au lieu de la rendre superflue. XII, 1, p. 70, l. 4 τάχα γὰρ ἡ μὲν πρὸς ἀλλήλους αὐτῶν μάχη ἐποίησεν ἂντὸν μὲν Ἡρώδην μὴ εἰς χάριν τοῦ λέγοντος λαοῦ « σταύρου σταύρουαὐτὸν »226 ἀξιοῦν αὐτὸν ἀναιρεθῆναι, τὸν δὲ Πιλᾶτον ῥοπήν τινα ἔχοντα τὴνὑπὲρ τοῦ <ἀπολῦσαι τὸν Ἰησοῦν> μὴ ἂν αὐτὸν καταδεδικάσθαι, συμβαλλο-μένης τῆς πρὸς Ἡρώδην ἔχθρας τῇ πρὸς τὸ ἀπολῦσαι τὸν Ἰησοῦν προϋπαρ-χούσῃ ῥοπῇ. ἡ δέ νομιζομένη φιλία τὸν Ἡρώδην ἰσχυρότερον πρὸς τὴν κατὰτοῦ Ἰησοῦ ἀξίωσιν πεποίηκε παρὰ Πιλᾶτον. On a inséré ἀπολῦσαι τὸνἸησοῦν ou supposé une lacune, et changé πρὸς Πιλᾶτον de la tradition enπαρὰ Πιλᾶτον. Je crois que le passage fonctionne bien sans les changements. Le sens dupassage est : sans se laisser impressionner par les cris du peuple, Hérodeétait d’avis qu’il fallait exécuter Jésus, tandis que Pilate inclinait à ne pas lejuger coupable (il n’y a rien d’impossible dans ῥοπήν τινα ἔχοντα τὴν ὑπὲρ 129 223 L’édition de SCh n’indique pas <παρὰ τοὺς ἀνακλιθέντες ἐπί τοῦ χόρτου> comme uneaddition par conjecture.224 Voir Littérature, p. 219, Hautsch, p. 44-45.225 Is. 40, 6.226 Luc 23, 21 130 τοῦ μὴ ἂν αὐτὸν καταδεδικάσθαι) ; chez Pilate, la haine contre Hérode co -opérait avec sa volonté d’acquitter Jésus (parce qu’il voulait agir contred’Hérode), mais l’amitié (nouvelle) qu’on suppose avec Hérode faisait celui-ci plus fort comparé à Pilate pour l’appréciation défavorable de Jésus (πρὸςτὴν κατὰ τοῦ Ἰησοῦ ἀξίωσιν, observez κατὰ). Il faut donc lire ἰσχυρότερον… πρὸς Πιλᾶτον, avec un πρός qui dénote une comparaison et qui n’a riend’insolite. XII, 6, p. 77, l. 20 (καὶ τοῦτο τηρητέον) ὅτι [τὸ] διαλογιζομένων ἐν ἑαυτοῖςτῶν μαθητῶν καὶ λεγόντων ἄρτους μὴ ἔχειν <τὸ> γνῶναι τοὺς διαλογισμοὺςτὸν Ἰησοῦν ... οὐκ ἀνθρώπινον ἦν. On a donc voulu placer l’article plus prèsde l’infinitif. Cependant, cela n’est pas nécessaire, car chez Origène on peuttrouver une grande distance entre l’article et le mot principal ; Wifstrand227l’a vu et donne des exemples. Encore deux passages :Contre Celse VIII, 52, l. 17 τὴν ἐν αὐτῷ (sc. τῷ κόσμῳ) τεταγμένηνοὐρανοῦ καὶ τῶν ἐν τῇ ἀπλανεῖ κίνησιν τῶν τε φερομένων ἐναντίωςτῇ τοῦ κόσμου κινήσει λεγομένων πλανήτων τάξιν.Philocalie I, 28, l. 5 (Robinson p. 33, l. 15) ἐν τῇ ἀκρῶς μετὰ πάσηςφιλοτιμίας καὶ συναισθήσεως τῆς ἀνθρωπίνης ἀσθενείας τῆς περὶ τὴνκατάληψιν τῆς σοφίας κεκαθαρμένῃ ψυχῇ. XII, 7, p. 78, l. 21 ζητήσαι δ’ ἄν τις πρὸς τὰ τοιαῦτα εἰ μοιχεύει μέν τις « ἐντῂ καρδίᾳ »228 μόνῃ κἂν μὴ τὸ ἔργον τῆς μοιχείας ποιήσῃ, οὐ σωφρονεῖ δὲἐν μόνῃ τῂ καρδίᾳ· τὸ παραπλήσιον δὲ καὶ περὶ τῶν λοιπῶν ποιήσειςἐπαινετῶν.Partant de Matth. 16, 8 τί διαλογίζεσθε ἐν ἑαυτοῖς, ὀλιγόπιστοι; Origènese demande, dans le ch. 7, si l’on doit être blâmé (les disciples sont appelésὀλιγόπιστοι) et puni pour de mauvaises pensées qui ne se réalisent pas. Ilpense qu’en effet, on doit être puni comme si on les avait mises en œuvre.τῶν λοιπῶν veut dire autres actions interdites, comme le vol ou le faux té-moignage229. Evidemment, ces actions ne sont pas louables, et il faut lire<οὐκ> ἐπαινετῶν. XII, 11, p. 88, l. 25. Le contexte est que celui qui, illuminé par Dieu commePierre, confesse que Jésus est le Christ devient une pierre. Origène poursuit,l. 25 ἀπὸ δὲ τούτων ἀφορμὴν λαβὼν φήσεις τοὺς δικαίους παρωνύμους εἶναι 227 Wifstrand II, p. 425 [35], remarque sur VI 61.228 Matth. 5, 28.229 Voir l. 14 suiv. Χριστοῦ τῆς δικαιοσύνης καὶ τοὺς σοφοὺς Χριστοῦ τῆς σοφίας· καὶ οὕτωςποιήσεις ἐπὶ τῶν λοιπῶν αὐτοῦ (sc. Ἰησοῦ) ὀνομάτων παρώνυμα ἐπὶ τοὺςἁγίους. Le juste devient donc juste comme le Christ est juste, le sage devientsage comme le Christ est sage ; ils sont παρώνυμοι. Dans la suite, παρώνυμαἐπὶ τοὺς ἁγίους ne me paraît pas intelligible. Je propose παρωνύμους ἔτιτοὺς ἁγίους, « concernant les autres noms (de Jésus, autres que juste et sage),tu feras aussi les saints homonymes », c’est-à-dire : ils seront par exemplemiséricordieux comme Jésus est miséricordieux.Le difficile παρώνυμα ἐπὶ τοὺς ἁγίους n’a pas de correspondant dans lelatin, où l’on trouve et sic invenies in omnibus reliquis nominibus Christi ;on n’a donc pas traduit ces mots, qui en fait ne sont pas nécessaires pour lecontexte. Je me demande si à l’origine ils existaient, ou si un traducteur, lesayant trouvés difficiles, ne les a pas laissés de côté. XII, 17, p. 108, l. 25. Le contexte est que Jésus voulait réserver la parfaiteconnaissance de sa doctrine pour un temps plus opportun. Origène poursuit :ὅτε ἠδύναντο μαρτυρῆσαι τοῖς ἑωρακόσιν αὐτὸν σταυρούμενον τὰ περὶ τῆςἀναστάσεως αὐτοῦ οἱ ἑωρακότες αὐτὸν σταυρούμενον καὶ ἀναστάντα μα-θηταί : la passion de Jésus et sa resurrection sont mieux attestées par ceuxqui étaient présents. Évidemment, οἱ ἑωρακότες αὐτὸν σταυρούμενον est cor-rect, tandis que τοῖς ἑωρακόσιν αὐτὸν σταυρούμενον n’a pas de sens. La tra-duction latine lit adnuntiare eis qui eum viderant crucifixum de resurrectioneeius ex mortuis d’après τοῖς ἑωρακόσιν αὐτὸν σταυρούμενον et ne connaîtpas la réduplication qui suit dans le texte grec, peut-être pas καὶ ἀναστάνταμαθηταί. Je me demande s’il ne faut pas lire μαρτυρῆσαι τοῖς <μὴ> ἑωρακό-σιν αὐτὸν σταυρούμενον οἱ ἑωρακότες αὐτὸν σταυρούμενον. La faute seraitdonc ancienne, existant déjà dans la traduction latine. Cf. les remarques surXIII, 6, p. 194, l. 28 ; XIV, 5, p. 283, l. 15 ; XIV, 9, p. 296, l. 25 XII, 18, p. 111, l. 6 δέον καὶ « καυχᾶσθαι ἐν τῷ σταυρῷ τοῦ κυρίου ἡμῶνἸησοῦ Χριστοῦ » τὸν καὶ πιστεύοντα καὶ ἐγνωκότα ταῦτα· « δι’ οὗ »Χριστοῦ σταυρουμένου τοῦ κόσμου τῷ πιστεύοντι ἐδειγματίσθησαν καὶἐθριαμβεύθησαν αἱ ἀρχαὶ. Les manuscrits donnent τῷ κόσμῳ, le texte latinper quem crucifixo mundo. En Gal. 6, 14, on lit Ἐμοὶ δὲ μὴ γένοιτοκαυχᾶσθαι εἰ μὴ ἐν τῷ σταυρῷ τοῦ κυρίου ἡμῶν Ἰησοῦ Χριστοῦ δι’ οὗ ἐμοὶκόσμος ἐσταύρωται κἀγὼ κόσμῳ. La citation suit donc de près le texte dePaul, si l’on saute τὸν καὶ πιστεύοντα καὶ ἐγνωκότα ταῦτα, nécessaire aucontexte. Je pense qu’il faut suivre le latin, en lisant, comme l’édition,σταυρουμένου τοῦ κόσμου, et en rejetant, avec le latin et contre l’édition, ledeuxième Χριστοῦ. Il a l’air d’une explication pour indiquer, faussement,qui a été crucifié. Le latin n’a rien de correspondant. 131 XII, 19, p. 111, l. 31 καὶ οὐχ οὕτως ἐλλιπὲς εἶναί μοι φαίνεται τὸ Ἰησοῦνεἰπεῖν τὸν Χριστὸν etc. Après Ἰησοῦν, la tradition grecque donne εἶναι, εἰπεῖνétant une conjecture faite d’après le texte latin. Pourtant, le latin a une autreconstruction, peut-être provoquée par une leçon ἐλλιπὴς : et non sic inutilismihi videtur qui Iesum quidem Christum dicit, tacet autem etc. Ce dicit nedérive pas d’un εἰπεῖν dans le texte grec ; au contraire, on pourrait suppléeresse dans le texte latin. Il faut donc garder εἶναι. XII, 30, p. 135, l. 22 « … ἵνα κομίσηται ἕκαστος τὰ διὰ τοῦ σώματος … ».Le latin donne ut recipiat unusquisque propria corporis. Le texte grec partdonc de la leçon 2 Cor. 5, 10 διὰ, le latin de ἴδια, leçon dominante dans cettetradition-là. XII, 34, p. 147, l. 26 ἀπεφήνατο ὅτι ἤδη καὶ ἐπὶ « πάσας τὰς ἡμέρας »συνεῖναι τοῖς μαθηταῖς ἤμελλεν, οὐ καταλείψων τοὺς μαθητευθέντας αὐτῷ« ἕως τῆς συντελείας τοῦ αἰῶνος »230· οὐ μὴν κατὰ τὰς νύκτας (εἴ τινι ἔδυνενὁ ἥλιος) συνῆν αὐτοῖς. Le latin donne le sens, mais la traduction est troplibre pour être utile : si autem propter hoc quod dixit in diebus cum discipulisse futurum, non et in noctibus, absurdum putamus dicere quoniam in nocti-bus denegavit se cum discipulis suis futurum. On pourrait ponctuer ainsi :… τοῦ αἰῶνος, οὐ μὴν κατὰ τὰς νύκτας (sc. καταλείψων)· εἴ τινι ἔδυνεν ὁἥλιος, συνῆν αὐτοῖς, il ne les abandonnera pas, même pendant la nuit. Maisεἴ τινι peut sembler difficile ; le soleil, ne se couche-t-il pas pour tous ? Maisil faut comprendre εἴ τινι comme ὧτινι ; cf. la remarque sur Clément, Stro-mates VII, 111, 3. XII, 38, p. 155, l. 23 εἴ τις δὲ εἶδε Μωσέως τὴν δόξαν, νοήσας τὸν πνευμα-τικὸν νόμον ὡς ἕνα πρὸς τὸν Ἰησοῦ λόγον, καὶ τὴν ἐν τοῖς προφήταις « ἐνμυστηρίῳ ἀποκεκρυμμένην σοφίαν », εἶδε Μωσῆν καὶ Ἠλίαν « ἐν δόξῃ ».Origène cite 1 Cor. 2, 7 et Luc 9, 31. Les manuscrits M et H portent Ἰησοῦν ;Ἰησοῦ est la leçon d’une chaîne et de la tradition latine qui donne si quisautem231 intellegit spiritalem legem convenientem sermonibus Iesu. Le textegrec est correct : « comprenant la loi spirituelle comme un mot, une expres-sion, qui concerne Jésus, et (comme) la sagesse des prophètes, cachée enmystère », c’est-à-dire : comprenant aussi cette sagesse comme une manièred’exprimer, de dire Jésus. Jésus est la loi spirituelle et la sagesse cachée dansles prophéties ; il les personifie. 132 230 Matth. 28, 20.231 Après autem, l’édition ajoute videt Moysis gloriam et. XIII, 1, p. 173, l. 18 δι’ αἰτίαν <δι’> ἣν ἂν γένοιτο ἐν αὐτῷ232. Il n’est pasnécessaire de répéter la préposition avant le pronom. Quelques passages dansle Nouveau Testament montrent qu’une répétition n’est pas nécessaire :Matth. 24, 50 et Luc 12, 46 ἥξει ὁ κύριος τοῦ δούλου ἐκείνου ἐν ἡμέρᾳ ᾗ οὐπροσδοκᾷ καὶ ἐν ὥρᾳ ᾗ οὐ γινώσκει ; Act. 13, 2 ἀφορίσατε δή μοι τὸνΒαρναβᾶν καὶ Σαῦλον εἰς τὸ ἔργον ὃ προσκέκλημαι αὐτούς, mais aussi parexemple Origène Comm. Matth. X, 14, l. 79 τὸν πλοῦτον τοῦτον ἔχων ἀπο-κείμενον ἐν τῷ αὐτοῦ θησαυρῷ ᾧ θησαυρίζει ; ibid. XVII, 23, p. 646, l. 17περιέποντες τὰ ἴδια καὶ εὐφραινόμενοι μᾶλλον ἐπ’ αὐτοῖς ἢ οἷς ἐπηγγέλλετοδιὰ τῶν ἀποσταλέντων δούλων ὁ βασιλεύς (Matth. 22, 3-6, la parabole dufestin nuptial) ; Clément d’Alexandrie Pédagogue II, II, 29, 1 « μὴ μεθύσκε-σθε ἐν οἶνῳ, ᾧ ἐστιν ἀσωτία πολλή » ; cf. Eph. 5, 18 qui donne ἐν ᾧ. Cf.aussi Orig. Comm. Matth. X, 22, l. 44 Καὶ οὐ διὰ τοῦτο μόνονἀποκεφαλίζεται (sc. Jean le Baptiste), ἀλλά καὶ <διὰ> τοὺς συνανακειμέ-νους233, où je me demande si l’addition de διὰ est nécessaire. XIII, 1, p. 175, l. 4 ᾧ εὕρομεν παρὰ τῷ Ματθαίῳ οὕτως εἰρημένῳ· « ὥσπερδὲ αἱ ἡμέραι τοῦ Νῶε … »234. La tradition dit ὡς εὕρομεν … εἰρημένον, cequ’il faut garder. La conjecture est causée par le précédent συνεξεταζομένουτοῦ « πλὴν ἐλθὼν ὁ υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου <ἆρα> εὑρήσει τὴν πίστιν ἐπὶ τῆςγῆς; »235, qu’on a voulu comparer avec ce qui suit ; il faudrait donc un datif.Mais la comparaison n’est pas entre ces deux passages qui disent en effet àpeu près la même chose : on ne se souciait de rien, on n’avait ni foi ni loi.La comparaison est entre d’un côté l’idée que par la métempsycose236, finale -ment toutes les âmes se purifieraient, et de l’autre les paroles de l’Écriturequi montrent que le Fils, quand il reviendra, trouvera beaucoup de pécheurset de gens sans foi. Avec cette idée de la métempsycose, il faut donc com-parer le passage πλὴν ἐλθὼν etc., et Origène poursuit : « comme nous trou-vons le passage qui dit », ὡς εὕρομεν … εἰρημένον, à savoir : comme noustrouvons un autre passage qui parle contre l’idée malheureuse de la métemp-sycose. XIII, 3, p. 186, l. 23 ἐξεταστέον δὲ ἐπὶ τίνων μὲν νοσημάτων οἱ πάσχοντεςπιστεύουσι καὶ ἀξιοῦσι περὶ τὴς ἰδίας θεραπείας <ἢ αὐτοῦ ἢ «τοῦ κρασπέδου 133 232 Sc. ἡ ψυχὴ ἐν τῷ σώματι. Origène parle de la μετεμψύχωσις, chez lui appelée μετενσω-μάτωσις.233 Matth. 14, 9.234 Matth. 24, 37.235 Luc 18, 8.236 Voir n. 232. 134 τοῦ ἱματίου »237 ἁψάμενοι> ***, ἐπὶ τίνων δὲ *** περὶ αὐτῶν ἕτεροι τοῦτοποιοῦσιν. Ce texte fonctionne bien si on le lit sans l’addition et sans asté-risques. Le texte latin est le suivant : considerandum est autem, in quibusquidem infirmitatibus qui patiuntur credunt et deprecantur pro sua saluteaut tangunt fimbriam vestimenti eius et sanantur, in quibus autem ipsi qui-dem qui patiuntur non faciunt hoc, pro eis autem alii faciunt. En comparantles textes, on a voulu à la fois ajouter une phrase et constater des lacunesdans le texte grec. Mieux vaut laisser le texte comme il est. XIII, 6, p. 193, l. 19 ἡμεῖς δὲ οἱ καὶ τῷ εὐαγγελίῳ πιστεύοντες. Il n’y a rienqui explique ce καὶ, qui probablement n’est qu’une fausse addition. Le textelatin ne le donne pas. XIII, 6, p. 194, l. 28 Εἰκὸς δὲ ὅτι, ὥσπερ τοῦτο τὸ ἐνεργοῦν τὸν καλούμενονσεληνιασμὸν πνεῦμα ἀκάθαρτον ἐπιτηρεῖ τοὺς τῆς σελήνης σχηματισμούς,ἵνα ..., οὕτως καὶ ἄλλα πνεύματα καὶ δαιμόνια πρός τινας σχηματισμοὺς τῶνἄλλων ἀστέρων, ἵνα ...Un verbe manque dans la proposition οὕτως καὶ ἄλλα πνεύματα etc. Ons’attend à quelque chose qui correspond à ἐπιτηρεῖ τοὺς τῆς σελήνηςσχηματισμούς, ce qui pourrait être παρατηρεῖ (pour πρός) τινας σχηματι-σμοὺς τῶν ἄλλων ἀστέρων. On pourrait penser à προστηρεῖ, mais ce verbene semble pas exister chez Origène, tandis que les formes de παρατηρῶ sontfréquentes et la confusion πρός/παρά se trouve souvent. Le texte latin a ob-servat pour ἐπιτηρεῖ et puis insidiantur, mais ce verbe-ci n’est pas bienadapté au contexte et ne peut pas servir de guide. On pourrait aussi sous -entendre ἐπιτηρεῖ, mais alors πρός reste difficile. Il peut donc s’agir d’uneerreur ancienne, existant déjà dans la traduction latine. Cf. plus haut la re-marque sur XII, 17, p. 108, l. 25. XIII, 6, p. 195, l. 21 καὶ οὕτω δυσίατόν ἐστι τὸ νόσημα τοῦτο ὡς etc. οὕτωest une conjecture ; la tradition porte ὅτι. Il faut garder ὅτι, dépendant duprécédent δῆλόν ἐστιν. XIII, 21, p. 238, l. 19. Un homme peut sembler être un disciple du Christ,mais il ne l’est pas, parce qu’il aime trop ce monde : ὡς μὴ ἁρμόζειν αὐτῷτὸ « ἐκ τοῦ κόσμου οὐκ εἰσίν »238, ἀληθῶς ὡς « ἐκ τοῦ κόσμου » ὄντι τούτῳτὸ τῷ κόσμῳ συμβαῖνον οὐαὶ ἀπὸ τῶν σκανδάλων συμβήσεται αὐτῷ. 237 Matth. 9, 20.238 Jean 17, 14, 16. ἀληθῶς est une conjecture pour ἀλλ’ des manuscrits, proposée d’après lelatin qui donne sine dubio. Je crois qu’il faut garder ἀλλ’. ὡς et ἀλλ’ ὡς forment un parallèle, et la version latine peut bien être libre.Autre remarque : τούτῳ est difficile ; il semble de trop, étant donné αὐτῷdans la suite. Je pense qu’il faut lire τοῦτο τὸ τῷ κόσμῳ συμβαῖνον. τούτῳest une faute presque machinale après ὄντι. XIII, 22, p. 241, l. 23 ἵνα μὴ « εἰς Χριστὸν ἁμαρτάνωμεν », πολλάκιςἀπολλυμένων οὐ μόνον τῇ ἡμετέρᾳ « γνώσει » ἀλλὰ καὶ ἄλλοις τισὶ τῶνπερὶ ἡμᾶς ἀδελφῶν, δι’ οὓς « Χριστὸς ἀπέθανεν » ἐφ’ οἷς « εἰς Χριστὸν »ἁμαρτάνοντες τίσομεν δίκας.239 Je pense qu’il faut mettre une virgule après« Χριστὸς ἀπέθανεν », car ἐφ’ οἷς se réfère à ἄλλοις τισὶ, coordonné avec τῇἡμετέρᾳ γνώσει. L’édition suit le texte latin qui, à mon avis, traduit d’unemanière erronée : pro quibus « Christus mortuus est », propter quos … su-bibimus poenas. XIII, 23, p. 242, l. 13. Après avoir dit qu’il est inévitable que les scandalesarrivent, Origène poursuit : ἐπεὶ ἀνάγκη καὶ προϋφεστάναι τὴν κακίαν τῆςἀρετῆς ἐν οὐρανίοις. On a fait la conjecture ἐν οὐρανίοις d’après le latin :malitiam quae est in caelestibus. Les manuscrits grecs portent ἀνθρώποις,abrégé comme ανοις. Que le mal préexisterait aux cieux est une idée trèscurieuse et contredite dans la suite ; voir l. 29 ἡ γὰρ ἐν ταῖς πονηραῖςδυνάμεσι κακία, ἀρχηγικὴ τυγχάνουσα τῆς ἐν ἀνθρώποις κακίας. Il faut donclire ἐν ἀνθρώποις. XIV, 1, p. 276, l. 16 καὶ κυρίως γε ἐν δύο γενικοῖς γίνεται ἡ συμφωνία. J’aidu mal à comprendre γενικοῖς. Il faut lire γενικῶς, γενικοῖς n’étant qu’uneassimilation à ἐν δύο. La forme γενικῶς se trouve souvent chez Origène. Cf.le latin proprie et observez κυρίως/γενικῶς ; Origène discute le vrai sens dumot. Il a montré qu’on peut parler d’une συμφωνία entre plusieurs personnes(comme entre les disciples de Jésus) ou entre plusieurs choses (comme entreles dix cordes du psaltérion), mais généralement, quand on parle deσυμφωνία, il s’agit d’un accord entre deux ; l’exemple qui suit est que doc-trine et manière de vivre doivent concorder. XIV, 5, p. 283, l. 15. Il s’agit de Matth. 18, 21 suiv. : combien de fois faut-il pardonner son frère ? : ἐπεὶ δὲ αἱ κατὰ τὰς μονάδας δεκάδες καὶ 135 239 Pour les citations, voir 1 Cor. 8, 11-12. 136 ἑκατοντάδες λόγον μέν τινα κοινὸν ἀναλογίας ἔχουσι πρὸς τὸν ἐν μονάσινἀριθμόν, ᾔδει δὲ ἐπιτεινόμενόν τινα καὶ <ἐπὶ> πλεῖον <τὰ ἁμαρτήματα>,διὰ τοῦτ’ οἶμαι τὸν Ἰησοῦν προσπαραλαμβάνειν τῷ ἑπτὰ ἀριθμῷ καὶ τὸνἑβδομήκοντα. ᾔδει est une ancienne conjecture pour ἤδη des manuscrits ;au lieu de <ἐπὶ> πλεῖον <τὰ ἁμαρτήματα> de l’édition, les manuscrits por-tent πλείονα. On a voulu corriger le texte grec d’après la version latine quidonne : et sciebat Christus extendere aliquos peccata sua etiam ulterius,propterea etc. pour ᾔδει δὲ ἐπιτεινόμενόν etc.On constate que le latin a déjà lu ᾔδει et qu’on regarde le Christ commele mot principal de ἐπιτεινόμενόν. Mais il est évident qu’une telle interpré-tation n’est pas la bonne. ἐπιτείνω n’a pas cette signification chez Origène ;le mot veut dire « renforcer », « augmenter », et ce qu’on renforce peut êtrela voix (φωνή), la prière (ἔντευξις), mais aussi la parole (λόγος) ; ainsi, Jésusrenforçe ce qu’il a dit.Je crois que la leçon ἤδη est correcte. Le traducteur a déjà vu la fauteᾔδει240 ou a interprété ἤδη comme ᾔδει, et il a pensé que celui qui savait doitêtre le Christ. Il y a une relation entre μονάδες d’un côté et δεκάδες καὶἑκατοντάδες de l’autre, mais il y a aussi un contraste entre λόγον μέν τινακοινὸν, relation « normale », et ἤδη δὲ ἐπιτεινόμενόν τινα καὶ πλείονα, re-lation renforcée. Pourtant, il faut concéder que λόγον ἀναλογίας ἐπιτεινό-μενον n’a pas de parallèle chez Origène. Pour la manière de raisonner, voirScholia in Matthaeum241, notamment ἐπιτείνει : ἐπεὶ ὁ μὲν ἓξ ἀριθμὸςἐργατικὸς καὶ ἐν γενέσει κόσμου, ὁ δὲ ἑπτὰ ἀναπαύσεως· ὁ μὲν τὰ τοῦκόσμου καὶ ὑλικὰ ἀγαπῶν, ἐξαμαρτάνων τέλος ἔχει τὴν ἑβδομάδα· ὅπερνοήσας ὁ Πέτρος, συγχωρεῖν θέλει ἐν τῷ ἑπτά. ὁ δὲ κύριος ἐπιτείνει τοῦτοἐν τῷ αὐτῷ τρόπῳ, ἀναλόγως242 γὰρ μονάδος πρὸς δεκάδας καὶ ἑκατοντάδας,ὡς τὸν ὑπερβάντα τὰ κοσμικὰ μηκέτι ἔχειν ἄφεσιν τῶν ἁμαρτημάτων.Il faudrait donc lire notre passage de la manière suivante : ἤδη δὲἐπιτεινόμενόν τινα (sc. λόγον) καὶ πλείονα, διὰ τοῦτ’ etc. On trouve ἤδη δὲplusieurs fois dans le Comm. Matth., introduisant une addition à ce qu’onvient de dire, mais aussi quelque chose de plus fort, comme XIII, 26, p. 253,l. 8 ὁ δὲ μηδαμῶς ἔτι τοιοῦτος, οὐκέτι μὲν τὸ τῆς « δουλείας »243, ἤδη δὲ τὸτῆς « υἱοθεσίας » (sc. ἔχει πνεῦμα), ou XVI, 5, p. 479, l. 23 δεξιὰ δὲ ὅρα εἰδύνασαι νοῆσαι Χριστοῦ τὰ ἀόρατα ὀνομαζόμενα κτίσματα, ἀριστερὰ δὲ τὰὁρατὰ καὶ σωματικά. ἀλλὰ Χριστὸς μὲν πάντων βασιλεύει· ἤδη δὲ τῶν 240 Cf. la remarque sur XII, 17, p. 108, l. 25.241 PG 17, col. 300, l. 27, cité selon TLG.242 Lisons ἀνὰ λόγον.243 Rom. 8, 15. ἐγγιζόντων αὐτῷ οἱ μὲν κεκλήρωνται τὰ δεξιὰ καὶ νοητά, οἱ δὲ τὰ ἀριστερὰκαὶ αἰσθητά. XIV, 6, p. 288, l. 32. θεὸς ἂν ὑποβάλοι ἐν Χριστῷ ποιῆσαι τὸ ἀρεστὸν αὐτῷ,μόνον ἵνα δοθῇ καὶ περὶ τούτων ὁ « διὰ τοῦ πνεύματος »244 διδόμενος« λόγος σοφίας » ἀπὸ τοῦ θεοῦ. ἵνα δοθῇ est une conjecture ; les manuscritsdonnent ἐὰν δοθείη, à interpréter comme ἐὰν δοθῇ. Un texte latin corres-pondant n’existe pas.On doit sûrement lire ἐὰν δοθῇ. C’est une idée qui revient toujours qu’onne peut pas comprendre le vrai sens de l’Écriture sans l’aide divine. XIV, 7, p. 292, l. 21. Origène parle des débiteurs de Luc 7, 41 qui doivent,l’un cinq cents deniers, l’autre cinquante : ἤτοι ταῦτα πιστευθέντες καὶκακῶς οἰκοδομήσαντες (ἐλάττους τῇ δυνάμει τοῦ τὸ τάλαντονπεπιστευμένου) ἢ *** ὅτι μὲν εἰλήφασιν οὗτοι, οὐ μεμαθήκαμεν, ὅτι δὲτοσοῦτον ὤφειλον, ἀπὸ τῆς παραβολῆς δεδιδάχθαι δοκοῦμεν. L’éditeur pro-pose en hésitant ἐπὶ τόκῳ δανεισάμενοι· καὶ pour combler la lacune suppo-sée. Un texte latin correspondant n’existe pas.On n’a pas besoin des astérisques. Ou l’argent leur a été confié et noussavons par le mot πιστευθέντες qu’ils l’ont reçu, ou nous ne savons pas qu’ilsl’ont reçu (la parabole ne le dit pas), mais nous savons par la parabole qu’ilsdoivent une telle somme. XIV, 9, p. 296, l. 25 ταῦτα δὲ ἡμεῖς μὴ ὡς χρόνου πολλοῦ δεόμενα ...νομίζωμεν λέγεσθαι. Les manuscrits présentent ἡμεῖς μὲν au lieu de ἡμεῖςμὴ. L’éditeur a suivi le latin qui dit : Haec autem non sic dici putamus, quasiopus habentia multo tempore. Il faut suivre le grec, car ainsi on aura un beaucontraste avec ce qui suit, p. 297, l. 6 : τὸ δὲ ἀληθὲς οὐχ οὕτως ἔχει : nous,les hommes, pensons que Dieu a besoin de beaucoup de temps pour toutjuger, mais il n’en est pas ainsi. Origène développe (p. 297, l. 7 suiv.) cetteidée, en montrant que par son pouvoir ineffable, Dieu peut tout faire en unrien de temps. Avec la leçon à mon avis correcte, il faut lire νομίζομεν avecle manuscrit H au lieu de νομίζωμεν du manuscrit M. XIV, 10, p. 298, l. 26. Dans ce passage assez difficile, Origène commentMatth. 18, 23 suiv. (parabole du débiteur impitoyable) : ὁ δὲ (sc. καιρὸς) τοῦσυναίρειν λόγον τὴν ἀρχὴν ἔχει (ἐπινοίᾳ λαμβανόμενον· οὐ γὰρ ἐπιλελήσ - 137 244 1 Cor. 12, 8. 138 μεθα τῶν προειρημένων) ἀπὸ τῶν ὀφειλόντων πλείονα· διόπερ οὐ γέγραπταιμὲν συναίροντος δὲ αὐτοῦ λόγον, εἴρηται δὲ ἀρξαμένου δὲ αὐτοῦ συναίρεινπροσηνέχθη (ἐν τῇ ἀρχῇ τοῦ συναίρειν αὐτὸν λόγον) εἷς ὀφειλέτης πολλῶνταλάντων. Le mot ἀρχὴν est une conjecture, mais dans ce contexte, uneconjecture d’une certitude rare ; les manuscrits donnent αὐτὴν, mais le thèmedu passage est « commencement ». La version latine est confuse, mais il estévident qu’on n’a pas lu ἀρχὴν.Origène a constaté245 que Dieu n’a pas besoin de temps pour agir. Stricte-ment, on ne pourrait donc pas dire qu’il commence. Cependant, si Dieu nedemande pas le compte de ce débiteur (συναίροντος δὲ αὐτοῦ λόγον) maisqu’il commence par le faire (ἀρξαμένου δὲ αὐτοῦ συναίρειν), c’est pour lesignaler comme le plus important celui qui était responsable de beaucoupd’argent. Dans d’autres passages, l’Écriture dit qu’i1 faut commencer puni-tion et jugement ἀπὸ τοῦ οἴκου τοῦ θεοῦ (1 Pierre 4, 17) et ἀπὸ τῶν ἁγίων(Ez. 9, 6), cités peu avant. Le contexte montre que « commencer » n’estqu’une manière de parler, quand il s’agit de Dieu et ses actions.ἐπινοίᾳ λαμβανόμενον veut dire que ἀρχὴν doit être compris mentale-ment, car il n’y a pas de commencement réel ; voir plus haut et la remarquesur XIV, 9, p. 296, l. 25. Ce sens du mot ἐπίνοια est commun, voir par exem-ple :Comm. Matth. XIV, 7, pl. 290, l. 3 βασιλεύων καθ’ ἑκάστην ἐπίνοιαναὐτοῦ τοιοῦτόν τι δηλῶ· βασιλεύων ᾗ δικαιοσύνη ἐστὶ καὶ ᾗ σοφία καὶᾗ ἀλήθεια καὶ αἱ λοιπαὶ ἀρεταί.Contra Celsum II, 64, l. 2 Καὶ ὅτι μὲν τῇ ἐπινοίᾳ πλείονα ἦν, καὶ σαφὲςἐκ τοῦ « Ἐγώ εἰμι ἡ ὁδὸς καὶ ἡ ἀλήθεια καὶ ἡ ζωὴ » καὶ τοῦ « Ἐγώ εἰμιὁ ἄρτος » καὶ τοῦ « Ἐγώ εἰμι ἡ θύρα » καὶ ἄλλων μυρίων.Ibid. VI, 62, l. 27 (Εἰ δ’ ἀνεγνώκει τὰς τῶν προφητῶν λέξεις) ἑώρα ἂνὅτι οὐδεὶς ἡμῶν φησιν εἶναι μεταβολὴν ἐν τῷ θεῷ οὔτ’ ἔργῳ οὔτ’ἐπινοίᾳ.οὐ γὰρ ἐπιλελήσμεθα τῶν προειρημένων ne renvoie pas à p. 290, l. 35 suiv.,comme le veut l’éditeur, mais à p. 296, l. 25 suiv. : on n’a pas oublié queDieu peut tout faire en un moment.Le latin n’aide pas. En effet, on n’a pas compris le contexte. Une erreurflagrante est qu’on a traduit ( … οὐ γὰρ ἐπιλελήσμεθα τῶν προειρημένων)ἀπὸ τῶν ὀφειλόντων πλείονα par : nec enim obliti sumus quae dicta suntsupra de debentibus plura, alors que dans le grec ἀπὸ τῶν ὀφειλόντων dé-pend de τὴν ἀρχὴν ἔχει. 245 XIV, 9, p. 296, 25 suiv. XIV, 11, p. 301, l. 17 ὁ δὲ σπλαγχνισθεὶς ἐπ’ αὐτῷ κύριος (οὐκ ἐπὶ τῷἀπολαβεῖν ἐκ τοῦ μακροθυμεῖν) τότε ἀφῆκεν αὐτόν <οὐ> μόνον, ἀλλὰ καὶπαντελῶς ἀπέλυσε. L’éditeur n’a pas retenu l’addition proposée de ἀλλ’après ἀπολαβεῖν, mais il a ajouté οὐ dans le texte. Il n’y a pas de texte latincorrespondant.Je crois qu’il faut ponctuer autrement et faire sans la négation : ὁ δὲσπλαγχνισθεὶς ἐπ’ αὐτῷ κύριος οὐκ ἐπὶ τῷ ἀπολαβεῖν· ἐκ τοῦ μακροθυμεῖντότε ἀφῆκεν αὐτόν μόνον, ἀλλὰ καὶ παντελῶς ἀπέλυσε : ce n’était pas dansl’espoir de ravoir son argent (οὐκ ἐπὶ τῷ ἀπολαβεῖν) ; c’était seulement parsa magnanimité qu’il l’a libéré, et même parfaitement. L’addition de ἀλλ’donne le bon sens mais n’est pas nécessaire. XIV, 12, p. 304, l. 8 ἁπαξαπλῶς δὲ χρὴ φρονεῖν περὶ πάσης παραβολῆς, ἧςμὴ ἀναγέγραπται ἡ διήγησις ὑπὸ τῶν εὐαγγελιστῶν, ὅτι καὶ Ἰησοῦς « τοῖςἰδίοις μαθηταῖς κατ’ ἰδίαν ἐπέλυε πάντα »246. Les manuscrits ne portent pasὅτι mais εἰ, qu’il faut garder. Il n’est pas rare qu’on trouve εἰ où on s’attendà ὅτι. Voici quelques exemples : Comm. Matth. XII, 15, p. 105, l. 6 εἰ δὲ ὑγιῶς ἡμῖν ταῦτα εἴρηται,ἐπιστήσεις εἰ οἱ δώδεκα πρότερον μὲν ἐπίστευον οὐκ ἐγίνωσκον δέ,ἑξῆς δὲ τῷ πιστεύειν καὶ ἀρχὰς εἶχον τοῦ γινώσκειν.Contre Celse I, 61, l. 1 Εἰ δ’ Ἡρώδης ἐπεβούλευσε τῷ γεννηθέντι ...,οὐ θαυμαστόν.Traité des principes IV, 1, 5, l. 151 οὐκ ἀπιστήσομεν εἰ καὶ τεράστιαπεποιήκασιν, ἐπιμαρτυροῦντος τοῦ θεοῦ τοῖς λόγοις αὐτῶν.Du martyre XXX, p. 26, l. 28 ἐπίστησον εἰ τὸ κατὰ τὸ μαρτύριονβάπτισμα, ὥσπερ τὸ τοῦ σωτῆρος καθάρσιον γέγονε τῷ κόσμῳ.Cf. chez d’autres auteurs :Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon 36, 1, l. 5 εἰ οὗτος δέ ἐστι περὶοὗ ταῦτα προεφητεύθη, ἀπόδείξον.Clément d’Alexandrie, Stromates III, 101, 1 εἰ δὲ καὶ πᾶς ὁ ἐπιστρέφωνἐξ ἁμαρτίας ἐπὶ τὴν πίστιν ἀπὸ τῆς συνηθείας τῆς ἁμαρτωλοῦ οἷονμητρὸς ἐπὶ τὴν ζωὴν ἐπιστρέφει, μαρτυρήσει μοι εἷς τῶν δώδεκαπροφητῶν. On a proposé ὅτι, qui n’a pas été accepté par l’éditeur.Ibid. V, IX, 58, 2. Clément dit que les Stoïciens ne donnent pas certainsécrits aux élèves, s’ils n’ont pas fait des progrès considérables : μὴ οὐχὶπεῖραν δεδωκόσι πρότερον, εἰ γνησίως φιλοσοφοῖεν.Voir aussi un passage de LXX, Gen. 43, 6 Τί ἐκακοποιήσατέ με ἀναγγείλαντεςτῷ ἀνθρώπῳ εἰ ἔστιν ὑμῖν ἀδελφός et la remarque sur XV, 20, p. 408, l. 27. 139 246 Marc 4, 34. 140 XIV, 16, p. 320, l. 8-32. Les textes grec et latin sont différents, mais si onregarde de près, la plus grand disparité est que le latin dit à peu près la mêmechose deux fois (ll. 8-10 et 22-23), une fois à propos du mot de Jésus surl’impôt dû à César (Matth. 22, 21), l’autre a propos de ce qu’il dit sur le di-vorce (Matth. 19, 4 suiv.). L’éditeur a fortement corrigé le grec d’après lelatin, mais si l’on lit les deux versions indépendamment l’une de l’autre, lesdeux coulent bien. Il faut donc les laisser comme elles sont. XIV, 18, p. 329, l. 4. Dans Deut. 24, 1-4, il y a une loi sur le divorce. Origènese demande, p. 327, l. 35, si le texte n’a que le sens littéral, comme il n’estpas donné directement par Dieu, mais par Moïse. Peut-être n’a-t-il pas desens spirituel. Il tire la conclusion que comme Paul dit avoir l’esprit deDieu247, ainsi Moïse a donné sa loi avec l’esprit de Dieu248. Il poursuit, p.329, l. 4 : εἰ οὖν τὶς μὲν νόμος πνευματικός ἐστι, τὶς δὲ οὐκ ἔστι τοιοῦτος,νόμος δέ ἐστι καὶ οὗτος, πνευματικός ἐστι καὶ οὗτος. L’édition donne laconjecture οὖν ; les manuscrits portent οὐχὶ. Il faut garder οὐχὶ. Le sens est :s’il n’est pas vrai qu’une loi est spirituel et l’autre ne l’est pas (si toutes leslois ont la même valeur ; Origène vient de démontrer que les lois de Moïsesont spirituelles), et si cette loi aussi est une loi, évidemment elle aussi estspirituelle. XIV, 24, p. 342, l. 6 ἀλλὰ γὰρ τάχα Μωσῆς πᾶν ἁμάρτημα <γυναικὸς>ἄσχημον εἶπε πρᾶγμα etc. L’éditeur a ajouté γυναικὸς d’après le texte latin,mais l’addition n’est pas nécessaire, car le contexte est absolument clair.Avant cette phrase, il ne faut pas mettre un point mais un point en haut. ἀλλὰγὰρ explique ce qui précède (γὰρ) mais dénote aussi un contraste (ἀλλὰ).Quand Moïse dit qu’il faut donner une lettre de divorce à une femme, parcequ’elle a commis un ἄσχημον πρᾶγμα, il ne pense pas à l’adultère, crimepuni plus sévèrement ; il dit peut-être que chaque action indécente est unἄσχημον πρᾶγμα et cause de divorce. XIV, 24, p. 342, l. 22 ζητηθείη δ’ ἄν, εἰ διὰ τοῦτο <μόνον> κελεύει τὴνγυναῖκα ἀπολῦσαι, <τί ἔσται> ἐὰν μὴ ἐπὶ πορνείᾳ μὲν ἁλῷ, φέρε δ’ εἰπεῖνἐπὶ φαρμακείᾳ ἢ ἀναιρέσει ... τοῦ γεννηθέντος αὐτοῖς παιδίου. On a corrigéle grec d’après le latin par des additions et par le changement de κωλύει desmanuscrits grecs en κελεύει (le latin : dimittere iubet uxorem). Tout cela n’estpas nécessaire, car si on lit le texte grec sans ces changements, il coule bien. 247 1 Cor. 7, 40 δοκῶ δὲ κἀγὼ πνεῦμα θεοῦ ἔχειν, cité en p. 328, l. 28.248 P. 329, l. 1. Le latin présente un autre texte qui aussi fonctionne bien : quaerendum estautem si propter solam causam fornicationis dimittere iubet uxorem, quidsit si mulier non quidem fuerit fornicata, sed aliud quid gravius fecerit, ut-puta venefica inveniatur aut interfectrix communis infantis nati. Le textegrec κωλύει semble vérifié par κωλύοντος de la proposition suivante : εἰ δὲκαὶ ὑφαιρουμένη καὶ συλῶσα τὴν οἰκίαν εὑρεθείη τοῦ ἀνδρὸς μὴπορνεύουσα δέ, ζητήσαι τις ἄν, εἰ εὐλόγως τὴν τοιαύτην ἀποβαλεῖ, ὡς τοῦσωτῆρος κωλύοντος παρεκτὸς λόγου πορνείας ἀπολῦσαί τινα τὴν ἑαυτοῦγυναῖκα.Il semble que le texte grec soit plus près de l’original et que le texte latinait été élaboré. XIV, 24, p. 343, l. 32 τὴν δ’ ἁλοῦσαν φαρμακίδα ἢ φόνον <ἤ τι τοιοῦτον>δράσασαν *** ἀπολογίαν ἔχειν ἢ μή, καὶ σὺ ζητήσαις ἄν. Le grec a été établid’après le latin qui donne aut aliquid huiusmodi pour <ἤ τι τοιοῦτον> et siiustam excusationem habet apud deum où l’édition présente les astérisques.Je crois qu’on peut regarder le texte latin comme une explication et qu’onpeut faire sans ces interventions dans le texte grec, mais seulement si nouslisons ἔχει au lieu de ἔχειν. Nous devons sous-entendre εἰ et ἀπολύσαςd’après ce qui précède. Premièrement, Origène parle de la femme quel’homme a faite adultère parce qu’il l’a rejetée sans la seule raison valable,à savoir l’infidélité, et qui est devenue ensuite la femme d’un autre : voir l.24 ποιεῖ μὲν γὰρ ... μοιχευθῆναι τὴν γυναῖκα etc. Il explique, l. 27 : εἰ γὰρ… μοιχαλὶς χρηματίσει …, ἀπολύσας δὲ αὐτὴν πρόφασιν αὐτῇ δίδωσιδευτέρου γάμου, δηλονότι παρὰ τοῦτο ποιεῖ αὐτὴν μοιχευθῆναι. Suit lecontrast : τὴν δ’ ἁλοῦσαν, à comprendre comme : (εἰ δ’ ἀπολύσας) τὴνἁλοῦσαν φαρμακίδα ἢ φόνον δράσασαν ἀπολογίαν ἔχει ἢ μή, καὶ σὺζητήσαις ἄν. Voilà ce qui est assez dur, mais Origène n’est pas un auteur quirend la vie facile à ses lecteurs ! XV, 5, p. 361, l. 5 δεῖ δὲ εἰδέναι ὅτι οὐκ ὀλίγας εὕροι ἂν πιθανότητας εἰςκατασκευὴν τοῦ τοὺς τρεῖς σωματικοὺς εἶναι εὐνουχισμοὺς249 ὁ βουλόμενοςπαραστῆναι τῷ λόγῳ καὶ συναγορεῦσαι καὶ τοῖς προειρημένοις καὶ <τοῖς>διὰ τῶν συγγραμμάτων τοῦτο διδάξασιν. Le manuscrit H donne σωματικοὺς,l’autre, M, omet le mot mais l’a peut-être ajouté dans la marge. Au lieu dece mot, on a voulu lire πνευματικοὺς, ce que l’éditeur n’a pas accepté. Cetteconjecture est sans doute correcte, ou presque, car on peut aussi penser à<οὐ> σωματικοὺς. Dans ce qui précède, Origène a montré très clairement 141 249 Voir Matth. 19, 12. que ces castrations doivent se comprendre dans un sens spirituel, et il finitla discussion de la même manière, l. 20 : δέον « πνεύματι » ζῶντα καὶ« πνεύματι στοιχοῦντα »250 καὶ τοὺς τρεῖς εὐνουχισμοὺς πνευματικῶςπεπεῖσθαι λελέχθαι. XV, 10, p. 375, l. 23. Origène discute le mot « bon », Matth. 10, 17 et paral-lèles : καὶ <ἐπὶ> παντὸς δὲ τοῦ ὑποδεεστέρου, ᾧ ἐφαρμόζεται ἡ « ἀγαθὸς »φωνή, ἄλλο σημαινόμενον ἔχει τὸ ἐφ’ αὑτοῦ λεγόμενον. L’édition a doncaccepté la conjecture ἐπὶ, mais à tort. Le génitif παντὸς τοῦ ὑποδεεστέρουdépend de ἄλλο. Le sens est : le mot pris strictement (τὸ ἐφ’ αὑτοῦλεγόμενον) est différent de tout ce qui est inférieur, auquel on applique lemot « bon ». La version latine, qui ne correspond pas très bien au grec, parlede principalis bonitas de Dieu, voir l. 29. Cf. aussi dans la citation ci-dessousκυρίως et dans la remarque sur XV, 10, p. 377, l. 5 τὸ ἀληθῶς ἀγαθόν.ἄλλοs avec le génitif veut dire « différent de », comme :Comm. Jean I, § 65 τὰ ἀγαθά, οὐκ ἄλλα τυγχάνοντα ἑαυτοῦ, c’est-à-dire : τὰ ἀγαθά ne sont pas autre chose que lui-même, le Christ.Clément d’Alexandrie, Stromates II, 9, 4 ἔστιν οὖν ἄλλη τις τοιαύτηκατάστασις ἀληθὴς θεοσεβείας αὐτῆς ἧς μόνος διδάσκαλος ὁ λόγος;251Didyme l’Aveugle, In Zachariam I, 409 τὴν διανοητικὴν ἀρετὴν οὐκἄλλην οὖσαν τὴς γνώσεως τῆς ἀληθείας.Le mot « bon » dans le sens strict ne peut se dire que de Dieu, même si onpeut dire que par exemple un homme, un arbre etc. sont « bons ». Cf. p. 374,l. 25 ἐνταῦθα μὲν κυρίως τὸ ἀγαθὸν ἐπὶ τοῦ θεοῦ τέτακται μόνου, ἐν ἄλλοιςδὲ καταχρηστικῶς καὶ ἐπὶ ἔργων ἀγαθῶν καὶ ἐπὶ ἀνθρώπου ἀγαθοῦ καὶ ἐπὶδένδρου ἀγαθοῦ. XV, 10, p. 377, l. 5 οἶμαι δ’ ὅτι ὁ ποιῶν τὸ προστεταγμένον ἐν τῷ « ἔκκλινονἀπὸ κακοῦ καὶ ποίησον ἀγαθὸν »252 ὡς μὲν πρὸς τὰ ὑπὸ τῶν λοιπῶνἀνθρώπων ἐπιτελούμενα ποιεῖ ἀγαθόν, ὡς δὲ πρὸς τὸ ἀληθῶς *** ἀγαθόν.ὥσπερ <δ’> « οὐ δικαιωθήσεται ἐνώπιον τοῦ θεοῦ πᾶς ζῶν »253, πάσηςἀνθρωπίνης δικαιοσύνης ἐλεγχομένης ὡς οὐ δικαιοσύνης, ἐπὰν θεωρηθῇ ἡτοῦ θεοῦ δικαιοσύνη, οὕτως οὐδὲ ἀγαθὸς χρηματίσει[εν] ἐνώπιον τοῦἀγαθοῦ θεοῦ πᾶς. Contre l’éditeur, je ne crois pas que le latin soit un bon 142 250 Voir Gal. 5, 25.251 Il n’est pas nécessaire de lire avec l’édition de Stromates dans SCh 38 <πλὴν> θεοσεβείαςαὐτῆς252 Ps. 33, 15.253 Ps. 142, 2. guide du grec. On doit en effet faire sans les adaptations présentées et re-garder les deux textes comme assez différents.Voici la construction : premièrement nous avons deux membres, ὡς μὲνπρὸς τὰ ὑπὸ τῶν λοιπῶν ἀνθρώπων ἐπιτελούμενα ποιεῖ ἀγαθόν et ὡς δὲ πρὸςτὸ ἀληθῶς ἀγαθόν. Ce deuxième membre contient à son tour deux membresqui commencent, d’une manière extrêmement habituelle, par ὥσπερ et οὕτως(il faut rejeter <δ’>). Le sens en est à peu près : par rapport à l’homme, ilfait ce qui est bon, mais par rapport à ce qui est vraiment bon, comme per-sonne n’est juste devant Dieu, la justice humaine n’étant pas justice compa-rée à celle de Dieu, ainsi personne ne peut s’appeler bon devant Dieu. XV, 13, p. 384, l. 21. On peut suivre le texte grec, sans l’adapter au latin. Lapériode commence par ἐπειδὴ et se poursuit (p. 385, l. 2) par τέλειος δὲ, cequi doit se comprendre comme ἐπειδὴ δὲ τέλειος, donc comme une phrasecoordonnée avec la précédente.La principale suit, p. 385, l. 3, dans l’édition : δηλονότι τέλειος ἂν εἴη ὁπληρώσας <καὶ> τὴν ἀγαπήσεις τὸν πλησίον σου ὡς ἑαυτὸν ἐντολήν. Il nefaut pas ajouter καὶ, car Origène raisonne logiquement : si tu dois aimer tonprochain comme toi-même, si l’homme parfait observe chaque commande-ment, celui-là devrait être parfait qui observe (sans καὶ) le commandement« tu dois aimer ton prochain comme toi-même » (parce que dans ce com-mandement il observe chaque commandement). XV, 14, p. 386, l. 27 ἔοικεν (sc. le Christ) συγκατατεθεῖσθαι τῷ<ἐπαγγειλαμένῳ> πεποιηκέναι ἃ ἐπηγγείλατο πεπληρωκέναι. À mon avis,la conjecture <ἐπαγγειλαμένῳ> n’est pas nécessaire. On peut rattacher uninfinitif, introduit par τῷ, au verbe συγκατατίθεσθαι. Le Christ a donc admisque le jeune homme riche de Matth. 19, 16 a fait ce qu’il dit avoir accompli.Il y a plusieurs examples de cette construction254 chez Origène, comme :Comm. Matth. XVI, 4, p. 473, l. 25 ὁ Ἰησοῦς ὡς συγκατατιθέμενος τῷμέγα εἶναι τὸ καθεσθῆναί τινα ἐκ δεξιῶν.Contre Celse I, 10, l. 22 προπετέστερον συγκατέθεντο τῷ μηδαμῶςεἶναι πρόνοιαν. Ibid.VII, 40, l. 39 οὐ συγκατατιθέμενοι τῷ τοιόνδε εἶναι τῷ προσώπῳτὸν Μιχαὴλ.Cf. la remarque suivante. 143 254 Pour Traité des principes III, I, 1, l. 6 (Philocalie 21, 1, Robinson p. 152, l. 8): συγκατα-τιθεμένους τῷ ἐφ’ ἡμῖν εἶναι τὰ ἐπαίνου καὶ ψόγου ἄξια, il y a dans la tradition tant τῷἐφ’ ἡμῖν εἶναι, ce qui doit être correct, que τὸ ἐφ’ ἡμῖν εἶναι. 144 XV, 14, p. 387, l. 8 πῶς δὲ κἂν ὡς οὐδέπω τελείῳ τῷ πρὸς ἑτέροις [ἐπαγγει-λαμένῳ] καὶ τὴν ἀγαπήσεις τὸν πλησίον σου ὡς ἑαυτὸν ἐντολὴν πεπληρω-κότι ἔφη ὁ Ἰησοῦς τὸ εἰ θέλεις τέλειος εἶναι etc. En comparant le latin et p.386, l. 27, voir ci-dessus, on a voulu rejeter ἐπαγγειλαμένῳ. Mais commesouvent, il ne faut pas trop se fier au latin, et la phrase qu’on trouve ici estἐπαγγείλασθαι πεπληρωκέναι, voir p. 386, ll. 12, 28 et 31. Je crois qu’il fautgarder ἐπαγγειλαμένῳ et lire πεπληρωκέναι. On a pensé que καὶ doit réunirἐπαγγειλαμένῳ à un autre participe. XV,18, p. 399, l. 12. Je propose de ponctuer : Ἕτερος δέ (οὐκ οἶδα μὲν εἰἀκμάζων τῇ πίστει) φαντασίᾳ τοῦ διαβαίνειν ἐπὶ τὴν φρόνησιν (οὐκ οἶδα δὲεἰ καὶ μέγεθός τι ζητήσας καὶ εὑρὼν) εἰς τοὺς τόπους νοημάτων ἀξίων τοῦθεοῦ καταλιπὼν τὴν λέξιν ἐπὶ τροπολογίαν ἀναβήσεται. L’éditeur a ajoutéκαὶ après τῇ πίστει d’après le latin, mais ce καὶ dérange le contexte, car πίστειet φαντασίᾳ n’ont rien en commun. Ce chercheur est peut-être plein de foi,mais évidemment, Origène a des doutes : il imagine s’élever à une intelli-gence supérieure, mais Origène ne croit guère qu’il ait trouvé quelque chosed’important, en abandonnant l’interprétation littérale pour la tropologie. En-suite, p. 400, l. 17, Origène montre encore plus clairement qu’il trouve cetteautre interprétation inappropriée. XV,18, p. 400, l. 28 <Ἐρῶ δ’ὡς> ἐν τοιούτῳ προκατειλημμένος τόπῳ· ὁταύτῃ παριστάμενος τῇ δόξῃ φήσει etc. On a ajouté <Ἐρῶ δ’ὡς> d’après letexte latin, mais je crois que le grec est plus frappant sans cette addition.Origène vient de présenter une interprétation allégorique de la péricopedu jeune homme riche (Matth. 19, 16 suiv.). Cette interprétation veut qu’ilfaille garder dans sa possession ce qui est bon et se débarrasser de ce qui estmauvais, mais de cette façon, on n’explique pas bien comment comprendrequ’il faut vendre ses biens et donner la somme aux pauvres. Il poursuit asyn-détiquement, en se mettant à la place de cet interprète : ἐν τοιούτῳπροκατειλημμένος τόπῳ ὁ ταύτῃ παριστάμενος τῇ δόξῃ φήσει. Suit cetteexplication, où il faut noter p. 400, l. 11 ἀποδόσθαι τὰ μοχθηρά ὑπάρχοντα<πάντα>255 καὶ ὡσπερεὶ παραδοῦναι αὐτὰ ταῖς ἐνεργηκυίαις αὐτὰ δυνάμεσιπτωχευούσαις παντὸς καλοῦ. Comme cela, ce qui est mauvais dans les pos-sessions se retrouvera chez ceux qui sont mauvais, et cette interprétation al-légorique est sauvée. XV, 19, p. 403, l. 32 καὶ ἀπῆλθε λυπούμενος λύπην τὴν « τοῦ κόσμου », τὴν 255 <πάντα> d’après le texte latin, mais peut-être pas nécessaire « θάνατον »256 κατεργαζομένην. ἦν γὰρ ἔχων κτήματα πολλὰ ἅπερ ἠγάπα,ἀγαπῶν τὸ ὀργίζεσθαι καὶ τὸ λυπεῖσθαι (διὸ ἀπῆλθε λυπούμενος) καὶ ὅσαἀπὸ κακίας ἦν <αὐτῶ γεγεννημένα>257 κεκρατηκότα τῆς ψυχῆς αὐτοῦ. Cetexte est établi d’après la version latine. Les manuscrits grecs donnent : …κατεργαζομένην τίς γὰρ ἀγαπῶν τὸ ὀργίζεσθαι καὶ τὸ λυπεῖσθαι ἔχωνκτήματα πολλὰ ἅπερ ἠγάπα διὸ ἀπῆλθε λυπούμενος καὶ ὅσα ἀπὸ κακίας ἦνκεκρατηκότα τῆς ψυχῆς αὐτοῦ. Les manuscrits portent donc τίς γὰρ au lieude ἦν γὰρ de l’édition et l’ordre des mots est différent.Origène vient de montrer qu’il est difficile de se débarrasser des vices ; sion aime la concupiscence (ἐπιθυμία), on aime mieux acquérir des chosesd’une manière mauvaise que se libérer de ce vice.258 Mais dire que le jeunehomme s’éloigne parce qu’il aime la colère et la tristese (ἀγαπῶν τὸὀργίζεσθαι καὶ τὸ λυπεῖσθαι, diligens irasci, diligens tristari) ne se comprendpas bien ; qui aime ces états d’âme ? Je crois qu’il faut suivre le grec et lire :καὶ ἀπῆλθε λυπούμενος λύπην τὴν « τοῦ κόσμου », τὴν « θάνατον »κατεργαζομένην· τίς γὰρ ἀγαπῶν (ἀγαπᾷ ?) τὸ ὀργίζεσθαι καὶ τὸ λυπεῖσθαι;ἔχων κτήματα πολλὰ ἅπερ ἠγάπα διὸ ἀπῆλθε λυπούμενος καὶ ὅσα ἀπὸκακίας ἦν κεκρατηκότα τῆς ψυχῆς αὐτοῦ. Origène explique pourquoi il esttriste, un état d’âme qu’on n’aime pas (il y en a d’autres qu’on peut préférerà la vertu) ; il possédait de grands biens qu’il aimait, et il s’en alla contristé.On ne voit pas très bien comment καὶ ὅσα etc. se rattache à ce qui précède.Cela peut être coordonné avec πολλὰ ἅπερ ἠγάπα, mais on voudrait bien sedébarrasser de καὶ. XV, 20, p. 407, l. 2 τῷ δὲ δυνατὰ εἶναι τῷ θεῷ πάντα καὶ τὸ τοιοῦτον αὐτῷδυνατόν ἐστιν, ἀφάτῳ δυνάμει <ἢ> τὴν παχύτητα τοῦ φαύλου λεπτύνοντι ἢτὴν στενότητα τῆς εἰσόδου χωρητὴν αὐτῷ ποιοῦντι. Les manuscrits portentλεπτύνοντος et ποιοῦντος. On peut laisser ces leçons ; un génitif absolu oùon attend un participium coniunctum n’est pas unique, mais je ne crois pasqu’on le trouve souvent chez Origène. Il y a quand même des passages :Hom. Jér. XIX, 13, l. 49 πορευομένων ἀπαντήσει ὑμῖν ἄνθρωποςκεράμιον ὕδατος βαστάζων, composé d’après Luc 22, 10.De la prière 9, 3, p. 319, l. 11 οὐ ταῦτα ἐνετειλάμην τοῖς πατράσιν ὑμῶνἐκπορευομένων αὐτῶν ἐκ τῆς Αἰγύπτου est une citation libre de Jér. 7,22 qui n’a pas cette construction. 145 256 Cf. 2 Cor. 7, 10.257 <αὐτῶ γεγεννημένα> d’après le texte latin, mais pas nécessaire.258 Voir XV, 19, p. 403, l. 15. XV, 20, p. 408, l. 27 οὕτως δὲ καὶ ἐπὶ τῆς καμήλου καὶ ἐπὶ τῆς τρυμαλιᾶςτῆς ῥαφίδος, ὁστισποτοῦν ἐὰν εὑρεθῇ κάμηλος καὶ ἡτισοῦν ἐὰν νοηθῇ[κάμηλος] τρυμαλιὰ ῥαφίδος, [ἣ] εἰσελεύσεται δὶ’ ἐκείνης· ὅτι ἀδύνατον μὲνἀνθρώποις, παρὰ δὲ θεῷ καὶ τοῦτο δυνατόν. Pour ἡτισοῦν, les manuscritsgrecs présentent εἴ τις οῦν, qu’on peut garder, voir l’Index sous εἴ τις, εἴ τι,quoique la conjecture ἡτισοῦν après ὁστισποτοῦν soit facile ; νοηθῇ est uneadaptation, peut-être correcte, d’après le latin (intellectum fuerit), les ma-nuscrits donnant εὑρεθῇ ; il faut sans doute retrancher le deuxième κάμηλος,inséré faussement après le précédent εὑρεθῇ κάμηλος ; l’éditeur rejette ἣ ;les manuscrits grecs placent ὅτι ἀδύνατον μὲν ἀνθρώποις après ῥαφίδος2.Les problèmes sont ἣ, la place de ὅτι ἀδύνατον μὲν ἀνθρώποις, et le motὅτι.Le déplacement de ὅτι etc. de l’édition est fait d’après le texte latin, maisen réalité, le latin est tellement différent du grec qu’on ne peut guère s’y fier.Il faut garder ὅτι etc. où cela se trouve dans les manuscrits. La propositiondépend d’une manière vague de ζητήσεις, l. 20, « étudier », ou presque« trouver », car ensuite, on trouve comme complément ἄλλον μὲν τὸνκάμηλον εἰσερχόμενον ..., ἄλλον δὲ τὸν πλούσιον εἰσερχόμενον. On peutdonc accepter ζητήσεις ὅτι.A lieu de retrancher ἣ, je pense qu’on peut le lire comme εἰ, utilisé pouréviter un autre ὅτι. Pour des passages où εἰ est à peu près synonyme de ὅτι,voir la remarque sur XIV, 12, p. 304, l. 8. XV, 25, p. 423, l. 1. La discussion sur la récompense pour ceux qui ont toutabandonné pour suivre Jésus est dans le texte édité un peu confuse. Origènese demande si le passage peut aussi porter une interprétation anagogique(l. 1) : εἰ δὲ καὶ τοῦτο ἐπιδέχεται ἀναγωγήν, ὁ μέν τις διστάσει, ὁ δὲ καὶἀποφανεῖται ὅ τι ἔχει, καὶ σαφές γε κατὰ τὸ ῥητὸν etc.Tout le raisonnement montre que suivant le sens littéral, on trouvera qu’ily a une récompense déjà dans cette vie. Au lieu de frères et sœurs et d’autresparents corporels, on aura un grand nombre de parents spirituels parmi leschrétiens (l. 27). Cependant, la difficulté porte sur la récompense pour lesbiens perdus, comme des terres, des maisons (p. 424, l. 8). Voilà ce qui estmoins sûr et plus difficile à expliquer ; une solution tirée par les cheveux estqu’une telle récompese se manifeste, mais rarement, et comme explication,cela n’est pas acceptable. Il faut donc procéder à une interprétation anago-gique. Une fois acceptée une telle explication concernant les biens (p. 424,l. 15), il faut procéder de la même manière pour les autres récompenses, etOrigène s’y engage.Revenons au sens littéral. P. 423, l. 5 : ceux qui ont choisi d’abandonnerleurs parents et leurs biens, et qui l’ont fait à cause du nom de Jésus, sont 146 147 persuadés qu’ils seront récompensés de nombreuses fois. L. 10 se lit dansl’édition : πεισθέντες ὅτι πᾶς ὅστις ἀφῆκε τοὺς κατὰ σάρκα ἀδελφοὺς ...,καὶ ἀφῆκεν οὐ δι’ ἄλλο τι ἀλλ’ ἕνεκεν τοῦ ὀνόματος Ἰησοῦ, πολλαπλασίοναλήψεται· πολλαπλασίονα γὰρ καὶ (εἰ δεῖ οὕτως ὀνομάσαι) ἀπειροπλασίονατὰ πνευματικὰ παρὰ τὰ σωματικά, καὶ πρὸς τῷ λαβεῖν πολλαπλασίονα οὐκἐν προκαίρῳ ζωῇ, ἀλλ’ ἐν αἰωνίῳ γενόμενος, κληρονομήσει αὐτά. Les ma-nuscrits portent πρὸς τὸ λαβεῖν pour πρὸς τῷ λαβεῖν de l’édition, etκληρονομήσει αὐτήν pour κληρονομήσει αὐτά.Je crois que πρὸς τῷ λαβεῖν est correct : il y aura une autre récompense,exprimée par κληρονομήσει avec complément. Mieux vaut mettre l’expli-cation πολλαπλασίονα γὰρ ... τὰ σωματικά entre tirets. Ensuite, il faut ponc-tuer et lire : καὶ πρὸς τῷ λαβεῖν πολλαπλασίονα (à sous-entendre : dans cettevie, car les dons spirituels dans cette vie l’emportent de beaucoup sur lesdons corporels)259, οὐκ ἐν προκαίρῳ ζωῇ ἀλλ’ ἐν αἰωνίῳ γενόμενοςκληρονομήσει ; il faut lire οὐκ ἐν προκαίρῳ ζωῇ ἀλλ’ ἐν αἰωνίῳ γενόμενοςd’une traite.Donc, il héritera, κληρονομήσει, mais de quoi ? κληρονομήσει αὐτά del’édition ne peut pas être correct ; on n’aura pas des faveurs terrestres mul-tipliées dans la vie éternelle, et il s’agit de quelque chose de supérieur auxchoses de ce monde, πρὸς τῷ λαβεῖν. Matth. 19, 29 donne ἑκατονταπλασίονα(varia lectio : πολλαπλασίονα) λήμψεται καὶ ζωὴν αἰώνιον κληρονομήσει.αὐτήν des manuscrits se réfère à ζωῇ : pas dans la vie précaire de ce monde,mais dans la vie éternelle il héritera de la vie, de la vraie vie. XV, 26, p. 428, l. 7. La proposition qui commence par ἐπεὶ νῦν ne semblepas avoir de proposition principale. Il faut mettre une virgule, pas un point,après l. 15 πρῶτοι. Ainsi, nous aurons une proposition ἐπεὶ etc., comprenantdeux membres (ἐπεὶ νῦν τὰ πρωτεῖα λαμβάνουσιν et ἔσχατοι δὲ κρίνονται),suivi par εἴ τις <οῦν> βούλεται, où l’on peut accepter <οῦν> d’après le latin,mais mieux vaut le rejeter. La principale suit : γενέσθω ἐν τοῖς ὑπὸ τοῦ νῦνἸσραὴλ ἐσχάτοις εἶναι νενομισμένοις. Plusieurs propositions subordonnéescomme ici ne doivent pas surprendre. Voir plus haut une remarque sur unpassage avec ἐπεί et εἰ chez Clément d’Alexandrie, Stromates V, 16, 1. XV, 27, p. 429, l. 14 Μετὰ ταῦτα ἐπίστησον etc. À mon avis, il y a là unelongue période qui va jusqu’à p. 430, l. 6 πρῶτοι. L’édition a fait deux ad-ditions d’après le texte latin, voir plus bas τιμι<ώτερ>ον et γένο<υςνομιζο>μένων, dont la deuxième n’est guère nécessaire ; ces additions ne 259 Cf. p. 423, l. 30 ἐν τῷ κόσμῳ τούτῳ πολλαπλασίους οἱ κατὰ τὴν πίστιν ἀδελφοὶ. 148 nous concernent pas. Plus intéressantes sont les leçons (l. 16) λέγειν pourλέγων des manuscrits grecs et l’addition, l. 27, καὶ οὕτως ἄν τις, aussi établied’après le latin et commençant une nouvelle proposition. La constructiondoit être : Μετὰ ταῦτα ἐπίστησον εἰ δύνασαι τὸ τῶν ἀγγέλων γένος πρῶτονὡς τιμι<ώτερ>ον λέγων (pour λέγειν de l’édition) εἶναι τοῦ τῶν ἀνθρώπωνγένο<υς νομιζο>μένων ἐσχάτων – καὶ γὰρ ὡς ἐν τῷ Ἰὼβ γέγραπται· « ὅτεἐγεννήθησαν ἄστρα, ᾔνεσαν τὸν θεὸν πάντες οἱ ἄγγελοι αὐτοῦ »260, ὡςπρεσβύτεροι καὶ τιμιώτεροι οὐ μόνον τοῦ ἀνθρώπου, ἀλλὰ καὶ πάσης τῆςμετ’ αὐτοὺς κοσμοποιίας – τολμῆσαι (pour τολμήσαι des manuscrits)ἀποφήνασθαι ὅτι πολλοὶ μὲν ἀγγέλων ... γίνονταί τινων ἄνθρώπων ἔσχατοι.J’ai rejeté καὶ οὕτως ἄν τις, ajouté dans l’édition avant τολμῆσαι (τολμήσαιde l’édition).Simplifiée, la proposition s’avance comme suit : considère si, en disant(λέγων) premièrement que les anges sont supérieurs aux hommes – chez Jobles anges sont plus vénérés que les hommes et que toute la création à suivre– tu peux avoir le courage (δύνασαι … τολμῆσαι) de revendiquer qu’il y ades anges qui sont inférieurs aux hommes.Origène poursuit (p. 430, l. 7), en disant qu’on peut s’appuyer sur 1 Pierre1, 8 et 12 et 1 Cor. 6, 3 pour soutenir cette deuxième opinion sur les anges. XVI, 3, p. 469, l. 1 Εἰ δὲ κατά τι τῶν σημαινομένων οἱ ἄνθρωποι ἡ πόλιςεἰσί, καὶ νῦν ἐν Ἱεροσολύμοις (οὕτω δὲ καλῶ τοὺς ἔχοντας τὰς ἐλπίδας ἐπὶτὸν ἐπὶ γῆς τόπον) παραδίδοται ὁ Ἰησοῦς τοῖς ἐπαγγελλομένοις τὴν τοῦ θεοῦθεραπείαν Ἰουδαίοις, καὶ <οἱ> ὡσπερεὶ ἀρχιερεῖς τυγχάνοντες καὶ οἱ τὰ θεῖαγράμματα αὐχοῦντες διηγεῖσθαι γραμματεῖς κατακρίνουσι θανάτῳ τὸνἸησοῦν δι’ ὧν κακῶς λέγουσιν αὐτόν. Les manuscrits grecs portent καὶ οἱἐπαγγελλόμενοι τὴν τοῦ θεοῦ θεραπείαν Ἰουδαῖοι pour τοῖς ἐπαγγελλομέ-νοις … Ἰουδαίοις de l’édition qui est corrigée d’après le texte latin : … etnunc ergo traditur Iesus eis, qui profitentur esse se dei servos, Iudaeis. <οἱ>est une addition qui n’a pas de correspondance dans le latin.Je crois qu’il faut suivre le texte grec des manuscrits, mais en ôtant la vir-gule après Ἰουδαίοις. Le datif du texte latin est probablement provoqué parπαραδίδοται/traditur, et le texte grec coule mieux sans <οἱ> : si Jésus estlivré aussi aujourd’hui à Jérusalem, à savoir aux hommes, soit les juifs quiproclament le culte de Dieu et sont comme les chefs des prêtres, soit lesscribes qui professent l’explication de l’Écriture sainte le condamnent à mort.Les deux catégories qui condamnent Jésus sont donc proclamées en paral- 260 Job 38, 7. lèle : οἱ ἐπαγγελλόμενοι τὴν τοῦ θεοῦ θεραπείαν Ἰουδαίοις καὶ ὡσπερεὶἀρχιερεῖς τυγχάνοντες et οἱ τὰ θεῖα γράμματα αὐχοῦντες διηγεῖσθαι γραμ-ματεῖς. XVI, 6, p. 483, l. 24 σαφῶς δὲ ἐδίδαξεν ἐν τούτοις ὅτι τὸ ποτήριον <τὸμαρτύριόν> ἐστιν ὁ ἐπαγαγὼν τοῖς κατὰ τὸ ποτήριον τὸ « τίμιος ἐναντίονκυρίου ὁ θάνατος τῶν ὁσίων αὐτοῦ »261. <τὸ μαρτύριόν> est une conjecturefaite d’après le texte latin. C’est probablement une glose. Mieux vaut com-prendre ὅτι comme le neutre de ὅστις : celui qui a ajouté la citation τίμιοςἐναντίον κυρίου etc. a indiqué ce que veut dire τὸ ποτήριον. XVI, 9, p. 501, l. 22 συμπεφωνηκέτωσαν (sc. les deux aveugles assis prèsde Jéricho ; cf. Matth. 20, 30 suiv.) ἐν τῷ κεκραγότας τὸ ἀναγεγραμμένονεἰρηκέναι. Les manuscrits portent κεκραγότες. Je pense qu’on doit garderle nominatif qui se rattache étroitement au sujet de la phrase, ce qui n’estpas le cas pour le passage de p. 502 (voir ci-dessous). Les exemples d’unetelle construction sont nombreux ; en voici quelques-uns :Comm. Jean XIII, § 99 οὕτως οἱ ἤδη τῇ διαθέσει τὸ ἰσάγγελοι εἶναιἐσχηκότες.Clément d’Alexandrie, Stromates V, 141, 2 οὐ γὰρ ἀρχὴν τοῦ κύριοςκαὶ ἀγαθὸς εἶναι εἴληφεν ὁ θεὸς ὢν ἀεὶ ὅ ἐστιν.Basile de Césarée, Contre Eunome II, 21, l. 35 Εἰ γὰρ οὐκ ἐν τῷ θεὸςεἶναι τέλειος τὴν δόξαν κέκτηται, ἀλλ’ ἐν τῷ ὑπουργὸς ἀκριβής, τίδιοίσει τῶν λειτουργῶν πνευμάτων;L’éditeur renvoie à p. 502, l. 8 ὅπερ ἦν τὸ κεκραγότας εἰρηκέναι, mais là,κεκραγότας ne se réfère pas à un nominatif mais à ἐκείνους, qui précède. XVI, 12, p. 514, l. 5 μήποτ’ οὖν τὰ ὡς τυφλοῦ καὶ ἐπαίτου *** ἐπικαλύμματακαὶ περιβόλαια, οἷς περιβέβλητο ὁ Βαρτιμαῖος, δηλοῦται. Il s’agit de Marc10, 46 suiv. Les vêtements symbolisent l’ignorance dont le mendiant se dé-barrasse en accourant à Jésus.L’éditeur a mis des astérisques, en renvoyant au texte latin, qui, cependant,n’aide pas beaucoup : ne forte vestimentum caeci et mendicantis velamentumintellegatur caecitatis et mendicitatis, quo fuerat circumdatus. Dans ce quisuit, τὰ τῆς ἐπαιτήσεως καλύμματα καὶ περιβόλαια montre clairement qu’ilne faut pas supposer une lacune entre ἐπαίτου et ἐπικαλύμματα. La construc-tion est normale : τὰ ὡς τυφλοῦ καὶ ἐπαίτου ἐπικαλύμματα καὶ περιβόλαια 149 261 Ps. 115, 6. 150 (à sous-entendre : τούτοις) οἷς περιβέβλητο ὁ Βαρτιμαῖος, δηλοῦται. Le sensest donc : ce qui est pour ainsi dire les vêtements du (spirituellement) men-diant est indiqué par les vêtements de Bartimé. XVI, 13, p. 518, l. 15 καὶ ἦν τὸ τέλος τούτου, ἐν τῷ ἀκολουθεῖν καὶδοξάζοντος τὸν θεόν, <τὸ> πάντα τὸν ὄχλον ἰδόντα δοῦναι « αἶνον τῷ θεῷ ».τούτου se réfère à l’évangéliste Luc, voir Luc 18, 43 ; les manuscrits donnentἀκολουθοῦντι καὶ δοξάζοντι ; <τὸ> est une conjecture. Il faut peut-être lire :… ἐν τῷ ἀκολουθοῦντα καὶ δοξάζοντα τὸν θεόν πάντα τὸν ὄχλον ἰδόνταδοῦναι αἶνον τῷ θεῷ. Après τῷ, les formes ἀκολουθοῦντι καὶ δοξάζοντι seprésentent presque machinalement. Le texte latin est plus court et n’est d’au-cun secours. XVI, 16, p. 525, l. 13 ὅτι δὴ κύριος οὐδεὶς ἄλλος ἦν τῶν δεδεμένων <ἢἐκεῖνος περὶ οὗ φησιν ὁ ἀπόστολος>· « ἀλλ’ ἡμῖν εἷς κύριος Ἰησοῦς Χρι-στός, δι’ οὗ τὰ πάντα ». Tel est le texte grec, établi à l’aide du texte latin.Les manuscrits grecs n’ont pas <ἢ … ἀπόστολος> et donnent ἀλλ’ ἢ ὁ ἡμῶνau lieu de ἀλλ’ ἡμῖν. ἀλλ’ etc. est une citation de 1 Cor. 8, 6, littérale dans letexte latin et rendue conforme au latin dans le texte grec. Je crois qu’on peutgarder le texte grec. Il y a deux possibilités : ou le texte grec suit un exem-plaire plus complet, mais après avoir sauté ce qui correspond à <ἢ …ἀπόστολος> comme superflu, il était nécessaire de changer un peu la citationet d’y introduire un ἢ comparatif et l’article définitif ; ou le texte plus brefest original et le traducteur en latin a complété, ce que je considère commeplus probable. XVI, 17, p. 534, l. 7 ὧν λυόντων, ἐάν τις λέγῃ αὐτοῖς· « τί λύετε τὸνπῶλον; »262 ἢ ὁτιποτοῦν, λέγει περὶ ἀμφοτέρων· κηρύσσομεν ὅτι ὁ κύριοςαὐτῶν ... χρείαν ἔχει. Il faut ponctuer autrement : ὧν λυόντων, ἐάν τις λέγῃαὐτοῖς· « τί λύετε τὸν πῶλον; » ἢ ὁτιποτοῦν λέγει, περὶ ἀμφοτέρων κηρύσ-σομεν ὅτι ὁ κύριος αὐτῶν ... χρείαν ἔχει. Ceux qui regardent les disciplesqui délient les animaux disent, selon Luc 19, 33 : τί λύετε τὸν πῶλον; tandisque, selon Matth. 21, 3, ils réagissent, mais on ne sait pas ce qu’ils disent :ἐάν τις ὑμῖν εἴπῃ τι. Ces deux variantes sont représentées par ἐάν τις λέγῃαὐτοῖς· « τί λύετε τὸν πῶλον; » ἢ ὁτιποτοῦν λέγει. Cf. p. 525, l. 18 τῶνλεγόντων τις· « εἰς τί λύετε τὸν πῶλον; » ἢ ὁτιποτοῦν φασκόντων. XVI, 19, p. 540, l. 33 ἵνα μὴ ἀναγκάζηταί τις (συνάπτων καὶ τὴν περὶ 262 Luc 19, 33. ἐκείνων διήγησιν τοῖς προτέροις) ζητεῖν ἐκβαλλομένους ἀπὸ τοῦ ἱεροῦ τοῦθεοῦ τινας τοὺς ἐπιπληττομένους ὡς πεποιηκότας τὸν « τῆς προσευχῆς »οἶκον « λῃστῶν σπήλαιον »263. Origène veut que la péricope de l’entrée à Jérusalem soit comprise commel’ascension de Jésus aux cieux. Il appuie cette interprétation sur des passagesbibliques commentés avant (τοῖς προτέροις de la citation) : Zach. 9, 9, voirXV, p. 523, l. 1 ; Ps. 23, 7, voir XIX, p. 539, l. 19 ; Is. 63, 1, voir XIX, p. 540,l. 7. Cependant, il y a un problème : comment trouver un rapprochemententre l’ascension et ce qui suit, c’est-à-dire le traitement des vendeurs chas-sés du temple, évidemment une scène terrestre (ἐκείνων264 de la citation).Avant la citation, il propose comme solution de mettre fin à la péricope del’entrée à Jérusalem et d’en commencer une autre, l. 29 : ἀλλὰ κατὰ τὴνδιήγησιν ταύτην περιγεγράφθω τὰ κατὰ τὸν τόπον καὶ ἀρχή τις ἔστω ἑτέραςπερικοπῆς τὰ ἐπιφερόμενα.265Dans la citation, je crois qu’il faut lire τίνας au lieu de τινας. Le sens est :(il faut faire commencer une autre péricope), autrement on est forcé de trou-ver qui sont ceux qui sont expulsés du temple. L’article τοὺς après τίνας mesemble indiquer la bonne interprétation. Cf. la remarque sur De la prière 27,14, p. 373, l. 19. XVI, 21, p. 549, l. 16 παραδιδόντες τοὺς ἀκεραίους ὡς περιστεράς, τοὺςεὐξαμένους καὶ εἰπόντας· « τίς δώσει μοι πτέρυγας ὡσεὶ περιστερᾶς καὶπετασθήσομαι καὶ καταπαύσω »266 καὶ ἐξακουσθέντας ἄρχουσιν οἷς οὐ δεῖ.Dans le texte latin, tradentes eas principibus, quibus non oportebat corres-pond à καὶ ἐξακουσθέντας ἄρχουσιν οἷς οὐ δεῖ. On a proposé que le traduc-teur ait lu παραδοθέντας ou παραδιδόντες. C’est bien possible, mais il sepeut aussi que tradentes soit une addition, faite par le traducteur, parce queπαραδιδόντες τοὺς ἀκεραίους est assez loin.καὶ ἐξακουσθέντας n’est pas en accord avec le contexte. C’était probable-ment une remarque pieuse dans la marge : ces innocents ont été exaucés !Dans la suite, cette transmission des innocents revient plusieurs fois, bien sûrsans ἐξακουσθέντας : voir 22, p. 549, l. 24 ; p. 550, l. 10 ; p. 552, l. 31. Il nefaut donc pas accepter καὶ ἐξακουσθέντας. Ou il faut le rejeter ou considérerles conjectures παραδοθέντας/παραδιδόντες comme au moins intéressantes. 151 263 Matth. 21, 13.264 Pour ἐκεῖνος indiquant ce qui est mauvais, voir la remarque sur Hom. Jér. XIV, 12, l. 15.265 Ici, περιγράφω a le sens de « limiter », comme en Contre Celse VIII, 76, l. 3περιεγράψαμεν ἐν ὀκτὼ βιβλίοις πάντα, et non, comme souvent, le sens de « rejeter ».266 Ps. 54, 7. XVI, 22, p. 551, l. 23 μήποτε οἱ μὲν ἐν τῷ λαῷ μηδενὶ ἐν τῷ κόσμῳσχολάζοντες ἢ περὶ τὸ πωλεῖν καὶ ἀγοράζειν μόνον τὰς διατριβὰς ἔχοντες.Tel est le texte de l’édition, établi à l’aide du texte latin : quicumque in po-pulo Christiano ad nihil aliud vacant in saeculo isto nisi circa venditioneset emptiones. Pourtant, le texte grec des manuscrits coule bien et devrait res-ter sans changement : μήποτε οἱ μὲν ἐν τῷ λαῷ μηδενὶ ἢ τῷ κόσμῳ (l’édi-tion : μηδενὶ ἐν τῷ κόσμῳ) σχολάζοντες καὶ (l’édition : ἢ) περὶ τὸ πωλεῖνκαὶ ἀγοράζειν μόνον τὰς διατριβὰς ἔχοντες. μηδενὶ ἢ veut dire μηδενὶ ἄλλῳ ἢ, comme le traducteur latin l’a vu ; aussia-t-on proposer d’ajouter <ἄλλῳ>, ce qui n’est pas nécessaire. Une construc-tion où une forme de ἄλλος semble manquer est très courante, voir par exem-ple :Comm. Matth. XII, 30, p. 135, l. 18 πότε δὲ ταῦτα ἀπαντήσεται ἢ ὅτετὸ ἀποστολικὸν ἐκεῖνο πληροῦται λόγιον τὸ λέγον ...;Ibid. XVI, 26, p. 560, l. 12 Τίνας καταλιπὼν ὁ Ἰησοῦς ἐξῆλθε τῆς τῶνἹεροσολύμων πόλεως ... ἢ τοὺς ἰδόντας μὲν ἀρχιερεῖς καὶ γραμματεῖςetc.Contre Celse IV, 34, 20 Οὓς (sc. ἄνδρας) οὐδαμόθεν ἢ ἀπὸ τῶν ἱερῶνπαρὰ Ἰουδαίοις βιβλίων παραλαμβάνομεν.Hom. Jér. XX, 6, l. 33 πρὸς τί δέ μοι τοῦτο εἴρηται ἢ βουλομένῳὑπαινίξασθαι…; XVI, 28, p. 570, l. 27 (κρεῖττόν γέ ἐστι) ξηρὰν τοῖς λόγοις τῶν μαθητῶνἸησοῦ φανῆναι. L’éditeur écrit τῶν μαθητῶν d’après le latin et d’aprèsp. 571, l. 9 τῷ λόγῳ τῶν μαθητῶν ; les manuscrits portent τοῦ μαθητοῦ. Dansce passage, il ne faut pas suivre le latin. Origène peint (p. 569, l. 19 suiv.)une scène où un disciple de Jésus cherche du fruit spirituel chez quelqu’unqui se veut un maître des choses divines, mais qui ne peut rien offrir. C’estce disciple qui dévoile le faux maître, qui montre que le figuier est sec. Qu’ily ait des pluriels dans la suite ne dit rien sur notre passage. XVI, 29, p. 572, l. 25 ἐπὰν δὲ ἐπὶ τὸ μισεῖν προκαλῆταί τις τὸν πιστεύοντατοιοῦτον ἀπατῶν καὶ ἐπιβουλεύων καὶ *** τοῖς ἤθεσι βεβλαμμένος ὤν etc.Les manuscrits donnent τοιαῦτα πράττων ; τοιοῦτον ἀπατῶν est une conjec-ture faite par l’éditeur d’après le latin où l’on trouve circumveniatur. En fait,le texte grec fonctionne bien, mais le latin est très différent. Mieux vaut lais-ser le grec et noter la différence au latin. XVII, 6, p. 596, l. 33 ὅντινα (sc. ἀμπελῶνα, voir Matth. 21, 33) ἐπιμελέστε-ρον ζητητέον, μὴ ἀβασανίστως παρερχόμενον τὴν τοιαύτην παραβολήν. Ilfaut comprendre ζητητέον comme ζητεῖν δεῖ με, et rattacher παρερχόμενον 152 à ce με sous-entendu. Nous avons là un raffinement d’atticisme à ajouteraux exemples présentés par Kühner-Gerth 2 :1, p. 448, Anm. 2, qui sont prisaux auteurs de la période classique. XVII, 7, p. 604, l. 30 εἰ γὰρ στεφάνην οὐκ ἐποικοδομήσεις, πεσεῖταί τις ἀπὸτῆς περὶ θεοῦ ἐννοίας καὶ ἀποθανεῖται est une allusion à Deut. 22, 8. XVII, 15, p. 628, l. 22 οἱ ἀποστελλόμενοι δοῦλοι καλέσαι τοὺς κεκλημένουςεἰς τοὺς γάμους267 οἱ κατὰ καιρόν εἰσι προφῆται ἐπιστρέφοντες τοὺς ἀπὸ τοῦλαοῦ διὰ τῶν προφητειῶν ἐπὶ τὴν εὐφροσύνην ἀγομένην ἐπὶ τῇ ἀποκατα-στάσει τῆς ἐκκλησίας πρὸς Χριστόν. Il faut lire ἀγομένους. ἀγομένην n’estqu’une fausse leçon influencée par le mot précédent εὐφροσύνην. La versionlatine n’a pas de mot correspondant. XVII, 21, p. 643, l. 17 ἐν πνευματικοῖς δὲ γάμοις κοινωνίαν νόει λόγουνυμφίου <ὑποδοχήν,> τόκον δὲ καλῶς ποιούμενα νύμφης ψυχῆς,γαμουμένης λόγῳ. ὑποδοχήν est une conjecture faite d’après le latin suscep-tionem (voir ci-dessous). L’édition donne δὲ καλῶς ποιούμενα pour ἐν καλῷποιουμένου καὶ des manuscrits ; évidemment, καλῶς ποιούμενα νύμφηςψυχῆς devrait correspondre à opera bona animae nuptae (voir ci-dessous). La version latine est plus longue et fonctionne bien : in spiritalibus autemnuptiis communicationem sponsi ad sponsam, id est Christi ad animam,verbi susceptionem intellege, partus autem opera bona animae nuptae. Nousne savons pas si le traducteur a ajouté id est Christi ad animam, ou si le textegrec avait originellement eu un texte correspondant.On ne peut guère établir un texte satisfaisant pour le grec. Je voudraispourtant proposer ποιουμένης, selon la construction habituelle : τόκονποιεῖσθαι veut dire τίκτειν. C’est donc l’âme qui donne naissance à debonnes œuvres. Cf. plus tard (νύμφης ψυχῆς) γεννώσης ... λογικὰ γεννήματα. XVII, 23, p. 647, l. 30 (ἔστι γε ἰδεῖν)268 τινὰς δὲ αὐτῶν καὶ ἀναιρουμένουςὑπ’ ἐκείνων. Les manuscrits grecs donnent αὐτοὺς pour αὐτῶν, ce qu’il fautgarder : on les a tués, quelques-uns. Cf. par exemple XVII, 35, p. 696, l. 26ὁ μὲν οὖν τις φήσει ; cf. l. 33 ἕτερος δὲ ἐρεῖ ; Contre Celse VIII, 4, l. 7 Οἶδεδὲ ὁ λόγος θεοὺς τοὺς μέν τινας λεγομένους τοὺς δὲ καὶ ὄντας. La traductionlatine ne nous aide pas. 153 267 Matth. 22, 3.268 Voir l. 21. XVII, 23, p. 649, l. 22. Le tout renvoie à Matth. 22, 1-14. Le texte de l’édi-tion est comme suit : καὶ συνήγαγον καὶ συνάξουσι πάντας οὓς ἂν εὕρωσι,πονηρούς ***, ἵνα ἀποθέμενοι τὴν πονηρίαν (τὸ ἀλλότριον τοῦ γάμουἔνδυμα) καὶ ἐνδυσάμενοι μετὰ τῶν λεγομένων <ἔργων> ἀγαθῶν τὸ ἔνδυματοῦ γάμου πληρώσωσι τὴν τοῦ γάμου ἑστίαν. Voici la version latine :congregaverunt et congregabunt quouscumque invenerint, malos *** qui-dem, ut deponentes … et induentes se opera bona (quae sunt nuptialia ves-timenta) inpleant convivium nuptiale.Pour les astérisques, on a voulu insérer quelque chose comme <τε καὶἀγαθούς· καὶ τοὺς μὲν πονηρούς>. <ἔργων> a été inséré d’après le latin.En fait, je crois qu’il faut garder le texte grec des manuscrits. Introduisantopera, le traducteur montre qu’il a mal compris. Les mauvais doivent se dé-barrasser de leur méchanceté (οὓς ἂν εὕρωσι πονηρούς, ἵνα ἀποθέμενοι τὴνπονηρίαν …) et se revêtir, avec ceux qui sont appelés les bons (μετὰ τῶνλεγομένων ἀγαθῶν), de la tenue de noce. Matthieu dit (22, 10) que les ser-vants du roi rassemblèrent les mauvais comme les bons ; Origène a déjàcommenté (XVI, p. 631, l. 24) le fait que les mauvais sont appelés, maisqu’ils doivent s’amender et se revêtir de la tenue de noce. Les conjecturesproposées, acceptées ou non, sont donc erronées. XVII, 25, p. 655, l. 18 χώραν γὰρ οὐκ εἶχον <ἂν> Φαρισαῖοι βουλόμενοιπαγιδεῦσαι ἐν λόγῳ τὸν Ἰησοῦν, ἀποστείλαντες ἑαυτῶν τοὺς μαθητὰς μετὰτῶν Ἡρωδιανῶν πυθέσθαι τοῦ Ἰησοῦ, πότερον ἔξεστι δοῦναι κῆνσονΚαίσαρι ἢ οὔ, εἰ ὁμολογούμενον ἦν ὅτι οὐ δεῖ δοῦναι, καὶ εἰ συμπεφωνημέ-νον ἦν τὸ <μὴ> διδόναι. <ἂν> est ajouté d’après le latin (nec enim haberentocccasionem), mais je ne crois pas que ce soit nécessaire. χώραν γὰρ οὐκεἶχον veut dire à peu près οὐκ ἔδει, et l’on sait que dans de telles construc-tions, le grec n’a pas besoin d’un ἄν.L’édition écrit δεῖ δοῦναι pour διδόναι des manuscrits grecs et τὸ <μὴ>au lieu de ὅτι des manuscrits ; ce sont des corrections faites d’après le latin.Mais je crois que ni le traducteur latin ni l’éditeur n’ont bien suivi Origènedans sa manière de raisonner, où la présence des Hérodiens est d’impor-tance.Je crois qu’il faut suivre les manuscrits grecs et lire : χώραν γὰρ οὐκ εἶχονΦαρισαῖοι … ἀποστείλαντες ἑαυτῶν τοὺς μαθητὰς μετὰ τῶν Ἡρωδιανῶνπυθέσθαι τοῦ Ἰησοῦ, πότερον ἔξεστι δοῦναι κῆνσον Καίσαρι ἢ οὔ, εἰὁμολογούμενον ἦν ὅτι οὐ διδόναι (sc. ἔξεστι), καὶ εἰ συμπεφωνημένον ἦνὅτι διδόναι. Dans ce qui précède, Origène a décrit la situation en Judée, oùl’on n’était pas d’accord sur la question de donner l’impôt ou non, et où uncertain Judas avait même provoqué une insurrection contre les Romains àcause de cet impôt. Origène veut que le texte fasse allusion à cette situation, 154 155 τὰ τοιαῦτα, voir l. 13 suiv. : καὶ ἡ προκειμένη δὲ τοῦ εὐαγγελίου λέξις οὐσαφῶς μὲν <ἀλλὰ>269 ἐμφαίνει τὰ τοιαῦτα, τῷ δὲ δυναμένῳ βεβασανισμένωςὁρᾶν τὸ ἐκκείμενον ῥητὸν παρίστησι ταῦτα οὕτως ἔχειν. Telle est la situa-tion, avec des opinions différentes, car (observez γὰρ) les Pharisiens n’au-raient pas envoyé leurs disciples avec les Hérodiens si on était d’accord aveceux contre (οὐ διδόναι) ou pour (διδόναι) l’impôt. Comme Origène expliqueensuite (p. 656, l. 20), la finesse est qu’avec les Hérodiens le piège ne peutpas faillir : si Jésus dit qu’il ne faut pas donner, les Hérodiens le dénoncerontaux Romains, s’il dit qu’il faut donner, les Pharisiens le calomnieront pourêtre obséquieux aux hommes (lire : Romains) et négliger la volonté deDieu.270 XVII, 26, p. 656, l. 15 δηλωσάτω πῶς βουλόμενοι αὐτὸν (sc. Jésus-Christ)παγιδεῦσαι ἐν λόγῳ ἀποστέλλουσι τοὺς ἑαυτῶν μαθητὰς οἱ Φαρισαῖοι,ἀποστέλλουσι δὲ καὶ τοὺς Ἡρωδιανοὺς etc. Les manuscrits grecs donnentσωσάτω pour δηλωσάτω ; il n’existe pas, pour ce passage, de version latine.Assurément, on doit garder σωσάτω. Dans le Comm. Matth. on trouveσῴζειν τὴν ἀκολουθίαν271, σῴζειν τὴν ἀκρίβειαν τῆς εὐαγγελικῆς γραφῆς272et ὁ λόγος ἐσῴζετο273 ; par conséquent, σωσάτω πῶς ne doit pas faire de dif-ficulté : qu’il explique comment l’ídée des Pharisiens tient debout d’envoyeraussi les Hérodiens ! Le problème est : pourquoi les Hérodiens ? La solutionsuit ; c’est parce qu’avec les Hérodiens, il y a toujours ceux qui pourrontnuire à Jésus. Voir la remarque précédente. XVII, 29, p. 664, l. 31 λέγει παραβολὴν τὴν περὶ τῶν δύο τέκνων, τοῦ τε<μὴ> ὑποσχομένου ἐργάσασθαι « ἐν τῷ ἀμπελῶνι » καὶ [μὴ] ἐργασαμένου,καὶ τοῦ ἐπαγγειλαμένου μὲν μὴ ἐργασαμένου δέ. Il faut laisser les négationsoù elles sont. La tradition de Matth. 21, 28 suiv. est confuse : le premier filsdit-il qu’il n’ira pas travailler ou dit-il qu’il ira ? Origène cite et discute letexte en XVII, 4, p. 586, l. 30 suiv. Il est clair que pour lui, le premier ditqu’il n’ira pas. Le texte grec du lemme est abrégé et ne montre pas la réponsedu premier, mais la version latine le fait, et ensuite, ibid., p. 587, l. 28 suiv.,tant le grec que le latin indiquent que le premier dit qu’il n’ira pas. Mais celane veut pas dire que beaucoup plus tard, Origène présente les deux frères 269 <ἀλλὰ> est ajouté d’après le latin mais n’est pas nécessaire.270 Vogt, p. 212, n’accepte pas l’addition de μὴ.271 XVI, 19, p. 540, l. 18 ; ibid. p. 541, l. 7.272 XVII, 7, p. 602, l. 11.273 XIII, 2, p. 177, l. 26. 156 dans le même ordre. À notre connaissance, Origène ne cite pas ce texte deMatthieu ailleurs. XVII, 30, p. 671, l. 34 ὁ δὲ τὸ ξενίζον τοῦτο δόγμα ζητῶν ... ὁράτωπεριαθρήσας ὅλην τήν τε γραφὴν καὶ τὴν ἀκολουθίαν τῶν πραγμάτων, καὶτί ἕπεται τῷ ταῦτα τιθέντι, <καὶ> σκοπείτω εἰ χρὴ etc. Je crois que l’additionde <καὶ> est correcte ; il faut lire ὁράτω … <καὶ> σκοπείτω. Mais le καὶavant τί ἕπεται ne devrait pas y être. Cf. l. 10 ὁράτω τί ἕπεται τῷ λόγῳ et l.16 ὁράτω δὲ ... πῶς αὐτῶν δεῖ ἀκούειν τῶν ἐν Γενέσει γεγραμμένων. Il semble que καὶ soit tombé et réintroduit, mais pas au bon endroit. XVII, 31, p. 677, l. 15 ἑτέραν δὲ ψυχὴν <γυναῖκα εἶναι τὴν> κατὰ θεὸνβιοῦσαν ἀποθανόντος καὶ ἀνατραπέντος τοῦ προτέρου ἀνδρός. Origène ex-plique le passage de Deut. 25, 5 suiv., cité par les Sadducéens274, sur lafemme dont le mari meurt sans enfant ; le frère du mari défunt doit l’épouserpour lui susciter une postérité. Origène veut que l’épouse soit l’âme humaine,mariée premièrement à la lettre de la loi (τὸ τοῦ νόμου γράμμα), ensuite àla loi spirituelle (ὁ πνευματικὸς νόμος)275. Après avoir peint le comportementd’une femme ou d’une âme qui ne suit pas cette loi, Origène s’adresse, voirla citation, à l’autre femme ou âme qui vit selon la volonté de Dieu.<γυναῖκα εἶναι τὴν> est une addition qui n’est pas nécessaire et qui n’apas de support dans la version latine qui, concernant ce passage, est trèslibre : cum autem anima recta, (mortua sibi sicut diximus lege) etc. Pourἀνδρός, il y a donc lege. Dans ce contexte, nous trouvons ἀποθνῄσκειν etθάνατος plusieurs fois tant pour la disparition du premier mari que pour cellede la première loi. ἀνατραπῆναι et ἀνατροπή va mieux avec la loi ; cf. p.676, l. 21, et 32, p. 682, l. 23. Je me demande si à l’origine, ἀνδρός étaitdans le texte grec. Il semble plutôt qu’on ait ajouté un nom à τοῦ προτέρουet qu’en le faisant, on ait choisi différemment dans les deux textes. XVII, 34, p. 695, l. 3. L’édition donne οἷον <εἰ> Ἀβραὰμ δύο υἱοὺς ἔσχεν(cf. Gal. 4, 22), en comparant l. 12 ἀλλ’ εἰ καὶ « ἕνεκεν τούτου καταλείψειἄνθρωπος τὸν πατέρα etc. »276. <εἰ> serait donc nécessaire pour former unparallèle avec εἰ suivant. Origène discute les passages de la Bible qui parlent du mariage ; là, il nes’agit pas d’une interprétation simple et directe, à savoir littérale, p. 694, 274 Matth. 22, 24.275 P. 674, l. 14 suiv.276 Cf. Gal. 4, 24. l. 30 : ἃ ἐκ τῆς προχείρου λέξεως ἐκλάβοι τις ἄν, mais il faut interprétercomme il vient de faire ; il faut comprendre le texte de Matth. 22, 1 suiv. surle roi qui fait les noces pour son fils comme le mariage du Sauveur et del’Église. Ensuite, Origène donne immédiatement un autre exemple de cettemanière d’interpréter : οἷον Ἀβραὰμ δύο υἱοὺς ἔσχεν. Suit ἀλλ’ εἰ καὶ ἕνεκεντούτου καταλείψει ἄνθρωπος τὸν πατέρα etc., présenté comme un autreexemple, mais pas comme un parallèle. L’addition de <εἰ> n’est donc pasnécessaire, et la version latine ne lui donne pas d’appui. XVII, 35, p. 697, l. 29. Celui qui ne croit pas que le passage sur les Saddu-céens (Matth. 22, 23 suiv.) doit être interprété allégoriquement a deux pos-sibilités : δυεῖν θάτερον ποι<εῖν δε>ήσει, ἢ ἀπιστήσει τοῖς ἐκκειμένοις ῥητοῖς... ἢ τολμήσει ἀπιστῆσαι ὡς οὐκ ἀληθεύσαντι τῷ Ἰησοῦ. L’éditeur a corrigéle grec d’après le latin. Il faut garder le futur ποιήσει. Le futur se retrouved’un bout à l’autre dans ce contexte, notamment p. 698, l. 13 παρὰ τὸνἐκκλησιαστικὸν ποιήσει λόγον. Le futur est très souvent employé, commeici, pour indiquer une conclusion fausse, même absurde, comme :Contre Celse V, 23, l. 15 Φαμὲν δὲ καὶ ὅτι οὐ δύναται αἰσχρὰ ὁ θεός,ἐπεὶ ἔσται ὁ θεὸς δυνάμενος μὴ εἶναι θεός.Clément d’Alexandrie, Stromates III, 90, 4 ἐπεῖ τούτῳ τῷ λόγῳ οὔθ’οἱ πρὸ τῆς παρουσίας δίκαιοι οὔθ’ οἱ μετὰ τὴν παρουσίαν γεγαμηκότεςκἂν ἀπόστολοι ὦσι σωθήσονται.Basile de Césarée, Contre Eunome II, 28, l. 16 f (637 a) ταῦτα καὶ ἔτιπλείω τούτων ἀκαλουθήσει τὰ ἄτοπα. Contre CelsePour le Contre Celse, je n’entre pas dans la discussion sur la valeur des textesde la tradition directe, de celle de la Philocalie, de celle du Papyrus deToura277. Je n’ai voulu que chercher à comprendre ce qu’Origène veut direet s’il a vraiment dit ce que nous trouvons dans le texte des éditeurs. Le pointde départ est le texte établi par Borret dans SCh. Des autres textes et des au-tres traductions sont consultés, voir Littérature, p. 217, mais je ne présenteleurs solutions que si elles font mieux comprendre le texte. On est d’accordque les manuscrits de la tradition directe dérivent du manuscrit A, Vaticanus 157 277 Voir p. 219, Scherer, Jean. 158 graecus 386 du XIIIe s., parfois mentionné dans les pages qui suivent comme« le manuscrit ». Préface 1, l. 7-8 ἐν συγράμμασι … ἐν βιβλίῳ. SCh et d’autres traductionstraduisent par « son traité », « son livre », ou autres expressions équivalentes.On veut donc que le livre soit celui de Celse, mais il s’agit du traité d’Ori-gène lui-même. Sa manière de raisonner est : pourquoi des livres pour ré-pondre aux accusations ? Jésus-Christ lui-même ne daignait pas répondreaux faux témoignages, et les faits et son discours sont déjà une réfutationmanifeste.278 Préface 4, l. 10 οὔτε τι τῶν ἑξῆς δύναται αὐτοὺς « χωρίσαι <ἀπὸ> τῆς ἀγάπηςτοῦ θεοῦ etc. ». Origène vient de citer Rom. 8, 35 τίς ἡμᾶς χωρίσει ἀπὸ τῆςἀγάπης τοῦ θεοῦ279. Il n’est pourtant pas sûr qu’il faille avec les éditeursajouter ἀπὸ, le génitif séparatif n’ayant rien d’exceptionel. Nous trouvonspar exemple I, 6, l. 7 Ταῦτα γὰρ λεγόμενα πολλάκις τοὺς δαίμονας πεποίηκενἀνθρώπων χωρισθῆναι. I, 1, l. 19 Ὥσπερ γάρ…· οὕτω δὴ καὶ Χριστιανοί etc. Le manuscrit A donneδὴ, accepté par les éditeurs, mais le papyrus porte δὲ. Il est très probable queδὲ est correct, car δὲ se trouve souvent après une proposition avec ὡς, ὥσπερou καθάπερ. Un exemple du Contre Celse est IV, 40, l. 8 : ὡς γὰρ περὶ τούτου... ἀπολογοῦνται οὐ δι’ ὀλίγων οὐδὲ δι’ εὐκαταφρονήτων, οὕτω δὲ καὶ περὶτοῦ Ἀδὰμ ... φιλοσοφήσουσιν. La construction se trouve souvent chez Clé-ment d’Alexandrie, par exemple : Pédagogue II, II, 30, 3 καθάπερ καì τοὺςφίλους, οὕτω δὲ καὶ τὸ ὕδωρ ἐπαγόμενοι ; ibid. II, X, 90, 3 ἡ γὰρ φύσιςὥσπερ καὶ ταῖς τροφαῖς, οὕτω δὲ καὶ τοῖς κατὰ νόμον γάμοις ὅσον οἰκεῖονκαὶ χρήσιμον καὶ εὐπρεπὲς ἐπέτρεψεν ἡμῖν.Pour δέ plus généralement dans des propositions subordonnées, voir laremarque sur Clément d’Alexandrie, Stromates III, 82, 4. I, 22, l. 8. Parlant de charmeurs de démons, Origène dit : ποιοῦντες μέν<τινα> διὰ τὸ ὄνομα καὶ τὴν πρὸς τὸ δίκαιον τοῦ θεοῦ οἰκειότητα. L’additionde <τινα> des éditeurs n’est pas nécessaire, car ποιεῖν est, comme souvent,à peu près synonyme de πράττειν, « agir » cf. par exemple II, 40, l. 3 ἐν τῷπαρὰ τὴν ὑπόθεσιν οὗ ἀνείληφε προσώπου ποιῆσαι, « agir contrairement au 278 Préface 1, l. 9 suiv. ; cf. Préface 6, l. 27 : le premier venu des fidèles méprise le livre deCelse.279 Une autre tradition donne τοῦ Χριστοῦ pour τοῦ θεοῦ. caractère du rôle qu’il avait assumé » ; VIII, 51, l.19 Ἀλλὰ φιλανθρωπότερονοἶμαι Κέλσου Χρύσιππον πεποιηκέναι ἐν τῷ περὶ παθῶν θεραπευτικῷ ; ibid.l. 34 Ἐχρῆν τοίνυν καὶ τὸν Κέλσον ... ἀκολούθως ἑαυτῷ ποιεῖν. Donc : « ilsagissent à l’aide du nom », etc. Voir aussi la remarque sur III, 33, l. 27 avecn. 294. I, 23, l. 18 (Πόσῳ οὖν ἐνεργέστερον ... καὶ βέλτιον) τοῦ κόσμου σέβειν τὸνδημιουργὸν αὐτοῦ ἑνὸς ὄντος ἕνα καὶ συμπνέοντος αὐτοῦ ὅλῳ ἑαυτῷ καὶδιὰ τοῦτο μὴ δυναμένῳ ὑπὸ πολλῶν δημιουργῶν γεγονέναι. Il faut lireδυναμένου. ἑνὸς ὄντος … καὶ συμπνέοντος… καὶ δυναμένου sont coordon-nés. δυναμένου est une vieille conjecture dans le manuscrit M pourδυναμένῳ du manuscrit A et du papyrus de Toura. Le datif est influencé parὅλῳ ἑαυτῷ peu avant. Marcovich lit δυναμένου, mais retranche αὐτοῦ avantὅλῳ, ce qui n’est pas nécessaire. I, 28, l. 1Ἐπεὶ δὲ καὶ προσωποποιεῖ, τρόπον τινὰ μιμησάμενος ἓν ῥήτοροςεἰσαγόμενον παιδίον. Il faut lire et comprendre selon une construction bienconnue : ἐν ῥήτορος εἰσαγόμενον παιδίον, « un enfant qui commence chezle rhéteur ». La traduction de l’édition de SCh n’est pas bonne : « à la ma-nière d’un enfant qui introduit une figure de rhétorique », mais, parmi d’au-tres, celle de Chadwick donne le sens : « somehow imitating a child havinghis first lessons with an orator ». I, 34, l. 3 ἣν (sc. προφητείαν) οὐκ ἐξέθετο, εἴτ’ ἐπεὶ μὴ ἐπίστατο ὁ πάντ’ἐπαγγελλόμενος εἰδέναι Κέλσος εἴτ’ ἀναγνοὺς μὲν ἑκὼν δὲ σιωπήσας. Leséditions de SCh, de Marcovich et de Fiedrowics/Barthold écrivent εἴτ’ ἐπεὶμὴ ἐπίστατο, en suivant une correction du papyrus qui portait originalementειτεμπεπιστα. GCS préfère εἴτε μὴ ἐπιστάμενος d’après le manuscrit A. Enfait, le papyrus présente presque la même leçon que A, car en écriture on-ciale, la différence n’est pas grande entre μπ et μη. Il faut donc comprendrele papyrus comme ειτε μη επιστα, où seulement la désinence μενος fait dé-faut, et lire comme A. Ainsi, on aura la séquence ἐπιστάμενος, ἀναγνοὺς,σιωπήσας. I, 44, l. 3 ὅτι πολλῷ <μᾶλλον> οὗτος ἐκείνων ἄξιός ἐστι τοῦ πιστεύεσθαιτοιαῦτα λέγων ἑωρακέναι. Pour sa traduction allemande, Koetschau a ajoutéμᾶλλον, accepté par les éditeurs.Le juif fictif, présenté par Celse comme adversaire des chrétiens, prétendque l’histoire de la colombe qui descend sur Jésus lors de son baptême n’estpas digne de foi. Origène répond qu’il croit comme les juifs aux visionsd’Ézéchiel et d’Isaïe, mais il dit que « lui, le Christ, est plus digne de foi 159 160 qu’eux lorsqu’il dit avoir eu la vision ». L’addition de μᾶλλον ne semble pasnécessaire. On sait qu’il y a des comparaisons où on voudrait bien trouverμᾶλλον ou une forme de ἄλλος, par exemple :II, 33, l. 3 Πυνθανομένῳ δὴ αὐτῷ πόθεν ἂν ἀποκρινοίμεθα ... ἢ ἀπὸτῶν εὐαγγελίων ...;Ibid. II, 54, l. 4 (Celse parle) Τίνι οὖν προσήχθητε ἢ διότι προεῖπεν,ὡς ἀποθανὼν ἀναστήσεται; « pour quelle raison, sinon … ».Comm. Jean VI, § 54 (6) Καὶ τίνας ἐχρῆν πρεσβύτας πεπέμφθαι πρὸςτὸν Ἰωάννην ἀπὸ Ἰουδαίων καὶ πόθεν ἢ τοὺς διαφέρειν νενομισμένουςκατ’ ἐκλογὴν θεοῦ ἀπὸ τοῦ ἐξειλεγμένου... τόπου Ἱεροσολύμων …;Clément d’Alexandrie, Stromates VII, 103, 1 οὓς ἐλεήσειεν ἄν τις ἢμισήσειεν τῆς τοιαύτης διαστροφῆς.Cf. aussi dans la Septante Gen. 38, 26 Δεδικαίωται Θαμαρ ἢ ἐγώ. I, 53, l. 28 Οὗτος δὲ καὶ εἶπε « τοῖς ἐν δεσμοῖς », καθὸ « σειραῖς τῶν ἑαυτοῦἁμαρτιῶν ἕκαστος σφίγγεται » 280, τὸ « Ἐξέλθατε » καὶ τοῖς ἐν τῇ ἀγνοίᾳ τὸεἰς φῶς ἥκειν, καὶ τούτων οὕτω προφητευθέντων· « Καὶ ἔδωκά σε εἰςδιαθήκην ἐθνῶν ..., λέγοντα τοῖς ἐν δεσμοῖς ἐξέλθατε, καὶ τοῖς ἐν σκότειἀνακαλυφθῆναι. »281 Nous devons retrancher καὶ avant τούτων οὕτωπροφητευθέντων. Origène présente d’abord ce qui est le plus important dela citation qu’il va citer, à savoir Ἐξέλθατε et l’admonition à ceux qui sontdans l’ignorance de venir à la lumière. Ensuite, il cite la prophétie littérale-ment, τούτων οὕτω προφητευθέντων etc., où nous retrouvons ces admoni-tions. τούτων οὕτω προφητευθέντων est une explication de ce qui précède,pas une addition. καὶ a été ajouté par quelqu’un qui a perdu le fil. I, 61, 7 μὴ ἰδὼν (sc. Hérode) ὅτι ἤτοι πάντως βασιλεύς ἐστι (sc. Jésus nouveau-né) καὶ βασιλεύσει, ἢ οὐ βασιλεύσει καὶ μάτην ἀναιρεθήσεται.πάντως A3V πάντων APM. Le contexte montre que la leçon πάντως, sansappui important dans la tradition, est sans doute correcte. L’alternative est :ou bien il régnera, quoi qu’on en dise ou fasse (πάντως), ou bien il ne régnerapas. Il ne s’agit pas d’un πάντων βασιλεύς mais du roi des juifs, voir l. 5-6βασιλέα γεγεννῆσθαι Ἰουδαίων. La leçon πάντως, est-elle le résultat d’uneconjecture ou d’une heureuse méprise de la part des copistes ? I, 66, l. 8. La proposition suivante a été transmise de manière insuffisante et 280 Prov. 5, 22.281 Is. 49, 8-9 corrigée différemment par des éditeurs et des critiques.282 Il faut lire : Οἴεταιδὲ ἐν τούτοις ὁ Κέλσος μὴ θεῖόν τι εἶναι ἐν ἀνθρωπίνῳ σώματι καὶ ψυχῇκατὰ τὸν Ἰησοῦν, ἀλλὰ καὶ τὸ σῶμα αὐτοῦ <οὐ> τοιοῦτον γεγονέναι, ὁποῖονὉμήρου μῦθοι εἰσάγουσι. Παίζων γοῦν τὸ ἐπὶ τῷ σταυρῷ προχυθὲν αἷματοῦ Ἰησοῦ φησιν ὅτι οὐκ ἦν « ἰχώρ, οἷός πέρ τε ῥέει μακάρεσσι θεοῖσιν »283.Le manuscrit A porte ἡμᾶς avant ἐν τούτοις, certainement à tort, car nous li-sons là l’opinion de Celse, tandis que l’opinion des chrétiens vient ensuite,après la citation d’Homère, l. 14 : Ἡμεῖς δ’ etc. Là, Origène déclare que leSauveur est une sorte d’être composé, σύνθετόν τι χρῆμα. Après ἡμᾶς, on aajouté νομίζειν, aussi à tort et pour la même raison. Le contexte exigequ’après αὐτοῦ, on ajoute οὐ, un cas d’haplographie. I, 66, l. 54 οὔσης τινὸς καί, ἵν’ οὕτως ὀνομάσω, οἰκείας ζητήσεως τοῖςπιστεύουσιν εἰς τὸν τόπον. L’édition de SCh traduit par « un débat de fa-mille », Chadwick par « private investigation », Fiedrowics/Barthold par :« dem eigenen Studium ». Il faut traduire par « une étude spéciale sur cepoint ». Cf. II, 8, l. 45 τοῦ οἰκείου τόπου τῇ πατρίῳ θρησκείᾳ, « le lieu ré-servé au culte traditionnel », à savoir celui des juifs. II, 7, l. 14 Ἔστι δὲ καὶ ἄλλως αὐτὸν ἐλέγξαι· ὅτι ὡς οὐκ ἔστι ψεῦσμαψεύσματος μᾶλλον ψεῦσμα, οὕτως οὐδὲ μειζόνως· ὡς οὐδὲ ἀληθὲς ἀληθοῦςμᾶλλον ἀληθὲς ἢ μειζόνως ἀληθές. Tel est le texte du manuscrit A, avec ἢμειζόνως ἀληθές comme une addition dans la marge, placée où il faut. Lepapyrus présente une autre version : ἔστι … ἐλέγξαι ὅτι οὐκ ἔστιν ψεύσματοςὡς οὐ μᾶλ[λον] ψεῦσμα, οὕτως οὐδὲ μειζόνως· ὡς οὐδὲ etc. On s’est de-mandé laquelle de ces versions était la version originale. Le manuscrit pré-sente un parallélisme étudié ; on comprend qu’une telle construction peut sedétruire partiellement. Le texte du papyrus se comprend comme une dété-rioration : ὡς οὐκ est frappé par quelque malheur ; les mots sont tombés dutexte, mais ils sont de nouveau introduits où il ne faut pas les lire, la négationétant en même temps gardée à la place originale. Il est évident que ὡς οὐκest mieux placé dans le manuscrit et que la négation ne doit figurer qu’unefois. Le premier ψεῦσμα est aussi tombé par un saut du même au même.Constatons donc qu’un manuscrit plus récent de 600 ans porte un texte quiest supérieur à celui d’un papyrus d’un âge vénérable. 161 282 À l’apparat de Borret, ajoutez Hansen (voir Littérature, p. 219, p. 466.283 Il. 5, 340. 162 II, 11, l. 13 Τοῦτο μὲν οὖν οὐ πάντας πείσει περὶ τῆς τοῦ Ἰούδα προαιρέσεως,ὅτι μετὰ τῆς φιλαργυρίας ... εἶχέ τι ἀναμεμιγμένον ἐν τῇ ψυχῇ ἀπὸ τῶνἸησοῦ λόγων αὐτῷ ἐγγεγενημένον, ἔμφασιν ἕχον λείμματος, ἵν’ οὕτως ὀνο-μάσω, χρηστότητος; Origène a développé l’idée que dans le comportementde Judas à l’arrestation de Jésus on voit encore une influence du Maître, unreste de bonté. On a regardé la proposition ci-dessus comme une question,mais on a aussi voulu rejeter οὐ pour en faire une proposition affirmative.Wifstrand284 part de la négation mais suppose une lacune après προαιρέσεως,parce que Τοῦτο μὲν οὖν n’a rien de correspondant et Γέγραπται γὰρ immé-diatement après ne serait pas compréhensible, évidemment parce que ce γὰρn’explique rien. Wifstrand veut que dans cette lacune on doive supposer uneexplication plus convaincante de l’état d’âme de Judas, suivie de la preuvede cet état, le suicide : Γέγραπται γὰρ etc. Je pense qu’il faut garder le textedu manuscrit et considérer la proposition comme une question.Les petits mots, même les négations, sont facilement omis par négligence,et par conséquent, l’introduction d’un οὐ est à première vue beaucoup moinsprobable que la disparition de ce mot. Quant à la lacune supposée, il n’est pas nécessaire qu’un μέν ait toujoursun δέ correspondant. Notamment μὲν οὖν a un sens fortement affirmatif etn’a guère besoin d’un δέ. Cf. μενοῦνγε et μενοῦν dans le Nouveau Testa-ment :Luc 11, 28 αὐτὸς δὲ εἶπεν· μενοῦν285 μακάριοι οἰ ἀκούοντες τὸν λόγοντοῦ θεοῦ καὶ φυλάσσοντες.Rom. 9, 20 ὦ ἄνθρωπε, μενοῦνγε286 σὺ τίς εἶ ὁ ἀνταποκρινόμενος τῷθεῷ;Ibid. 10, 18 ἀλλὰ λέγω, μὴ οὐκ ἤκουσαν; μενοῦνγε· εἰς πᾶσαν τὴν γῆνἐξῆλθεν ὁ φθόγγος αὐτῶν (Ps. 18, 5).Phil. 3, 8 ἀλλὰ μενοῦνγε καὶ ἡγοῦμαι πάντα ζημίαν εἶναι διὰ τὸὑπερέχον τῆς γνώσεως Χριστοῦ Ἰησοῦ τοῦ κυρίου μου. Cf. aussi Clément d’Alexandrie, Stromates II, 32, 4 οὐ τοίνυν ἄλογος ὁφόβος, λογικὸς μὲν οὖν.Γέγραπται γὰρ ne fait guère de difficulté. Le sens est : N’est-on pasconvaincu qu’il reste chez lui un reste de bonté ? ; oui, car il est écrit qu’ilfut pris de remords et qu’il s’est suicidé. γὰρ explique pourquoi il faut lecroire. 284 Wifstrand II, p. 419 [29].285 μενοῦνγε est aussi bien attesté.286 μενοῦνγε fait défaute entre autres dans P46 et D*. II, 28, l. 3. Origène vient de parler du reproche que le juif de Celse fait auxchrétiens d’avoir cité des prophètes prédisant l’histoire de Jésus. Il poursuit :φήσομεν πρὸς τοῖς ἀνωτέρω εἰς τοῦτο λελεγμένοις καὶ ὅτι ἐχρῆν αὐτόν, ὥςφησι, φειδόμενον ἀνθρώπων, αὐτὰς ἐκθέσθαι τὰς προφητείας καὶ συναγο-ρεύσαντα ταῖς πιθανότησιν αὐτῶν τὴν φαινομένην αὐτῷ ἀνατροπὴν τῆς χρή-σεως τῶν προφητικῶν ἐκθέσθαι. Οὕτω γὰρ ἂν ἔδοξε μὴ συναρπάζειντηλικοῦτον κεφάλαιον διὰ λεξειδίων ὀλίγων etc. Il faut donc, selon Origène,que Celse cite ces prophéties et les discute en détail pour prouver son opi-nion.ὥς φησι, φειδόμενον ἀνθρώπων a été discuté. On a pensé qu’Origène ren-voie au début de II, 13, l. 4 où il dit que le juif laisse des choses à côté. Maisil n’est pas dit pourquoi il fait cela, même si l’on peut imaginer qu’il veutéviter de longues explications et ainsi traiter les hommes avec ménagement,sans les fatiguer (φειδόμενον ἀνθρώπων). On dirait plutôt avec Chadwickad locum qu’Origène pense à quelque passage de Celse qu’il ne cite pas. Ona voulu lire κηδόμενον pour φειδόμενον (Bouhéreau)287 ou αὐτὸν <τῶν> ὥςφησι <ψευδομένων> au lieu de αὐτόν, ὥς φησι, φειδόμενον (Arnold)288.κηδόμενον veut dire à peu près la même chose que φειδόμενον et ne résoutpas le problème du passage, voir plus bas. La proposition d’Arnold donneune autre signification, peu crédible, à la phrase, et elle est paléographique-ment difficile.Nous pouvons comparer ce passage avec 30, l. 3 Ἐχρῆν δὲ αὐτὸν τὰπαρακούσματα ἐκθέμενον ἐλέγξαι καὶ τὰ ἀγεννῆ τεκμήρια λόγῳπαραστῆσαι. Origène demande une exposition détaillée que Celse n’a pasdonnée. Le problème est : comment Origène peut-il dire que Celse doit faireune discussion plus détaillée, mais en même temps traiter les hommes avecménagement, sans les fatiguer (φειδόμενον ἀνθρώπων) ? Simplement, nefaut-il pas lire <οὐκ>, ὥς φησι, φειδόμενον ἀνθρώπων ? : contrairement àce qu’il dit, il ne doit pas mener la vie facile aux lecteurs, mais exposerlongue ment. Les petits mots, même les négations, ont la fâcheuse habitudede tomber du texte. II, 49, l. 1 Ὁ μὲν οὖν Ἰησοῦς ἐπιστρέφων τοὺς μαθητὰς οὐχὶ ἀπὸ τοῦ προσ -έχειν ἁπαξαπλῶς γόησι καὶ τοῖς ἐπαγγελλομένοις δι’ οἱασδήποτε ὁδοῦ ποιεῖντεράστια – οὐ γὰρ ἐδέοντο τούτου οἱ μαθηταὶ αὐτοῦ – ἀλλ’ ἀπὸ τοῦ τοῖςἀναγορεύουσιν ἑαυτοὺς εἶναι τὸν Χριστὸν τοῦ θεοῦ. Tel est le texte de GCS. 163 287 Voir Littérature, p. 219, Arnold, p. 61.288 Ibid. Le manuscrit A donne ἀπὸ τοῦ μὴ προσέχειν et on a proposé ἀποστρέφωνau lieu de ἐπιστρέφων. Le papyrus porte selon Marcovich διὰ τοὺςἀναγορεύοντας pour ἀπὸ τοῦ τοῖς ἀναγορεύουσιν. Cette leçon implique unchangement de la construction de la phrase, mais n’est pas impossible : (ilfait cela) à cause de ceux qui, etc. SCh, Marcovich et Fiedrowics/Bartholdacceptent ἀποστρέφων et lisent comme GCS ἀπὸ τοῦ προσέχειν. Je pensequ’il faut retenir les leçons du manuscrit. Nous trouvons ἐπιστρέφειν ἀπὸτῶν ἁμαρτημάτων en II, 44, l. 10 et en VIII, 40, l. 2. Une négation « de trop »peut bien se trouver après un verbe qui implique une interdiction. Même sil’on se dit que ἀποστρέφων irait mieux avec une telle négation, je pense,pour ma part, que l’idée d’une négation existe dans ἐπιστρέφων ἀπὸ.Quelques exemples d’une négation « de trop » dans des auteurs plus oumoins contemporains d’Origène sont :Philon d’Alexandrie, Des vertus XXVII, 147 (νόμος κεκρακὼς)μηδένα τῶν ἑτεροεθνῶν ἀδικεῖν, οὐδὲν ἔχοντας αἰτιάσασθαι ὅτι μὴ τὸἀλλογενές, ὅπερ ἐστὶν ἀναίτιον. Selon la tradition, Clément d’Alexan-drie écrit dans un passage dépendant de Philon289 : οὐδὲν ἔχονταςαἰτιάσασθαι ἢ ὅτι τὸ ἀλλογενές, ὅπερ ἐστὶν ἀναίτιον. On a voulu chan-ger en ἢ [ὅτι] ou selon Philon en ὅτι μὴ, changements pas nécessaires.Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon 76, 5 τοὺς ἀναξίους μὴσώζεσθαι.Clément d’Alexandrie, Stromates I, 6, 1 τό τε μὴ πρὸς χάριν ὁμιλεῖνδωροδοκίας τε αὖ διαβολὴν διαπέφευγεν. II, 49, l. 45 ἀποκηρύσσεται μὲν τῶν κατὰ τὸν τόπον ἡ γοήτεια ..., εἰσάγεταιδὲ ἡ θειότης τοῦ Χριστοῦ. Wifstrand290 a proposé de lire <διὰ> ou <ὑπὸ>τῶν κατὰ τὸν τόπον, ce qui a été accepté par Chadwick. Le sens serait donc :par les passages sur ce thème, τῶν κατὰ τὸν τόπον se référant aux passagescités par Origène dans ce contexte. Assurément, κατὰ τὸν τόπον veut dire« sur ce thème, sur cette question », voir l’index du SCh, vol. V, p. 501.Pourtant, je crois qu’on peut faire sans διὰ ou ὑπὸ. On trouve des exemplesdu genitivus separativus chez Origène, par exemple dans Contre Celse :I, 6, l. 7 Ταῦτα γὰρ λεγόμενα πολλάκις τοὺς δαίμονας πεποίηκενἀνθρώπων χωρισθῆναι.II, 49, l. 43, immédiatement avant notre passage : ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ... δαίμονας ἀποβαλεῖν ἀνθρώπων.291 164 289 Stromates II, 94, 4.290 Wifstrand I, p. 26 [18].291 Un manuscrit qui dérive du manuscrit A donne ἀπ’ ἀνθρώπων ἐκβάλλειν. III, 13, l. 15 Ἀριστοτέλην, ἀποφοιτήσαντα τῆς διατριβῆς αὐτοῦ (sc.l’école de Platon).ibid., l. 20 εἴ τις ἄλλη ... ἀποφοιτήσασα τοῦ Ἰησοῦ συνέστη γνώμη.VII, 69, l. 11 καὶ ἔστιν εἶδος τῶν ἐκπεσόντων θεοῦ τὸ τῶν δαιμόνων.Il y a aussi des exemples ci-dessus dans le commentaire sur Comm. Jean I,§ 233. Cf. aussi dans la remarque suivante ὑπεξέστη τῆς ὄψεως τῶνἀνθρώπων.On pourrait donc comprendre notre passage comme suit : « la sorcellerieest bannie de ce qui a à voir avec le problème en question » ; la sorcellerien’a rien à voir avec les miracles de Jésus. II, 56, l. 26 Μή ποτ’ οὖν πρὸς ἄλλοις αἰτίοις τοῦ σταυρωθῆναι τὸν Ἰησοῦνκαὶ τοῦτο δύναται συμβάλλεσθαι τῷ αὐτὸν ἐπισήμως ἐπὶ τοῦ σταυροῦἀποτεθνηκέναι, ἵνα μηδεὶς ἔχῃ λέγειν ὅτι ἑκὼν ὑπεξέστη τῆς ὄψεως τῶνἀνθρώπων. Le manuscrit A dit τοῦ avant αὐτὸν etc., une main récente achangé en τῷ.Origène vient de dire que des héros de la mythologie grecque se sont ren-dus invisibles pour un temps et qu’ensuite, ils se sont montrés, en prétendantêtre revenus de chez Hadès, mais que Jésus ne pouvait pas se soustraire dela même manière. Il est donc clair qu’il faut lire τὸ αὐτὸν ἐπισήμως ἐπὶ τοῦσταυροῦ ἀποτεθνηκέναι, reprenant et expliquant τοῦτο : il y a d’autres rai-sons de la crucifixion, il y a aussi le fait qu’il est mort sur la croix, et visi-blement, afin qu’on ne puisse pas dire qu’il s’est éloigné volontairement(comme faisaient ces héros de la mythologie). II, 76, l. 46 Ἀλλὰ καὶ ὁ Ἰουδαῖος ἐὰν ἴδῃ τὸ βούλευμα τῶν προφητικῶνλόγων, παραστῆσαι δυνήσεται τὸ μὴ κούφως ἀπειλεῖν καὶ λοιδορεῖν τὸνθεὸν λέγοντα τὸ « Οὐαὶ » etc. παραστῆσαι et τὸ sont des conjectures, la tra-dition présente παραστῆναι et τῷ. Il faut retenir les leçons originales. Lesens en est : « il pourra se ranger à l’idée que Dieu ne menace pas à la lé-gère ». Cf. peu avant, l. 40, ἐὰν ἀπολογήσεται ὁ Ἰουδαῖος παριστάμενος τῇγραφῇ, « en défendant l’Écriture ». III, 16, l.1. Origène part d’une brève citation de Celse : Ποῖα δὲ παντοδαπὰἐπισπώμεθα ἢ τίνα συμπλάσσομεν δείματα. Suit un peu plus loin, l. 11 : Ποῖαοὖν δείματα, ἐὰν ἀνέλῃς τὸν περὶ κολάσεως λόγον, συμπλάττοντεςἐπισπώμεθα τοὺς ἀνθρώπους; On a critiqué les traductions de ἀνελεῖν par «ausnehmen », « excepter », car le mot veut le plus souvent dire « tuer », et 165 166 dans une discussion, « nier ». On a donc voulu changer en ἀφέλῃς, qui veutdire « excepter »292, ou lire < μὴ> ἀνέλῃς293.Selon Origène, Celse pense que les chrétiens forgent des contes terrifiants,et, comme Origène l’interprète dans ce contexte, c’est pour attirer les gensqui en se faisant chrétiens veulent éviter d’être punis selon un jugement juste.Celse vient de dire qu’il ne veut pas rejeter la doctrine que les injustes serontpunis et les justes jugés dignes d’une récompense. Il est donc, comme Ori-gène, un partisan de la doctrine de punitions, sans doute terribles. Commentdonc Origène peut-il dire immédiatement après : « forgeant quels contes ter-rifiants attirons-nous les gens, si tu nies la doctrine de punition » ? Mais ilne nie pas les punitions  ! Donnant une autre nuance à ἀνελεῖν, je proposede traduire : « si tu élimines les punitions (elles n’entrent pas dans la dis-cussion), quels sont les contes terrifiants que nous forgeons pour attirer leshommes ? »Herter interprète de la même manière, mais il n’est pas nécessaire de chan-ger ἀνέλῃς en ἀφέλῃς. En fait, Wifstrand présente un passage où l’on peuttrès bien comprendre ἀνελεῖν comme « éliminer dans un raisonnement, éli-miner réellement ou hypothétiquement », à savoir V, 3, l. 3 : Ὥρα δή σοι ...ἤτοι ἀναιρεῖν τὸ θεὸν ἐπιδημεῖν ... ἢ τιθέντι τὸ τοιοῦτον ψευδοποιεῖν τὸνΚέλσου λόγον. Εἰ μὲν οὖν πάντῃ πρόνοιαν ἀναιρεῖς etc. On trouve d’autresexemples, comme IV, 3, l. 48-49 (ἀναιρεῖν) τὸ ἑκούσιον et τὴν οὐσίαν ; VIII,38, l. 13 τὴν πρόνοιαν. III, 20, l. 14 εἴτε διηγούμενος ὡς νενοηκὼς τὸ βούλημα τοῦ ἀνδρὸς ἢ καὶἀντιλέγειν καὶ ἀνατρέπειν πειρώμενος ἃ ἐφαντάσθη αὐτὸν νενοηκέναι. SCh :« réfuter ce qu’il s’imagine avoir compris », pareillement Chadwick et Fie-drowics/Barthold. Le sens doit plutôt être « réfuter ce qu’il imagine que lui(à savoir Paul) a pensé ». III, 29, l. 26 Τίς γὰρ ἂν οὐχ ὁμολογήσαι καὶ τοὺς χείρους τῶν ἀπὸ τῆς ἐκκλη-σίας καὶ συγκρίσει βελτιόνων ἐλάττους πολλῷ κρείττους τυγχάνειν τῶν ἐντοῖς δήμοις ἐκκλησιῶν; Il semble qu’on fasse là une comparaison mal assortieentre, d’un côté, les membres des églises et, de l’autre, les assemblées poli-tiques. En traduisant, Chadwick suit le manuscrit : « even the less satisfactorymembers of the Church … are far superior to the assemblies of the people ».SCh et Fiedrowics/Barthold traduisent d’une autre manière : « … sont bien 292 Voir Littérature, p. 219, Herter, col. 73. 293 Wifstrand II, p. 421 [31]. supérieurs aux membres de ces assemblées politiques » ; « … denen weitausüberlegen sind, die die Volksgemeinden bilden », c’est-à-dire comme si l’onavait lu κρείττους τυγχάνειν τῶν <ἀπὸ τῶν> ἐν τοῖς δήμοις ἐκκλησιῶν.Si l’on va au paragraphe suivant, on voit qu’Origène compare les assem-blées politiques d’Athènes et Corinthe avec les églises chrétiennes corres-pondantes ; suit une comparaison entre les conseils de l’église et les sénatsde chaque cité, ensuite celle des chefs de l’église de chaque cité avec lesgouverneurs politiques. Si on prend en considération ces confrontations mi-nutieuses entre tous les niveaux possibles, je propose qu’on lise κρείττουςτυγχάνειν τῶν <ἀπὸ τῶν>. III, 33, l. 6. Celse raconte qu’il y a ceux qui ont accompli des miracles avantJésus-Christ, mais on n’a pas considéré ces personnes comme des dieux ;parmi eux, un certain Cléomède d’Astypalée avait été enfermé dans un coffreet s’en était miraculeusement évadé. Origène commente : Καὶ τοῦτο δὲ εἰμὴ πλάσμα ἐστίν, ὥσπερ ἔοικεν εἶναι πλάσμα, οὐ παραβάλλεται τοῖς περὶτοῦ Ἰησοῦ· ἐπείπερ ἐκείνων μὲν οὐδὲν τῆς ἱστορουμένης θειότητος ἐν τῷβίῳ τῶν ἀνθρώπων σύμβολον εὑρίσκεται, τοῦ δὲ Ἰησοῦ (sc. εὑρίσκονται)αἱ τῶν ὠφελουμένων ἐκκλησίαι καὶ αἱ περὶ αὐτοῦ λελεγμέναι προφητεῖαιetc. Le manuscrit porte καὶ τοῦτο δὲ εἰ μὲν πλάσμα ἐστίν ; les opinions deséditeurs et des traducteurs diffèrent. Il faut lire μὲν. Le contraire est dans ce qui suit, l. 20 : Εἰ δὲ βούλεταιαὐτὸς συγχωρεῖσθαι μὴ εἶναι πλάσμα, λεγέτω, τί βουλομένη ἡ ὑπὲρἄνθρωπον δύναμις πεποίηκεν ἔκτοθι τῆς κιβωτοῦ δαιμονίᾳ τινὶ μοίρᾳδιαπτῆναι. D’un côté, si l’histoire est fiction, on ne peut pas la compareravec ce qui concerne Jésus ; il n’y a pas de trace de divinité dans la vie deces hommes, mais, dans le cas de Jésus, il y a les églises, les prophéties etc.qui montrent son pouvoir divin. La divinité de ces autres n’est queἱστορουμένη, racontée, celle de Jésus est montrée par des preuves solides.Au contraire, si Celse veut que nous lui accordions que cette histoire estvraie (l. 21, μὴ εἶναι πλάσμα), quelle est l’intention de cette puissance sur-humaine qui fait que l’homme s’envole du coffre, miracle futile ? Origènemontre qu’il n’y a pas d’intention, pas de raison. Son intention est de montrerque ces hommes qui font, à ce qu’il semble, des miracles, ne contribuent enrien au bien du genre humain, tandis que la doctrine de Jésus réforme lesmœurs et sauve les hommes.Dans συγχωρεῖσθαι, il y a la notion qu’on agit à contrecœur ; cf. III, 31,l.11 Ἵνα καὶ συγχωρηθῇ ταῦτα μηδαμῶς εἶναι πλάσματα, et V, 53, l. 16 ἐπεὶνομίζεται συγχωρητικῶς λέγειν περὶ τοῦ σωτῆρος ὅτι δοκείτω τις ὡς ἀληθῶςἄγγελος οὗτος εἶναι. Origène veut donc souligner que cette histoire est vrai-ment fiction, mais si nous accordons à contrecœur qu’elle est vraie, rien pour 167 168 autant n’en résulte qui pourrait vérifier l’opinion de Celse. La conclusionest que ou bien c’est de la fiction, ou bien les démons étaient à l’action. III, 33, l. 27. Origène dit que si Celse ne peut pas trouver une raison plausiblede la faveur que Dieu aurait donnée à Cléomède d’Astypalée (voir la re-marque précédente), il faut choisir de deux un : ἤτοι συμβαλοῦμεν (le ma-nuscrit : διαβαλοῦμεν) τοῖς αὐτὴν μὴ παραδεξαμένοις καὶ ἐγκαλέσομεν τῇἱστορίᾳ ὡς οὐκ ἀληθεῖ, ἢ δαιμόνιόν τι φήσομεν ... πεποιηκέναι καὶ <τὰ>294περὶ τὸν Ἀστυπαλαιέα. Wifstrand295 a montré que αὐτὴν peut bien se rap-porter à τῇ ἱστορίᾳ dans ce qui suit et a voulu lire συμβαλοῦμεν pour διαβα-λοῦμεν du manuscrit. Assurément, il a proposé συμβαλοῦμεν, parce qu’undatif ne peut pas être rattaché à διαβάλλειν. La conjecture, qui paléographi-quement n’est pas facile, a été acceptée par éditeurs et traducteurs, mais danssa traduction allemande, Koetschau propose συνδιαβαλοῦμεν, ce qui est in-génieux ; il semble pourtant que le mot ne se trouve pas dans les textes d’Ori-gène.Cf. 35, l. 12 ἐλεγχέσθω ὅτι μάτην καὶ τὰ προειρημένα ὡς παραδεξάμενοςαὐτὰ εἶναι ἀληθῆ ἐκόμισε καὶ τὰ ἐν τοῖς ἑξῆς ἐπιφερόμενα. Constatons queἐλέγχειν et διαβάλλειν veulent dire à peu près la même chose : « montrerque quelqu’un a tort » et que les deux passages sont parallèles ; Origène re-proche à Celse ou à d’autres d’accepter une histoire peu probable. Consta-tons aussi que la conjecture συμβαλοῦμεν est paléographiquement difficile.Par conséquent, je me demande s’il ne faut pas garder διαβαλοῦμεν et consi-dérer τοῖς αὐτὴν μὴ παραδεξαμένοις comme plus corrompu qu’on ne croit.Il se peut que μάτην se cache là ; on pourrait établir le texte ainsi : διαβα-λοῦμεν τοὺς (ou τὸν) αὐτὴν (sc. τὴν ἱστορίαν) μάτην παραδεξαμένους (ouπαραδεξάμενον). En III, 75, l. 13 et VIII, 8, l. 9-10, μάτην se trouve en com-binaison avec παραλαμβάνειν ; cf. plus haut παραδεξαμένοις et παραδεξά-μενος. Mais après tout, des croix pourraient être justifiées. III, 36, l. 16. Origène raconte que les Égyptiens savaient fixer et retenir encertains lieux des démons pour rendre des oracles et arranger d’autres chosespour donner un air de religion à des fictions humaines : ἱδρυόντων δαίμοναςμαντικοὺς ... βασανίζοντας τοὺς δοκοῦντάς τι παραβεβηκέναι περὶ τῶντυχόντων βρωμάτων ..., ἵνα δὴ ἔχοιεν δεδίττεσθαι τὸν πολὺν καὶ ἀπαίδευτον. 294 Je ne suis pas sûr que l’addition de τὰ soit nécessaire. ποιεῖν n’a pas besoin d’un com-plément, mais peut souvent être plus ou moins synonyme de πράττειν, « agir ». Voir laremarque sur I, 22, l. 8.295 Wifstrand II, p. 421 [31]. Tel est le texte de SCh. δὴ ἔχοιεν est une conjecture pour δοκοῖεν du ma-nuscrit, leçon gardée par Koetschau 1899. Fiedrowics/Barthold suit SCh,Marcovich écrit ἔχοιεν, sans δὴ.Il faut retenir δοκοῖεν. Toute la description souligne la tromperie ; desgens faisaient des transgressions qui n’étaient pas de transgressions, les prêtres inspiraient par les démons une terreur qui n’était pas une vraie terreur.Sous peu, Origène parlera de prétendus oracles, αἱ δοκοῦσαι μαντεῖαι. III, 49, l. 14. Voir la remarque sur III, 76, l. 1. III, 65, l. 11 ἀπ’ αὐτοῦ τοῦ συνειδότος κωλυομένους παραδέξασθαι ὅτι κο-λασθήσονται ὑπὸ τοῦ ἐπὶ πᾶσι δικαστοῦ κολάσει. Il faut lire avec le manu -scrit A ἀπὸ au lieu de la conjecture ὑπὸ. On ne peut pas dire que ὑπὸ estindiqué comme une variation après ἀπ’ ; pourquoi pas ἀπὸ comme renvoyantà ἀπ’ précédent ? Les passages où ἀπό et d’autres prépositions indiquentl’agent sont légion ; voir pour quelques exemples de ἀπό Excursus VI dansComm. Jean, t. 3, p. 293-294 (SCh 222). III, 76, l. 1 Καὶ δεύτερον δὲ φέρει καθ’ ἡμῶν παράδειγμα φάσκων ὅμοιονποιεῖν τὸν ἐν ἡμῖν διδάσκαλον, <ὡς> εἴ τις μεθύων εἰς μεθύοντας παριὼνκατηγορεῖ τοὺς νήφοντας ὡς μεθύοντας. Les éditeurs ont accepté la conjec-ture ὡς, ce qui donne un contexte (ὅμοιον ... ὡς) et une phrase qui fonctionnebien, mais je me demande s’il faut vraiment changer. Il est bien connu queεἴ τις est à peu près synonyme de ὅστις ou ἥτις ; cela est particulièrementclair en Matth. 18, 28 ἀπόδος εἴ τι ὀφείλεις, « ce que tu dois », pas « si tudois quelque chose », ajoutez Contre Celse IV, 26, l. 12 ἄνθρωποι καὶ εἴ τιἀνθρώπων τιμιώτερον296 ; Clément d’Alexandrie, Protreptique 33, 9 αἱ θεαὶγυμναὶ προσεῖχον τῷ ποιμένι, εἴ τις αὐτῶν δόξει καλή, où des éditeurs ontsuivi une main postérieure qui a changé εἴ τις en ἥτις.On pourrait dire que parfois εἰ est mis pour donner une notion vague :dans les exemples à suivre on pourrait dire que εἴ ποτε veut dire ποτε et queεἴ τις veut dire τις : Stromates I, 38, 1 Ἤδη δὲ κἀκεῖνο σκοπῶμεν, ὡς εἴ ποτεοἱ μὴ ἐπιστάμενοι διαβιοῦσι καλῶς. Je comprends ὡς et εἴ ποτε avec un seulverbe διαβιοῦσι comme une tournure concentrée : « Examinons comment,si quelque fois, ceux qui n’ont pas la science mènent une vie de bien ». Com-parons aussi Contre Celse III, 49, l. 14 où Origène cite Celse qui veut mettreen évidence la valeur de l’érudition (τὸ πεπαιδεῦσθαι) contre les chrétiens 169 296 Cfr. IV, 29, l. 6 Ἴσμεν γὰρ ὅτι πολλά ἐστιν ἀνθρώπου τιμιώτερα. qu’il croit y être hostiles. Celse dit : Τί δ’ οὐχὶ προὔργου μᾶλλον καὶ δι’ οὗμᾶλλον τις ἂν ἐφικέσθαι δύναιτο ἀληθείας; Le manuscrit A, fondement dela tradition directe, présente εἴ τις pour τις des éditeurs. Je traduis : « par la-quelle (à savoir : l’érudition) quelqu’un, s’il y a quelqu’un (à savoir : parmiles chrétiens), pourrait mieux arriver à la vérité ».Je pense donc que notre passage pourrait dire : « faire de la même ma-nière, si quelqu’un … ». III, 76, l. 4. Celse a dit que ceux qui enseignent la doctrine des chrétiens sontcomme des hommes ivres. Origène répond : Παραστησάτω γὰρ ἐκ τῶνγραμμάτων, φερ’ εἰπεῖν, Παύλου ὅτι ἐμέθυεν ὁ τοῦ Ἰησοῦ ἀπόστολος καὶοὐκ ἦσαν οἱ λόγοι αὐτοῦ νήφοντες. Je voudrais lire νήφοντος. Origène sou-ligne que les pensées (τὰ νοήματα) de l’évangéliste Jean sont celles d’unhomme sobre et qui s’est éloigné du mal de l’ivresse (οὐχὶ σωφρονοῦντοςκαὶ ἀπηλλαγμένου τῆς ἀπὸ κακίας μέθης) et qu’aucun enseignant chrétienn’est ivre. Ce sont, tout le temps, des personnes qui sont sobres. III, 78, l. 7 Καὶ πρὸς ταῦτα δὲ λέγοιτ’ ἂν ἀπὸ τῆς περὶ τῶν προσερχομένωνχριστιανισμῷ ἐναργείας ὅτι οὐ πάνυ τι πονηροὶ ὑπάγονται τῷ λόγῳ ὅσον οἱἁπλούστεροι. Les éditeurs ont accepté la conjecture ἐναργείας pour ἐνερ-γείας du manuscrit A, mais à tort. L’activité (ἐνέργεια) de ceux qui se ré -unissent avec les chrétiens montre que ce ne sont pas de mauvaises gens,car ils vivent d’une vie caractérisée par la tempérance et la sobriété. III, 78, l. 11 Οὗτοι γὰρ φόβῳ τῷ περὶ τῶν κολάσεων τῶν ἀπαγγελλομένων,κινοῦντι αὐτοὺς καὶ προτρέποντι ἐπὶ τὸ ἀπέχεσθαι τούτων, δι’ ἃ αἱ κολάσεις.Le manuscrit A porte κινοῦντος et προτρέποντος. Le génitif, est-il possible ?Un génitif absolu au lieu d’un participe rattaché à un nom mis à un autre casn’est pas très rare, mais dans notre passage, le mot φόβῳ n’est pas loin et latransition est abrupte. On s’attend à un tel changement de construction plutôtquand la distance entre nom et participe est grande et que l’auteur peut avoirperdu le fil, comme Clément d’Alexandrie, Stromates VI, 68, 1 πρὶν ἢδιασαφῆσαι τὸν περὶ τούτων λόγον ἡμῖν τὸν διδάσκαλον, ἅγια ἁγίων καὶ ἔτιτούτων κατ’ ἐπανάβασιν τὰ ἁγιώτερα ἀποκαλύψαντος τοῖς γνησίοις, où ontrouve ἀποκαλύψαντος pour ἀποκαλύψαντα ; ibid. 70, 1 καίτοι φασί τινεςτὸν σοφὸν ἄνθρωπον πεπεῖσθαι εἶναί τινα ἀκατάληπτα, ὡς καὶ περὶ τούτωνἔχειν τινὰ κατάληψιν, καταλαμβάνοντος, ὅτι ἀκατάληπτα ἔσται τὰ ἀκατά-ληπτα. Un autre cas est quand le génitif précède, comme Luc 12, 36 ἵναἐλθόντος καὶ κρούσαντος εὐθέως ἀνοίξωσιν αὐτῷ. Mais Clément d’Alexan-drie, Pédagogue II, XII, 120, 2 ἀλλὰ καὶ τῇ γραφῇ ἀντᾴδετε, βοώσης ἐκείνηςδιαρρήδην montre une transition dure ; il est possible que pour notre passage, 170 171 le manuscrit présente une construction également dure et que les bonnes leçonssoient κινοῦντος et προτρέποντος. Voir aussi la remarque sur V, 47, l. 11. III, 78, l. 19 Πῶς δ’ ἀπὸ προαιρέσεως πονηρᾶς ἐγκράτεια καὶ σωφροσύνηἀσκεῖται ἢ τὸ μεταδοτικὸν καὶ κοινωνικόν; Ἀλλ’ οὐδ’ ὁ πρὸς τὸ θεῖον φόβος,ἐφ’ ὃν ὡς χρήσιμον τοῖς πολλοῖς παρακαλεῖ ὁ λόγος τοὺς μηδέπω δυναμέ-νους τὸ δι’ αὑτὸ αἱρετὸν βλέπειν ..., οὐδ’ οὗτος τῷ κατὰ πονηρίαν αἱρουμένῳζῆν ἐγγενέσθαι πέφυκεν. La leçon οὐδ’ οὗτος, acceptée par Chadwick, SCh,Fiedrowitz/Barthold et Marcovich a été constituée par Wifstrand297, le ma-nuscrit A donnant ἐξ ὧν αὖ τοῦτο. Une autre proposition, de beaucoup plusancienne, est ἐξ ὧν οὐ τοῦτο, acceptée par GCS. Cette dernière est la cor-recte. Le contexte est que la peur fait que ces chrétiens qui sont simples, quine sont pas capables de regarder ce qui est par soi-même bon, vivent, parpeur d’être éternellement punis, d’une vie tempérante et sobre. Ἀλλ’ οὐδ’ ὁπρὸς τὸ θεῖον φόβος est à rattacher à ἀπὸ προαιρέσεως πονηρᾶς : la craintene dérive pas non plus (οὐδ’, observez que le sens de Πῶς etc. est négatif)d’une volonté mauvaise, l’Écriture recommandant la crainte pour ces genssimples et sans une intelligence profonde ; à cause de cela (ἐξ ὧν), cette ma-nière de vivre (τοῦτο) ne peut pas (lisez οὐ) naître en celui qui a choisi unevie perverse. Celse a dit que des gens mauvais sont attirés par le christia-nisme, Origène répond que ces gens sont simples mais pas mauvais : labonne manière de vivre ne peut pas exister chez des gens mauvais. Il fautdonc ponctuer plus fortement avant la conclusion, à savoir ἐξ ὧν οὐ τοῦτο. IV, 16, l. 5 Ὅθεν οὐχ, ὡς ὁ Κέλσος καὶ οἱ παραπλήσιοι αὐτῷ βούλονται,« μετεμορφώθη »298 ὁ θεὸς ἡμῶν καὶ « εἰς τὸ ὑψηλὸν ὄρος »299 ἀναβὰς ἄλληνἔδειξε τὴν ἑαυτοῦ μορφὴν. SCh traduit correctement : « Ce n’est donc pasdans le sens où veulent l’entendre Celse et ses semblables que notre Dieu« s’est transfiguré » et qu’ayant gravi « la haute montagne », il a montré sapropre forme ». De même Fiedrowics/Barthold. Mais pour y arriver, il fautmettre la virgule après ὅθεν : ὅθεν, οὐχ ὡς ὁ Κέλσος καὶ οἱ παραπλήσιοιαὐτῷ βούλονται « μετεμορφώθη » ὁ θεὸς ἡμῶν. La traduction de Chadwickest erronée : « For this reason it is not true, as Celsus and those like himwould say, that our God was transformed when he went up a high mountainand showed his other form ». Jésus était sans doute transfiguré, mais pas 297 Wifstrand II, p. 422 [32],298 Matth. 17, 2.299 Matth. 17, 1. dans le sens de Celse, car Celse pensait à un changement qui aurait fait d’undieu bon et beau et heureux un être humain mauvais, laid et malheureux.μετεμορφώθη est sans doute inspiré de Matth. 17, 2, mais Origène parle dece changement malheureux que Celse imagine, voir 14, l. 4 suiv. Pour Ori-gène, Dieu Logos change, mais il change en apparaissant à chacun selon ledegré de sa progression vers la connaissance, comme on vient de lire immé-diatement avant notre citation. IV, 33, l. 2 (Κέλσος) φησὶν ἀναισχύντως ἄρα ἐπεχείρησαν γενεαλογεῖν αὑτοὺςἀπὸ πρώτης σπορᾶς γοήτων καὶ πλάνων ἀνθρώπων. Pour φησιν ἀναισχύντωςἄρα le manuscrit donne φησιν ὡς ἄρα. La conjecture a été faite et acceptée300,parce que plus loin (34, l. 31 ; 35, l. 10), Origène fait dire à Celse que lesjuifs ont l’impudence de se rattacher à Abraham, Isaac et Jacob. Commeφησὶν ὡς ἄρα indique chez Origène le résumé d’une opinion, je pense qu’ilne faut pas le changer ; ὡς ἄρα dans cette fonction est très commun chezOrigène. Il est très clair, même sans ἀναισχύντως, que selon Celse, les juifsméritent des reproches en se référant à ces patriarches. IV, 44, l. 10 Πολλαχοῦ δὲ ἱστορίαις γενομέναις συγχρησάμενος ὁ λόγοςἀνέγραψεν αὐτὰς εἰς παράστασιν μειζόνων καὶ ἐν ὑπονοίᾳ δηλουμένων. Lestraductions rendent ἱστορίαις γενομέναις par « événements réels » etc.,comme si le contraste était ἱστορίαις μὴ γενομέναις, mais le sens est ici plutôt« événements anciens », « événements historiques », à savoir de l’AncienTestament. γενόμενος dans le sens de « ancien », « ci-devant » n’est pas sansexemples, voir Clément d’Alexandrie, Eclogae propheticae 55, 1 Οἱ ἀστέρες… οὐκ αἴτια γενέσεως, σημαντικὰ δὲ τῶν γινομένων τε καὶ ἐσομένων καὶγενομένων ; Justin Martyr, Apologia maior 4, 9 τὸν Δία ἀσελγῆ ... οἱγενόμενοι ποιηταὶ καταγγέλλουσι, « les anciens poètes » ; cf. peu après lecontraste, οἱ μετερχόμενοι, « ceux d’une époque postérieure » ; ibid. 18, 1τῶν γενομένων βασιλέων, « les rois d’autrefois » ; 18, 2 αἴσθησις πᾶσιγενομένοις μένει καὶ κόλασις αἰωνία ἀπόκειται, « les défunts » ; MaximusConfessor, De variis differentibus locis Dionysii et Gregorii, p. 60 f 301, οἱπερὶ Πάνταινον τὸν γενόμενον καθηγητὴν ... Κλήμεντος, « qui était autrefoisle professeur de Clément ». IV, 44, l. 32 Ὁ δὲ βουλόμενος λαβεῖν τὴν πρὸς Γαλάτας ἐπιστολὴν εἴσεται,τίνα τρόπον ἠλληγόρηται τὸ κατὰ τοὺς γάμους καὶ τὰς μίξεις τῶν 172 300 GCS écrit ὡς ἄρα, ailleurs on a accepté la conjecture, Chadwick avec un peu d’hésita-tion.301 Voir GCS 172, Clemens Alexandrinus 3, p. 224. θεραπαινίδων302. Le manuscrit A donne λαβεῖν, changé par un des copistesde A en λαβὼν. La forme correcte est λαβὼν, car ὁ βουλόμενος veut dire« n’importe qui », « le premier venu », comme fréquemment dans ContreCelse. Le plus souvent ὁ βουλόμενος est rattaché à un impératif, mais un in-dicatif se trouve aussi, voir III, 51, l. 3 Οἱ μὲν γὰρ δημοσίᾳ διαλεγόμενοιφιλόσοφοι οὐ φυλοκρινοῦσι τοὺς ἀκούοντας, ἀλλ’ ὁ βουλόμενος ἕστηκε καὶἀκούει. IV, 46, l. 1 Παραρρίπτει δ’ ὁ Κέλσος τὴν ἀπέχθειαν, οἶμαι, τοῦ Ἠσαῦ πρὸςτὸν Ἰακώβ, ἀνδρὸς κατὰ τὴν γραφὴν ὁμολογουμένου φαύλου· καὶ μὴ σαφῶςἐκτιθέμενος τὰ περὶ τὸν Συμεὼν καὶ τὸν Λέυι etc. On traduit παραρρίπτειde manières différentes : « abomine », « objects to », « macht eine Bemer-kung über ». En comparant les passages dans le Contre Celse, il est à monavis clair que le mot veut dire quelque chose comme « insérer et traiter né-gligemment », Origène montrant dans ce qui suit qu’il faudrait procéderd’une tout autre manière. Voir par exemple :II, 30, l. 1 Παρέρριψε δ’ ὁ Κέλσος καὶ τό·Θεὸν δὲ καὶ θεοῦ υἱὸν οὐδεὶςἐκ τοιούτων συμβόλων καὶ παρακουσμάτων οὐδ’ ἐξ οὕτως ἀγεννῶντεκμηρίων συνίστησιν. Ἐχρῆν δὲ αὐτὸν τὰ παρακούσματα ἐκθέμενονἐλέγξαι καὶ τὰ ἀγεννῆ τεκμήρια λόγῳ παραστῆσαι.VI, 45, l. 1 Ἐπεὶ δὲ καὶ τὰ περὶ τοῦ καλουμένου Ἀντιχρίστουπαραρριπτεῖ ὁ Κέλσος, οὔτε τὰ ἐν τῷ Δανιὴλ οὔτε τὰ παρὰ τῷ Παύλῳἀναγνοὺς περὶ αὐτοῦ εἰρημένα. IV, 47, l. 19 τό· Ὑφ’ οὗ – δῆλον δ’ ὅτι τοῦ Ἰωσήφ – τὸ λαμπρὸν καὶ θεσπέσιονἸουδαίων γένος, ἐπὶ πλῆθος ἐν Αἰγύπτῳ σπαρέν, ἔξω που παροικεῖν καὶποιμαίνειν ἐν τοῖς ἀτίμοις ἐκελεύσθη. ἐκελεύσθη est accepté d’après le ma-nuscrit tardif P. A, manuscrit fondamental, présente κελευσθέν, assurémentà garder. Comme nous ne savons pas comment Celse a construit la phrasecitée par Origène, mieux vaut la laisser comme elle est. IV, 54, l. 1. Il est évident que nous avons là une période continue et que laponctuation doit le montrer. La proposition commencée par Ἐπεὶ se poursuitavec Καὶ ψυχὴ … et Καὶ οὐδὲν …, ce qui fait partie de la même proposition.Suit une insertion, l. 6, ὕλη γὰρ ἡ αὐτή, καὶ τὸ φθαρτὸν αὐτῶν ὅμοιον. Fi-nalement, on arrive à la proposition principale, l.7 : φέρε καὶ περὶ τούτωνἐπ’ ὀλίγον διαλάβωμεν. 173 302 Voir Gal. 4, 22 suiv. 174 IV, 55, l. 3. Encore un passage où il faut ponctuer autrement. Nous lisonsἐπέστησεν ἂν, τί δήποτε τὸ μὲν « ἐποίησεν ὁ θεος » ἐπ’ οὐρανοῦ καὶ γῆςτέτακται. Le correspondant de τί δήποτε τὸ μὲν etc., faisant partie de lamême proposition, est, l. 11, μὴ εἰρημένου δὲ τοῦ « ἐποίησε » περὶ ἑτέρωνἀρκεῖται ὁ λόγος περὶ φωτὸς μὲν τῷ « Ἐγένετο φῶς », ἐπί δὲ » etc. Il ne fautdonc pas ponctuer avant ἀρκεῖται. La proposition ne finit qu’à l. 18, où uneautre proposition commence par Καὶ ἐζήτησεν ἄν ; cf. ἐπέστησεν ἂν. IV, 56, l. 1. Cette période est construite d’une manière très proche de cellede IV, 54, l. 1 suiv. : Ἔτι δὲ ἐπεί ..., καὶ ταύτῃ ... – ὕλη γὰρ ... ὅμοιον –,λεκτέον ... Après une proposition ἐπεί etc. qui a deux membres, et après uneinsertion (ὕλη etc.), la proposition principale commence par λεκτέον. IV, 67, l. 1 Οὐκ οἶδα δὲ πῶς χρήσιμον ἔδοξε τῷ Κέλσῳ καθ’ ἡμῶν γράφοντιπαραρρίψαι δόγμα, πολλῆς δεόμενον κἂν δοκούσης ἀποδείξεως. Le manu -scrit A donne καταλεῖψαι, παραρρίψαι étant une conjecture acceptée par leséditeurs. Il faut laisser καταλεῖψαι, « laisser de côté », « négliger », commeplusieurs fois dans le Contre Celse. Même si παραρρίψαι donne un sens ac-ceptable, voir la remarque sur IV, 46, l. 1, καταλεῖψαι le fait aussi. IV, 70, l. 3. Celse parle : οὐ γὰρ οἶσθα ὅ τι ἢ σοὶ ἢ ἄλλῳ ἢ τῷ ὅλῳ συμφέρει.Le manuscrit porte ὅτω pour τῷ des éditions. Il faut lire ὃ τῷ. Il est bienconnu que les pronoms relatifs et interrogatifs se confondent, notammentaprès un verbe comme οἶδα.303 Le pronom ὃ marque une distinction entreles cas personnels σοὶ ἢ ἄλλῳ et le cas universel τῷ ὅλῳ. IV, 76, l. 16 τοῦτο δὲ τεκτονικὴν καὶ χαλκευτικήν, ποιητικὰς ἐργαλείων ταῖςὑπηρετουμέναις τέχναις τὰ πρὸς τροφήν. Origène dit que le besoin, la pri-vation, provoque l’invention des arts. Ainsi on a trouvé ce qui est nécessaireà la vie, c’est-à-dire la culture des champs, celle de la vigne etc., chaquetechnique introduite par τοῦτο μεν ... τοῦτο δὲ, finalement la technique dubois et celle du métal, voir la citation. On ne comprend pas bien τὰ πρὸς τὴντροφήν, car on attend un datif après ὑπηρετουμέναις. La tradition est forte :τὰ πρὸς τὴν τροφήν se trouve aussi dans la Philocalie. Je crois qu’il fautmettre une virgule avant τὰ πρὸς τὴν τροφήν qui est un résumé de ce quiprécède. Le sens est donc : voilà ce qui vaut pour la nourriture. Ensuite, Ori-gène envisage ce que le besoin de se protéger provoque, à savoir le tissage 303 Voir Blass-Debrunner, § 293, 5. et l’art de construire une maison. Le datif qu’il faut sous-entendre avecὑπηρετουμέναις est τῷ ἀνθρώπῳ. IV, 82, l. 10 Ἀλλ’ ὡς προεῖπον, τὴν μὲν φύσιν ἐν τούτοις θαυμαστέον· τὸνδ’ ἄνθρωπον, ἐπιλογίσασθαι τὰ περὶ πάντων δυνάμενον καὶ κοσμῆσαι τὰπάντων, ἅτε συνεργοῦντα τῇ προνοίᾳ ἀποδεκτέον. On traduit ἐπιλογίσασθαιetc. par quelque chose comme « avoir connaissance de tout (l’univers, alleDinge, everything) et mettre tout en ordre », mais on ne comprend pas trèsbien τὰ πάντων. Par conséquent, Marcovich veut lire τὰ πάντα. Je ne croispas qu’il s’agit de « tout », « tout ce qu’il y a », mais de « ce qui concernetous les hommes ». La discussion regarde les villes ou états des abeilles etceux des hommes ; les abeilles ont une φύσις admirable, mais c’est uneἄλογος φύσις304, tandis que les hommes ont la raison, λόγος. Ils savent doncconsidérer et arranger ce qui va pour tous, travailler pour le bien de tous. V, 1, l. 24 Θεὸς δὲ δῴη μὴ ψιλῷ καὶ γυμνῷ θειότητος τῷ ἡμετέρῳ νῷ καὶλόγῳ <πρὸς> τὸ προκείμενον γενέσθαι. πρὸς est une addition faite dans unmanuscrit byzantin (XIVe s.) et acceptée par les éditeurs. On peut compareravec l. 21 (ἡμῖν) ποιοῦσι τὸ προστεταγμένον ὑπὸ σοῦ. γενέσθαι est le passifde ποιεῖν, qui veut dire « accomplir », « remplir », quand il s’agit d’une pro-messe ou d’une tâche. On doit donc faire sans πρὸς et interpréter ainsi : « queDieu accorde que le sujet soit accompli par ma raison pas vide de l’inspira-tion divine ». Le datif est à considérer comme un dativus agentis.305 Quelquesexemples de γίγνεσθαι dans ce sens, sans ou avec le datif :I, 22, l. 1 τὸ περιτέμνεσθαι τὰ αἰδοῖα μὴ διαβαλὼν ὁ Κέλσος ὑπὸἸουδαίων γινόμενον.Ibid. IV, 66, l. 13 πολλῆς ἐξεργασίας καὶ κατασκευῆς … δυναμένωνγενέσθαι τῷ κριθέντι ὑπὸ θεοῦ ἀξίῳ καὶ τῆς περὶ τὸν τόπον τοῦτονγνώσεως.Clément d’Alexandrie, Stromates V, 97, 7 Ἀριστοβούλῳ ... βιβλίαγέγονεν ἱκανά.Ibid. VI, 138, 4 διὸ καὶ Σολομὼν … τῷ παντοκράτορι γεγονέναι τὴνσοφίαν λέγει. 175 304 Voir 81, l. 20.305 Il ne faut guère « défendre » un dativus agentis, tellement commun, mais bien qu’on letrouve souvent avec des verba dicendi, il existe aussi avec des verbes qui indiquent uneaction plus « énergique », voir par exemple V, 8, l. 14 ταῦτ’ αὐτοῖς (sc. Ἰουδαίοις) ἡμαρ-τάνετο. Voir aussi la remarque sur VII, 17, l. 15. 176 V, 2, l. 2. Celse parle : θεὸς ... οὔτε κατῆλθεν οὔτ’ <ἂν> κατέλθοι. On pour-rait bien accepter l’addition de ἂν, mais comme Origène cite le passage plusloin (l. 15) sans ἂν, il faut avec Marcovich laisser l’optatif sans la particule.Les passages où on s’attend à cette particule sans la trouver sont tellementnombreux chez Origène et chez d’autres qu’il ne vaut pas la peine d’en don-ner des exemples. V, 4, l. 5 Εἶτα πάλιν οἱονεὶ ἀποκριναμένους ἄγει ὅτι ἄλλο τι ὡς εἰκός, τοὺςδαίμονας. Cela renvoie à une citation de Celse qui constate, V, 2, l. 2, qu’undieu n’est jamais descendu sur terre et ne devrait jamais descendre, et quipoursuit : Εἰ δέ τινας ἀγγέλους φατέ, τίνας τούτους λέγετε, θεοὺς ἢ ἄλλο τιγένος; Ἄλλο τι ὡς εἰκός, τοὺς δαίμονας. La phrase οἱονεὶ ἀποκριναμένουςἄγει fait difficulté. On traduit par « supposant notre réponse » ou quelquechose comme cela (« fingiert er wieder unsere Antwort », « he supposes thatthe answer would presumably be »). Mais comment y arriver ? Commentcomprendre ἄγει ? Il faut comparer le début de V, 4 ὠς ἀποκριναμένων ἂνἸουδαίων ἢ Χριστιανῶν ... φησίν (sc. Celse) et restituer le parallèle : οἱονεὶἀποκριναμένων ἂν λέγει. Ce qu’il dit, à savoir ὅτι ἄλλο τι ὡς εἰκός, τοὺςδαίμονας, se réfère à V, 2, l. 4-5. Après que ἂν λέγει a été corrompu en ἄγει,ἀποκριναμένων est devenu par voie de conséquence ἀποκριναμένους. V, 5, l. 24. Origène fait ici comme ailleurs306 une différence entre ce qui estφαῦλον et ce qui est ἀστεῖον. Le nom δαίμονες n’est jamais appliqué àquelque chose de bien, par contre le nom θεοί est ἀστεῖον. Il poursuit :ὁποῖόν (sc. ἀστεῖον) ἐστι τὸ τῶν θεῶν, τασσόμενον οὐκ ἐπὶ φαύλων δαιμο-νίων ἢ ἐπὶ ἀγαλμάτων ἢ ἐπὶ ζῴων. Le manuscrit donne ἐπὶ δαιμονίων pourle seul δαιμονίων. Il faut garder la leçon du manuscrit, en ponctuant : οὐκἐπὶ φαύλων, ἐπὶ δαιμονίων ἢ ἐπὶ ἀγαλμάτων ἢ ἐπὶ ζῴων. Origène donne desexemples de ce qui est mauvais par δαιμονίων, ἀγαλμάτων, ζῴων. V, 13, l. 1 Ἑαυτῷ δὲ λαμβάνει Κέλσος ὅτι ἥλιον καὶ σελήνην καὶ ἀστέραςἡγούμεθα εἶναι τὸ μηδέν. Cf. 7, l. 1 Ἀλλὰ καὶ ἑαυτῷ λαβὼν, ὡς ἄρα θεὸννομίζουσι τὸν οὐρανὸν Ἰουδαῖοι. Il ne semble pas que les traducteurs aientbien compris cet ἑαυτῷ. Le sens en est « de lui-même », « de son chef ».307Pour les deux citations ci-dessus, on lit dans Fiedrowicz/Barthold « willkür-lich » (« arbitrairement »), ce qui est dans la bonne direction, mais qui sou-ligne trop l’incertitude de Celse. 306 III, 74, l. 3 ; IV, 5, l. 31.307 Voir Rydbeck, p. 51 suiv. V, 22, l. 14 τηροῦμεν καὶ τὸ βούλημα τῆς ἐκκλησίας τοῦ Χριστοῦ καὶ τὸμέγεθος τῆς ἐπαγγελίας τοῦ θεοῦ, παριστάντες αὐτοῦ καὶ τὸ δυνατὸν οὐκἀποφάσει ἀλλὰ καὶ λόγῳ. Le sens de αὐτοῦ n’est pas tout à fait clair. Mieuxvaut lire αὐτὸ κατὰ τὸ δυνατὸν, αὐτὸ se référant à τὸ βούλημα et à τὸμέγεθος. La confusion καί/κατά est extrêmement fréquente, et κατὰ τὸδυνατὸν est une phrase qu’on trouve souvent chez Origène308. Marcovichveut lire αὐτοῦ [καὶ] τὸ δυνατὸν, ce qui est possible, mais à mon avis moinsfrappant, vu la fréquence de κατὰ τὸ δυνατόν. V, 36, l. 11 νυνὶ δὲ ἅπαξ βούλεται αὐτοὺς <ὡς> ἐμπίνοντας τοῦ Νείλου δεῖντηρεῖν τοὺς Αἰγυπτίων ... νόμους. L’addition de ὡς semble superflue, et jeme demande s’il ne faut pas lire ἐκπίνοντας. Le passage renvoie à une cita-tion d’Hérodote309, présentée par Celse en 34, l. 1 : ἀπὸ τοῦ ποταμοῦ τούτουπίνουσι. Une confusion ἐμ/ἐκ n’est pas sans exemples, voir par exemple Clé-ment d’Alexandrie, Protreptique II, 17, 1 et 18, 1 où l’on trouve dans la tra-dition ἐκβάλλουσιν et ἐκβαλόντες pour les sans doute corrects ἐμβάλλουσινet ἐμβαλόντες. V, 37, l. 6 ὅρα εἰ μὴ ὁ λόγος αἱρεῖ μακρὰν μὲν χαίρειν εἰπεῖν τοῖςγεγραμμένοις (sc. νόμοις). Le manuscrit A donne ἐρεῖ pour la conjectureαἱρεῖ. Il faut garder ἐρεῖ. μακρὰν χαίρειν εἰπεῖν/λέγειν est à considérercomme une phrase toute faite ; cf. VII, 60, l. 7 (Philocalie 15, 10, Robinsonp. 78, l. 5) ; VIII, 6, l. 18 ; ibid. 36, l. 12310. Le texte veut donc dire « laraison dira qu’il faut dire adieu à … » . V, 37, l. 36 Ὁ δὲ τοῦ θεοῦ υἱός, « ὁ πρωτότοκος πάσης κτίσεως », εἰ καὶνεωστὶ ἐνηνθρωπηκέναι ἔδοξεν, ἀλλ’ οὔτι γε διὰ τοῦτο νέος ἐστί. Malheu-reusement, les éditeurs n’ont pas accepté la proposition de Wifstrand311 deretenir γὰρ du manuscrit, mais changent en δὲ. Le contexte est absolumentclair : nous n’adorons pas un nouveau dieu, car (γὰρ) le fils de Dieu n’estpas nouveau, il est antérieur à toute la création. V, 39, l. 5. Origène vient de dire qu’il y a des raisons pour s’abstenir de man-ger des brebis, des chèvres et des vaches. Il poursuit : τὸ δὲ καὶ κροκοδείλωνφείδεσθαι, καὶ <νομίζειν> εἶναι ἱεροὺς αὐτοὺς οὐκ οἶδα τίνος μυθολο- 177 308 85 exemples dans le TLG !309 Hérodote 2, 18.310 V, 40, l. 14 donne φράσαντες au lieu d’une form de εἰπεῖν.311 Wifstrand II, p. 425 [35]. γουμἑνου θεοῦ, πῶς οὐκ ἔστι πάντων ἠλιθιώτατον; On a ajouté νομίζειν, ac-cepté par les éditeurs. On peut absolument faire sans l’addition : « qu’onépargne les crocodiles et qu’ils soient consacrés à je ne sais quel dieu my-thologique, n’est-ce pas stupide ? ». V, 39, l. 21 ἴστωσαν ὅτι τὸν δεύτερον θεὸν οὐκ ἄλλο τι λέγομεν ἢ τὴνπεριεκτικὴν πασῶν ἀρετῶν ἀρετὴν καὶ τὸν περιεκτικὸν παντὸς οὑτινοσοῦνλόγου τῶν κατὰ φύσιν καὶ προηγουμένως γεγενημένων καὶ εἰς χρήσιμον τοῦπαντὸς λόγον· ὅντινα τῇ Ἰησοῦ μάλιστα παρὰ πᾶσαν ψυχὴν ψυχῇ ᾠκειῶσθαικαὶ ἡνῶσθαί φαμεν. Evidemment, il s’agit de θεὸς λόγος, qui est σοφία etδικαιοσύνη (l. 17, 19-20). Comparant avec τὴν περιεκτικὴν πασῶν ἀρετῶνἀρετὴν, je verrais bien un parallèle avec ce qui suit et lirais volontiers καὶτὸν περιεκτικὸν παντὸς οὑτινοσοῦν λόγον. Car si l’on lit λόγου, commentcomprendre un λόγος qui embrasse λόγος (τὸν περιεκτικὸν παντὸςοὑτινοσοῦν λόγου … λόγον) ? Après τὸν περιεκτικὸν παντὸς οὑτινοσοῦνλόγον, suit une explication qui a deux membres de παντὸς οὑτινοσοῦν λόγον,à savoir τῶν κατὰ φύσιν καὶ προηγουμένως γεγενημένων (λόγον) et (τῶν)εἰς χρήσιμον τοῦ παντὸς (γεγενημένων) λόγον. Il faut compléter un membred’après l’autre. Tout phénomène est venu à l’existence soit premièrement,προηγουμένως, soit à cause de son utilité. Origène suit la terminologie stoï-cienne, voir n. 4 de SCh. V, 41, l. 18. Celse parle : καὶ γὰρ τοῦτ’ (sc. ὅτι συῶν ἀπέχονται) Αἰγύπτιοι,καὶ προσέτι αἰγῶν τε καὶ οἰῶν καὶ βοῶν τε καὶ ἰχθύων, καὶ κυάμων γεΠυθαγόρας τε καὶ οἱ μαθηταὶ καὶ ἐμψύχων ἁπάντων. Après Πυθαγόρας, lemanuscrit A donne δὲ pour τε des éditeurs. Il faut retenir δὲ. Nous avons làle très fréquent καὶ … δὲ, mettant en opposition et renchérissant à la fois :mais Pythagore et ses élèves vont plus loin et s’abstiennent de etc. V, 45, l. 9. Origène constate que les langues ne tirent pas leur origine del’homme. Il poursuit : ὡς δῆλον τοῖς ἐφιστάνειν δυναμένοις φύσει ἐπῳδῶν,οἰκειουμένων κατὰ τὰς διαφόρους διαλέκτους καὶ τοὺς διαφόρους φθόγγουςτῶν ὀνομάτων τοῖς πατράσι τῶν διαλέκτων. On traduit cela par : « incanta-tions adaptées par les inventeurs des langues à la différence des langues » ;on trouve de la même manière « Beschwörungsformeln …von den Urhebern… adaptiert », « spells … adapted by the authors ». τοῖς πατράσι serait doncun dativus agentis, construction fréquente chez Origène. Mais l’idée est assezcurieuse : les inventeurs des langues travailleraient pour adapter les incan-tations à la langue existante. Premièrement, οἰκειουμένων ne se rattache pasà ἐπῳδῶν, comme le veulent les traducteurs, mais à τῶν ὀνομάτων. Ensuite,il faut comprendre τοῖς πατράσι comme une comparatio compendiaria : les 178 179 mots des incantations sont adaptés, non pas aux pères mais aux mots despères de ces langues. Pour comparatio compendiaria, voir Kühner-Gerth2 :2, p. 310, 3.312 et la remarque sur VIII, 24, l. 12. V, 47, l. 11. Origène dit que le mot δικαιοσύνη est le même pour tous lesGrecs, mais que l’idée en est différente : ἄλλη μὲν ἡ κατ’ Ἐπίκουρον δικαιο-σύνη, ἄλλη δὲ ἡ κατὰ τοὺς ἀπὸ τῆς Στοᾶς, ἀρνουμένους τὸ τριμερὲς τῆςψυχῆς, ἄλλη δὲ κατὰ τοὺς ἀπὸ Πλάτωνος, ἰδιοπραγίαν τῶν μερῶν τῆς ψυχῆςφάσκοντας εἶναι τὴν δικαιοσύνην. ἀρνουμένους et φάσκοντας sont des cor-rections faites dans un manuscrit du XVIe s., le manuscrit A portant ἀρνου-μένων et φασκόντων. Je crois qu’il faut retenir la leçon de A. Un génitifabsolu où on attend un participe rattaché à un nom ou à un pronom (dansnotre cas à τοὺς) n’est pas sans exemples, notamment dans le grec tardif.313Voir aussi la remarque sur III, 78, l. 11. V, 49, l. 1. Ἀλλ’ οὐδὲ ἐπὶ τῷ συῶν ἀπέχεσθαι ὡς μεγάλῳ τινὶ Ἰουδαῖοισεμνύνονται, ἐπὶ δὲ τῷ τὴν καθαρῶν καὶ ἀκαθάρτων ζῴων φύσινμεμαθηκέναι καὶ τὴν τούτου αἰτίαν ἐγνωκέναι καὶ τὸν σῦν ἐν ἀκαθάρτοιςτετάχθαι. Le manuscrit porte μεμαθηκότες, sans doute à retenir. À ἐπὶ τῷσυῶν ἀπέχεσθαι… σεμνύνονται ne correspond pas ἐπὶ τῷ… μεμαθηκέναι(σεμνύνονται), car la construction est ἐπὶ τῷ … μεμαθηκότες314 … καὶἐγνωκέναι καὶ… τετάχθαι (σεμνύνονται). V, 50, l. 21 ταύτην δὲ τὴν οἰκονομίαν μεταβεβηκέναι καὶ τὴν χάριν ἐφ’ ἡμᾶς,μεταστήσαντος τὴν ἐν Ἰουδαίοις δύναμιν ἐπὶ τοὺς ἀπὸ τῶν ἐθνῶνπιστεύσαντας αὐτῷ Ἰησοῦ. Le manuscrit donne τῷ au lieu de αὐτῷ des édi-tions ou τοῦ qu’on a proposé. Évidemment, on a voulu rattacher μεταστή-σαντος à Ἰησοῦ, c’est Jésus qui a transféré la puissance aux Gentils qui ontcru en lui. Mais, dans tout ce passage, il s’agit de Dieu et de la faveur qu’ildonne, premièrement aux juifs, ensuite aux gentils. Il faut sous-entendreDieu comme le nom auquel μεταστήσαντος est rattaché. τὴν χάριν veut direτὴν χάριν τοῦ θεοῦ, auquel μεταστήσαντος fait suite. Ensuite, il faut com- 312 Un exemple de Théodore de Mopsueste, p. 312, 7: ὡς ὁμοίας ταῖς τικτούσαις ἀφιέναιφωνάς. Un passage de Hebr. 12, 24 αἵματι ῥαντισμοῦ κρεῖττον λαλοῦντι παρὰ τὸν Ἅβελn’est pas clair, car il y a là aussi la variante τὸ Ἅβελ. 313 Voir Schwyzer, Griechische Grammatik 2, p. 399 suiv. Beaucoup d’exemples chez Di-dyme l’Aveugle et Clément d’Alexandrie.314 Au nominatif, en conformité avec le sujet ; voir Schwyzer, Griechische Grammatik 2,p. 371, 6. Voici un exemple: Orig. Comm. Jean XIII, § 99 οὕτως οἰ ἤδη τῇ διαθέσει τὸἰσάγγελοι εἶναι ἐσχηκότες. prendre τῷ Ἰησοῦ comme un datif, dépendant de πιστεύσαντας.Des exemples d’une apposition qui se réfère à un nom non exposé entoutes lettres sont :Basile de Césarée, Contre Eunome I, 7, l. 42 (525 c) Ὡς οὖν τὸἀτέλεστον τῆς ζωῆς ἄφθαρτον, οὕτω τὸ ἄναρχον αὐτῆς ἀγέννητονὠνομάσθη, τῇ ἐπινοίᾳ θεωρούντων ἑκάτερα. Il y a des manuscrits quiont ajouté ἡμῶν.Clément d’Alexandrie, Stromates III, 7, 3 τό τε ἐμὸν καὶ τὸ σόν φησιδιὰ τῶν νόμων παρεισελθεῖν μηκέτι εἰς κοινότητα [κοινά τε γὰρ]καρπουμένων μήτε γῆν μήτε κτήματα. On a voulu ajouter ἡμῶν. V, 57, l. 1 Παράδοξα δὲ πράγματα τοῖς ἀνθρώποις ἐπιφαίνεσθαί ποτε καὶτῶν Ἑλλήνων ἱστόρησαν οὐ μόνον οἱ ὑπονοηθέντες ἂν ὡς μυθοποιοῦντεςἀλλὰ καὶ οἱ ἀνὰ πολὺ ἐπιδειξάμενοι γνησίως φιλοσοφεῖν. Wifstrand315 a pro-posé οἱ ἀνὰ πολὺ au lieu de οἷον πολὺ du manuscrit A et de οἱ οἷον πολὺ desmanuscrits PM qui dérivent du manuscrit A. Marcovich veut lire <οἱ> ὡς<ἐπὶ> πολὺ, ce qui se comprend bien, mais qui veut dire, comme la leçonde Wifstrand, qu’on change assez violemment le texte du manuscrit impor-tant. Autrement, la proposition de Wifstrand a été acceptée par les éditeurset traducteurs. Mais il ne semble pas qu’on puisse trouver des exemples deἀνὰ πολύ dans la littérature. Je crois que οἷον veut dire à peu près le mêmeque ὡς, donc : « ceux qui pour ainsi dire à bien des égards sont apparuscomme de vrais philosophes », οἱ ὑπονοηθέντες ἂν ὡς μυθοποιοῦντες et οἱοἷον πολὺ ἐπιδειξάμενοι formant un parallèle. Lire οἱ avant οἷον semble né-cessaire, malgré l’autorité moindre des témoins. Pour οἷον dans ce sens, oùpeut-être οἷα est plus courant, voir par exemple :Contre Celse I, 7, l. 11 τὸ δ’ εἶναί τινα οἷον μετὰ τὰ ἐξωτερικά, μὴ εἰςτοὺς πολλοὺς φθάνοντα, « comme au-delà des matières publiques ».Clément d’Alexandrie, Stromates V, 106, 1 αὐτίκα ὁ αὐτὸς σωτὴρπαρενγγυᾷ· « γρηγορεῖτε », οἷον μελετᾶτε ζῆν, « comme s’il voulaitdire ». Ibid. V, 129, 1 Πίνδαρος τε ὁ μελοποιὸς οἷον ἐκβακχεύεται ἄντικρυςεἰπών· τί θεός; ὅ τι τὸ πᾶν. VI, 1, l. 13. Les ministres du christianisme doivent attirer à la vérité le plusgrand nombre possible d’hommes, l’intelligent et le sot, le Grec et le barbare.Origène poursuit : πολὺ δὲ τὸ εὐήμερον ἐὰν καὶ τοὺς ἀγροικοτάτους καὶἰδιώτας οἷός τέ τις γένηται ἐπιστρέφειν. εὐήμερον est une conjecture de 180 315 Wifstrand II, p. 425 [35]. Wifstrand316, acceptée par les éditeurs les plus récents ; le manuscrit A duContre Celse présente ἥμερον, la Philocalie ἡμέτερον. Le passage a été dis-cuté ; voir les notes de Borret et de Fiedrowicz/Barthold.On doit accepter ἥμερον. Il y a un contraste entre la civilisation du chris-tianisme et les mœurs des barbares et des rustres, mais ceux-ci, convertis,peuvent devenir doux. Voir des passages où Origène parle de la même ma-nière :Contre Celse VIII, 68, l. 38 καὶ οἱ βάρβαροι τῷ λόγῳ τοῦ θεοῦπροσελθόντες νομιμώτατοι ἔσονται καὶ ἡμερώτατοι.Traité des principes III, I, 5 (4), l. 88 τῶν ἀγριωτάτων ἐπὶ τοσοῦτονἡμερότητος μεταβαλλόντων, ὥστε τοὺς μηδὲ πώποτε οὕτως ἀγριωθέν-τας ἀγρίους εἶναι δοκεῖν συγκρίσει τοῦδέ τινος μεταβεβληκότος ἐπὶ τὸἥμερον. VI, 19, l. 23 Ἐγὼ δὲ οὐκ ἀπογινώσκω τὰς ἀπὸ τοῦ Φαίδρου λέξεις ἀπό τινωνἙβραίων μεμαθηκότα τὸν Πλάτωνα, ὡς δέ τινες ἀνέγραψαν, ἔτι καὶ τοῖςπροφητικοῖς ἐντυχόντα λόγοις ἐκτεθεῖσθαι, ἐν οἷς ἔλεγεν ; suit un passagepris à Phèdre 247 C. Le manuscrit porte ὅτι au lieu de la conjecture ἔτι. Ondoit retenir ὅτι. Je propose de ponctuer ainsi : οὐκ ἀπογινώσκω τὰς ἀπὸ τοῦΦαίδρου λέξεις ἀπό τινων Ἑβραίων μεμαθηκότα τὸν Πλάτωνα, ὡς δέ τινεςἀνέγραψαν ὅτι καὶ τοῖς προφητικοῖς ἐντυχόντα λόγοις, ἐκτεθεῖσθαι. Nousavons affaire à une anacoluthe légère : après ἀνέγραψαν, ὅτι s’est inséré,mais cela n’a pas changé la construction de la proposition, à savoir : οὐκἀπογινώσκω μεμαθηκότα τὸν Πλάτωνα ἐκτεθεῖσθαι. Ensuite, il faut lire ἐναἷς, se rapportant à λέξεις, les paroles de Platon. οἷς est influencé d’une ma-nière banale par λόγοις. VI, 22, l. 26 Ἔδοξε δέ μοι τὸ ἐκθέσθαι τὴν λέξιν ἐν τούτοις τοῦ Κέλσουἄτοπον εἶναι καὶ ὅμοιον ᾧ αὐτὸς πεποίηκεν, εἰς τὴν περὶ Χριστιανῶν καὶἸουδαίων κατηγορίαν ἀκαίρως παραλαβὼν οὐ μόνον τὰ Πλάτωνος, ὡςἐκείνοις ἀρκεῖσθαι, ἀλλὰ καὶ τά, ὥς φησι, Περσῶν τοῦ Μίθρου μυστήρια.ὡς est la leçon d’une correction faite dans un manuscrit dépendant ; le ma-nuscrit A porte οὐδ’. Il va sans dire qu’il faut retenir οὐδ’, comme le faitMarcovich, contre SCh et Fiedrowicz/Barthold. VI, 43, l. 23 ἵν’ αὐτὸν (sc. Job) περιβάλῃ περιστάσεσι βαρυτάταις, πρώτῃμὲν τῇ κατὰ πάντων τῶν ὑπαρχόντων αὐτῷ καὶ τῶν τέκνων αὐτοῦ ἀπωλείᾳ,δευτέρᾳ δὲ κατὰ τὸ περιβαλεῖν αὐτὸν ἀγρίῳ ἐλέφαντι. On a voulu remplacer 181 316 Wifstrand I, p. 28 [20]. le premier κατὰ par καθ’ ἓν ou le retrancher. Mieux vaut à mon avis lire καὶau lieu de κατὰ, faute très fréquente. Il faut peut-être aussi lire καὶ τῷπεριβαλεῖν pour κατὰ τὸ περιβαλεῖν. VI, 47, l. 27 τίς μᾶλλον τῆς Ἰησοῦ ψυχῆς ἢ κἂν παραπλησίως κεκόλληταιτῷ κυρίῳ ...; On a traduit de deux manières, Borret : « mieux ou autant quel’âme de Jésus », de même Fiedrowicz/Barthold : « mehr als die Seele Jesuoder in gleicher Weise ». Mieux vaut la traduction de Chadwick : « moreclosely than the soul of Jesus, or even to any comparable extent ».Avec une négation, κἂν veut dire quelque chose comme « même pas »,« tant s’en faut », comme par exemple III, 35, l. 8 Εἰ μὲν γάρ φησι μηδὲνἕτερον εἶναι μήτε δαιμόνιον μήτε θεῖον περὶ τούτους (les gens qui selonCelse ont fait des miracles), κἂν νῦν ὁμολογησάτο τὴν ἑαυτοῦ γνώμην,ἐπικούρειος ὢν καὶ μὴ τὰ αὐτὰ τοῖς Ἕλλησιν φρονῶν καὶ μήτε δαίμοναςγινώσκων μήτε κἂν ὡς Ἕλληνες θεοὺς σέβων ; on trouve là premièrement,dans κἂν νῦν, κἂν dans le sens de « du moins », ensuite dans le sens de« même pas » : μήτε κἂν ὡς Ἕλληνες. Proche de notre passage est I, 14, l.29 Καὶ οὐκ ἐβουλήθη (sc. Celse) ἔθνος σοφώτατον εἰπεῖν κἂν παραπλησίωςΑἰγυπτίοις ... τοὺς Ἰουδαίους : pour la sagesse, les juifs ne sont pas, tant s’enfaut, proches des Égyptiens. Dans la citation ci-dessus, il n’y a pas de néga-tion, mais le sens est négatif : il n’y a pas d’âme plus intimement liée, tants’en faut ; il faut donc traduire comme Chadwick. VI, 53, l. 1 Εἶτ’ οἶμαι φύρων αἱρέσεις αἱρέσεσι καὶ μὴ ἐπισημειούμενος ὅτιτάδε μὲν ἄλλης αἱρέσεώς ἐστι τάδε δὲ ἄλλης, τὰ πρὸς Μαρκίωνα ὑφ’ ἡμῶνἀπορούμενα προφέρει, τάχα καὶ τούτων παρακούσας ἀπό τινων εὐτελῶς καὶἰδιωτικῶς ἐγκαλούντων λόγῳ, οὐ μὴν πάνυ συνετῶς. Le manuscrit donneἐγκαλεῖ τῶν ἐγκαλούντων λόγων, les éditions ἐγκαλούντων λόγῳ. λόγῳ no-tamment ne convainc guère.Celse confond les hérésies et ne comprend pas qu’il attaque Marcion avecles mèmes arguments qu’Origène. Pour la construction, il faut comparerVIII, 15, l. 17 Καὶ ἐν τούτοις δὴ πάλιν, οὐκ οἶδ’ ἀπὸ ποίας αἱρέσεωςἀσημοτάτης ταῦτα λαβών, πᾶσι Χριστιανοῖς ἀπ’ αὐτῶν ἐγκαλεῖ. Une solu-tion serait de lire προφέρων et dans ce qui suit ἐγκαλεῖ, τῶν ἐγκαλούντωνλόγων οὐ μὴν πάνυ συνετός, mais, il faut le confesser, συνετός avec le génitifn’existe pas chez Origène et semble même ne pas exister du tout. Cependant,chez Origène συνίημι avec le génitif n’a rien d’anormal. VI, 53, l. 34 θαυμάζω δὲ εἰ μὴ ὅπερ ἡμῖν, τοῖς φάσκουσιν ἔργα εἶναι τοῦ ἐπὶπᾶσι θεοῦ καὶ τόνδε τὸν κόσμον, οἴεται ἀκολουθεῖν περὶ τοῦ τὸν θεὸν τὰ 182 κακὰ πεποιηκέναι, ἀκολουθεῖ ὅσον ἐφ’ οἷς λέγει καὶ αὐτός. Wifstrand317 veutlire ἀκολουθεῖ ... αὐτῷ et présente des parallèlels comme V, 27, l. 20ἀκολουθεῖ τῷ Κέλσῳ. Marcovich a accepté cette proposition, mais pas SChet Fiedrowicz/Barthold.Il vaut peut-être la peine de développer un peu les brèves notations deWifstrand. On trouve ὅσον ἐπί et ὅσον ἐφ’ environ 190 fois chez Origène,très souvent ὅσον ἐφ’ ἑαυτῷ, ἐφ’ ἑαυτοῖς etc. Le sens en est assez vague, àpeu près « concernant », « en considération de », parfois « à en croire ».Quelques exemples dans le Contre Celse :II, 20, l. 27 οὐκ ἔσται μὲν σόφισμα ὅσον ἐπὶ τῷ Κέλσῳ, κατὰ δὲ τὸνὑγιῆ λόγον σόφισμά ἐστιν.III, 9, l. 3 Ὅτι δὲ ψεῦδος τὸ τοιόνδε, δῆλον ἐκ τοῦ τὸ ὅσον ἐφ’ ἑαυτοῖςΧριστιανοὺς μὴ ἀμελεῖν τοῦ πανταχοῦ τῆς οἰκουμένης ἐπισπείρειν τὸνλόγον.IV, 14, l. 22 οἱ δὲ τοῦ Ἐπικούρου θεοί, σύνθετοι ἐξ ἀτόμων τυγχάνοντεςκαὶ τὸ ὅσον ἐπὶ τῇ συστάσει ἀναλυτοί.Si l’on suit la proposition de Wifstrand, on comprend la phrase, raccourcieet un peu développée, comme : θαυμάζω δὲ εἰ μὴ, ὅπερ ἡμῖν οἴεταιἀκολουθεῖν, (τοῦτο) ἀκολουθεῖ, ὅσον ἐπὶ τούτοις ἃ λέγει, καὶ αὐτῷ, « jem’étonne si ce qui à son avis est une conséquence pour nous, n’est pas, enconsidération de ce qu’il dit, une conséquence aussi pour lui ». ἀκολουθεῖ… αὐτῷ correspond donc à ἡμῖν … ἀκολουθεῖν. La conjecture de Wifstrandest à mon avis sûre ; αὐτός n’est qu’une faute machinale après λέγει. VII, 3, l. 34 ἃ οὐδὲ θέμις ἦν τῷ σώφρονι καὶ ἀνθρώπῳ βλέπειν, οὔπω λέγωὅτι καὶ ἅπτεσθαι. La leçon οὔπω λέγω ὅτι καὶ ἅπτεσθαι est une conjecturede Wifstrand318, le manuscrit A portant οὔπω λέγεται ἢ καὶ ἅπτεσθαι. Il y aaussi d’autres propositions : de lire βλέπειν ἢ καὶ ἅπτεσθαι (proposé parKoetschau dans sa traduction), de lire comme Wifstrand mais avec δὴ aulieu de ὅτι (Marcovich). Je crois qu’il faut à peu près garder la leçon du ma-nuscrit, en changeant seulement λέγεται en λέγεσθαι : « il n’est pas permisde regarder, pas du tout permis d’en parler et, ce qui est pire, de toucher ».λέγεσθαι est en fait la leçon après correction d’un manuscrit dépendant de A. VII, 5, l. 19 Δηλοῖ δὲ τὸ τοιούτους αὐτοὺς τυγχάνειν καὶ τὸ, suit une des-cription de la manière dégoûtante des mauvais esprits pour se tenir en vie.τὸ τοιούτους αὐτοὺς est une conjecture ; le manuscrit présente τὸ τοιοῦτον 183 317 Wifstrand I, p. 28 [20], Wifstrand II, p. 425 [35].318 Ibid., p. 427 [37]. 184 τοὺς αὐτοὺς, ce qui, à mon avis, est correct. Origène parle, l. 12 suiv., desfaux dieux, qui sont des esprits méchants, enchaînés à des édifices et à deslieux, c’est-à-dire à des temples et à des idoles. Il poursuit, l. 15 : Ὁ λόγοςδὴ αἱρεῖ φαῦλ’ ἄττα νομίζειν εἶναι τὰ τοιαῦτα. On peut considérer φαῦλ’ἄττα comme se référant à πνεύματα, mais plutôt φαῦλ’ ἄττα est un neutred’un sens général : ils sont des phénomènes mauvais. Origène se tient à cetteidée dans ce qui suit : leur manière de vivre montre que ces mêmes démons,τοὺς αὐτοὺς, sont de la sorte, τὸ τοιοῦτον, à savoir des existences mauvaises. VII, 12, l. 11 ἀλλὰ γὰρ καὶ τὰς δοκούσας ἀπεμφάσεις λύειν πειρῶνται καὶδεικνύναι οὐδὲν εἶναι πονηρὸν ἐν τοῖς λόγοις ... οὐδὲ μιαρὸν ἀλλὰ τοιοῦτονγίνεσθαι ὡς χρὴ ἐκδέχεσθαι τοῖς μὴ συνιεῖσι τὴν θείαν γραφήν. Tel est letexte du manuscrit A. Wifstrand319 veut placer τοῖς avant ὡς χρὴ et voudraitpréférer φαίνεσθαι à γίνεσθαι. Les éditeurs et traducteurs ont accepté de pla-cer τοῖς où Wifstrand veut le voir, Chadwick et Marcovich acceptent aussiφαίνεσθαι pour γίνεσθαι.Je ne vois pas que ces propositions soient nécessaires. Le sens est qu’unpassage d’un prophète peut sembler mauvais et impur, mais il devient tel(τοιοῦτον) que nécessairement il faut l’interpréter (ἐκδέχεσθαι) pour ceuxqui ne comprennent pas la divine Écriture. Il ne faut pas remplacer γίνεσθαι,mais le souligner ; le passage n’est pas mauvais, mais il le devient aux yeuxdes ignorants. VII, 15, l. 25. Origène veut montrer la manière de raisonner logiquementdes Stoïciens : λέγοντες τό· εἰ ἐπίστασαι ὅτι τέθνηκας, <τέθνηκας· εἰ ἐπί-στασαι ὅτι τέθνηκας>, οὐ τέθνηκας· ἀκολουθεῖ τὸ οὐκ ἄρα ἐπίστασαι ὅτιτέθνηκας. Τὸν τρόπον δὲ τοῦτον κατασκευάζουσι τὰ συνημμένα320· εἰ ἐπί-στασαι ὅτι τέθνηκας, ἔστιν ὃ ἐπίστασαι, ἔστιν ἄρα τὸ τέθνηκας. Καὶ πάλιν·εἰ ἐπίστασαι ὅτι τέθνηκας, καὶ ἔστιν τὸ ἐπίστασαι ὅτι τέθνηκας. Ἐπεὶ δὲ ὁτεθνηκὼς <οὐδὲν> ἐπίσταται, δῆλον ὅτι, εἰ ἐπίστασαι ὅτι τέθνηκας, οὐτέθνηκας. Καὶ ἀκολουθεῖ, ὡς προεῖπον, ἀμφοτέροις τοῖς συνημμένοις τὸ οὐκἄρα ἐπίστασαι ὅτι τέθνηκας. Τοιοῦτόν τι ἐστὶ καὶ περὶ τὴν Κέλσου ὑπόθεσιν,λέγοντος ἣν προεξεθέμεθα λέξιν. Je crois qu’il faut rejeter l’insertion<τέθνηκας· εἰ ἐπίστασαι ὅτι τέθνηκας,> et lire εἰ ἐπίστασαι ὅτι τέθνηκας,οὐ τέθνηκας, « si tu sais que tu es mort, tu n’es pas mort ». Ce qui suit n’estqu’une explication de cette manière de raisonner : Τὸν τρόπον δὲ τοῦτονκατασκευάζουσι τὰ συνημμένα. Origène explique : εἰ ἐπίστασαι ὅτι τέθνη- 319 Wifstrand II, p. 428 [38].320 τὰ συνημμένα = les prémisses. κας, ἔστιν ὃ ἐπίστασαι, ἔστιν ἄρα τὸ τέθνηκας, « si tu sais que tu es mort, cequi tu sais existe, tu es donc mort ». Ensuite, il faut suivre le manuscrit etlire : Καὶ πάλιν· εἰ ἐπίστασαι ὅτι οὐ τέθνηκας, καὶ ἔστιν ὃ ἐπίστασαι, οὐτέθνηκας, « si tu sais que tu n’es pas mort, et ce qui tu sais existe, tu n’espas mort ». Mais ensuite Origène constate : ἐπεὶ δὲ ὁ τεθνηκὼς <οὐδὲν>ἐπίσταται, δῆλον ὅτι, εἰ ἐπίστασαι ὅτι τέθνηκας, οὐ τέθνηκας. Là, il est né-cessaire d’ajouter οὐδὲν : « comme il est vrai que le mort ne sait rien, évi-demment tu n’es pas mort ». Ainsi, nous voici de nouveau au point de départdu raisonnement : εἰ ἐπίστασαι ὅτι τέθνηκας, οὐ τέθνηκας. VII, 17, l. 15 Τὰ περὶ τὸν Ἰησοῦν τοίνυν καθὸ μὲν νενόηται θεότητι <τῇ>ἐν αὐτῷ πραχθέντα, ἐστὶν ὅσια καὶ οὐ μαχόμενα τῇ περὶ τοῦ θείου ἐννοίᾳ.Borret traduit par « ce qu’on a fait à Jésus, si l’on considère la divinité quiest en lui », Chadwick de la même manière, tandis que Fiedrowicz/Bartholdne parle pas de ce qu’on a fait à Jésus, mais de ce qui le concerne. En faitθεότητι <τῇ> ἐν αὐτῷ est un dativus agentis : « si l’on considère ce qui a étéfait par la divinité qui est en lui, ce sont des actions saintes qui ne répugnentpas à la notion de la divinité ». Ainsi, l’addition de τῇ est encore mieuxconfirmée, voir Wifstrand321. Suit ce que Jésus a fait comme homme, καθὸδὲ ἄνθρωπος ἦν. En Jésus, divinité et homme agissent. Les miracles sontfaits par la divinité ; cf. plus haut ὅσια, mais comme homme il n’est pas ab-surde qu’il ait souffert la mort, voir l. 21.Le dativus agentis est plus fréquent qu’on ne pense, mais avec des formesde πράττειν assez rare chez Origène. Des exemples : Contre Celse II, 62, l. 2 τοῖς πραχθεῖσιν αὐτῷ.Philocalie 23, 15, l. 28 (Robinson p. 203, l. 28) τὸ τὸν θεὸν εἰδέναι τὰπραχθησόμενα ἑκάστῳ.Des formes de πραγματευθείς se rencontrent plusieurs fois dans le ContreCelse :V, 47, l. 24 ἐν τοῖς εἰς τὴν πρὸς Ῥωμαίους ἐπιστολὴν Παύλου πραγμα-τευθεῖσιν ἡμῖν, pareillement VI, 49, l. 11 ; VII, 11, l. 6 ; VII, 31, l. 13.Deux exemples avec πράττειν chez Clément d’Alexandrie :Stromates IV, 68, 5 τὰ μὲν γὰρ ἄλλων ἕνεκα πραττόμενα ἡμῖν ἑκάστοτεπράξαιμεν ἂν εἰς ἐκείνους ἀποβλέπειν πειρώμενοι, ὧν ἕνεκα γίνεσθαιδοκεῖ, peu après nous trouvons ταῦτα ἂν ἡμῖν γίγνοιτο.Ibid. VII, 53, 4 ἐπὶ δὲ τῶν πλησίον ὠφελείᾳ μόνῃ ποιήσει τινά, ἃ οὐκἂν προηγουμένως αὐτῷ πραχθείη, εἰ μὴ δι’ ἐκείνους ποιοίη.Nous trouvons une forme de ποιεῖν dans une citation du texte de Celse, 185 321 Wifstrand I, p. 29 [21], Wifstrand II, p. 428 [38]. 186 Contre Celse VII, 58, l. 6 Ἐπεὶ καὶ Πλάτωνι πεποίηται Σωκράτης Κρίτωνιδιαλεγόμενος τάδε. VII, 32, l. 25 Εἶτα πάλιν ὄντος τινὸς σκήνους ἐπιγείου οἰκίας, ἀναγκαίαςπου τῷ σκήνει, καὶ καταλύεσθαι μέν φασιν οἱ λόγοι τὴν ἐπίγειον οἰκίαν τοῦσκήνους, τὸ δὲ σκῆνος ἐπενδύσασθαι οἰκίαν ἀχειροποίητον αἰώνιον.322 καὶavant καταλύεσθαι est le résultat d’une dittographie, et c’est à juste titre queMarcovich l’omet. VII, 37, l. 22 suiv. Origène vient de développer l’idée que pour comprendreDieu, il ne faut pas rester dans le sensible : ἀλλ’ οὔτι γε ἐν αἰσθητοῖςκαταμένειν χρή· οὔτε χωρὶς αἰσθήσεως ἐροῦσιν ἀδύνατον εἶναι μαθεῖν τὰνοητά. Il ne faut donc pas ponctuer fortement avant οὔτε, car le sens est qu’ilne faut pas rester dans le sensible, et qu’il est possible d’arriver à l’intelligi-ble sans le sensible.l. 24 χρώμενοι δὲ τῷ τίς χωρὶς αἰσθήσεως μαθεῖν δυνατός ἐστιν;Ἐλέγξουσιν οὐκ εὐλόγως τούτῳ (le manuscrit : τοῦτο) ὑπὸ τοῦ Κέλσουἐπιφέρεσθαι τὸ οὐκ ἀνθρώπου μὲν οὐδὲ ψυχῆς ἀλλὰ γὰρ σαρκὸς φωνή. Bor-ret donne ce texte et cette ponctuation. Fiedrowicz/Barthold donne le mêmetexte, mais la traduction, comme celle de Chadwick, montre qu’on part d’uneautre manière de diviser la proposition, à savoir : χρώμενοι δὲ τῷ τίς χωρὶςαἰσθήσεως μαθεῖν δυνατός ἐστιν ἐλέγξουσιν οὐκ εὐλόγως etc., « se servantde la phrase … ils (sc. les chrétiens) prouveront … », ce qui est correctcomme ponctuation de ce passage, mais des problèmes restent.Les chrétiens se servent d’une phrase, mais de quelle phrase ? Le manu -scrit et les éditions donnent τίς χωρὶς αἰσθήσεως μαθεῖν δυνατός ἐστιν; Maiscette phrase que Celse critique comme typique des chrétiens (VII, 36, l. 4)est Τί χωρὶς αἰσθήσεως μαθεῖν ἐστι δυνατόν; Origene vient de la citer, voirVII, 37, l. 15. Après cette citation Origène discute les notions neutres : τὰἀόρατα, τὰ αἰσθητά, τὰ νοητά. Il faut donc lire τί et δυνατόν, et il n’est paspossible de corriger ce que dit Celse en VII, 36, l. 4 d’après Origène.Le sens est donc que ces chrétiens diront que c’est bien possible d’arriverà l’intelligible sans l’aide du perceptible, et ils montreront que Celse n’a pasraison d’attribuer aux chrétiens l’idée terrestre Τί χωρὶς αἰσθήσεως μαθεῖνἐστι δυνατόν; Pour Origène, la position contraire est importante, voir parexemple VII, 33. 322 Cf. 2 Cor. 5, 1-2. Finalement, je crois qu’il faut garder τοῦτο, à savoir τὸ οὐκ ἀνθρώπουetc. VII, 51, l. 4 Ἐν τούτοις δὲ καὶ οἱονεὶ τίθησιν, εἰπὼν πνεῦμα θεῖον κατιὸν ἐκθεοῦ προαγγέλλειν τὰ θεῖα, τοῦτ’ ἂν εἴη τὸ πνεῦμα τὸ ταῦτα κηρύττον, οὗδὴ πλησθέντες ἄνδρες παλαιοὶ πολλὰ κἀγαθὰ ἤγγειλαν. εἰπὼν est uneconjecture ; le manuscrit porte ἢ πῶς. On a aussi voulu lire εἰ πῶς, maismieux vaut εἴ πως, ce qui n’est pas à considérer comme une conjecture. Lepassage se réfère à VII, 45, l. 27, citation de Celse : Καὶ πνεῦμα εἴ τι (cf. εἴπως) οἴεσθε, ensuite κατιὸν … ἤγγειλαν comme plus haut cité par Origène.Origène dit donc que Celse accepte à peu près l’idée (οἱονεὶ τίθησιν) qu’ils’agit peut-être de cet esprit divin qui a déjà annoncé d’excellentes doctrinesaux anciens. Peu après, Origène montre que malgré une certaine connais-sance de cause, Celse n’a pas bien compris ce que veut dire l’Esprit Saint. VII, 57, l. 5 Καὶ τὸν μὲν « ἐν τῇ κοιλίᾳ τοῦ κήτους »323 τεραστίως ποιήσαντακαὶ παραδόξως « τρεῖς ἡμέρας καὶ τρεῖς νύκτας » ἐβούλετο ἡμᾶς ἀναγο-ρεῦσαι θεόν, τὸν δ’ ἀναδεξάμενον ὑπὲρ ἀνθρώπων ἀποθανεῖν οὐκ ἤθελεΚέλσος, μαρτυρούμενον ὑπὸ τοῦ θεοῦ διὰ τῶν προφητῶν, ἄξιον εἶναι τῆςδευτερευούσης μετὰ τὸν θεὸν ... τιμῆς. Les traducteurs construisent et tra-duisent comme suit : τὸν δ’ ἀναδεξάμενον ὑπὲρ ἀνθρώπων ἀποθανεῖν οὐκἤθελε Κέλσος … ἄξιον εἶναι τῆς δευτερευούσης ... τιμῆς. Mais on peut aussitrouver un parallèle entre τὸν μὲν … ἐβούλετο ἡμᾶς ἀναγορεῦσαι θεόν etτὸν δ’ … οὐκ ἤθελε (à savoir : ἡμᾶς ἀναγορεῦσαι θεόν) Κέλσος et laisser laproposition continuer par l’argumentation qui explique pourquoi Jésus estdigne de cet honneur : μαρτυρούμενον … ἄξιον εἶναι τῆς δευτερευούσηςμετὰ τὸν θεὸν ... τιμῆς, sans virgule avant ἄξιον. Choisir entre les deux in-terprétations est difficile, mais il me semble qu’on pourrait bien lire d’unetraite μαρτυρούμενον ὑπὸ τοῦ θεοῦ διὰ τῶν προφητῶν ἄξιον εἶναι τῆςδευτερευούσης μετὰ τὸν θεὸν ... τιμῆς. Ainsi le contraste avec Jonas est ex-primé plus clairement. VIII, 15, l. 34 τούτων φαμὲν αὐτὸν μὴ κρατεῖν μέν πω, ἐπεὶ μὴ ἑκόντεςεἴκουσιν αὐτῷ· κατ’ ἄλλο δὲ σημαινόμενον τοῦ κρατεῖν καὶ αὐτῶν κρατεῖ –ὡς τῶν ἀλόγων ζῴων φαμὲν τὸν ἄνθρωπον κρατεῖν, οὐχ ὑποτάξαντα αὐτῶντὸ ἡγεμονικόν, ὡς τιθασσεύσας κρατεῖ τινων λεόντων καὶ κτηνῶνδεδαμασμένων –, πλὴν πάντα ποιεῖ, ἵνα καὶ τοὺς νυνὶ μὴ πειθομένους αὐτῷπείσας κρατήσῃ καὶ αὐτῶν. Origène vient de dire qu’il y a des méchants, 187 323 Jonas 2, 1. 188 hommes, anges et démons, que le Verbe ne domine pas. τούτων se rapporteà ces adversaires du Verbe.Il faut ponctuer d’une autre manière. Nous devons mentalement réunir lesmembres de cette proposition comme suit : ἐπεὶ μὴ ἑκόντες εἴκουσιν αὐτῷπλὴν πάντα ποιεῖ, ἵνα. Dans cette proposition, il y a une longue insertion,discutant un autre sens du mot κρατεῖν, à lire comme suit : – κατ’ ἄλλο δὲσημαινόμενον τοῦ κρατεῖν καὶ αὐτῶν κρατεῖ ὡς τῶν ἀλόγων ζῴων φαμὲντὸν ἄνθρωπον κρατεῖν, οὐχ ὑποτάξαντα αὐτῶν τὸ ἡγεμονικόν ὡς τιθασσεύ-σας κρατεῖ τινων λεόντων καὶ κτηνῶν δεδαμασμένων – :« mais suivant unautre sens du mot « dominer », le Verbe les domine eux aussi (les adver-saires), comme nous disons que l’homme domine les animaux sans raison,(même) sans avoir soumis leur faculté dominante de la manière qu’on ap-privoise quelques lions et des bêtes de somme domptées ». Le sens est doncque l’homme domine les animaux, même les féroces et les forts ; cela vauttoujours, même si l’on ne les domine pas directement comme on peut domi-ner des bêtes apprivoisées, même en certains cas (τινων) des lions, certesdes bêtes de somme. C’est l’idée commune que l’homme a le pouvoir surtous les animaux de la nature, apprivoisés ou sauvages, bien qu’il y en aitqui sont féroces et beaucoup plus forts que lui. VIII, 24, l. 12 ἀποδεικνὺς τοῖς ἀκούειν τῶν ἐκεῖ δυναμένοις ὅτι πάντως οὐφονέως χεῖρόν τι πράττει ὁ τῶν εἰδωλοθύτων μεταλαμβάνων, ἀπολλὺς τοὺςἑαυτοῦ ἀδελφούς, δι’ οὓς Χριστὸς ἀπέθανε324. οὐ est une conjecture, accep-tée par les éditeurs et les traducteurs ; le manuscrit A porte ὅ ; on trouve aussidans la tradition la leçon καὶ et l’omission du mot. On comprend οὐ φονέωςχεῖρόν τι comme « un acte aussi signifiant, aussi criminel que l’acte d’unmeurtrier » ; ainsi par exemple la traduction de SCh : « un acte tout aussicriminel que de verser le sang ». Mais dans le Contre Celse le sens de χείρωνest celui le plus naturel, à savoir « pire » souvent en contraste avec κρείτ-των.325Il faut laisser ὅ du manuscrit A. Nous avons là une comparatio compen-diaria : celui qui mange de cette viande fait quelque chose de pire qu’unmeurtrier, à savoir pire que l’acte d’un meurtrier.326 VIII, 26, l. 12 δηλονότι οὐδὲ κυρίως νόμους ἢ φαύλων νόμους, οἷς οὐπιστευτέον. Il y a des conjectures différentes, mais Borret et Fiedrowicz/ 324 Cf. 1 Cor. 8, 11.325 Un exemple : II, 11, l. 54 Ἀλλὰ γὰρ φέρε ὑπό τινος τῶν μαθητῶν αὐτὸν προδεδόσθαιχεῖρον ἢ Ἰούδας διατεθέντος.326 Pour comparatio compendiaria, voir aussi la remarque sur V, 45, l. 9. Barthold gardent à juste titre la leçon du manuscrit A. Il faut peut-être chercher à expliquer comment on y arrive, car la phrasene semble pas bien rattachée à ce qui précède. Celse veut qu’on accepte lesdémons comme des êtres qui appartiennent à Dieu et qu’on leur offre dessacrifices et des prières selon les lois : οἷς καὶ πιστευτέον καὶ καλλιερητέονκατὰ νόμους.327 Origène reprend et combat cette idée : Ἀλλὰ καὶ κατὰ ποίουςνόμους ἡμᾶς βούλεται Κέλσος καλλιερεῖν τοῖς δαίμοσιν; Εἰ μὲν γὰρ κατὰτοὺς κειμένους ἐν ταῖς πόλεσι, κατασκευαζέτω ὅτι συνᾴδουσι τοῖς θείοιςνόμοις.328 Origène montre immédiatement que c’est là une tâche impossible,car les lois des villes ne s’accordent pas entre elles (et assurément, encoremoins avec les lois divines). Ensuite, par δηλονότι οὐδὲ κυρίως νόμους ἢφαύλων νόμους Origène se réfère d’une manière comprimée à κατὰ ποίουςνόμους ἡμᾶς βούλεται Κέλσος καλλιερεῖν τοῖς δαίμοσιν, à savoir οὐδὲ(κατὰ) κυρίως νόμους (les lois divines) ἢ (κατὰ) φαύλων νόμους (les loisdes cités). VIII, 31, l. 28 ἀλλ’ εἰ χρὴ ἀποτολμήσαντα λέγειν τινά, εἴπερ ταῦτα, δαιμόνωνἐστὶν ἔργα, φήσομεν ὅτι λιμοὶ καὶ ἀφορίαι σταφυλῆς. Tel est le texte du ma-nuscrit A. On n’a pas voulu accepter εἴπερ ταῦτα et on a fait beauoup deconjectures.Le contexte est que pour Celse (28, l. 9 suiv.) les démons ont un certainrôle à jouer comme administrateurs des biens, comme la nourriture, l’eau,l’air ; au contraire, Origène et les chrétiens soutiennent (31, l. 20 suiv.) qu’ily a pour ainsi dire d’invisibles agriculteurs et autres êtres qui administrenttout ce qui se passe sur terre, mais on ne peut pas les appeler démons, cartous les démons sont mauvais (31, l. 19). Pour ce qui suit, voir la citation. Jepropose de ponctuer : ἀλλ’ εἰ χρὴ ἀποτολμήσαντα λέγειν τινά, εἴπερ ταῦταδαιμόνων ἐστὶν ἔργα, φήσομεν ὅτι λιμοὶ καὶ ἀφορίαι σταφυλῆς : « s’il fautse hasarder à mentionner quelques œuvres, si ce sont vraiment les œuvresdes démons, nous dirons que ce sont les famines, les stérilités de la vigne ». VIII, 33, l. 2. Celse parle : Ἢ τοίνυν οὐδαμῇ οὐδαμῶς βιωτέον οὐδὲ τῇδεπαριτητέον, ἢ τὸν ἐπὶ τοῖσδε παρελθόντα εἰς τὸν βίον δαίμοσι τοῖς τὰ ἐπὶγῆς εἰληχόσιν εὐχαριστητέον. Le manuscrit A donne παραιτητέον. παριτη-τέον est une conjecture acceptée par les éditeurs mais qui ne va pas bienavec τῇδε qui doit dénoter la manière plutôt que la direction ; on traduit par« venir ici-bas », « hierher kommen », « enter this life ». 189 327 VIII, 24, l. 6.328 VIII, 26, l. 8. Il faut garder παραιτητέον : « il ne faut pas s’abstenir ainsi ». Origène lereprend dans son commentaire, l. 9 : Καὶ οὐ παραιτητέον ἡμῖν τὸ χρῆσθαι... τοῖς δι’ ἡμᾶς αὐτοῦ (sc. τοῦ κτίσαντος) δημιουργήμασι. Il faut, selonCelse, se réjouir de tout le bien qu’on doit aux démons et les remercier, maisles chrétiens s’abstiennent (παραιτεῖσθαι) de le faire. Origène réplique (l. 9suiv.) qu’il ne faut pas s’abstenir de ce que Dieu a créé pour nous, et quenous ne sommes pas soumis aux démons, mais au Dieu suprême. VIII, 33, l. 23 ἡμεῖς δὲ τῷ τοῦ παντὸς δημιουργῷ εὐχαριστοῦντες καὶ τοὺςμετ’ εὐχαριστίας καὶ εὐχῆς ... ἄρτους ἐσθίομεν. Marcovich a voulu écarterκαὶ, peut-être avec raison. Le manuscrit A porte εὐαρεστοῦντες qu’il fautretenir. Le verbe se trouve de nombreuses fois dans l’œuvre d’Origène, sou-vent avec τῷ θεῷ. Cette phrase est influencée par la Bible, voir par exempleGen. 5, 22 (Hénok) et 6, 9 (Noé). VIII, 37, l. 13 καὶ ὁ πάσης διαλέκτου κύριος τῶν ἀπὸ πάσης διαλέκτου εὐχο-μένων ἀκούει ὡς μιᾶς, ἵν’ οὑτως ὀνομάσω, φωνῆς τῆς κατὰ τὰ σημαινόμεναἀκούων, δηλουμένης ἐκ τῶν ποικίλων διαλέκτων. Il faut lire δηλούμενα, carce qui est indiqué, δηλούμενα, par les langues diverses doit être τὰσημαινόμενα, le sens de ce qu’on dit. VIII, 38, l. 17 Εἰ δὲ βλάβην τις ζητεῖ ἐν ἐκείνοις, ὁράτω ὅτι ἀληθῶς εἰσιννοῦν βεβλαμμένοι. νοῦν est ajouté par conjecture, le manuscrit A donne οἱ.Le contexte est qu’Origène parle des athées qui embrassent des doctrinesperverses, mais ne souffrent rien, vivant en riches et en bonne santé. Il fautassurément suivre le manuscrit : ce sont eux qui souffrent le dommage, οἱβεβλαμμένοι ! On se demande : quel dommage ? Suit l’explication : ils nesavent pas comprendre (νοεῖν) le Créateur à partir de l’ordre du monde, leurintelligence (νοῦς) est tellement aveuglée qu’il ne voient pas le Créateur etpère de toute intelligence (νοῦς). VIII, 39, l. 4. Celse parle : Οὐχ ὁρᾶς οὖν, ὦ βέλτιστε, ὅτι καὶ τὸν σὸν δαί-μονα καταστάς τις οὐ βλασφημεῖ μόνον ἀλλὰ καὶ πάσης γῆς καὶ θαλάσσηςἐκκηρύττει καὶ σὲ ... ἀπάγει καὶ ἀνασκολοπίζει. On traduit τὸν σὸν δαίμονακαταστάς τις par « on se dresse devant ton démon » ou par quelque chosede pareil. Mais d’où vient ce « devant», « vor », « by » ? Je crois qu’il fautcomparer Contre Celse III, 67, l. 20 οἷς μόγις παρακολουθεῖν καὶ οἱ πάνυκαθεστηκότες καὶ ὑπὸ μηδεμιᾶς ἐνοχλούμενοι περιστάσεως δύνανται.καθεστηκώς veut donc dire « bien établi », et καταστάς doit indiquerquelqu’un devenu sensé. Marcovich voulut retrancher καὶ avant τὸν σὸνδαίμονα, mais ce καὶ correspond à deux autres καὶ dans ce qui suit. 190 191 VIII, 41, l. 6. Celse parle : Τί καινὸν ἐξ ἐκείνου γέγονεν ᾧ πιστεύσαι ἄν τιςὡς οὐκ ἦν ἐκεῖνος ἄνθρωπος γόης ἀλλὰ θεοῦ παῖς; Le manuscrit A donneγέγονε τῷ πιστεύσαντι ἄν ; le changement ᾧ πιστεύσαι ἄν τις a été acceptépar éditeurs et traducteurs. Une conjecture moins violente serait τῷ <μὴ>πιστεύσαντι ἄν. On traduit ἐξ ἐκείνου par « depuis lors » ou quelque chose de pareil, maisle sens doit être : « que s’est-il montré de nouveau (d’étrange, de terrible)de sa part (de la part de Jésus, car ἐκείνου comme ἐκεῖνος peu après indiqueJésus) », à savoir pour montrer qu’il était un fils de Dieu et pas un sorcier.ἐξ dénotant l’origine ou l’agent est parfaitement normal ; ἐξ ἐκείνου setrouve plusieurs fois chez Origène. VIII, 42, l. 22 προὐτιμήσαντο <γὰρ> τὸν λῃστὴν διὰ στάσιν καὶ φόνονβληθέντα εἰς φυλακὴν ἀπολυθῆναι τοῦτον, τὸν δὲ Ἰησοῦν διὰ φθόνονπαραδοθέντα <σταυρωθῆναι>.329 Tel est le texte de Borret ; Marcovich re-tranche τοῦτον et supplée σταυρῶσαι au lieu de σταυρωθῆναι. Je propose :… ἀπολυθῆναι τοῦ τὸν Ἰησοῦν διὰ φθόνον παραδοθέντα, sc. ἀπολυθῆναι.On a lu τοῦ τὸν comme τοῦτον, ensuite, quand le texte n’a plus bien fonc-tionné, on a ajouté τὸν δὲ avant Ἰησοῦν. VIII, 49, l. 13. Celse parle : τοῖς τοῦτο ἐλπίζουσιν ἕξειν αἰώνιον σὺν θεῷ,τούτοις διαλέξομαι. τοῦτο se réfère à ψυχήν, νοῦν, πνεῦμα νοερόν, des nomspour ce qui est d’une nature divine et incorporelle. τούτοις est la leçon d’unmanuscrit qui dérive du manuscrit A ; A donne τοῦτο. Il faut comparer l. 5 :Ἀλλὰ τοῖς μὲν τοῦτο πειθομένοις καὶ τῷ σώματι συντετηκόσιν οὐκ ἄξιοντοῦτο διαλέγεσθαι ; avec eux il ne vaut pas la peine de discuter ce problème,οὐκ ἄξιον τοῦτο διαλέγεσθαι. Il faut donc lire τοῦτο διαλέξομαι avec le ma-nuscrit A. VIII, 57, l. 9 Καὶ πάλιν Κέλσος μὲν οὐ θέλει ἡμᾶς ἀχαρίστους εἶναι πρὸςτοὺς τῇδε δαίμονας, οἰόμενος ἡμᾶς ὀφείλειν αὐτοῖς χαριστήρια. Le manu -scrit A porte οὖν, changé en οὐ par les éditeurs.Je crois qu’on doit garder οὖν, parce que θέλειν a aussi le sens de « pen-ser », « avoir une opinion ». Donc, Celse pense que nous sommes ingrats,et il le reprend par οἰόμενος. Cf. IV, 76, l. 1 ὁ Κέλσος, θέλων μὴ μᾶλλονἡμῖν τὴν πρόνοιαν πεποιηκέναι τὰ φυόμενα ἐπὶ γῆς ἢ τοῖς τῶν ζῴωνἀγριωτάτοις, φησίν. Plusieurs fois, Celse se sert du verbe θέλειν en présen- 329 Dans cette proposition, il y a beaucoup de références à la passion de Jésus comme décritepar les évangélistes. 192 tant son opinion que l’homme n’a pas une position spéciale comparée à celledes autres créatures, voir IV, 86, l. 6 μηδὲ θέλειν ἔχειν (sc. τοὺς ἀνθρώπους)τὴν πρὸς τὰ ἄλογα ὑπεροχήν ; ibid. 88, l. 1 ; ibid. 97, l. 18, mais aussi, dansun autre contexte, II, 60, l. 15 Ὁ δὲ Κέλσος οὐ βουλόμενος τὸ τοιοῦτον θέλεικαὶ ὕπαρ ὀνειρώττειν τινάς. VIII, 72, l. 23 πότερον δὲ ὥστε μηδαμῇ μηδαμῶς ἔτι αὐτὴν (sc. τὴν κακίαν)ἐπιτραπῆναι δύνασθαι ἢ μή, οὐ τοῦ παρόντος ἐστὶ λόγου διδάξαι. Le ma-nuscrit A donne γίνεσθαι pour δύνασθαι du manuscrit M, considéré dépen-dant de A. Il s’agit du péché. Les éditions suivent M, mais on traduit demanières différentes : « de manière qu’il ne puisse revenir »330, « diese (sc.die Sünde) überhaupt nicht mehr in irgendeiner Weise zugelassen werdenkann ».Il faut écrire γίνεσθαι. Le Verbe sait tout guérir, et la fin du traitement estla destruction du mal. Origène poursuit : « mais s’il est détruit pour ne jamaisavoir la permission de venir à l’existence (γίνεσθαι), cela n’est pas notreproblème ». Les formes passives de ἐπιτρέπω veulent dire « être permis de »et peuvent être construites avec un accusatif suivi d’un infinitif, comme II,50, l. 15 Ἐκτιθέμενος δὲ καὶ τὴν αἰτίαν τοῦ ἐπιτρέπεσθαι τὸν ἄνομονἐπιδημεῖν τῷ βίῳ. Chadwell a lu γίνεσθαι et traduit correctement : « be al-lowed any further existence ». De la prièreLe point de départ est l’édition de GCS. Il n’y a qu’un manuscrit qui donnele texte entier, le Codex Cantabrigensis Coll. S. Trinitatis B. 8. 10. 6, 4, p. 313, l. 16 εἰ τοίνυν τὸ ἑκάστου ἐφ’ ἡμῖν αὐτῷ ἔγνωσται, καὶ διὰ τοῦτοπροεωραμένον αὐτῷ διατάττεσθαι ἀπὸ τῆς προνοίας τὸ κατ’ ἀξίαν παντί τῳεὔλογον καὶ τὸ τί εὔξηται <καὶ> ποίαν διάθεσιν ἔχων ὁ δεῖνα οὕτως πι-στεύων καὶ τί βουλόμενος αὐτῷ γενέσθαι προκατειλῆφθαι· οὗ προκαταλη-φθέντος, καὶ τοιοῦτόν τι ἀκολούθως ἐν τῇ διατάξει τετάξεται, ὅτι τοῦδε μὲνἐπακούσομαι συνετῶς εὐξομένου δι’ αὐτὴν τὴν εὐχὴν, ἣν εὔξεται, τοῦδε δὲοὐκ ἐπακούσομαι ἤτοι διὰ τὸ ἀνάξιον αὐτὸν ἔσεσθαι τοῦ ἐπακουσθήσεσθαιἢ διὰ τὸ ταῦτα αὐτὸν εὔξασθαι, ἃ μήτε τῷ εὐχομένῳ λυσιτελεῖ λαβεῖν μήτε 330 Si l’on veut traduire par « revenir », il faudrait lire avec une ancienne conjectureἐπιστραφῆναι. ἐμοὶ πρέπον παρασχεῖν· καὶ κατὰ τήνδε μὲν τὴν εὐχὴν, φέρε εἰπεῖν, τοῦδεῖνος οὐκ ἐπακούσομαι αὐτοῦ κατὰ τήνδε δὲ ἐπακούσομαι. Il ne faut pasaccepter l’addition de καὶ après εὔξηται, car on peut bien trouver une « double » question comme τίς τί ποιήσει ; Pour διατάττεσθαι et προ -κατειλῆφθαι le manuscrit porte διατάττεται et προκατείληπται331. On a probablement introduit les infinitifs parce qu’on a pensé que la pro-position principale après εἰ soit καὶ διὰ τοῦτο προεωραμένον (ἐστὶν), d’oùδιατάττεσθαι et προκατειλῆφθαι dépendraient. En fait, nous avons trois pro-positions conditionelles ; εἰ ... ἔγνωσται, (εἰ) ... διατάττεται, (εἰ) ... προκα-τείληπται. Précédée par οὗ προκαταληφθέντος qui concentre les conditionsprésentées, la proposition principale suit : καὶ τοιοῦτόν τι etc., coordonnéeavec καὶ κατὰ τήνδε etc. P. 314, l. 10 καὶ πάλιν τάδε etc. poursuit cette pro-position après la longue digression (l. 4-10) ἐὰν ... συμφέροντα. Observezκαὶ trois fois, toujours suivi de futur. 10, 2, p. 320, l. 16 ἔτι δὲ διά τε τῆς προειρημένης καθαρεύσεως καὶ τῆς εὐχῆςτοῦ μέσον καὶ τῶν μὴ γινωσκόντων αὐτὸν ἑστηκότος λόγου θεοῦ, οὐδενὸςἀπολειπομένου τῆς εὐχῆς, μεθέξει, συνευχομένου πρὸς τὸν πατέρα τῷ ὑπ’αὐτοῦ μεσιτευομένῳ. Cela ne semble pas intelligible. Il faut considérer Jean1, 26 μέσος ὑμῶν ἕστηκεν ὃν ὑμεῖς οὐκ οἴδατε et lire : τοῦ μέσου [καὶ] τῶνμὴ γινωσκόντων αὐτὸν ἑστηκότος λόγου θεοῦ. Ensuite, nous devons lire τοῦὑπ’ αὐτοῦ μεσιτευομένου ; avec l’homme purifié, le Verbe prie, établi parlui (le Père) comme médiateur. Le datif a été introduit après συν- dansσυνευχομένου. 11, 4, p. 323, l. 26 δῆλον δὴ ὅτι καὶ οὗτος τὰ τῆς εὐχῆς ἐκπληρώσει τῷπένητι, ὑπηρέτης γινόμενος τῆς πατρικῆς βουλῆς <τοῦ> συναγαγόντος κατὰτὸν καιρὸν τῆς εὐχῆς τὸν παρασχεῖν δυνάμενον ἐπὶ τὸ αὐτὸ τῷ εὐξομένῳ.L’addition de τοῦ n’est pas nécessaire, συναγαγόντος se référant à l’adjectifπατρικῆς. Aux exemples que Wifstrand332 a donnés de cette construction onpeut ajouter :Contre Celse VIII, 9, l. 10 πόθεν, ὦ οὗτος, ἀποδεικνύναι ἔχεις, ὅτι ἀπὸθεοῦ τούτοις (sc. aux dieux, aux démons, aux héros) δέδοται τὸτιμᾶσθαι καὶ οὐχὶ ἀπὸ ἀγνοίας καὶ ἀμαθίας ἀνθρωπίνης πλανωμένωνκαὶ ἀποπιπτόντων (sc. τῶν ἀνθρώπων) τοῦ κυρίως τιμωμένου;Clément d’Alexandrie, Protreptique 1, 7, 4 βαρβαρικῶς τιμωρούμενον(sc. τὸ θηρίον, c’est-à-dire le serpent, le diable), οἳ (sc. οἱ βάρβαροι) 193 331 Une notice dans la marge peut être interprétée comme une correction qui propose προ -κατειλῆφθαι.332 Voir Wifstrand I, p. 29 [21] sous VII (doit être VIII) S. 227, 12 (= VIII, 9, l. 10). 194 νεκροῖς τοὺς αἰχμαλώτους συνδεῖν λέγονται σώμασιν.Clément d’Alexandrie, Stromates II, 7, 4 οὐ γάρ ποτε ἐγκιρνάναιπροσήκει φθονεροῖς καὶ τεταραγμένοις ἀπίστοις τε ἔτι ἤθεσιν, εἰςὑλακὴν ζητήσεως ἀναιδέσι, τοῦ θείου καὶ καθαροῦ νάματος, oùἀναιδέσι ne se réfère pas directement à ἤθεσιν, mais à des hommes,peu avant comparés à des chiens (κυσὶν). 14, 6, p. 333, l. 11 δέησιν μὲν οὖν καὶ ἔντευξιν καὶ εὐχαριστίαν οὐκ ἄτοπονκαὶ ἀνθρώποις <ἁγίοις> προσενεγκεῖν· ἀλλὰ τὰ μὲν δύο (λέγω δὴ ἔντευξινκαὶ εὐχαριστίαν) οὐ μόνον ἁγίοις ἀλλὰ δὴ καὶ <ἄλλοις> ἀνθρώποις, τὴν δὲδέησιν μόνον ἁγίοις, εἴ τις εὑρεθείη Παῦλος ἢ Πέτρος, ἵνα ὠφελήσωσινἡμᾶς, ἀξίους ποιοῦντες τοῦ τυχεῖν τῆς δεδομένης αὐτοῖς ἐξουσίας πρὸς τὸἁμαρτήματα ἀφιέναι· εἰ μὴ ἄρα, κἂν μὴ ἅγιός τις ᾖ, ἀδικήσωμεν δὲ αὐτόν,δέδοται συναισθηθέντας τῆς εἰς αὐτὸν ἁμαρτίας τὸ δεηθῆναι καὶ τοῦτοιούτου, ἵν’ ἡμῖν ἠδικηκόσι συγγνώμην ἀπονείμῃ. εἰ δὲ ἀνθρώποις ἁγίοιςταῦτα προσενεκτέον, πόσῳ πλέον τῷ Χριστῷ εὐχαριστητέον etc.Je pense que l’addition ἁγίοις n’est pas nécessaire. À un homme on peutadresser les trois types de prière, mais une δέησις seulement pour le cas oùon l’a mal traité ; alors on peut lui demander (δεηθῆναι) pardon. Ensuite,vers la fin de la citation, ἀνθρώποις ἁγίοις a inspiré l’addition erronée deἁγίοις, mais concernant ces ἀνθρώποις ἁγίοις, il s’agit de la grande distanceentre hommes saints et le Christ. 17, 2, p. 339, l. 18 πῶς οὐ καταφρονήσει (sc. ὁ νοῦς) ὡς οὐδενὸς λόγου ἀξίαςπάσης τῆς ἐπὶ γῆς βασιλείας; Cf. Matth. 4, 8 et Luc 4, 5 et lisez πάσας. 19, 3, p. 342, l. 28. Origène parle du chemin large et spacieux : οὐδὲν ὀρθὸνκαὶ εὐθὲς ἔχουσαν ἀλλὰ πᾶσαν σκολιὰν τυγχάνουσαν καὶ γεγωνιωμένην(κέκλασται γὰρ ἐπὶ πλεῖστον ἡ εὐθεῖα). Il faut lire εὐρεῖα pour εὐθεῖα. Ilvient de dire que le chemin large a beaucoup de tournants ; on peut doncdire de ce chemin κέκλασται. Il dira sous peu333 que le chemin resserré n’apas de courbe. Jésus lui-même ne parle pas de courbe à propos de l’un oul’autre chemin, mais seulement de leur largeur.334 19, 3, p. 343, l. 3 ἐν αἷς (sc. πλατείαις) οἱ « ὡς ἄνθρωποι » ἀποθνῄσκοντεςδιὰ τὸ τῆς θεότητος ἀποπεπτωκέναι τυγχάνουσι δοξάζοντες καὶ μακαρίζον-τες τοὺς ἐν ταῖς πλατείαις ἀσεβεῖν αὐτοῖς νενομισμένους. L’éditeur a rejeté 333 P. 343, l. 11.334 Matth. 7, 13-14. l’ancienne conjecture εὐσεβεῖν pour la faute flagrante ἀσεβεῖν. Voir pour laconfusion entre ἀ et εὐ Stromates VII, 84, 6-7. 20, 1, p. 343, l. 15. Origène parle de ceux qui n’ont pas accès à la synagogueet à l’Église : εἰς ἣν (sc. ἐκκλησίαν) οὔτε ὁ ἐκ πόρνης εἰσέρχεται … ἀλλ’οὐδὲ Αἰγύπτιος ἢ Ἰδουμαῖος, ἐὰν μὴ υἱῶν γεννηθέντων αὐτοῖς διὰ τὴν τρίτηνγενεὰν μόλις δυνηθῶσιν ἐφαρμόσαι τῇ ἐκκλησίᾳ, οὐδὲ ὁ Μωαβίτης καὶἈμμανίτης, ἐὰν μὴ δεκάτη γενεὰ πληρωθῇ καὶ ὁ αἰὼν τελεσθῇ. Au lieu deἐὰν μὴ υἱῶν γεννηθέντων αὐτοῖς, le manuscrit porte ἐὰν δὲ υἱῶν γεννηθέν-των αὐτοῖς, ce qu’il faut laisser. Après ἐὰν δὲ υἱῶν γεννηθέντων αὐτοῖς ...μόλις δυνηθῶσιν ἐφαρμόσαι τῇ ἐκκλησίᾳ, il faut sous-entendre εἰσέρχονται,selon εἰσέρχεται plus haut. Le passage se réfère à Deut. 23, 7 υἱοὶ ἐὰνγενηθῶσιν αὐτοις (sc. τοῖς Αἰγυπτίοις), γενεὰ τρίτη εἰσελεύσονται εἰςἐκκλησίαν θεοῦ. 27, 13, p. 372, l. 22. Après avoir cité Ps. 89, 4 χίλια ἔτη ἐν ὀφθαλμοῖς σουὡσεὶ ἡμέρα ἡ ἐχθὲς, ἥτις διῆλθεν, Origène poursuit : (ἥτις ποτέ ἐστιν ἡδιαβόητος χιλιονταετηρίς, <ἣ> ὁμοιοῦται τῇ ἐχθὲς ἡμέρᾳ, διαφερούσῃ τῆςσήμερον), παρὰ δὲ τῷ ἀποστόλῳ γέγραπται etc. L’addition de ἣ est bien sûrerronée, car le sens est : le règne millénaire, quel qu’il soit (ἥτις ποτέ ἐστιν),est la même chose que le jour d’hier. 27, 14, p. 373, l. 19 ἔστι δέ τις ... ὁ καλούμενος Ἰωβηλαῖος, ὅντινα κἂν ἐπὶποσὸν φαντασθῆναι εἶναί τι τρανῶς ἢ τοὺς ἐν αὐτῷ νόμους πληρωθησομέ-νους ἀληθινοὺς οὐδενός ἐστι <πλὴν> τοῦ τὴν πατρικὴν βουλὴν περὶ τῆς ἐνἅπασι τοῖς αἰῶσι διατάξεως ... τεθεωρηκότος. Il faut ajouter quelque chose,et πλὴν est une conjecture parmi d’autres. Je propose <ἢ>, petit mot quitombe facilement. Après οὐδενός, on doit sous-entendre ἄλλου, constructionfréquente335. On a voulu rejeter εἶναί τι ; je crois qu’il faut lire εἶναι τί. Cf.la remarque sur Comm. Matth. XVI, 19, p. 540, l. 33. 27, 17, p. 375, l. 10. Tout cet alinéa est assez décousu. On ne comprend pasquel serait ce τελευταῖον βιβλίον où le mot ἡμῶν serait expliqué, ni pourquoice mot serait un problème ; le texte parle d’une différence concernant ἡμῶνentre les deux textes, celui de Matthieu et celui de Luc, mais les versionsdonnent le même texte, avec ἡμῶν. La seule différence, qui n’est pas expli-quée, est δὸς dans la version de Matthieu et δίδου dans celle de Luc. Ensuite, 195 335 Voir la remarque sur Comm. Matth. XVI, 22, p. 551, l. 23. 196 le texte reprend ἡμῶν, qu’on vient d’avoir voulu rejeter à une autre discus-sion, et donne une explication, mais à laquelle ce qui suit ne se rattache pasbien ; il faut ajouter quelque chose comme περὶ οὗ de l’édition pour avoirun lien avec ce qui suit. 28, 2, p. 376, l. 17 ὀφείλομεν δὲ καὶ τῇ ψυχῇ τήνδε τὴν ἐπιμέλειαν προσάγεινκαὶ τοῦ νοῦ τῆς ὀξύτητος πρόνοιαν ποιεῖσθαι τοῦ τε λόγου, ἵν’ ἄκεντρος καὶὠφέλιμος ᾖ καὶ μηδαμῶς ἀργός. Le mot ἄκεντρος ne se trouve ailleursqu’une fois, en Traité des principes IV, III, 7, l. 3 τούτων αὐτάρκων ὄντωντοῖς μὴ ἀκέντροις, passage présent aussi en Philocalie336. Il est donc clairqu’il faut lire <μὴ> ἄκεντρος, « non sans acuité ». On pourrait penser àεὔκεντρος, la confusion ἀ/εὐ étant plus fréquente qu’on ne croit337, mais cemot est très peu attesté. 28, 4, p. 377, l. 17 χωρὶς δὲ τούτων καθολικωτέρων ὄντων ἔστι τις χήραςπρονοουμένης ὑπὸ τῆς ἐκκλησίας ὀφειλὴ καὶ ἑτέρα διακόνου etc. Ne faut-il pas lire προνοουμένη ? Le devoir de la veuve est prévu comme celui d’undiacre etc. 28, 4, p. 377, l. 24 παρὸν τὰ ἑαυτῶν ἀναλέγεσθαι ἐκ τῶν εἰρημένων τοὺςἐντυγχάνοντας τῇδε τῇ γραφῇ. Le manuscrit présente παρόντα ἑαυτῷἀναλέγεσθαι ἐκ τῶν εἰρημένων τοῦ ἐντυγχάνοντος τῇδε τῇ γραφῇ. Les dé -sinences sont évidemment en désordre, et on peut corriger le texte de diffé-rentes manières. Un texte possible serait de retenir ἑαυτῷ dans le sens de« seul », « de sa propre main » en écrivant παρὸν ἑαυτῷ ἀναλέγεσθαι ἐκ τῶνεἰρημένων τὸν ἐντυγχάνοντα τῇδε τῇ γραφῇ. Cf. d’autres exemples deἑαυτῷ338 et ajoutez 13, 2, p. 326, l. 13 παρὸν ἑκάστῳ ἑαυτῷ ἀπὸ τῶν γραφῶνἀναλέξασθαι πλείονα, mais là non plus, le texte n’est pas bien transmis, lemanuscrit donnant les trois premiers mot abrégés et sans désinences ; unpassage pareil est 33, 2, p. 402, l. 10 ἔνεστι δέ τινα ἑαυτῷ πλείονα ἀναλεγό-μενον ὁρᾶν, ὡς ὁ τόπος τῆς δοξολογίας πολλαχοῦ διέσπαρται. 33, 1, p. 401, l. 14 κατὰ δύναμιν δοξολογίας ἐν τῇ ἀρχῇ καὶ τῷ προοιμίῳτῆς εὐχῆς λεκτέον τοῦ θεοῦ διὰ Χριστοῦ συνδοξολογουμένου ἐν τῷ ἁγίῳπνεύματι συνυμνουμένῳ. Une conjecture ancienne est <καὶ> ἐν τῷ ἁγίῳπνεύματι συνυμνουμένου. 336 Philocalie I, 23, Robinson p. 29, l. 25. 337 Voir la remarque sur 19, 3, p. 343, l. 3.338 Voir la remarque sur Contre Celse V, 13, l. 1. Je pense qu’on peu faire sans <καὶ>, mais que συνυμνουμένου est labonne leçon. Dieu et le Christ sont loués et chantés ensemble, et l’hommele fait à l’aide du Saint Esprit. Cf. l. 25 ἐπὶ πᾶσι τὴν εὐχὴν εἰς δοξολογίανθεοῦ διὰ Χριστοῦ ἐν ἁγίῳ πνεύματι καταπαυστέον, et 33, 6, p. 402, l. 32ἀπὸ δοξολογίας εἰς δοξολογίαν καταλήγοντα καταπαύειν τὴν εὐχήν,ὑμνοῦντα καὶ δοξάζοντα τὸν τῶν ὅλων πατέρα « διὰ Ἰησοῦ Χριστοῦ » ἐνἁγίῳ πνεύματι, « ᾧ ἡ δόξα εἰς τοὺς αἰῶνας ». Voir aussi, dans un autrecontexte, 18, 1, p. 340, l. 3 Αὐτάρκως δὴ ἐν τούτοις, κατὰ τὴν δεδομένηνχάριν, ὡς κεχωρήκαμεν, ὑπὸ θεοῦ διὰ τοῦ Χριστοῦ αὐτοῦ (ἀλλ’ εἴθε καὶ ἐνἁγίῳ πνεύματι ...) ἡμῖν εἰρημένοις. La divinité travaille par le Saint Esprit,comme Comm. Jean I, § 89 Ἤδη δὲ θεὸν αἰτώμεθα συνεργῆσαι διὰ Χριστοῦἡμῖν ἐν ἁγίῳ πνεύματι πρὸς ἀνάπτυξιν τοῦ ἐν ταῖς λέξεσιν ἐναποτεθησαυ-ρισμένου μυστικοῦ νοῦ. Du martyreLe point de départ est le texte établi dans le GCS. La base de la tradition estdeux manuscrits apparentés du XIVe s., tandis qu’un troisième n’est qu’unecopie de l’un des deux. XIV, p. 14, l. 20 ὀλίγων, ὁποῖα καταλείψομεν, ἐὰν ἐπὶ μαρτύριον κληθῶμεν,ἑκατονταπλασιαζομένων. Origène discute Matth. 19, 29 et Marc 10, 30. Ils’agit de ce qu’on recevra πολλαπλασίονα ou ἑκατονταπλασίονα, donc unmultiple. Cf. aussi peu avant, l. 17 : ὁπόσα ἔχεις, et constatons que ὀλίγωνdénote plutôt le nombre que la qualité. Je crois donc qu’il faut lire ὁπόσα.La confusion entre les mots est fréquente. XXXVI, p. 33, l. 17 ἵνα αὐτός σοι339 (sc. Ambroise) συμπορευθεὶς αὐτός σοικαὶ δῷ στόμα καὶ σοφίαν καὶ σοὶ τῷ συναγωνιστῇ αὐτοῦ, Πρωτόκτητε, καὶσυμμαρτυροῦσιν ὑμῖν ..., <καὶ> σὺν ὑμῖν γένηται ἐπὶ τὸν παράδεισον. Il y al’ancienne conjecture συμμαρτυρῶν qu’il faut accepter. Ainsi on se débar-rasse de <καὶ>, ajouté par l’éditeur de CSG. Tout le contexte est que Jésusaccompagne les martyrs, ἀκολουθῶν (l. 16), συμπορευθεὶς, συμμαρτυρῶν. 197 339 Origène s’adresse à ses amis, à Ambroise (σοι), comme peu après à Protoctète. 198 Homélies sur JérémieLe point de départ est le texte établi dans les Sources Chétiennes (SCh).Cette édition est basée sur l’édition par Klostermann dans CGS, mais s’ens’écarte souvent. Il n’y a que deux manuscrits grecs, dont l’un, le Vaticanusgr. 623 (XVIe s.), est une copie du Scorialensis Ω, III, 19 (XIe-XIIe s.), appeléS. Les éditions sont basées sur S, la version de Jérôme et la chaîne grecquesur les prophètes, représentée principalement par deux manuscrits, le Chi-sianus R. VIII. 54 (Xe s.) et le Vaticanus Ottobonianus gr. 452 (IXe s.). I, 6, l. 5. Origène sait que certains veulent rapporter les paroles de Dieu (Jér.1, 5) : « avant de te former dans le ventre maternel je te connais » etc. auSauveur, comme dépassant Jérémie. Origène concède que la plupart desphrases (τὰ μὲν πολλὰ) peuvent être appliquées au Sauveur, mais poursuit :ὀλίγα δέ τινα τῶν εἰρημένων πρὸς τὸν Ἱερεμίαν θλίβει τὸν λόγον, οὐδυνάμενα ὡς πρὸς τοὺς πολλοὺς ἐφαρμόσαι τῷ σωτῆρι. La traduction dit :« aux yeux du grand nombre », évidemment du grand nombre d’hommes oude lecteurs. En fait, il faut comprendre comme ὡς πρὸς τοὺς πολλοὺς, à sa-voir λόγους ; cf. λόγον peu avant, et le sens doit être : « quand on pense auxautres passages », à savoir : qui sont nombreux. La comparaison est entreles passages peu nombreux qui contredisent l’interprétation appliquée auSauveur et le grand nombre qui la confirment. IV, 6, l. 1 « Καὶ οὐκ ἐφοβήθη ἡ ἀσύνθετος Ἰούδα, καὶ ἐπορεύθη καὶἐπόρνευσεν καὶ αὐτή ».340 Le manuscrit S porte ἑαυτῆ ; καὶ αὐτή est uneconjecture faite d’après la Septante et Jérôme (καὶ αὐτή, et ipsa). Il faut gar-der ἑαυτῇ ; le datif est bien connu dans le sens de « de lui-même », voir laremarque sur Contre Celse, V, 13, l. 1.En V, 8, l. 32 ἡ ἀτιμία ὅταν ἀτιμάζω τὸν υἱόν, αὐτὴ καθ’ ἣν ἀτιμάζω τὸνπατέρα ἢ τὸν υἱόν, ἐπικάλυμμα γίνεται τοῦ προσώπου μου, il faut peut-êtrelire αὐτῆ du manuscrit S comme αὑτῇ, pas comme αὐτὴ. V, 4, l. 16 Ἦν <τις> Ἰσραὴλ σωζόμενος. L’éditeur a ajouté τις d’après l. 27οὐ τὶς Ἰσραὴλ σωθήσεται μετὰ πάντα τὰ ἔθνη, ἀλλὰ μετὰ « τὸ πλήρωμα τῶνἐθνῶν »341.L’addition n’est pas correcte. Origène vient de dire : φέρε τὰ κατὰ τοὺςτόπους τούτους ἀναπτύξωμεν. Il part de Ἦν Ἰσραὴλ σωζόμενος et le dis-cute : l’Apôtre, cité peu avant et peu après, dit aussi bien πᾶς Ἰσραὴλ 340 Jér. 3, 8.341 Rom. 11, 25. σωθήσεται342 que λεῖμμα κατ’ ἐκλογὴν χάριτος γέγονεν343. La solution estque ceux qui restent, ce λεῖμμα, seront sauvés ; c’est l’Israël sauvé. Cf. dansle suivant, l. 22 : Οὐκοῦν Ἰσραὴλ κἂν λεῖμμα σῳζόμενον καταλειφθέντοςτοῦ Ἰσραήλ. V, 8, l. 32 : voir la remarque sur IV, 6, l. 1. V, 16, l. 21 οἱ ἐν τῇ προκοπῇ σπεύσατε ἐπὶ τὸ Σκοπευτήριον, « ὅτι κακὰ ἐγὼἐπάγω ἀπὸ βορρᾶ καὶ συντριβὴν μεγάλην »344. Τῶν κακῶν ἐπαγομένων «ἀπὸ βορρᾶ », βορρᾶ τοῦ ἀντικειμένου, ὡς πολλάκις λέλεκται, ὃς ἐὰν εὑρεθῇ..., ἀναιρεθήσεται. Tel est le texte de l’édition de SCh, mais GCS donne laleçon du manuscrit fondamental S : τῶν ἐπαγομένων κακῶν. Je serais d’avisde lire et de ponctuer : … « ὅτι κακὰ ἐγὼ ἐπάγω ἀπὸ βορρᾶ καὶ συντριβὴνμεγάλην », τῶν κακῶν ἐπαγομένων345 « ἀπὸ βορρᾶ »· βορρᾶ τοῦ ἀντικειμέ-νου, ὡς πολλάκις λέλεκται, ὃς etc. Pour la manière d’expliquer βορρᾶ, cf.V, 17, l. 7 ἀναβὰς « ἐκ τῆς μάνδρας αὐτοῦ »346, τόπου τοῦ οἰκείου τῇ κολάσειἑαυτοῦ. Cf. aussi V, 11, 1 « Ἐὰν ἐπιστραφῇ Ἰσραὴλ πρός με, λέγει κύριος,καὶ ἐπιστραφήσεται »347, τουτέστιν <ἐὰν> τελείως ἐπιστρέψῃ, καὶ ἐπιστρα-φήσεται ἐπιστροφῇ. À mon avis, il faut rejeter ἐὰν de l’édition et la virguleaprès ἐπιστρέψῃ. Après τουτέστιν suit directement l’explication deἐπιστραφῇ et ἐπιστραφήσεται. X, 6, l. 28 οὕτως δὴ ἐρῶ καὶ γῆν λέγεσθαι τὸν ἐπὶ γῆς τεταγμένον ἄγγελον.Le manuscrit S donne δ’ pour δὴ de l’édition. οὕτως δ’ reprend ὥσπερ. Unetelle construction n’est pas strictement grammaticale, mais on la trouve assezsouvent, bien des fois chez Clément d’Alexandrie. Un exemple d’Origène :Contre Celse IV, 40, l. 8 Ὡς γὰρ περὶ τούτου ... ἀπολογοῦνται οὐ δι’ ὀλίγωνοὐδὲ διὰ εὐκαταφρονήτων, οὕτω δὲ καὶ περὶ τοῦ Ἀδὰμ ... φιλοσοφήσουσινetc. Voir aussi les remarques sur Contre Celse I, 1, l. 19 et sur Clément, Stro-mates III, 82, 4. X, 8, l. 16 « Μὴ σπήλαιον ὑαίνης ἡ κληρονομασία μου ἐμοί; Ἢ σπήλαιονἐπ’ αὐτὴν κύκλῳ αὐτῆς; βαδίζετε »· Le passage est pris à Jér. 12, 9, où après 199 342 Rom. 11, 26.343 Rom. 11, 5.344 Jér. 4, 6.345 On a du mal à retenir la leçon du manuscrit S: τῶν ἐπαγομένων κακῶν.346 Jér. 4, 7.347 Jér. 4, 1. 200 βαδίζετε nous lisons συναγάγετε πάντα τὰ θηρία τοῦ ἀγροῦ ; on a fait laconjecture ἢ d’après la Septante et Jérôme (aut) pour ὡς du manuscrit S. ἐπ’αὐτὴν, qui fait défaut dans la tradition dominante de la Septante, se lit dansquelque manuscrit grec et dans le texte massorétique ; chez Théodoret, onle trouve après συναγάγετε. Il faut plutôt retenir ὡς et lire ὡς σπήλαιον ἐπ’αὐτὴν κύκλῳ αὐτῆς βαδίζετε. Le Seigneur s’adresse aux anges qui doiventattaquer cet héritage comme une caverne d’hyènes, de tous les côtés. Le autde Jérôme peut être pris à la Septante, mais ὡς donne un contexte acceptable.Le texte de la Septante n’est pas très clair, et ἐπ’ αὐτὴν va bien avec βαδίζετε,mais reste hors du contexte avec la ponctuation de l’édition. XI, 5, l. 29 Τὰ δὲ ἀνωτέρω τῆς ὀσφύος ὑπερβεβηκότα τὴν γένεσιν, ταῦτάἐστιν ὕλη ὡς <ἤλεκτρον> ἐν κόσμῳ καθαριωτάτη καὶ τιμιοτάτη· λέγεταιγὰρ τὸ ἤλεκτρον χρυσοῦ εἶναι τιμαλφέστερον. ἤλεκτρον est une conjecture,assurément pas nécessaire, comme le mot se trouve dans la citation précé-dente d’Ézéchiel et on sait qu’il s’agit de cette matière, à savoir le vermeil. XII, 5, l. 44 σκοπεῖ οὖν τί συμφέρει ὅλῳ τῷ κόσμῳ καὶ πᾶσι τοῖς οὖσι, κατὰτὸ δυνατὸν σκοπεῖ καὶ τὸ συμφέρον τῷ ἑνί. Le manuscrit S présente σκόπειdeux fois, l’édition donne σκοπεῖ d’après Jérôme (providet). On a doncchoisi la lectio facilior après le précédent διοικεῖ, dont le sujet est, bien sûr,Dieu. Mais dans le contexte, Origène s’adresse plusieurs fois au lecteur, voir5, l. 35 Ἴδε ; 6, l. 1 Εἰ δὲ θέλεις ; 6, l. 3 ἄκουε. Je crois donc que σκόπει estla meilleure leçon. κατὰ τὸ δυνατὸν σκόπει va mieux avec un juge humainqu’avec Dieu, même si, pour sauver le bien commun, il peut être impossiblemême à Dieu de sauver la vie à un coupable ou d’avoir pitié de lui ; voirpour cette idée 5, l. 21 et notamment XIII, 1, l. 21 ὥστε τὸν ἀγαθὸν θεὸνἀναγκασθῆναι, ἵν’ οὕτως εἴπω, τὴν348 ψῆφον ἀγαγεῖν κατὰ τοῦ ἡμαρτηκότος. XII, 8, l. 26 ταῦτα πάντα ὕλη ἦν τοῦ ἐπαίρεσθαι αὐτόν. L’éditeur écrit ὕληἦν d’après Jérôme, mais il faut garder la leçon ὕλην du manuscrit S.Quelques lignes avant, 8, l. 22, Origène commence son discours sur Paul :Παῦλος εἶχε τὴν ὕλην τοῦ ἐπαίρεσθαι αὐτὸν διὰ τὰς « ὀπτασίας »349, διὰ τὰ« ὁράματα »350 etc. Suit une longue énumération de toutes les causes qui au-raient pu être pour Paul motifs de s’enorgueillir. Ensuite, Origène revient au 348 La leçon εἴπω, τὴν n’est pas sûre (le manuscrit: εἰ τοιαύτην) mais elle doit bien donnerle sens.349 2 Cor. 12, 1.350 Act. 16, 9-10. début ; il reprend τὴν ὕλην par ταῦτα πάντα ὕλην (sc. εἶχε) τοῦ ἐπαίρεσθαιαὐτόν. Jérôme351 ne rattache pas ὕλην à ce qui précède, mais traduit libre-ment par Haec omnia materiae erant gloriationum. Sa version ne doit doncpas influencer le texte grec. XII, 10, l. 19 ἐκεῖνο τὸ « μικρὸν ὅσον »352 μικρόν ἐστι θεῷ, οὐκ ἔστι μικρὸνἀνθρώπῳ. Le manuscrit S porte θεοῦ. Probablement, il faut le retenir. Ori-gène se sert d’une telle locution plusieurs fois dans le contexte ; il le faitpour souligner ce qui est typique de Dieu, de l’homme et de l’enfant. Cf. l.25 : τὸ μικρὸν τοῦ ἀνθρώπου ἄλλῳ ζώῳ μέγα ἐστί, l. 29 τὸ μικρὸν τοῦ θεοῦπολύ ἐστιν ὡς πρὸς ἡμᾶς, l. 30 : τὸ μικρὸν τοῦ θεοῦ.Voir aussi l. 26 : Τὸ μικρόν, φέρ’ εἰπεῖν, ἀνδρὶ πολύ ἐστι παιδίῳ, où lemanuscrit S donne παιδίου. Pour l’homme comparé à l’enfant, je proposede lire plutôt ἀνδρòς ... παιδίῳ ; ce qui est petit chez le supérieur (Dieu com-paré à l’homme, l’homme comparé à l’animal et à l’enfant) est beaucouppour l’inférieur (l’homme comparé à Dieu, l’animal et l’enfant comparés àl’homme). En l. 36 : ᾧ μικρόν ἐστι τὸ τούτῳ πολύ, pour ᾧ le manuscritdonne ὃ ; je me demande s’il ne faut pas lire οὗ, renvoyant à Dieu, tandisque τούτῳ vise l’homme. XIV, 2, l. 7 ἀεὶ ἐν δίκαις ἦν ὁ προφήτης ὑπὸ τῶν ὅσον ἐπὶ τῇ προφητείᾳαὐτοῦ θεραπευθέντων. Le manuscrit S porte ἐπὶ τῶν qui est à garder, pourὑπὸ τῶν. Cf. peu avant κατηγόρουν ἐπὶ δικαστῶν et 7, l. 15 Χριστός ἐστινὁ δικαζόμενος, οὐ μόνον ἐπὶ τούτων τῶν δικαστηρίων. ἐπί avec le génitifdénote comme souvent « sous le pouvoir de ». XIV, 12, l. 15 Ἢ λέγει τῷ λαῷ ἐκείνῳ, ὅτι μέλλω διὰ τὰ ἁμαρτήματά σουτοὺς θησαυρούς σου διδόναι εἰς προνομήν; Ποῖοι θησαυροὶ ἐκείνου τοῦλαοῦ ἐδόθησαν εἰς προνομήν; Par ἢ commence une proposition qui dit lamême chose que la précédente, l. 9 Τίνας « θησαυροὺς » etc. Après cetteproposition, Origène se demande si le prophète parle des trésors amasséssur terre. Ensuite, pourquoi introduire par Ἢ une alternative qui n’est pasune alternative ? Je crois qu’il faut lire εἰ et rattacher Ποῖοι etc. directementà ce qui précède : s’il dit à ce peuple-là : je veux livrer tes trésors au pillage,quels sont ces trésors ? Il vient de prendre le mot « trésor » dans le sens ha-bituel, c’est-à-dire trésor sur terre, trésor au ciel, mais maintenant il introduit 201 351 Translatio homiliarum Origenis in Jeremiam et Ezechielem, Hom. 9, PL 25, col. 655 b,cité selon PLD.352 Is. 26, 20. 202 une alternative : s’il parle des trésors, ces trésors sont les grands prophètes,Jérémie, Isaïe, Moïse, présentés immédiatement : Ἴδε εἷς τῶν θησαυρῶνἹερεμίας, ἄλλος θησαυρὸς Ἡσαΐας, θησαυρὸς ἦν καὶ Μωσῆς.Quand il y a une comparaison entre l’Église et ceux qui s’opposent à elle,les formes de οὗτος se référent à ce qui est bon, les formes de ἐκεῖνος à cequi est mauvais. Cf. XIV, 12, l. 19 Tούτους τοὺς θησαυροὺς (sc. le grandsprophètes) ἔλαβεν ὁ θεὸς ἀπ’ ἐκείνου τοῦ λαοῦ ... καὶ ἔδωκεν ἡμῖν ; XIV,14, l. 42 ὅτε συναγωγαὶ πολλαὶ Ἰουδαίων, καὶ οὗτοι (sc. les prophètes) ἦσαν« ἐπ’ ἐρημίαις πλανώμενοι κτλ »353 ; ibid. 14, l. 51, où ἐκεῖνος désigne lemauvais personnage condamné. Ἐκεῖνος ὁ λαός indique souvent les juifs,l’opposé est souvent ἡμεῖς.354 Observez que Is. 6, 9 est cité par Origène, XIV,12, l. 38, comme εἶπον τῷ λαῷ ἐκείνῳ, tandis que la Septante donne τούτῳavec une variante αὐτοῖς/αὐτῷ qui a peu d’appui. XIV, 14, l. 52 Ἀλλ’ ἡμεῖς τοῦτο μὴ ποιῶμεν, μὴ παρέχωμεν τὰς ἀκοὰς τοῖςδιὰ τὸ ἐκβεβλῆσθαι λέγουσι κακῶς τὸν ἐκβαλόντα. On a conjecturé μὴ pourμόνον du manuscrit S. Il faut garder μόνον. Le contexte immédiat est quequelqu’un a bien et correctement agit en excluant de l’Église un membre in-digne. Le contexte, envisagé dans son ensemble, est qu’il faut parfois mon-trer une certaine dureté. Le sens est donc : il ne faut faire que cela, à savoirexclure l’indigne ; qu’on ne prête pas attention à ceux qui parlent mal decelui qui les a exclus. XIV, 14, l. 58 Μόνον εἴη με ὑβριζόμενον εἰδέναι ὅτι οὐ δι’ ἄλλο τι ὑβρίζομαιἢ διὰ Χριστόν ...· εἴη με λοιδορούμενον εἰδέναι ὅτι etc. Pour με ὑβριζόμενονde l’édition, le manuscrit S donne μοι ὑβριζομένῳ. Je crois qu’il est bienpossible que l’auteur change de construction et continue par un accusatifavec l’infinitif. Cf. Basile de Césarée, Contre Eunome I, 9, l. 11-16 (532 a/b)ἡμῖν δὲ ἐξήρκει δείξασιν αὐτὸν οὐκ ἐκ τῆς διδασκαλίας τοῦ Πνεύματος ...λαλοῦντα τὸ τοῦ ψαλμοῦ πρὸς αὐτὸν ἐπιφθέγξασθαι …· καὶ μαθόντας ὅτιοὐκ ἐκ τῶν διδαγμάτων τοῦ Κυρίου ἡμῶν Ἰησοῦ Χριστοῦ ἐστι τὰ λεγόμενατῆς αὐτοῦ φωνῆς ὑπομνησθῆναι ὅτι etc., où la distance entre δείξασιν etμαθόντας est assez grande. Peu avant notre passage, XIV, 14, l. 29 Τὸ γὰρλέγειν· δός μοι μερίδα μετὰ τῶν προφητῶν, μὴ παθόντα τὰ τῶν προφητῶνμηδὲ παθεῖν θέλοντα ἄδικόν ἐστι présente à peu près un parallèle ; παθόνταet θέλοντα se réfèrent étroitement à μοι. On peut considérer ces changements 353 Hébr. 11, 38354 Exemples: XIV, 12, l. 15, 20, 25, 51 ; XIV, 13, l. 2, 20. Très clair XVIII, 5, l. 35 γέγονεπρῶτον ἔθνος ἐκεῖνο ὁ Ἰσραήλ, δεύτερον ἀπὸ τὴς Χριστοὺ ἐπιδημίας τοῦτο τὸ ἔθνος. de construction comme des anacoluthes, mais plutôt comme une liberté sansdoute acceptable. XVI, 6, l. 18. Origène discute Jér. 16, 18 καὶ ἀνταποδώσω πρῶτον διπλᾶςτὰς ἀδικίας αὐτῶν, passage selon lui très difficile. Il constate que le motπρῶτον est nécessaire355 et que les punitions (ensuite : τὰ κακά) précèdentles dons de la justice, ensuite appelés les biens (τὰ ἀγαθά). Voici les leçonsdu manuscrit S, avec une ponctuation sommaire pour indiquer les membresde la proposition : εἰ πρῶτον ἀπεδίδου τὰ ἀγαθά, ἵνα ἀπολάβωμεν τὰ κακά,νῦν δὲ ἀποδίδωσι τὰ κακά, ἔδει λῆξαι τὰ ἀγαθά, ἵνα ἀπολάβωμεν τὰ κακά,ἵνα τέλος λάβῃ διὰ τοῦ ἀφανισμοῦ τῶν κακῶν τὰ τῆς κολάσεως τῶνπαθόντων, ἵνα μετὰ ταῦτα ἀποδῷ τὰ ἀγαθά. Je serais d’avis de déplacer νῦνδὲ ἀποδίδωσι τὰ κακά et d’écrire : εἰ πρῶτον ἀπεδίδου τὰ ἀγαθὰ ἵνα ἀπολά-βωμεν τὰ κακά, ἔδει λῆξαι τὰ ἀγαθά, ἵνα ἀπολάβωμεν τὰ κακὰ· νῦν δὲἀποδίδωσι τὰ κακά, ἵνα τέλος λάβῃ διὰ τοῦ ἀφανισμοῦ τῶν κακῶν τὰ τῆςκολάσεως τῶν παθόντων, ἵνα μετὰ ταῦτα ἀποδῷ τὰ ἀγαθά. Origène expliqueensuite que Dieu parle d’abord des choses tristes et ensuite de ce qui estmeilleur.Il se peut que dans le manuscrit S, on ait fait un saut de τὰ κακά (aprèsἀπολάβωμεν2) à τὰ κακά (après ἀποδίδωσι). On a donc perdu νῦν δὲ ἀποδί-δωσι τὰ κακά ; on l’a introduit de nouveau, mais pas au bon endroit. On afait d’autres conjectures ; la restitution de Nautin dans SCh est ingénieusemais, à mon avis, encore plus compliquée. XVIII, 6. l. 67 ἢ δέδοται κατὰ συμπεριφορὰν παιδίῳ ὁμιλοῦντα μὴ λαλῆσαιδιαλέκτῳ πρεσβυτικῇ μηδὲ ἐντελεῖ, ἀλλὰ παιδικῇ; Le manuscrit S porteὁμολογοῦντα, qu’il faut garder. Contre Celse IV, 71, l. 6 dit de même qu’ilfaut adapter son langage à celui des enfants : ἁρμοζόμενοι (cf. ὁμολογοῦντα)πρὸς τὸ ἀσθενὲς τῶν ὑποκειμένων. XX, 9, l. 105 πασῶν γε νομίζω βασάνων, πάντων τῶν πόνων βαρύτερα τὰἀπὸ τοῦ λόγου, ὅταν ἐτάζῃ καὶ καρδίας καὶ νεφρούς. Le manuscrit S porteἐτάζῃται au lieu de ἐτάζῃ καὶ de l’édition. Il ne faut rien changer ; le sujetde ἐτάζῃται est, de façon sûre, l’homme examiné. 203 355 Voir XVI, 5, l. 17. Là, Origène dit que πρῶτον n’existe pas dans la Septante, mais qu’ill’a trouvé dans des autres éditions, ἐκδόσεσιν. En fait, la tradition qui connaît le mot estfaible. 204 La PhilocalieLe point de départ est l’édition de SCh, mais j’ai aussi indiqué où trouverles textes discutés dans l’édition de Robinson. Pour le stemma des manu -scrits, les savants sont d’accord que trois manuscrits sont les importants ; ilssont distribués en deux branches, l’une représentée par B, le Venetus Mar-cianus gr. 47 (XIe s.), l’autre par A, Patmiacus gr. 270 (Xe s.) et C, Parisinussuppl. gr. 615 (XIIIe s.).Des passages de la Philocalie qui sont tirés du Contre Celse et du Traitédes principes sont discutés dans les remarques sur ces œuvres. Prologue356, l. 60 (Robinson p. 3, l. 3) Εἰ τοίνυν πάντα ἐκεῖνα τοὺς ἁγίουςπαράσχοιμεν ἐκκρῖναι τοὺς πατέρας (sc. Grégoire de Nazianze et Basile) τῇσυλλογῇ. On peut comprendre ἐκκρῖναι : sélectionner (des écrits d’Origène)pour l’anthologie. Cependant, il faut probablement écrire ἐγκρῖναι. La confu-sion ἐγκ-/ἐκκ- est fréquente. Les quelques formes de ἐκκρίνειν qui se trou-vent chez Origène ne parlent que des sécrétions du corps. II, 4, l. 1 (Robinson p. 39, l. 1) Εἰ δὲ « Τὰ λόγια κυρίου λόγια ἁγνά, ἀργύριονπεπυρωμένον, δοκίμιον τῇ γῇ, κεκαθαρισμένον ἑπταπλασίως »357, καὶ μετὰπάσης ἀκριβείας ἐξητασμένως τὸ ἅγιον πνεῦμα ὑποβέβληκεν αὐτὰ διὰ τῶνὑπηρετῶν τοῦ λόγου, μήποτε καὶ ἡμᾶς διαφεύγῃ ἡ ἀναλογία, ἐπεὶ πᾶσανἔφθασε γραφὴν θεόπνευστον ἡ σοφία τοῦ θεοῦ μέχρι τοῦ τυχόντοςγράμματος. Les leçons différentes sont dans le manuscrit B : ἐπὶ après cor-rection pour ἐπεὶ, et dans D : καθ’ ἣν ἐπὶ pour ἐπεὶ et ἔπνευσε au lieu deἔφθασε. Si le stemma est correct, la leçon ἐπὶ ne peut pas être éliminée. καθ’ἣν ἐπὶ358 semble une correction, comme aussi ἔπνευσε. À suivre le stemma,les deux variantes de D sont secondaires ; elles sont introduites pour rendrele texte plus lisible (καθ’ ἣν ἐπὶ), ou sont influencées par le contexte, où l’ontrouve πνεῦμα et θεόπνευστον.Je me demande s’il ne faut pas lire ἐξητασμένα pour ἐξητασμένως. Laleçon des manuscrits n’est pas impossible, et ἐξητασμένως se trouve quel-quefois chez Origène. Cependant, après λόγια ἁγνά on s’attend plutôt à unmot neutre, notamment si l’on compare avec II, 5, l. 10 (Robinson p. 40, l.2) τέχνης θεοῦ λόγους μετὰ πάσης ἀκριβείας τεθεωρημένους ἐκλαβεῖν ἡμῖνἀμήχανον : les paroles de Dieu sont élaborées avec la plus grande attention. 356 Le prologue est anonyme.357 Ps. 11, 7.358 Robinson écrit [καθ’ ἣν] ἐπὶ. Voir aussi Bruchstücke aus Catenen359 106, l. 1 Ἔοικέ τι ἀκριβὲς καὶ ἐξητα-σμένον ἔχειν ὁ Θωμᾶς, et Analecta sacra360, In psalmum 118, v. 140 Τὸλόγιον τοῦ Θεοῦ πεπυρωμένον ἐστὶ σφόδρα, τουτέστι ἐξητασμένον καὶ πάσῃβασάνῳ ἀνέγκλητον.On ne peut guère éviter la leçon ἐπὶ : après Εἰ δὲ et καὶ (εἰ) μετὰ πάσηςἀκριβείας ... ἀναλογία suit la proposition principale, où ἔφθασε veut direcomme souvent « est arrivé »361. V, 6, l. 32 (Robinson p. 47, l. 24) τὸ γὰρ τὸν ἀπόστολον λέγειν· « Κατὰ τὸεὐαγγέλιόν μου ἐν Χριστῷ Ἰησοῦ »362, καὶ μὴ φάσκειν εὐαγγέλια, ἐκεῖνοιἐφιστάντες φασὶν οὐκ ἂν πλειόνων ὄντων εὐαγγελίων τὸν ἀπόστολον ἑνικῶςτὸ εὐαγγέλιον εἰρηκέναι. Pour τὸ γὰρ, il faut suivre le manuscrit B et lire τῷγὰρ, dépendant de ἐφιστάντες. La construction ἐφίστημι avec un datif (ilfaut sous-entendre νοῦν) est fréquente. VIII, 2, l. 10 (Robinson p. 53, l. 8). Nous avons là une proposition laborieuse.Robinson a voulu comme une conjecture ajouter λέγει après ἐντολῆς, ce quin’est pas accepté par Harl. Comme Harl, je crois qu’il faut garder le textedes manuscrits, mais je propose de ponctuer autrement : Ὅτε γὰρ περὶ τῆςἐντολῆς δι’ ἧς αὐτὸν ἐν ζωῇ ταύτην τηροῦντα ἠθέλησεν εἶναι, ἑνικῶςἐντέλλεται καί φησιν « Ἀπὸ παντὸς ξύλου τοῦ ἐν τῷ παραδείσῳ βρώσειφαγῇ »363 – οἱ γὰρ κατὰ θεὸν περιπατοῦντες καὶ τῶν ἐντολῶν αὐτοῦἀντεχόμενοι, κἂν πολλοὶ ὦσι, τῷ ὁμόφρονες εἶναι οἱ πολλοὶ ἕν εἰσι – διὰτοῦτο, ὅτε περὶ τοῦ ἀγαθοῦ ἐντολὴ δίδοται, ἑνικῶς αὐτῷ λέγεται τὸ« Βρώσει φαγῇ »· ὅτε δὲ ἤδη περὶ παραβάσεως διαστέλλεται etc. Ὅτε γὰρetc. est suivi par la proposition principale διὰ τοῦτο etc, mais où διὰ τοῦτοrenvoie à l’explication mise entre tirets et pas directement à la propositionὍτε γὰρ etc. Une autre proposition, en contraste avec Ὅτε γὰρ etc. mais fai-sant partie de la période, commence par ὅτε δὲ. La ponctuation d’un tel pas-sage est difficile, pour ne pas dire impossible. IX, 3, l. 23 (Robinson p. 57, l. 18) Χρὴ οὖν εἰδέναι ὅτι τὸ « Ἑώρακεν »364οὐκ ἐπὶ τοῦ αὐτοῦ ἀεὶ κεῖται, ἀλλ’ ὁτὲ μὲν ἐπὶ τοῦ σωματικοῦ ὁρᾶν, ὁτὲ δὲ 205 359 GCS 10, Origenes 4. 360 Voir Littérature, p. 218, Pitra, p. 301, l. 16.361 Un exemple: IV, 2, l. 12 (Robinson p. 42, l. 1) ἴσχυσε τὰ τῆς ἀληθείας μυστήρια καὶ ἡδύναμις τῶν λεγομένων ... φθάσαι ἕως περάτων γῆς.362 Rom. 2, 16.363 Gen. 2, 16.364 Jean 1, 18. ἀντὶ τοῦ νοεῖν. Je ne crois pas qu’on puisse faire sans σωματικῶς, la leçondu manuscrit C : σωματικῶς ὁρᾶν est opposé à νοεῖν. Selon le stemma deséditeurs, C ne peut pas présenter une leçon originale. σωματικῶς est doncune conjecture ou une faute du copiste, mais une des rares qui font mouche. XIV, 2, l. 19 (Robinson p. 69, l. 16) Εἶτα ἐὰν προσαγάγωμεν αὐτοὺς ἐκ τοῦ« Οὗτός ἐστιν ὁ ἀμνὸς τοῦ θεοῦ ὁ αἴρων τὴν ἁμαρτίαν τοῦ κόσμου »365,ὅτι κόσμος ἔνθα ἡ ἁμαρτία πλεονάζει κατὰ ταύτας τὰς λέξεις λέγεται, …εὐγνωμονοῦντες μὲν προσήσονται τὰ λεγόμενα etc. Il faut lire αὐτοῖς. Cf.Contre Celse IV, 4, l. 1 Λελέξεται οὖν ὅπερ ἡμῖν καὶ Ἰουδαίοις προσάγει ὁΚέλσος καὶ πρὸς αὐτόν· ὅτι ἆρα, ὦ οὗτος, οἶδεν ὁ ἐπὶ πᾶσι θεὸς τὰ ἐνἀνθρώποις ἢ οὐκ οἶδεν; XXIII, 16, l. 21 (Robinson p. 205, l. 1) ἠλίθιον γὰρ τὸ εἰπεῖν ὅτι ἡ πάντωνγένεσις περιεῖχε καθ’ ἕκαστον ποιητικὸν τοῦ τόνδε ἀναιρεθῆναι. Mettre ourejeter un article est une mauvaise habitude des éditeurs et des critiques,mais je pense qu’ici, il faut mettre τὸ avant ποιητικὸν. Cf. peu aprèsπεριέχεσθαι τὸ τόνδε τινὰ ἀναιρεθῆναι. XXIII, 20, l. 14 (Robinson p. 209, l. 2) Ἵν’ οὖν τῇ πείρᾳ366 τοῦτο καταλαμ-βάνηται ὑπὸ τῶν μειζόνων ἢ κατὰ ἄνθρωπον καὶ τῶν ἁγίων ψυχῶν τοῦ ἐνε-στηκότος δεσμοῦ ἀπηλλαγμένων, ὡσπερεὶ γράμματα καὶ χαρακτῆρας καὶδιὰ τῆς τῶν οὐρανίων περιφορᾶς ἐποίησεν ἐν οὐρανῷ ὁ θεὸς τοὺς δεδιδαγ-μένους καὶ διδαχθησομένους ἀναγινώσκειν τὰ σημεῖα τοῦ θεοῦ. Le manu -scrit C omet περιφορᾶς, le manuscrit B écrit τοῖς δεδιδαγμένοῖς καὶδιδαχθησομένοις.Qu’est-ce que Dieu a créé dans le ciel ? Ce sont les signes ; cf. l. 26 (Ro-binson l. 13) : ἐννόει πόσην ἔνδειξιν δυνάμεως θεοῦ περιέχει τὰ οὐράνιασημεῖα, πάντων τῶν ἀπ’ αἰῶνος ἕως συντελείας ἐντετυπωμένων τῇ ἀξίᾳβίβλῳ τοῦ θεοῦ τῷ οὐρανῷ. Les signes célestes sont comme les lettres d’unlivre, et ils le sont pour ceux qui ont appris ou apprendront à lire, à savoirceux qui sont supérieurs à l’homme et les âmes saintes (ὑπὸ τῶν μειζόνωνἢ κατὰ ἄνθρωπον καὶ τῶν ἁγίων ψυχῶν). Cf. l. 35 (Robinson l. 22) : τὰοὐράνια γράμματα, ἃ ἄγγελοι καὶ δυνάμεις θεῖαι ἀναγινώσκειν καλῶς 206 365 Jean 1, 29.366 τῇ πείρᾳ : Origène vient de déclarer que la grandeur de l’intelligence divine surpassetoute nature. C’est donc seulement par l’expérience qu’un être, même un être sur un ni-veau au-dessus de l’homme, peut arriver à une connaissance, mais imparfaite, de cetteintelligence. δύνανται. Je propose de lire ὡσπερεὶ γράμματα καὶ χαρακτῆρας διὰ τῆς τῶνοὐρανίων περιφορᾶς ἐποίησεν ἐν οὐρανῷ ὁ θεὸς τοῖς δεδιδαγμένοις καὶδιδαχθησομένοις ἀναγινώσκειν τὰ σημεῖα τοῦ θεοῦ, où τοῖς δεδιδαγμένοιςsont les êtres supérieurs et τοῖς διδαχθησομένοις les âmes saintes. Le καὶavant διὰ τῆς τῶν οὐρανίων περιφορᾶς n’a pas de fonction et doit être rejeté. XXIII, 21, l. 14 (Robinson p. 210, l. 7) (οἱ ἱεροὶ ἄγγελοι) εἰκὸς ὅτι, ὡς ἀπὸνόμου θεοῦ γεγραμμένων τὰ προστάγματα λαμβάνοντες ... ποιοῦσι τὰκρείττονα. Les manuscrits BC portent γεγραμμένων, le manuscrit A γεγραμ-μένα. Le choix des éditeurs est logique, du moins si le stemma est correct.Il y a deux branches, et B, représentant une branche, donne la même leçonque C, représentant l’autre. Donc, un ancêtre commun supposé devait avoirγεγραμμένων et l’autre leçon est une erreur spécifique pour A. Cependant,bien que γεγραμμένων soit intelligible, γεγραμμένα est une leçon bien meil-leure. Je préférerais γεγραμμένα, à regarder comme une conjecture réussie,ou plutôt comme une méprise heureuse d’un copiste. XXV, 2, l. 17 (Robinson p. 228, l. 1) Ἔστιν οὖν τις ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦ, εἰκὼντυγχάνων τοῦ θεοῦ τοῦ ἀοράτου, καὶ τούτου εἰκὼν ἡ λεγομένη εἰκὼν τοῦυἱοῦ τοῦ θεοῦ· ἥντινα νομίζομεν367 εἶναι ἣν ἀνέλαβεν ψυχὴν ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦἀνθρωπίνην, γενομένην διὰ τὴν ἀρετὴν τῆς εἰκόνος τοῦ θεοῦ εἰκόνα. Ταύτηςδέ, ἣν οἰόμεθα εἰκόνος εἰκόνα εἶναι [τοῦ υἱοῦ] τοῦ θεοῦ, συμμόρφουςπροώρισεν γενέσθαι ὁ θεός, οὓς διὰ τὴν περὶ αὐτῶν πρόγνωσιν προώρισεν.Les éditeurs ont retranché τοῦ υἱοῦ.Il y a Dieu, il y a le Fils dans sa divinité qui est εἰκὼν τοῦ θεοῦ, il y a leFils sur terre qui est εἰκὼν τοῦ υἱοῦ τοῦ θεοῦ, il y a les hommes saintsqu’Origène déclare, l. 29 (Robinson l. 12), συμμόρφους ἐσομένους τῆςεἰκόνος τοῦ υἱοῦ αὐτοῦ, ce qui veut dire εἰκόνας ἐσομένους τῆς εἰκόνος τοῦυἱοῦ τοῦ θεοῦ. Il faut donc garder τοῦ υἱοῦ dans le texte. XXV, 2, l. 41 (Robinson p. 228, l. 25) προεγνωσμένου τε οὑτωσί, ὅτι ἔσταιμὲν οὐκ ἐξ ἀνάγκης δὲ ἔσται, ἀλλ’ ἐνδεχομένου τυγχάνοντος τοῦ μὴγενέσθαι, ἔσται τὸ οὐ στοχαστικῶς εἰρημένον ἀλλ’ ἀληθῶς προεγνωσμένον.Les manuscrits AC de la même branche du stemma portent τὸ, le manuscritB de l’autre branche et la chaîne ne le donnent pas. En pareil cas, il faut plu-tôt suivre la leçon qui a de l’appui en dehors des manuscrits, si elle est ac-ceptable. Et ici, elle est plutôt supérieure ; on peut interpréter ἔσται comme 207 367 La chaîne et l’édition de SCh lisent νομίζω. « existera », « résultera », mais mieux vaut comprendre le texte comme ἔσταιεἰρημένον, ἔσται προεγνωσμένον : « ne sera pas dit comme une conjecture,mais connu d’avance comme une vérité ». XXV, 3, l. 24 (Robinson p. 229, l. 23) Εἰ δὲ δώσουσιν ὅτι προγνώσεται,πάλιν ἐρωτήσωμεν αὐτοὺς, ἆρα τὸ ἐγνωκέναι αὐτὸν αἴτιόν ἐστι τοῦ ἔσεσθαιτὰ ἐσόμενα, διδομένου τοῦ εἶναι τὸ ἐφ’ ἡμῖν; Dans ce texte, διδομένου τοῦεἶναι τὸ ἐφ’ ἡμῖν est établi selon la leçon de la chaîne, les manuscrits ACdonnent διδομένου τι εἶναι τοῦ ἐφ’ ἡμῖν, le manuscrit B διδομένου εἶναί τιτοῦ ἐφ’ ἡμῖν. Si l’on compare l. 19 (Robinson l. 18) Ὄντος δὴ τοῦ ἐφ’ ἡμῖν,on dirait que les leçons des manuscrits διδομένου εἶναι correspondent àὄντος et que τοῦ ἐφ’ ἡμῖν revient dans notre passage discuté. Il se peut qu’ilfaille suivre les manuscrits, mais le fait que τι soit placé différemment dansles manuscrits et ne se trouve ni dans la chaîne ni dans le passage peu avantfait penser que peut-être il ne faut pas l’écrire. XXVI, 7, l. 31 (Robinson p. 240, l. 10) μεταπεσουμένου καὶ τοῦ τελειωθέν-τος, εἰ ὑπερεπαρθείη ἐπὶ τῷ καλῷ καὶ ἑαυτὸν ἐπιγράφοι τούτου αἴτιον, οὐχὶδὲ τὴν δέουσαν δόξαν ἀναφέρων τῷ τῶν πολλῶν πλεῖον δωρησαμένῳ εἰςτὴν κτῆσιν καὶ τὴν συνοχὴν τῆς ἀρετῆς. Le problème est à mon avis τῷ τῶνπολλῶν πλεῖον δωρησαμένῳ, où le manuscrit A porte τὸ au lieu de τῶν, fautebanale et sans signification. La comparaison est toujours entre ce quel’homme peut faire de sa propre volonté et la puissance de Dieu ; voir parexemple l. 45 (Robinson l. 23) Τάχα γοῦν ὁρῶν ὁ ἱερὸς ἀπόστολος πολὺἔλαττον τὸ ἡμέτερον προαιρετικὸν τῆς τοῦ θεοῦ δυνάμεως. Dans cecontexte, τῶν πολλῶν n’a rien à voir ; il se peut qu’il faille lire τῷ πολλῷπλεῖον δωρησαμένῳ. XXVII, 1, l. 7 (Robinson p. 242, l. 8) τοῦτο αἴτιον ἀπιστίας εἶναι δοκεῖ, ὅτιλέγεται περὶ θεοῦ τὰ ἀνάξια θεοῦ. Il s’agit du passage Exod. 7, 3 et alibi,cité peu avant comme Ἐγὼ σκληρυνῶ τὴν καρδίαν Φαραώ. Le manuscrit Cdonne περὶ, les manuscrits AB παρὰ. Selon le stemma, C ne peut pas avoirune leçon plus originale que celle des manuscrits AB. En outre, παρὰ estbeaucoup plus frappant : Dieu dit lui-même ce qui est indigne de lui. παράdénotant l’agent n’a guère besoin d’exemples, mais on pourrait présenter :Contre Celse VII, 55, l. 17 πάντα ὑπομένοντα (sc. Jésus-Christ) τὰπαρὰ τῶν ἐμπαιζόντων προσαγόμενα.Philocalie 5, 7, l. 28 (Robinson p. 48, l. 28) τὸν παρὰ θεοῦ ἱκανούμενονδιάκονον.Ibid. 27, 12, l. 28 (Robinson p. 255, l. 14) τὸ λεγόμενον δὲ ἀνωτέρωπαρὰ Μωσέως πρὸς Φαραώ. 208 209 Basile de Césarée, Contre Eunome II, 2, l. 9 Ἐπαγγειλάμενος γὰρδείξειν παρὰ τῶν ἁγίων εἰρῆσθαι ποίημα τὸν Υἱόν, avec beaucoupd’autres passages. XXVII, 5, l. 21 (Robinson p. 247, l. 14). L’édition de SCh ponctue : καὶζητῶν πᾶς εὑρίσκει καὶ ἐν τούτοις368 ἀγαθότητα τοῦ θεοῦ παραστῆσαιγινομένην.Φανερώτερον μὲν ἐπὶ σωτηρίᾳ τοῦ λαοῦ etc.On commence donc un nouvel alinéa par Φανερώτερον μὲν, mais en fait,la période continue. L’édition de Robinson fait mieux : là, le discours n’estpas interrompu et on perçoit le parallèle φανερώτερον μὲν etc. / ἀπορρητό-τερον δὲ καὶ βαθύτερον τάχα καὶ ἐπὶ τῷ ὄφελος γενέσθαι αὐτῷ τῷ Φαραώ.La bonté de Dieu se présente (γινομένην) plus clairement quand il s’agit desauver le peuple hébreu, mais d’une manière plus secrète et plus profondequand il s’agit du profit qu’en tira Pharaon. Entre le profit du peuple hébreuet celui de Pharaon, Origène a interposé une réflexion sur le profit de cesÉgyptiens qui suivirent les Hébreux. Traité des principesJe cite d’après l’édition de SCh et indique où trouver le texte dans l’éditionde la Philocalie de Robinson. Pour la tradition du texte, préservé dans la Phi-localie, et les éditions utilisées, je renvoie à l’introduction à cet ouvraged’Origène. Une édition utile est celle de Görgemanns/Karpp, une traductionégalement utile celle de Simonetti. Les éditions et la traduction sont riche-ment annotées. III, 1, 5, l. 73 (Robinson p. 154, l. 14). Tout cet alinéa est en effet une seuleproposition, dont les membres se rattachent par τε, répété trois fois :βουλομένου τε (l. 77), Πάλιν τε (l. 81), Ὁρῶμεν τε (l. 91). Suit la conclu-sion : Οὐκοῦν (l. 96). Il faudrait donc changer la ponctuation et mettre ll.78-80 εἰ γὰρ πυθοίμεθα ... προκαλούμενον entre tirets. III, 1, 12, l. 313 (Robinson p. 162, l. 12) ἴδωμεν καὶ ἀπὸ προφητικοῦ λόγου,τί φασιν οἱ πολλῆς χρηστότητος θεοῦ πεπειραμένοι καὶ [μὴ] βιώσαντεςκαλῶς ἀλλὰ μετὰ ταῦτα ἁμαρτήσαντες. On a voulu garder μὴ, on a voululire μὴν, on a voulu le rejeter, comme ici l’édition de SCh, en suivant Rufin 368 À savoir : dans les paroles dures Ἐγὼ δὲ σκληρυνῶ τὴν καρδίαν Φαραώ, citées peu avant. (qui primo quidem recte uiuentes). L’éditeur de SCh est très clair sur le pointque la négation est insoutenable, voir vol. 5, p. 21. Ses arguments sont tantle texte de Rufin que μετὰ ταῦτα, dont le sens serait qu’après une vie vécuede façon irréprochable (donc, μὴ n’a pas de place), on est tombé dans lepéché. Le texte de Rufin est sans doute un argument, mais μετὰ ταῦτα nel’est pas, car le sens peut bien être qu’après avoir expérimenté la bonté deDieu, on est tombé dans le péché. À mon avis, le contexte montre qu’il faut lire la négation ; l’homme peutvivre mal, même après avoir fait l’expérience du bienfait divin, s’il ne seconnaît pas soi-même et sa faiblesse. Voir l. 331(Robinson l. 30) : (ἵνα)ὕστερον τύχωσιν ὁδοῦ θεραπείας, οὐκ ἂν ἐγνωκότες τὴν εὐεργησίαν, εἰ μὴἑαυτῶν κατεγνώκεισαν : c’est seulement après s’être condamnés eux-mêmesque les hommes peuvent trouver la voie de la guérison. Voir encore l. 335(Robinson p. 163, l. 2). : Ὁ δὲ μὴ αἰσθανόμενος τῆς ἰδίας ἀσθενείας καὶ τῆςθείας χάριτος, κἂν εὐεργετῆται μὴ ἑαυτοῦ πεπειραμένος μηδὲ ἑαυτοῦκατεγνωκώς, οἰήσεται ἴδιον εἶναι ἀνδραγάθημα τὸ ἀπὸ τῆς οὐρανίου χάριτοςαὐτῷ ἐπιχορηγηθέν : un homme reçoit la grâce de Dieu, mais comme il nese connaît pas lui-même et ne connaît pas sa propre faiblesse, il vit mal.Mais comment expliquer la leçon de Rufin ? Sa version est souvent uneparaphrase, mais ici, il dit le contraire de ce que dit Origène. Il a pu avoirune copie sans la négation, mais il a peut-être pensé que celui qui a expéri-menté la grande bonté de Dieu vit assurément une vie bonne, du moins pourun temps. III, 1, 22, l. 717 (Robinson p. 175, l. 8) Εἰ δ’ ἅπαξ προσιέμεθα εἶναί τιναςπρεσβυτέρας αἰτίας τοῦ σκεύους τῆς τιμῆς καὶ τοῦ σκεύους τῆς ἀτιμίας, τίἄτοπον ἀνελθόντας εἰς τὸν περὶ ψυχῆς τόπον <νοεῖν> πρεσβύτερα αἴτια τοῦτὸν Ἰακὼβ ἠγαπῆσθαι καὶ τὸν Ἠσαῦ μεμισῆσθαι γεγονέναι εἰς τὸν Ἰακὼβetc. Les éditeurs ajoutent <νοεῖν> d’après Rufin et Jérôme, chez lesquels ontrouve sentire et intelligamus correspondants. Cependant, il faut sous -entendre προσίεσθαι avec πρεσβύτερα αἴτια d’après le précédent προσιέμεθαavec πρεσβυτέρας αἰτίας. III, 1, 24, l. 782 (Robinson p. 177, l. 10) οὔτε τοῦ ἐφ’ ἡμῖν χωρὶς τῆςἐπιστήμης τοῦ θεοῦ καὶ τῆς καταχρήσεως τοῦ κατ’ ἀξίαν τοῦ ἐφ’ ἡμῖνποιοῦντος εἰς τιμὴν ἢ εἰς ἀτιμίαν γενέσθαι τινά. La phrase est difficile, et onl’a comprise et traduite de différentes manières369.On a aussi fait la conjec- 210 369 Voir Görgemanns/Karpp, p. 559, n. 82. ture τῆς pour τοῦ après καταχρήσεως370, mais après καταχρήσεως, on s’at-tend plutôt à ce que τοῦ devienne τῆς qu’au contraire.Origène vient de dire qu’il faut que l’homme fasse quelque chose dans ladirection du bien. Maintenant, il s’agit de ce que Dieu fait, de sa contributionqui est non seulement ἐπιστήμη mais aussi κατάχρησις : son utilisation dumérite (τοῦ κατ’ ἀξίαν) de ce qui dépend de nous (τοῦ ἐφ’ ἡμῖν). Il me sembleque c’est clair mais peu élégant. Pour ποιοῦντος εἰς τιμὴν ἢ εἰς ἀτιμίαν, voirci-dessous.Le manuscrit B, qui représente seul une des deux branches de la traditionet qui par conséquent est très important, omet γενέσθαι. Si l’on garde leverbe, on le comprend comme « arriver », ce qui va sans dire, mais si l’onen veut un exemple, cf. III, 1, 22, l. 720 (Robinson p. 175, l. 11) (τί ἄτοπον)πρεσβύτερα αἴτια τοῦ τὸν Ἰακὼβ ἠγαπῆσθαι καὶ τὸν Ἠσαῦ μεμισῆσθαιγεγονέναι εἰς τὸν Ἰακὼβ πρὸ τῆς ἐνσωματώσεως καὶ εἰς τὸν Ἠσαῦ πρὸ τοῦεἰς τὴν κοιλίαν τῆς Ῥεβέκκας γενέσθαι; Mais comparons le parallèle immé-diatement après, l. 784 (Robinson p. 177, l. 12) οὔτε τοῦ ἐπὶ τῷ θεῷ μόνουκατασκευάζοντος εἰς τιμὴν ἢ εἰς ἀτιμίαν τινά. Il y a là un parallèle :ποιοῦντος εἰς τιμὴν ἢ εἰς ἀτιμίαν τινά et κατασκευάζοντος εἰς τιμὴν τινά. Jepense que γενέσθαι est une addition pour faire mieux couler le texte. IV, 2, 5, l. 154 (Robinson p. 19, l. 10) ὡς ἄρα οὗτοι καθαρίζονται διὰ τοῦλόγου τῶν γραφῶν, ὅπου μὲν δύο μετρητάς, τὸν ἵν’ οὕτως εἴπω ψυχικὸν καὶτὸν πνευματικὸν λόγον, χωρούντων, ὅπου δὲ τρεῖς, ἐπεί τινες ἔχουσι πρὸςτοῖς προειρημένοις καὶ τὸ σωματικὸν οἰκοδομῆσαι δυνάμενον. Le manuscritB, seul représentant d’une branche de la tradition, donne χωροῦντος, l’autretradition χωρούντων, deux manuscrits représentant l’autre tradition portentτὸν σωματικὸν contre τὸ σωματικὸν. Robinson écrit χωροῦντος, SCh et Gör-gemanns/Karpp χωρούντων, tous les trois τὸ σωματικὸν. Je pense queχωρούντων ne se rapporte à rien ; il faut lire χωροῦντος, se rapportant àλόγου, d’où il résulte que τὸν σωματικὸν (sc. λόγον) est plus probable queτὸ σωματικὸν. Les leçons à mon avis correctes peuvent bien être le résultatde conjectures ou de méprises heureuses. IV, 2, 7, l. 234 (Robinson p. 21, l. 31) Ἀναγκαίως δὲ ὡς περὶ συγγενῶν καὶτῶν ἄλλων λογικῶν, θειοτέρων τε καὶ ἐκπεπτωκότων τῆς μακαριότητος, καὶτῶν αἰτίων τῆς τούτων ἐκπτώσεως, ἐχρῆν εἰς τοὺς λόγους τῆς θείαςἀνειλῆφθαι διδασκαλίας. La proposition présente des difficultés. Il y a 211 370 Ibid. 212 quelque chose qui doit « être reçu », ἀνειλῆφθαι, mais quoi ? La traductionde Görgemanns/Karpp dit : « über die Ursachen ihres Abfalls (einiges) indie Worte des göttlichen Unterweisung aufgenommen werden », celle deSCh : « au sujet des causes de leur chute, il faudrait recevoir ce que dit l’en-seignement divin ». On a donc voulu ajouter un complément, « einiges »,ou traduire comme si l’on avait lu τοὺς λόγους au lieu de εἰς τοὺς λόγους371.Il se peut que cette dernière solution soit la bonne, voir des passages commeContre Celse II, 60, l. 10 ὁ τοῦτο τὸ δόγμα ἀνειληφώς ; ibid. IV, 64, l. 7 ὁτὲμὲν οὔτε λόγον ἀνειληφότος ὁτὲ δὲ μετὰ τοῦ λόγου κακίαν ; ibid. VIII, 7, l.13 Ἀναγκασθήσεται γὰρ… ἀναλαβεῖν τὸν λόγον. 371 Simonetti traduit aussi de cette manière. Littérature Clément AbréviationsGCS : Die griechischen christlichen Schriftsteller der ersten Jahrhunderte, autrefois Die grie-chischen christlichen Schriftsteller der ersten drei Jahrhunderte. Cité comme GCS 12, Clemens Alexandrinus 1.Nautin : Voir ci-dessous Études.Register : Clemens Alexandrinus. Vierter Band. Register. Herausgegeben von Otto Stählin.Berlin 1936. Réédition 1980. (GCS 39, Clemens Alexandrinus 4.)SC : Sources Chrétiennes. Éditions et traductions de ClémentPremièrement, on trouve les éditions dans les collections GCS et SCh, ensuite les éditions desouvrages particuliers de Clément, selon l’ordre de GCS.Clemens Alexandrinus. Erster Band. Protrepticus und Paedagogus. Herausgegeben von OttoStählin. Dritte, durchgesehene Ausgabe von Ursula Treu. Berlin 1972. (GCS 12, ClemensAlexandrinus 1.)— Zweiter Band. Stromata Buch I-VI. Herausgegeben von Otto Stählin, in dritter Auflageneu herausgegeben von Ludwig Früchtel. Berlin 1960. Réimpression 1985. (GCS 52 (15),Clemens Alexandrinus 2.)— Dritter Band. Stromata Buch VII und VIII. Exerpta ex Theodoto. Eclogae propheticae. Quisdives salvetur. Fragmente. Herausgegeben von Otto Stählin, in zweiter Auflage neu her -ausgegeben von Ludwig Früchtel. Berlin 1970. (GCS 172, Clemens Alexandrinus 3.)— Vierter Band. Register. Erster Teil. Zitatenregister, Testimonienregister, Initienregister fürdie Fragmente, Eigennamenregister. Herausgegeben von Otto Stählin. Zweite, bearbeiteteAuflage herausgegeben von Ursula Treu. Berlin 1980. (GCS 39/1, Clemens Alexandrinus4:1.)— Vierter Band. Register. Herausgegeben von Otto Stählin. Berlin 1936. Réédition 1980.(GCS 39, Clemens Alexandrinus 4.)Clément d’Alexandrie. Le Protreptique. Introduction, traduction et notes de Claude Mondésert.Deuxième éd. Paris 1949. (SCh 2.)— Le Pédagogue. Livre 1. Texte grec, introduction et notes de Henri-Irénée Marrou, traductionde Marguerite Harl. Paris 1960. (SCh 70.)— Le Pédagogue. Livre 2. Texte grec, traduction de Claude Mondésert, notes de Henri-IrénéeMarrou. Paris 1965. (SCh 108.)— Le Pédagogue. Livre 3. Texte grec, traduction de Claude Mondésert et Chantal Matray,notes de Henri-Irénée Marrou. Paris 1970. (SCh 158.)— Les Stromates. Stromate 1. Introduction de Claude Mondésert, traduction et notes de MarcelCaster. Paris 1951. (SCh 30.) 213 214 — Les Stromates. Stromate 2. Introduction et notes de Th. Camelot, texte grec et traductionde Cl. Mondésert. Paris 1954. (SCh 38.)— Les Stromates. Stromate 4372. Introduction, texte critique et notes par Annewies Van DenHoek, traduction de Claude Mondésert. Paris 2001. (SCh 463.) — Les Stromates. Stromate 5. T. 1. Introduction, texte critique et index par Alain Le Boulluec,traduction de Pierre Voulet. Paris 1981. (SCh 278.)— Les Stromates. Stromate 5. T. 2. Commentaire, bibliographie et index par Alain Le Boul-luec. Paris 1981. (SCh 279.)— Les Stromates. Stromate 6. Introduction, texte critique, traduction et notes par Patrick Des-courtieux. Paris 1999. (SCh 446.)— Les Stromates. Stromate 7. Introduction, texte critique, traduction et notes par Alain LeBoulluec. Paris 1997. (SCh 428.). Paris 1997.— Extraits de Théodote. Texte grec, introduction, traduction et notes de F. Sagnard. Paris1948. (SCh 23.)— Quel riche sera sauvé ? Texte grec O. Stählin et L. Früchtel (GCS 172), introduction, noteset index par Carlo Nardi, Patrick Descourtieux. Paris 2011. (SCh 537.)Clement of Alexandria. With an English Translation by G. W. Butterworth. The Exhortationto the Greeks, The Rich Man’s Salvation and the Fragment of an Address entitled To theNewly Baptized. London, New York 1919. (The Loeb Classical Library.)Clementis Alexandrini Protrepticus. Edidit M. Marcovich. Leiden 1995. (Supplements to Vi-giliae Christianae 34.) Clemente Alessandrino. Protrettico ai greci. Introduzione, traduzione e note a cura di FranzoMigliore. Roma 2004. (Collana di testi patristici 179.)Des Clemens von Alexandreia Mahnrede an die Heiden = Der Erzieher. Buch 1. Aus demGriechischen übersetzt von Otto Stählin. München 1934. (Bibliothek der Kirchenväter.Reihe 2. Bd 7.)Clementis Alexandrini Paedagogus. Edidit M. Marcovich adiuvante J. C. M. van Winden. Lei-den, Boston 2002. (Supplements to Vigiliae Christianae 61.)Clemente Alessandrino. Stromati. Note di vera filosofia. Introduzione, traduzione e note diGiovanni Pini. Milano 1985. (Lettere cristiane delle origini 20/Testi.)The Excerpta ex Theodoto of Clement of Alexandria. Edited with translation, introduction,and notes by Robert Pierce Casey. London 1934. (Studies and Documents 1.) Éditions d’autres auteursLes Apophtegmes des Pères : collection systématique. 2, Chapitres X-XVI. Introduction, textecritique, traduction, et notes par Jean-Claude Guy. Paris 2003. (SCh 474.)Basile de Césarée, Contre Eunome, suivi de Eunome, Apologie. Introduction, traduction etnotes de Bernard Sesboüé … T. 1-2. Paris 1982-1983. (SCh 299, 305.)Didyme l’Aveugle, Sur Zacharie. Texte inédit d’après un papyrus de Toura. Introduction, textecritique, traduction et notes de Louis Doutreleau. T. 1-3. Paris 1962 (SCh 83-85).Doxographi Graeci. Collegit … Hermannus Diehls. Berolini 1879. 372 Il n’y a pas de Stromate 3 dans cette collection. Epiphanius herausgegeben von Karl Holl. 1. Ancoratus und Panarion haer. 1-33. Teilbd 1.Text. 2., erw. Aufl. Berlin 2013. (GCS Neue Folge 10 :1.)Die Fragmente der griechischen Historiker, [herausgegeben ] von Felix Jacoby. Berlin 1923-Die Fragmente der Vorsokratiker. Griechisch und deutsch von Hermann Diels. Sechste, ver-besserte Auflage herausgegeben von Walther Kranz. Bd 1-3. Berlin 1951-1952.Iustini Martyris Apologiae pro Christianis. Edited by Miroslav Marcovich. Berlin, New York1994. (Patristische Texte und Studien 38.)Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon. Éditon critique [par] Philippe Bobichon. Vol. 1-2. Fri-bourg 2003. (Paradosis 47/1-2.)Origène, Commentaire sur Saint Jean. T. 3 (Livre XIII). Texte grec, avant-propos, traductionet notes par Cécile Blanc. Paris 1975. (SCh 222.)Das Petrusevangelium und die Petrusapokalypse, herausgegeben von Thomas J. Kraus undTobias Nicklas. Berlin, New York 2004. (GCS Neue Folge 11.)Photios, Bibliothèque. Texte établi et traduit par René Henry. T. 2 (”Codices” 84-185). Paris1960. (Collection Byzantine.) Stoicorum veterum fragmenta. Collegit Ioannes ab Arnim. Vol. 1-4. Lipsiae 1903-1924.Testi gnostici in lingua greca e latina, a cura di Manlio Simonetti. Milano 1993. (Scrittori grecie latini.)Theodori Mopsuesteni Commentarius in XII prophetas. Einleitung und Ausgabe von HansNorbert Sprenger. Wiesbaden 1977. (Göttinger Orientforschungen.V. Reihe : Biblica et pa-tristica. Bd. 1.)Le commentaire de Théodore de Mopsueste sur les Psaumes (I-LXXX). [Édité par] RobertDevreesse. Città del Vaticano 1939. (Studi e testi 93.) ÉtudesAlexanderson, Bengt. Le texte du Psautier chez Théodore de Mopsueste et chez Juliend’Éclane. Roma 2012. (Studia Ephemeridis Augustinianum 129.)Bauer, Walter. Griechisch-Deutsches Wörterbuch zu den Schriften des Neuen Testaments undder übrigen urchristlichen Literatur. Plusieurs éditions, aussi traduit en anglais.Havrda, Matyás. Miscellanea. Textual notes on Stromata VIII. Dans : Mnemosyne 66, 2013,761-768.The Hellenistic Philosophers, ed. A. A. Long & D. N. Sedley.T. 1-2. Cambridge 1987.Lazzati, Giuseppe. Introduzione allo studio di Clemente Alessandrino. Milano 1939. (Pubbli-cazioni dell’ Università cattolica del S. Cuore. Serie quarta : Scienze filologiche. Vol. 32.)Löfstedt, Einar. Philologischer Kommentar zur Peregrinatio Aetheriae. Uppsala 1911 (réédition1936).Nautin I Nautin, Pierre. Notes sur le Stromate I de Clément d’Alexandrie. Dans : Revue d’his-toire ecclésiastique 47, 1952, 618-631.Nautin II : Nautin, Pierre. Notes critiques sur le Stromate II de Clément d’Alexandrie. Dans :Revue d’histoire ecclésiastique 49, 1954, 835-841.Rydbeck, Lars. 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Matth. : Commentaire sur Matthieu.Fiedrowicz/Barthold : voir ci-dessous sous Contre Celse.Görgemanns/Karpp : voir ci-dessous sous Traité des Principes.Hom. Jér. : Homélies sur Jérémie.Hom. Sam. : Homélies sur Samuel.Pitra : voir ci-dessous sous Éditions d’autres auteurs. PLD : Patrologia Latina Database.SCh : Sources Chrétiennes.TLG : Thesaurus Linguae Graecae® Digital Library. Ed. Maria C. Pantelia. University of Ca-lifornia, Irvine. http://www.tlg.uci.eduWifstrand : voir ci-dessous sous Études.Winter : voir ci-dessous sous Études. Éditions et traductionsCommentaire sur JeanThe Commentary of Origen on S. John’s Gospel. The text revised with a critical introductionand indices by A. E. Brooke. 1-2. Cambridge 1896.Der Johanneskommentar. Herausgegeben von Erwin Preuschen. Leipzig 1903. (GCS 10, Ori-genes 4.). Pour des critiques de cette édition, voir p. 101, n. 159.Origène, Commentaire sur saint Jean. T. 1-5. Texte grec, avant-propos, traduction et notes parCécile Blanc. Paris 1966-1992. (SCh 120, 157, 222, 290, 385.)Commento al Vangelo di Giovanni di Origene. A cura di Eugenio Corsini. Torino 1968. (Clas-sici della filosofia 3.) 216 Origene, Commento al Vangelo di Giovanni. Saggio introduttivo, traduzione, note e apparatidi Vito Limone. Milano 2013. (Il pensiero occidentale.)373 Commentaire sur MatthieuOrigène, Commentaire sur l’Évangile selon Matthieu. T. 1 (Livres X et XI). Introduction, tra-duction et notes par Robert Girod. Paris 1970. (SCh 162.)Matthäuserklärung. 1. Die griechisch erhaltenen Tomoi. Herausgegeben … von Erich Klos-termann. Leipzig 1935. (GCS 40, Origenes Werke 10.) Contre CelsePour le papyrus de Toura, voir Études, Scherer, Jean.Die Schrift vom Martyrium. Buch 1-4 Gegen Celsus. Herausgegeben von Paul Koetschau.Leipzig 1899. (GCS 2, Origenes Werke 1.)Buch 4-8 Gegen Celsus. Die Schrift vom Gebet. Herausgegeben von Paul Koetschau. Leipzig1899. (GCS 3, Origenes Werke 2.)Des Origines acht Bücher gegen Celsus aus dem Griechischen übersetzt von Paul Koetschau.T. 1-2. Buch 1-4, 5-8. 1927. (Bibliothek der Kirchenväter 52, 53.)Origen Contra Celsum. Translated with an introduction & notes by Henry Chadwick. Cam-bridge 1953.Origène Contre Celse. T. 1-4. Introduction, texte critique, traduction et notes par Marcel Borret.Paris 1967-1969. T. 5. Introduction générale, tables et index. Paris 1976. (SCh 132, 136,147, 150, 227.) Origene, Contro Celso. A cura di Pietro Ressa, presentazione di Claudio Moreschini. Brescia2000. (Letteratura cristiana antica. Testi.) Origenes, Contra Celsum libri VIII. Edidit Miroslav Marcovich. Leiden 2001. (Supplementsto Vigiliae Christianae 54.) Origenes, Contra Celsum, Gegen Celsus. Eingeleitet und kommentiert von Michael Fiedro-wicz, übersetzt von Claudia Barthold. Freiburg 2011-2012. Teilband 1-5. (Fontes christiani50/1-5.) De la prièreBuch 4-8 Gegen Celsus. Die Schrift vom Gebet. Herausgegeben von Paul Koetschau. Leipzig1899. (GCS 3, Origenes Werke 2.) Du martyreDie Schrift vom Martyrium. Buch 1-4 Gegen Celsus. Herausgegeben von Paul Koetschau.Leipzig 1899. (GCS 2, Origenes Werke 1.) Homélies sur JérémieOrigène, Homélies sur Jérémie. Traduction par Pierre Husson [et] Pierre Nautin. Édition, in-troduction et notes par Pierre Nautin. T. 1 Homélies 1-11, T. 2 Homélies 12-20 et Homélieslatines. Paris 1976-1977. (SCh 232, 238.) 217 373 L’édition présente aussi le texte grec. La PhilocalieOrigène, Philocalie 1-20 sur les Écritures. Introduction, texte, traduction et notes par MargueriteHarl, et La lettre à Africanus sur l’histoire de Suzanne. Introduction, texte, traduction etnotes par Nicholas De Lange. Paris 1983. (SCh 302.) Origène, Philocalie 21-27 sur le libre arbitre. Introduction, texte, traduction et notes par ÉricJunod. Paris 1976. (SCh 226.)The Philocalia of Origen. The text revised with a critical introduction and indices by J. Armi-tage Robinson. Cambridge 1893, reprinted by Elibron Classics 2004. Lettre à AfricanusOrigène, Philocalie 1-20 sur les Écritures. Introduction, texte, traduction et notes par MargueriteHarl, et La lettre à Africanus sur l’histoire de Suzanne. Introduction, texte, traduction etnotes par Nicholas De Lange. Paris 1983. (SCh 302.) Traité des PrincipesOrigène, Traité des Principes. T. III (Livres III et IV). Introduction, texte critique de la Philo-calie et de la version de Rufin, traduction par Henri Crouzel et Manlio Simonetti. Paris1980. (SCh 268.) Origène, Traité des Principes. T. IV (Livres III et IV). Commentaire et fragments par HenriCrouzel et Manlio Simonetti. Paris 1980. (SCh 269.) Origène, Traité des Principes. T. V. Compléments et index par Henri Crouzel et Manlio Simo-netti. Paris 1984. (SCh 312.)Origenes, Vier Bücher von den Prinzipien. Herausgegeben, übersetzt, mit kritischen und er-läuternden Anmerkungen versehen von Herwig Görgemanns und Heinrich Karpp. Darms-tadt 1976. (Texte zur Forschung 24.)Origene, I princìpi. A cura di Manlio Simonetti. Torino 2010 (Prima edizione 1968). Éditions d’autres auteursAnalecta sacra spicilegio Solesmensi parata. Edidit Johannes Baptista Pitra. 3. E typographeoVeneto 1883.Basile de Césarée, Contre Eunome, suivie de  : Eunome, Apologie. Introduction, traduction etnotes de Bernard Sesboüé. T. 1-2. Paris 1982, 1983. (SCh 299, 305.)Bruchstücke aus Catenen. Dans : GCS 10, Origenes 4, voir ci-dessus sous Commentaire surJean. Philon d’Alexandrie, Des vertus : Philo with an English translation by F. H. Colson. VIII. Lon-don, Harvard 1939. (The Loeb classical library.)Théodore de Mopsueste, Le commentaire de Théodore de Mopsueste sur les Psaumes (I-LXXX). [Éd. par] Robert Devreesse. Città del Vaticano 1939. (Studi e testi 93.) ÉtudesAlexanderson, Bengt. Critique de texte et interprétation de deux ouvrages exégétiques : Ori-gène, Commentaire sur saint Jean et Théodore de Mopsueste, Commentaire sur les douzeprophètes, publié 2011 électroniquement sous l’adresse http://hdl.handle.net/2077/24139.(GUPEA, Gothenburg University Library/Göteborgs universitetsbibliotek, E-books/E-böcker.) 218 Arnold, Johannes. Textkritisches zu Origenes’ Contra Celsum. Dans : Vigiliae Christianae 64,2010, 54-73.Chadwick, Henry. Notes on the Text of Origen, Contra Celsum. Dans : Journal of TheologicalStudies 1953, 215-219.Corsini, Eugenio, voir p. 101, n. 1159.Hammond, C. P. Some textual points in Origen’s Commentary on Matthew. Dans : Journal ofTheological Studies 24, 1973, 380-404.Hansen, Günther Christian. Critique de l’édition de Borret du Contre Celse. Dans : Gnomon41, 1969, 464-468.Hautsch, Ernst. Die Evangelienzitate des Origenes. Leipzig 1909. (Texte und Untersuchungen3. R., 4. Bd, H. 2a = 34. 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A., voir p. 101, n. 159. 219 Clément : notionsgrammaticales etc.adjectif neutre 51, 70anacoluthe 44, 54 suiv., 63, 68archaïsme 11asyndète 72, 93, 95, 99citation 36 n. 48, 45, 76, 93 suiv.dire, verbes pour « dire » 10, 46, 49 suiv.,68, 71, 73, 76 suiv.dittographie 30, 40, 65explication d’une notion 18, 71 suiv., 93faute ancienne 61génitif absolu 45, 52, 56, 81génitif de qualité 94génitif de séparation 31génitif partitif 66impératif 8infinitif dans un résumé 49 suiv., 50, 66,71, 83infinitif dans des propositionssubordonnées 23 suiv., 71, 97 insertion entre parenthèses ou tirets 16, 36,38, 41, 58, 72, 93, 94interprétation mauvaise? 42ironie 24latin 25, 39, 100note marginale 50 suiv., 52, 61, 73, 81, 93ponctuation 9, 19, 21, 43, 44, 56, 58, 63,64, 71, 93, 99prolepse 24 suiv., 28, 39, 82, 84proposition conditionnelle 49, 54, 63proposition relative 23 suiv., 46, 49, 70suiv., 97 sous-entendre, mots à sous-entendre 7, 16,19, 38, 45, 48, 49, 62, 63, 73, 75, 76, 77,81, 86style de Clément 33, 47, 63, 93verbe « superflu » 25 Clément : index des mots grecsἀ-, εὐ-, confusion 77ἄγω 12αἴτιον 33ἀνθ’ ὧν, voir ἐξ ὧνἀπειλή 17 suiv.ἄρα 14, 35βρῶμα 13, 15γάλα 13, 15, 16γεν-, γενν-, confusion 17γίγνομαι, (γενόμενος, « ancien ») 9 suiv.γνῶσις 62, 67γνωστικός 67δέ, indiquant un fort contraste 68δέ dans une proposition principale49, 53δέ, position 57, 59δι’ ὧν, voir ἐξ ὧνδιαβάλλω 20διαλαμβάνω 30 suiv.δικαιοσύνη 75 suiv.δικαστική 35ἑαυτοῦ, ἑαυτῷ 14, 88εἴ τις, εἴ τι 8, 30, 80 suiv., 146εἰς 69 suiv. Index 220 εἰς, ἐκ, confusion 60ἐκ 95ἐκδέχομαι 36ἐκλεκτικός 46ἔκπληξις 39 suiv.ἔμβρυον 16ἐναργ-, ἐνεργ-, confusion 58ἐξ ὧν 77ἐπεί 57ἐπί 10, 52, 93ἐπιθυμία 60ἤ 74 suiv.καί, κατά, confusion 45καί « comparationis » 94καί renforçant 19 suiv.καί « vague » 23, 34, 47, 61, 85κἄν 67, 69κερδαίνω 53μενοῦν, μενοῦνγε 32μή, μή τι 83νοέω 37ὃ δέ, ὁ δέ 36ὁρμή 85ὅς, voir ἐξ ὧνοὖν 12οὐσία 82πάθος 10, 71, 72, 83, 97παρεπικραίνω 21 suiv.πόθεν 98ποθέω 37ποιέω, ποιέομαι 47, 100προ-, προσ-, confusion 7, 33 suiv., 39, 61suiv., 92, 94, 97 suiv.προβαίνω, πρόβασις 17 προβάλλω, προσβάλλω 97 suiv.πρός 48πρὸς ἀγαθοῦ etc. 50προστάσσω 39προτάσσω 39 συμπάθεια 90συναίτιον 33σωματικός 60φόβος 39 suiv., 75 suiv.ὡς ἄν 79 Origène : notions grammati-cales etc.accord, de l'adjectif/participeet du substantif 193 suiv.accusatif, avec l’infinitif 202adjectif neutre 103, 184anacoluthe 105, 109, 120, 123, 181, 203asyndète 144atticisme 153citation 117, 118, 150comparatio compendiaria 178 suiv., 188contexte, voir perte du fil datif, indiquant l'agent 175 avec n. 305,178, 185 suiv.dittographie 122, 186explication d'une notion 122, 128faute ancienne 131, 134, 136futur dans des conclusions 157génitif absolu 145, 170, 179génitif partitif 102génitif séparatif 103, 158, 164haplographie 128, 161infinitif, avec nominatif 149, 179 avec n.314 221 insertion entre parenthèses ou tirets 113,127, 147, 173, 205, 209latin, traduction 117, 119, 121, 127, 131-132, 134-138, 140-157, 209, 210 suiv.latin, traduction erronée 138, 154méprise heureuse ? 160, 206, 207, 211négation, « de trop » 164négation, omise 57, 162, 163note marginale 151papyrus 158, 159, 161participe, nom non exposé 179 suiv.perte du fil 113, 160ponctuation 101, 105, 107, 113, 117, 122,132, 139, 144, 147, 150, 171, 173, 174,176, 181, 186, 188, 189, 199, 200, 203,205, 209pronoms relatifs et interrogatifs, confusion 174proposition conditionnelle 93Rufin 117, 209, 210sous-entendre, mots à sous-entendre 123,126, 141, 147, 150, 153, 175, 179, 191,195, 205, 210verbes pour «voir», « montrer »,comportant l'infinitif 111verbosité 102 Origène : index des motsgrecsἀ-, εὐ-, confusion 194 suiv., 196ἀλλά, ἀλλ’ ἤ 120ἄλλοs 142, 152, 160ἀναιρέω, « nier » 165 suiv.ἀναφέρω 125ἀπό, indiquant l'agent 169 βουλόμενος 173γενικῶς 135γίγνομαι, (γενόμενος, « ancien ») 172γίγνομαι, « arriver » 211γίγνομαι, passif de ποιέω 175δέ, dans une proposition principale 123,159, 199ἑαυτοῦ, ἑαυτῷ 104 suiv., 176, 196, 198ἐγκ-/ἐκκ, confusion 204εἰ, notion vague 169εἰ, pour ὅτι 139, 146εἴ τις, εἴ τι 132, 169ἐκ, ἐξ, voir aussi ἐγκ-/ἐκκ 191ἐκ-, ἐμ-, confusion 177ἐκεῖνος 151 avec n. 264, 202ἐναργ-, ἐνεργ-, confusion 170ἐπεί 147ἐπί 105, 112, 201ἐπίνοια 138ἐπιτείνω 136ἐπιτρέπω 192εὐαρεστέω 190ἤδη δέ 136θέλω 191 suiv.καθαίρω 115καθίστημι, voir καταστάςκαί … δέ 178καί entre deux verbes 121καί, κατά, confusion 107, 111, 177καί, voir perte du filκἄν 182καταλείπω 174καταστάς 190μᾶλλον 159 suiv. 222 μὲν οὖν, μενοῦν, μενοῦνγε 162μέντοι γε 116οἷον 180ὅσον ἐπί 183ὅτε 118, 127ὅτι 125οἰκεῖος, « spécial » 161οὗτος 117, 202παρά 126, 208παραιτέομαι 189 suiv.παραρρίπτω 173περιγράφω 151 avec n. 265ποιέω, ποιέομαι 153, 159, 168 n. 294προ-, προσ-, confusion 107προσάγω 106σῴζω 155τις, avec article ou pronom 153φθάνω 205ὡς ἄρα 172 223 Kungl. Vetenskaps- och Vitterhets-Samhället i Göteborgwww.kvvs.se ISBN 978-91-980420-8-5ISSN 0072-4823